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Couverture du roman Touché au cœur.

Touché au cœur.

Rencontrer un regard capable de sonder les profondeurs de l'âme définit l'essence même du grand amour. Pourtant, atteindre cette union devient un défi immense lorsque l'âge, le contexte social et les aléas de l'existence dressent des barrières infranchissables. Entre réalité et fiction, ce récit moderne rend un vibrant hommage à la résilience de ceux qui ont su se reconstruire. Découvrez une quête romantique poignante où le destin se joue des obstacles de la vie.
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Chapitre 1

Il y a plus de huit ans, un soir d’été, la police est arrivée à la maison nous annonçant la mort de mon père qui était tout pour moi. Encore aujourd’hui, je ne me suis pas faite à sa mort et je suis devenue plus renfermée que jamais sur moi-même. Je passe tout mon temps libre enfermée dans ma chambre dans notre petit appartement qui se situe au troisième étage d’un immeuble du centre-ville de Manhattan.

Ma seule sortie est de me rendre au lycée ainsi qu’à la librairie pour aller chercher du matériel de dessin. Mon père était un grand dessinateur qui a créé beaucoup de tableaux dont certains sont exposés au Métropolitan Muséum Art; un des plus grands musées de New York. Il était aussi un excellent professeur de dessins et un père extraordinaire. Je passe donc beaucoup de temps à dessiner dans ma chambre ce qui me donne l’impression d’être avec lui dans ces moments-là. Le dessin m’apaise beaucoup surtout quand je reviens du lycée où j’ai dû une fois de plus devoir prendre la parole devant la classe ou même m’asseoir auprès d’un garçon.

Je ne suis pas du tout sociable et encore moins avec la gent masculine que j’évite le plus possible comparée à ma meilleure amie Marina qui est totalement l’opposée de moi. C’est une vraie féministe avec un caractère qui ferait trembler le pire des garçons quand elle s’y met. Nous nous sommes rencontrées au collège et plus précisément après une de mes crises de panique parce qu’un garçon m’avait complimenté sur mes cheveux. Un détail pour beaucoup de filles qui prendrait ce compliment avec le sourire mais moi, cela me fait l’effet inverse. Marina qui ne fait pas du tout partie du groupe de filles que j’aurais fréquentée a retrouvé mon carnet de dessins dans les toilettes après cet épisode et après me l’avoir ramené et félicité sur ceux-ci, elle a commencé à me parler d’elle. Les jours ont passés et c’est devenu comme une habitude de l’avoir auprès de moi me racontant sa vie. Bien entendu, nous faisons contrastes puisqu’elle porte des tenues très féminines avec ses longs cheveux blonds et ses magnifiques yeux bleu azur alors que moi, les gens doivent se demander ce qui se cache sous mes pulls à capuche et mes jeans trop grands pour moi.

D'ailleurs, je suis toujours harcelée depuis notre arrivée au lycée par des filles qui sont pourtant du style de Marina; le genre de fille sortie d'un magazine mais qui n'ont contrairement à Marina aucune manière. Dernièrement ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je n'aime pas vraiment me rappeler de ce jour mais c'est pourtant ce jour-là que nous avons enfin décidés de changer de lycée pour notre dernière année pour un dans le sud de Manhattan. Et c'est peut-être le jour où j'ai cédé aux supplications de Marina et de ma mère.

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Deux mois plus tôt.

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- Alix, tu m'attends là ! Me lance Marina en repartant vers le bâtiment principal alors qu'elle a oublié son livre de mathématique.

J'acquiesce et je vais m'assoir sur le banc près de l'arrête de bus avec mon carnet de dessin. Comme tous les jours, je passe mon temps quand je suis seule à dessiner tout ce qui se passe par la tête et aujourd'hui je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais dessiner. Rien d'intéressant n'est arrivé pour attirer mon attention et je décide de dessiner Marina comme je le fais assez souvent. J'aime vraiment tout en elle. Que ce soit son sourire ou sa façon de râler surtout quand elle me retrouve dans le bus vêtue de mon éternel pull à capuche.

- Regardez qui est là ?! S'exclame une voix que je préfèrerais éviter mais il est déjà trop tard, elles sont déjà près de moi et je tiens ma capuche de mes doigts complètement crispés et tremblants espérant qu'elles s'en aillent vite.

