Couverture du roman Le Règlement de Comptes de l'Héritière : Dix ans de mensonges

Le Règlement de Comptes de l'Héritière : Dix ans de mensonges

9.6 / 10.0
Après dix ans de vie commune, l'homme que j'ai propulsé au sommet exige que je m'excuse auprès de sa maîtresse. Pire encore, j'apprends qu'il a orchestré l'accident ayant causé ma fausse couche. Tandis qu'il affiche sa nouvelle romance et me fait passer pour une femme glaciale, mon amour se change en une soif de vengeance. Lors d'un gala prestigieux, je surgis avec des preuves accablantes pour anéantir son empire et lui faire payer chaque trahison. Il a oublié qui je suis.

Le Règlement de Comptes de l'Héritière : Dix ans de mensonges Chapitre 1

L'homme qui avait autrefois pris une balle pour moi se tenait dans notre salon, exigeant que je présente mes excuses à sa maîtresse enceinte. C'était le gamin fauché que j'avais transformé en PDG, la fondation de mon monde. Maintenant, cette fondation était un gouffre.

Mais la véritable trahison est venue des lèvres de sa maîtresse. Elle a murmuré que Jacques avait orchestré l'accident de voiture qui avait causé ma fausse couche des années auparavant, prétendant qu'il n'avait jamais voulu d'enfant avec une « garce froide et stérile » comme moi.

Il a essayé de l'installer dans ma maison, me peignant comme la méchante de notre histoire. Il a étalé leur amour à la face du monde, lui achetant des îles et des diamants pendant que j'étais mise de côté, cataloguée comme la reine des glaces de Paris.

L'amour que j'avais pour lui, construit sur ce que je pensais être un deuil partagé pour notre fils perdu, s'est transformé en cendres. Tout n'était qu'un mensonge. Dix ans de ma vie, une pièce de théâtre soigneusement mise en scène par lui.

Mais il a oublié qui je suis. Lors d'un grand gala destiné à célébrer sa nouvelle vie, j'ai fait irruption. Avec les preuves en main et mes alliés à mes côtés, j'étais prête à réduire son empire en cendres et à lui faire payer chaque mensonge.

Chapitre 1

Point de vue de Caroline Girard :

L'homme qui avait autrefois pris une balle pour moi se tenait maintenant dans notre salon, exigeant que je présente mes excuses à sa maîtresse enceinte.

Cette balle avait laissé une cicatrice, une ligne brisée juste au-dessus de son sourcil gauche. C'était notre histoire, notre conte de fées brutal. Le monde la voyait et murmurait sur la dévotion de Jacques Guillaume. Le gamin fauché des mauvais quartiers qui s'était élevé pour devenir PDG, tout en aimant sa femme, l'héritière, avec une telle férocité qu'il s'était littéralement placé devant une arme pour elle.

Il était ma seule faiblesse, la seule partie de ma vie qui n'était pas une décision commerciale calculée. Il était l'homme que j'avais sorti de l'ombre, l'homme que mon père avait pris sous son aile, l'homme que j'avais poli et placé à la tête de notre empire.

Je pensais que notre amour était le fondement de tout cela.

Maintenant, ce fondement était un gouffre, et une jeune femme nommée Karine Fleury se tenait au milieu, la main posée de manière possessive sur son ventre arrondi.

Elle s'était présentée à mon bureau une heure plus tôt, sans prévenir, un petit sourire triomphant sur son joli visage à l'air innocent.

« Caroline Girard », avait-elle dit, sa voix dégoulinant d'une douceur qui ressemblait à du poison. « Je suis Karine Fleury. Je porte l'enfant de Jacques. »

J'étais restée parfaitement immobile derrière mon immense bureau en acajou, le silence dans le bureau du dernier étage s'étirant à l'extrême.

« Et ? » avais-je demandé, ma voix aussi froide et vide que l'espace entre nous.

