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Couverture du roman The Flame of Passion

The Flame of Passion

Alençon, juin 1944. Alors que son père et son frère ont rejoint la Résistance pour fuir l'occupant, la jeune Anna Marchand mène une existence précaire. Une nuit, un fracas soudain la tire de son sommeil. Dans le jardin familial, elle découvre un aviateur anglais blessé, son parachute accroché aux arbres. Sans hésiter, Anna et sa mère décident de cacher ce soldat allié. Cet événement inattendu annonce-t-il le début de la libération tant espérée par la France ?
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Chapitre 2

Ce sont les mouvements à côté de moi qui m'éveille ce matin là. J'ouvre les yeux et constate que le jour s'est levé. Je me retourne et vois Christopher réveillé à mes côtés. Il me regarde avec un sourire énigmatique sur le visage. Je fais un bon hors du lit, gênée de m'être endormis avec autant de nonchalance.

Anna : " Comment allez-vous aujourd'hui? " demandais-je pour faire diversion.

Christopher : " Bien... très bien même... je n'ai pas vraiment mal à mon bras, c'est une bonne chose? "

Je n'ai pas le temps de lui répondre, que ma mère fait déjà irruption dans la chambre, avec une bassine pleine d'eau et une serviette.

Agnès : " Bonjour monsieur. " dit-elle, en le voyant. " Vous savez où vous êtes? "

Christopher : " Oui... " dit-il, surpris par sa question. Ma mère le regarde attendant une réponse. "En France? "

Agnès : " C'est bien ça! En France! Je suis Agnès et voici Anna, ma fille. Je vais faire votre toilette."

Il la regarde l'air hagards, voulant ne pas avoir compris.

Anna : " Maman! Non! Tu ne vais pas faire ça!"

Agnès : " Bien sûr que si! Il est tout sale, il a atterrit dans le jardin et je ne veux pas que la plaie s'infecte, il va falloir frotter avec du savon pour que les microbes ne prolifère pas. Je n'ai pas besoin de toi, je peux le faire toute seule, j'ai l'habitude. "

Anna : " Je te jure, que ce n'est pas nécessaire. C'est un allié, il a fait tout ce chemin pour nous sauver, tu ne vas pas le soumettre à une chose aussi humiliante? " dis-je pour plaider sa cause.

Agnès : " Je lui sauve la vie et son bras par dessus le marché! Je ne vais pas l'humilier, c'est mon travail! Écoute va prendre ton café... je dois aller travailler dans quelques minutes.. " dit-elle, en me jetant hors de la chambre.

Je lui fait un regard contrit, désolé de n'avoir pu la convaincre de le laisser tranquille. Lorsqu'elle referme la porte, j'ai de la peine pour lui. Quand ma mère est comme ça, elle ne fait pas de cadeau. Surtout lorsqu'elle est convaincue d'agir pour les meilleures raisons du monde.

Bérénice : " Tu viens? Je t'ai fait une tartine. " dit-elle, derrière mon dos.

Je pars dans la cuisine et m'assied à la table et bois mon bol de café d'une traite. J'ai très peu dormis et je suis éreintée.

Anna : " Il faut que je prévienne Alexandre et papa. Ils vont être fous de joie! "

Bérénice : " Qu'un étranger dorme dans ton lit? Ah oui, ils vont être aux anges!" dit-elle, avec ironie.

Je lève les yeux en l'air en entendant sa remarque.

Anna : " Tu ne comprends donc pas?! C'est bientôt fini! Le fait qu'il soit là, en est la preuve! Où as-tu mis le poste de radio? Il faut que je l'écoute! Il est quelle heure? "

Bérénice : " Il est 13h! Et le poste est dans la chambre de ta mère, elle ne veut pas que tu l'écoute toute la journée... " dit-elle, alors que je monte déjà l'escalier.

Arrivée à l'étage, j'ouvre la porte de la chambre et plonge sous le lit où elle cache le transistor. Je descends avec, et me place dans le salon pour jouer avec l'antenne afin de capter Radio Londres. Comme à son habitude, il y a beaucoup de parasites, mais au bout de quelques secondes, j'entends les premières notes de la BBC et puis une voix française annonce: " La fortune vient en dormant. Heureux qui comme Ulysse à fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise: un ami viendra ce soir. " puis tout se brouille.

