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Couverture du roman Trahison et Renaissance Amoureuse

Trahison et Renaissance Amoureuse

Camille touche enfin son rêve : une bourse pour les Beaux-Arts de Paris. Mais l'extase vire au cauchemar quand elle découvre qu'Antoine, son ami d'enfance, a volé sa place. Accusée de plagiat à cause de lui et de sa complice Chloé, elle surprend leurs aveux cyniques. Trahie par ses proches, la jeune artiste voit son univers s'écrouler. Pourtant, de cette douleur naît une rage glaciale. Camille s'efface pour laisser place à une femme avide de justice. La vengeance sera désormais sa seule œuvre.
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Chapitre 2

La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre un mardi après-midi, le genre de nouvelle qui change une vie. J'avais été acceptée à l'École des Beaux-Arts de Paris. Une bourse complète. C'était tout ce dont j'avais rêvé, tout ce pour quoi j'avais travaillé dans mon petit atelier qui sentait la térébenthine et l'huile de lin.

La première personne que j'ai appelée, c'était Antoine Leclerc, mon ami d'enfance. Nos mères étaient amies, nous avions grandi ensemble, une relation presque fraternelle, pleine de souvenirs et de secrets partagés.

« J'ai réussi, Antoine ! »

Sa voix à l'autre bout du fil était pleine de joie.

« C'est incroyable, Camille ! Je suis tellement fier de toi ! Il faut fêter ça ce soir. Chloé sera là. »

Chloé Martin, ma meilleure amie, mon âme sœur en amitié. Nous nous étions rencontrées au lycée et ne nous étions plus jamais quittées. Elle était la douceur, le calme, le soutien indéfectible.

Le soir, dans notre bar habituel, l'ambiance était électrique. Antoine avait commandé du champagne. Chloé m'a prise dans ses bras, une étreinte longue et sincère.

« Tu le mérites plus que personne. »

Nous avons ri, nous avons bu, nous avons refait le monde. C'était parfait. Trop parfait.

En rentrant, un peu ivre et flottant sur un nuage, je suis passée devant une vieille galerie d'art que je n'avais jamais remarquée. La vitrine était poussiéreuse, l'enseigne à moitié effacée : « Galerie Fournier ». Une lumière faible filtrait de l'intérieur. Poussée par une curiosité stupide, j'ai poussé la porte. Le carillon a sonné dans le silence.

Une femme âgée était assise derrière un grand bureau en bois sombre, le visage creusé de rides, les yeux perçants comme des éclats de verre. Elle m'a regardée sans un mot.

« Excusez-moi, je... je passais juste devant. »

Elle a hoché la tête lentement.

« Vous êtes Camille Dubois. »

Ce n'était pas une question. J'ai froncé les sourcils, mon euphorie retombant d'un coup.

« Comment connaissez-vous mon nom ? »

« Le monde de l'art est petit, » a-t-elle dit d'une voix rauque. « Et le malheur a une odeur que je reconnais. »

J'ai eu un rire nerveux.

« Le malheur ? Au contraire, je vis le plus beau jour de ma vie. J'ai été acceptée aux Beaux-Arts. »

« C'est pour ça qu'ils vont vous détruire, » a-t-elle continué, imperturbable. « Ceux qui sourient le plus fort sont souvent ceux qui tiennent le couteau. »

Un frisson m'a parcouru l'échine. L'alcool se dissipait, laissant place à un malaise étrange. Cette femme, son ton, l'atmosphère pesante de la galerie... tout cela commençait à m'effrayer.

« Je ne comprends pas ce que vous racontez. Mes amis sont heureux pour moi. »

« Vos amis, » a-t-elle répété, un rictus cynique étirant ses lèvres fines. « L'un est rongé par la jalousie de ne pas avoir votre talent, l'autre par l'envie de ne pas avoir votre chance. Une alliance parfaite pour le désastre. »

Je me suis sentie agressée. Cette vieille folle insultait Antoine et Chloé.

« Vous ne les connaissez pas. »

« Je n'ai pas besoin. Je vois ce que vous portez. »

Son regard s'est fixé sur mon poignet. Je portais un bracelet fin en argent, un cadeau d'Antoine pour mon anniversaire, quelques semaines plus tôt. Une petite breloque en forme de palette de peintre y était accrochée.

« Un joli cadeau, » a dit la vieille dame, Madame Fournier, comme je l'ai appris plus tard. « Mais certains cadeaux sont des cages. Ils ne sont pas faits pour donner, mais pour prendre. Cet objet... il est chargé de mauvaises intentions. Il va aspirer votre chance, votre talent, et les donner à quelqu'un d'autre. »

C'en était trop. C'était absurde. Je me suis retournée pour partir.

« Attendez, » a-t-elle dit. « Pensez-y. Depuis que vous le portez, n'y a-t-il pas eu de petits incidents ? Des choses inhabituelles ? »

J'ai marqué une pause, la main sur la poignée de la porte. Mon esprit a tourbillonné. La semaine dernière, ma toile la plus importante, celle pour le concours des Beaux-Arts, était tombée sans raison, créant une petite déchirure que j'avais mis des heures à réparer. Deux jours avant, un pot de pigment bleu outremer, un pigment rare et cher, s'était renversé sur une série de croquis préparatoires. Et la veille, l'ordinateur sur lequel j'avais sauvegardé mon portfolio numérique avait planté, me forçant à passer une nuit blanche pour tout récupérer.

J'avais mis tout ça sur le compte du stress, de la malchance. Mais maintenant...

Je me suis retournée vers elle, le cœur battant.

« Comment... comment arrêter ça ? »

« On ne peut pas l'arrêter, » a-t-elle répondu calmement. « On peut seulement le renvoyer. Le malheur doit aller quelque part. Cet objet est un conduit. Il peut être retourné à son expéditeur. L'intention qu'il a mise dedans se retournera contre lui. »

Son expéditeur. Antoine.

L'idée était monstrueuse. Antoine, mon ami, mon presque frère. Lui souhaiter du mal ? Jamais.

« Non, » ai-je dit fermement, secouant la tête. « C'est impossible. Je ne ferai jamais ça. C'est Antoine. »

J'ai vu de la pitié dans ses yeux.

« L'innocence est une belle chose, mademoiselle Dubois. Mais elle ne survit pas longtemps dans un monde de requins. Vous reviendrez me voir. »

Je suis sortie de la galerie en claquant la porte, le cœur en désordre. C'était une folle. Une vieille femme amère qui projetait ses propres déceptions sur moi. Mes amis m'aimaient. Tout allait bien se passer.

J'ai serré le bracelet à mon poignet, comme pour me rassurer. Un simple bijou. Rien de plus.

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