
Trahison la nuit de noces : Un cœur qui s'éteint
Chapitre 3
« Lancez le direct », dit Cédric au caméraman.
Jade fit face à la caméra, des larmes coulant sur ses joues parfaites. « Je veux juste dire... Cédric et moi sommes comme frère et sœur. Il a quitté son mariage parce qu'il a appris que j'avais eu un accident de voiture. Il s'inquiétait juste pour moi. S'il vous plaît, ne vous méprenez pas. »
Camille regarda la performance, se sentant anesthésiée. « Un accident de voiture ? Tu n'as pas une seule égratignure. »
L'assurance de Jade vacilla une seconde. Elle regarda Cédric d'un air impuissant.
Il intervint immédiatement. « Elle a été examinée par les médecins, mais elle souffre de détresse émotionnelle. C'est pour ça qu'elle est ici. » Il regarda directement la caméra. « J'avertis tout le monde de cesser ces rumeurs infondées. Si cela continue, mon équipe juridique prendra des mesures. »
Il fit signe au caméraman d'arrêter la diffusion. La comédie était terminée.
Jade se tourna vers Camille, lui prenant la main. Son contact était glacial. « Camille, je suis tellement désolée que tout ça soit arrivé. C'est de ma faute. »
Camille retira sa main et laissa échapper un rire sec, sans joie. « Non. C'est de ma faute. »
Elle regarda Cédric. « Je me suis trompée. Trompée de te faire confiance. Trompée de croire que je pourrais un jour te suffire. »
« Je rentre à la maison », dit-elle, la voix plate.
« Je te ramène », proposa Cédric, une lueur de culpabilité dans les yeux.
Juste à ce moment, une infirmière entra. « Mademoiselle Morin, c'est l'heure de votre prise de sang. »
Jade se recroquevilla aussitôt contre les oreillers. « Oh, non. Cédric, tu sais que je ne peux pas... J'ai la phobie des aiguilles. »
Cédric hésita, regardant entre Camille et Jade. Le choix était déjà inscrit sur son visage avant même qu'il ne le fasse.
Camille n'attendit pas sa décision. « C'est bon. J'irai seule. »
Elle tourna les talons et sortit de la pièce. Alors que la porte se refermait derrière elle, elle eut un dernier aperçu de Cédric, assis sur le bord du lit, tenant la main de Jade, la réconfortant.
Son cœur était engourdi. Elle ne pouvait plus dire si c'était de la douleur ou juste de la déception. Une résignation finale, écrasante.
Elle devait partir. Pas seulement de cet hôpital, mais de cette vie pour laquelle elle s'était tant battue. Elle allait disparaître. Complètement. Pas de corps, pas de trace. Juste partie.
Ce soir-là, c'était le premier dîner de famille depuis le mariage. C'était censé être une célébration. Pour Camille, cela ressemblait à des funérailles.
Elle entra et les vit tous dans le salon. Bertrand et Carole Moreau riaient avec Jade, qui était assise entre eux sur le canapé. Cédric était agenouillé par terre devant Jade, lui massant le mollet.
« Oh, tu es là », dit Carole en voyant Camille. Son sourire s'évanouit. La chaleur de la pièce chuta de plusieurs degrés.
« Jade a passé la journée à l'hôpital pour des examens », expliqua Cédric sans lever les yeux. « Elle a mal à la jambe. » Il jeta un coup d'œil à Camille. « Les aînés sont là. Ne fais pas de scène. »
« Je n'en ferai pas », dit Camille doucement.
À table, elle était invisible. Toute l'attention, toute la conversation, toute l'affection était dirigée vers Jade. Cédric décortiquait des crevettes et des pinces de crabe pour Jade, plaçant soigneusement la chair dans son assiette. C'était un geste d'attention qu'il réservait autrefois à Camille.
Elle se souvint de la première fois où elle était venue dîner dans cette maison. Les Moreau avaient été polis mais froids, leur désapprobation une chose tangible dans l'air. Elle avait pensé qu'ils étaient juste des gens guindés, réservés. Maintenant, elle comprenait. Ils n'étaient pas froids. Ils étaient juste froids avec elle.
Elle mangea en silence, la nourriture sans saveur dans sa bouche, chaque bouchée une lutte. La douleur dans sa poitrine était une pulsation sourde et constante.
« Cédric, pourrais-tu nous servir de la soupe ? » demanda Carole en souriant à son fils.
Camille se souvint d'une époque où Cédric cuisinait une soupe de poisson juste pour elle, lui disant que c'était sa recette familiale secrète.
Jade fit une moue enjouée. « Mais Cédric, tu m'avais promis que ta fameuse soupe de poisson n'était que pour moi. »
« C'est de la soupe de poulet, idiote », dit Cédric patiemment, sa voix d'une douceur impossible. « La soupe de poisson est toujours juste pour toi. »
C'était ça. C'était la vérité qu'elle avait évitée. L'intimité désinvolte, le ton doux, les promesses exclusives. C'était ça, son véritable amour. La tendresse qu'il montrait à Camille n'était qu'une pâle imitation.
« Je vais te chercher la soupe, Camille ! » dit Jade en se levant avec un sourire éclatant et faux.
« Je peux y aller », dit Camille, essayant de l'arrêter.
« Ce n'est pas un problème. Je connais cette maison mieux que personne », dit Jade, une déclaration claire de sa place ici.
Elle alla dans la cuisine. La forte odeur de bouillon de poisson qui s'en dégagea retourna l'estomac de Camille.
Jade revint, portant un seul bol. « Savais-tu », dit-elle, sa voix basse et destinée uniquement à Camille, « que Cédric et moi étions fiancés quand nous étions enfants ? Nos parents l'avaient arrangé. »
Ces mots s'abattirent sur le cœur déjà meurtri de Camille.
« Les promesses des hommes », ajouta Jade avec un sourire narquois, « elles ne valent pas grand-chose, n'est-ce pas ? »
Une douleur aiguë traversa la poitrine de Camille. L'acide lui remonta dans la gorge.
« Tu vas bien, Camille ? » demanda Jade, son expression feignant l'inquiétude. « Tu devrais prendre la soupe. Cédric attend. »
Camille essaya de refuser, de repousser le bol, mais ses mains tremblaient. La soupe chaude déborda, se renversant sur le devant de sa robe. Mais ce ne fut pas Camille qui hurla.
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