- Tu vois, je vous l'avais dit qu'elle était gouine ! S'écrie l'une d'elle en m'arrachant mon cahier de dessin que je tiens pourtant fermement.

- Regardez ! S'écrie-t-elle à nouveau en riant et je serre mes mains sur ma poitrine en priant qu'elles en finissent vite.

- J'avoue que tu as du talent. Me dit une fille d'une voix narquoise en se baissant devant moi et je baisse mon regard sur mes mains. Je sens une douleur atroce dans ma poitrine alors que je ferme les yeux en essayant de calmer ma respiration. Je suis en train de paniquer comme jamais alors que tout le monde autour nous voit mais personne ne réagit à ce qui se passe. Voilà ce qui se passe réellement dans les vies de lycéennes et lycéens différents des autres, nous sommes malmenés par des gens qui se prennent au-dessus de nous. Mais dans mon cas, elles n'ont pas tort, je ne leur arrive même pas à la cheville. Je n'ai rien pour moi et tout ce qui fait que je suis moi, ce sont mes dessins. Mais comme je le dis toujours quand tout ceci sera terminé, ma santé contrairement à certain sera intacte et j'ai une famille qui m'aime pour ce que je suis. Je sens qu'on me tire en arrière pour m'arracher ma capuche et je remonte mes mains pour l'attraper.

- Montre-nous ta gueule de gouine ! Claque la fille derrière moi alors que j'entends les pages de mon cahier de dessin se faire déchirer.

- Non ! Crié-je dépitée en bondissant du banc mais ce fut une monumentale erreur puisque ma capuche se fait tirer en arrière tout comme moi et ma tête cogne contre le banc. J'ai juste le temps de me recroqueviller avant de sentir leurs semelles dégoutantes s'écraser sur moi et je retiens mes cris ainsi que mes larmes en attendant qu'ils se lassent ou que Marina arrive.

Un vrombissement se fait entendre et des cris s'en suivent jusqu'à ce que celui-ci s'arrête si près de moi que je remonte mes mains sur mes oreilles essayant de ne plus rien entendre. Ma tête tourne et je n'ai plus la force de retenir mon corps de la panique qu'il a subi sous ses coups.

Marina

Je sors du bâtiment et mon regard se porte vers l'arrêt de bus où Alix doit m'attendre mais je me fige sur place en voyant ce qui se passe. Ce foutu groupe de filles est entrain de malmener Alix devant des autres élèves qui ne bougent pas d'un pouce et préfèrent filmer ce qui se passe pour le mettre sur les réseaux sociaux. Mon sang ne fait qu'un tour et je cours vers l'arrêt de bus pour les arrêter quand une moto apparait en Wheeling faisant disperser cette bande pour s'arrêter devant le corps d'Alix allongé par terre. Je fonce vers Alix en bousculant les badauds qui me répugnent à regarder la scène au lieu de l'aider mais quand j'arrive enfin à hauteur d'Alix, le motard est accroupi devant elle et il pose sa main sur son épaule.

- Alix ! L'appelé-je. Alix !

- Elle a dû avoir un malaise dû à la panique ! Me fait une voix d'homme dans le casque. Tu ferais mieux d'appeler une ambulance.

- Merci mais vous devriez reculer, vous lui ferez peur si elle se réveille. L'informé-je.

- Oh désolé. Me fait-il et il lève ses mains sur son casque pour l'enlever.

- Non ! L'arrêté-je. Ce sera encore pire.

Le motard s'arrête et je caresse les cheveux noirs d'Alix tout en composant le numéro de l'ambulance. Alix sera encore plus paniqué de voir un homme auprès d'elle après ce qui vient de se passer et je ne saurai pas la calmer dans ce cas-là.

- Je suis désolée mais vous devriez partir. Lui dis-je sans le regarder. Je vous remercie d'être intervenu mais ce sera plus dur pour elle si vous êtes là. Alix a peur des...