Son sourire s'élargit. « Et, il veut que vous le sachiez. Il veut que vous vous écartiez. Il ne vous aime plus. »

Elle s'approcha, tendant son téléphone. Sur l'écran, une photo. Jacques, mon Jacques, dormant paisiblement. Son sourcil balafré était détendu, sa bouche douce. C'était une photo de lui dans notre lit, et l'angle était intime, pris par quelqu'un allongé à côté de lui. Son bras était jeté sur un oreiller qui portait encore la faible empreinte de ma tête. Il lui avait donné mon côté du lit.

Quelque chose en moi, une spirale de contrôle étroitement enroulée que j'avais passé une vie à perfectionner, a finalement cédé.

Je n'ai pas dit un mot. Je me suis simplement levée, j'ai contourné mon bureau et j'ai pris la tasse de café tiède que je sirotais.

Je l'ai regardée droit dans les yeux et j'ai calmement versé tout le contenu sur sa tête.

Le liquide brun a coulé sur ses cheveux blonds, trempant son chemisier blanc immaculé. Elle a haleté, un cri d'indignation coincé dans sa gorge.

« Salope ! » a-t-elle hurlé en reculant.

Le souvenir s'estompe alors que la porte d'entrée claque derrière moi. La pluie plaque mes cheveux sur mon crâne. Je l'avais suivie dehors, l'avais regardée appeler Jacques, sa voix un gémissement pathétique et théâtral. Je l'avais vue partir en taxi, sa dernière menace venimeuse résonnant dans la tempête.

« Il va te le faire payer, Caroline ! Tu verras ! »

Et maintenant, le voilà. Jacques. Mon mari. Son visage un masque de fureur. Son costume est trempé, des gouttelettes de pluie s'accrochant à ses cheveux sombres. Il ne me regarde pas avec inquiétude. Il me regarde avec une rage que je ne lui ai jamais vue diriger que contre nos ennemis.

« Divorce », dis-je, le mot ayant un goût de cendre dans ma bouche. Je passe devant lui, me dirigeant vers le bar. Mes mains sont stables alors que je me verse un verre de scotch.

« Je ne divorce pas de toi », crache-t-il, sa voix un grognement sourd.

« Je ne te le demande pas, Jacques. Je te l'annonce. C'est fini. Prends tes affaires. Prends ta petite pute. Et sors de ma maison. »

« N'ose pas l'appeler comme ça », fulmine-t-il en faisant un pas vers moi. L'air crépite de sa rage.

Je prends une lente gorgée de scotch, la brûlure dans ma gorge une distraction bienvenue. « Comment devrais-je l'appeler ? La future Mme Guillaume ? La stagiaire ambitieuse qui a écarté les jambes pour assurer son avenir ? C'est un cliché, Jacques. Et tu es un imbécile. »

« Caroline ! » Son rugissement résonne dans la pièce caverneuse.

Il traverse l'espace en trois longues foulées. Un instant, je pense qu'il va me frapper. Au lieu de ça, il s'arrête juste avant, sa poitrine se soulevant. Ses gardes du corps, qui lui sont loyaux, entrent silencieusement derrière lui, créant un mur de muscles et de menaces. Mon propre chef de la sécurité, Arthur Mathieu, s'avance, se plaçant entre nous.

« Monsieur Guillaume », dit Arthur, sa voix un grondement calme et dangereux. « Je vous suggère de reculer. »

Les yeux de Jacques, froids et durs, passent de moi à Arthur et reviennent sur moi. « As-tu la moindre idée de ce que tu as fait ? » dit-il, sa voix tombant à un murmure terrifiant. « Karine est à l'hôpital. Le café chaud... elle a des brûlures au second degré. »

Il touche du doigt la cicatrice au-dessus de son œil. La cicatrice. Son arme favorite.

« J'ai pris une balle pour toi, Caroline », dit-il, les mots un refrain familier et culpabilisant. « Et toi, tu agresses une femme enceinte et sans défense. »

« Sans défense ? » Je ris, un son rauque et laid.