- Oh je vois. Me fait-il en se relevant et je regrette du coup d'être si froide avec lui alors qu'il vient de l'empêcher de se faire lyncher devant le lycée. Ce lycée où ses foutus enfoirés ne font que regarder au lieu d'aider les gens dans le besoin. Est-ce ainsi que sera l'avenir des gens comme elle ? Les gens timides seront ainsi malmenés toute leur vie sans pouvoir compter sur qui que ce soit ?! Je ne veux pas de ça et surtout pas pour elle. Elle mérite tellement mieux. Si seulement, elle voulait faire un petit effort sur elle-même et essayer de vivre comme les autres. Non, tout ce qu'elle veut, c'est dessiner dans sa chambre et vivre totalement dans son monde. Non que je ne la comprenne pas mais il va falloir qu'elle affronte la vie un jour ou l'autre et comme maintenant, je ne serai pas toujours là pour la soutenir.

Bien entendu, à ce moment-là je ne savais pas que ce que je pensais en lui caressant les cheveux seraient si proche de la réalité et des horreurs que nous allions surmonter à l'avenir.

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Aujourd’hui, c’est mon anniversaire et Marina a décidé avec l’aval de ma mère de me faire sortir pour mes dix-sept ans dans une sorte de soirée branchée qui a lieu dans une nouvelle boîte de nuit. Je n’ai jamais officiellement dit que j’étais d’accord mais quand ma mère crie du salon pour me prévenir que Marina vient d’arriver, je sais que je n’ai plus le choix et je soupire très fort sur mon carnet de dessin en me demandant pourquoi ma mère crie si fort alors que nous ne sommes qu’à quelques mètre l’une de l’autre. Ma mère est tout le contraire de moi elle aussi, elle ne fait absolument pas ses trente-quatre ans et on la prendrait plus pour ma grande sœur que ma mère. Tout comme moi, elle a de longs cheveux noirs mais la différence entre nous se situe dans la taille et dans les yeux. Ma mère ne doit pas être loin du mètre quatre-vingts alors que moi, je fais tout de suite un mètre soixante-trois et pour ce qui est de nos yeux, les siens sont noisette alors que les miens sont d’un vert un peu émeraude. Elle est plutôt sociable mais bon, elle travaille dans un restaurant qui d’ailleurs lui a donné congé pour assister à ce que j’appellerais ma torture.

- Alix tu es prête pour les essayages ! S'exclame Marina en entrant comme chez elle dans ma chambre.

- Oh pitié Marina. Supplié-je. Je suis très bien habillée comme je suis.

Marina prend une pose en croisant ses bras sur sa poitrine et me toise un instant avant de se mettre à rire.

- Ma chérie, il est hors de questions que tu sortes en boîte dans cette tenue. Me fait-elle en se tournant vers le sac qu'elle a apporté.

- Aujourd’hui, nous sommes le dix juillet, tu as dix-sept ans et je me dois de faire de toi une déesse pour notre sortie. Continue-t-elle.

Je la regarde dépitée, pas des séances d'essayage de vêtements s'il vous plaît mais je n'ai pas le choix puisque ma chère mère vient s'en mêler et me voilà emmenée limite de force pour une séance d'essayage dans la salle de bain. Je sais que j'ai promis de faire des efforts sur ma façon d'être mais j'ai l'impression que je vais le regretter. Les tenues sont aussi sexy que je le pensais en ce qui me concerne, ce qui me rend encore plus mal à l'aise à chaque tenue portée et quelle fut ma tête quand elles décident de me faire mettre cette mini robe noire très sexy avec son ouverture devant.

Mais ce fut bien entendu cette robe que ma mère et Marina choisissent unanimement alors que moi je me sens complètement nue dans cette tenue.

- Super tu es magnifique ! Me lance Marina alors que je trouve cette tenue limite vulgaire sur moi.

- Tu es trop belle ma chérie, Tu vas en faire tourner des têtes. Pleurniche ma mère.

- Maman, arrête de pleurer. La consolé-je la trouvant un peu trop sensible comme si c'était moi à sa place.

J'esquisse un sourire timide tandis que Marina attrape nos sacs pour m'entraîner vers la porte en direction de ma nouvelle vie pour mes dix-sept ans et je suis à mille lieux d'imaginer tout ce qui va se passer à partir d'aujourd'hui.

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