« Le médecin a dit que le choc... ça pourrait affecter le bébé. Ça pourrait même affecter sa capacité à avoir des enfants à l'avenir. » Il livre cette phrase avec une gravité étudiée, un PDG présentant un rapport trimestriel dévastateur.

Je le vois alors. L'alignement. La menace de Karine sous la pluie. Les mots soigneusement choisis de Jacques maintenant. C'était une performance. Une attaque coordonnée.

« C'était donc ça, le scénario », murmurai-je en faisant tourner le liquide ambré dans mon verre. « La femme stérile et jalouse attaque la jeune maîtresse fertile. C'est une bonne histoire. Un peu mélodramatique à mon goût, mais je suis sûre que la presse à scandale va adorer. »

Je me dirige vers le grand canapé moelleux et m'y enfonce, croisant les jambes. Je suis parfaitement à l'aise dans ma propre maison. C'est lui l'intrus ici.

« Tu as bâti cette entreprise avec moi, Jacques », dis-je, ma voix douce mais teintée d'acier. « Toi, le garçon venu de nulle part. Je t'ai tout donné. Mon nom. Les relations de mon père. Mes stratégies. Et tu jettes tout ça pour une stagiaire ? »

Il fait un autre pas en avant, ses poings se serrant à ses côtés. « Tu n'as pas le droit de me parler comme ça. »

Arthur bouge instantanément. Sa main se dirige vers l'intérieur de sa veste, où je sais que son pistolet repose.

Les hommes de Jacques se crispent, leurs mains bougeant à l'unisson.

« Rappelle ton chien, Caroline », ricane Jacques, sa lèvre se retroussant avec mépris. Il ne croit pas que je ferai quoi que ce soit. Il a toujours sous-estimé la part de moi qui est la fille de mon père.

« Non », dis-je simplement.

« Alors je le ferai pour toi. » Avant que je puisse réagir, Jacques se jette en avant. Pas sur moi. Sur Arthur.

Il est plus rapide qu'Arthur ne s'y attendait. Il repousse violemment mon chef de la sécurité. Arthur, un homme deux fois plus âgé que Jacques mais bâti comme un mur de briques, trébuche. Jacques enchaîne, écrasant son poing sur la mâchoire d'Arthur.

Le son est un craquement écœurant.

Les hommes de Jacques se déplacent pour maîtriser Arthur, mais Jacques leur fait signe de s'écarter, se tenant au-dessus de lui. « Tu travailles pour moi maintenant, vieil homme. Toi et tous les autres dans cette famille. Ne l'oublie jamais. »

Il redresse sa cravate, un air de satisfaction suffisante sur le visage.

Mais il a fait une erreur. Il a oublié qui je suis.

Dans la fraction de seconde où ses hommes sont distraits, je bouge. J'attrape la lourde carafe en cristal du chariot-bar. Ce n'est pas une pensée calculée, juste un instinct pur et froid.

Je l'abats, violemment, sur la tête du garde du corps le plus proche de moi. Il s'effondre au sol avec un grognement.

Je me tourne vers Jacques, le bord dentelé de la carafe brisée à la main. Ses yeux s'écarquillent de choc.

« Tu ne touches pas à mes gens, Jacques », sifflai-je, ma voix tombant à un murmure prédateur. « Tu ne touches pas à ce qui est à moi. »

Il me regarde, regarde la fureur dans mes yeux, l'arme dans ma main, et pour la première fois ce soir, il semble réaliser qu'il n'a pas le contrôle.

L'amour que j'avais pour lui, cette chose douce et vulnérable que j'avais nourrie pendant une décennie, semble avoir été chirurgicalement retiré. À sa place, il y a un vide froid et glacial. Et dans ce vide, quelque chose de nouveau et de terrible commence à grandir.

Arthur se relève, essuyant un filet de sang sur sa lèvre. « Madame », dit-il, sa loyauté inébranlable. « Ce fils de pute... »

Je lève une main, le faisant taire. Mes yeux sont rivés sur mon mari.

La guerre ne faisait que commencer. Et il n'avait aucune idée de l'ennemi qu'il venait de se créer.

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