Je souris n'osant y croire... je me mets à crier de joie comme jamais auparavant.

Anna : " On a réussi! "

Bérénice : " Mais qu'est-ce qu'il y a ? " dit-elle, choquée.

Je me radoucie pour ne pas ameuter les voisins.

Anna : " Ils ont réussi. Le débarquement à eu lieu et ils sont passés. Les Alliés sont en France. "

Bérénice : " C'est impossible. L'armée allemande est invincible? " dit-elle, n'osant y croire.

Anna : " Non. Elle ne l'est plus." dis-je, avec joie.

Agnès : " Mais c'est quoi tout ce bruit?! Anna, je t'avais dit d'arrêter avec cette radio... "

Anna : " Maman, les alliés ont débarqués! C'est pour ça que Christopher est là! Ils ont réussi, on va être libre! "

Agnès : " Comment le sais-tu? "

Anna : " Ils l'ont dit à la BBC : " La fortune vient en dormant. Heureux qui comme Ulysse à fait un long voyage. De Marie-Thérèse à Marie-Louise: un ami viendra ce soir. " répétais-je, avec enthousiasme. Ça veut dire que tout s'est bien passé! "

Agnès : " Il faut qu'on prévienne ton père et Alexandre. "

Anna : " Je vais le faire. Je sais où ils pourraient se trouver, surtout si ils ont entendu ce que j'ai entendu... " dis-je, avant de me précipité dans ma chambre.

Je retrouve Christopher assis contre ma tête de lit. Le visage contrarié.

Christopher : " Décidément, votre mère est une femme qui n'aime pas le mot, non... " dit-il, renfrogné.

Anna : " Elle fait ça pour votre bien... j'espère que vous n'avez été trop gêné... "

Christopher : " Bien sûr que si! Elle a voulu me laver le corps et en entier! "

Anna : " Vous vous êtes laissez faire? "

Christopher : " Avais-je le choix? Je suis amoindrie physiquement... "

Anna : " J'ai une bonne nouvelle qui pourrait rattraper cette matinée: le débarquement a réussi."

Christopher : " Vous en êtes sûr? " dit-il sur ses gardes.

Anna : " C'est votre radio qui le dit. Les alliés ont pénétrer les côtes de la Normandie. "

Un généreux sourire pare son visage. C'est à ce moment-là que je me rends compte à quel point, il est à couper le souffle. Je souris à mon tour, heureuse de cette nouvelle, mais aussi de le voir ainsi.

Christopher : " Auriez-vous le moyen de faire passer un message en morse ou par radio? "

Anna : " Non, nous n'avons rien ici à par le transistor ou... attendez! Je travaille au bureau de poste et il y a un morse. Donne-moi votre message et je l'enverrai. Je le fais de temps en temps pour mon frère. "

Christopher : " Vous auriez du papier et un crayon, s'il vous plaît. "

Je tire le tiroir de mon bureau et prendre ce dont j'ai besoin, avant de m'avoir à ses côtés et de l'écouter me dicter son message. " L'oasis a été trouvé au désert . "

Anna : " C'est tout? " dis-je, surprise.

Christopher : " C'est bien assez pour le moment. C'est juste histoire de dire que je suis vivant. "

Anna : " D'accord. J'y vais tout de suite. La poste ré-ouvre dans une demi-heure, cela me donnera l'opportunité de le faire à l'abris des regards. " dis-je en me levant.

Christopher : " Anna! " dit-il, dans un sursaut. " Soyez prudente. "

Anna : " Je le suis toujours. " répondis-je, avant de claquer la porte.

...

Sur le chemin, je regarde ces gens déambuler dans les rues, sans savoir que nous sommes aux portes de la libération. Je marche d'un pas plus léger qu'hier, avec la conviction que notre calvaire est à sa fin. J'ouvre les portes de la poste avec ma clef. J'y croise deux connaissances que je salue naturellement. Je leur explique que j'ai oublié quelque chose dans mon casier, avant de me rendre dans la salle où se trouve le morse en question. Je me concentre pour ne pas me tromper, car c'est un alphabet assez complexe qui peut fausser le sens d'une phrase. Je n'ai pas emmener le message de Christopher, je l'ai apprit par coeur pour ne pas avoir de trace sur moi. C'est un truc que m'a apprit mon frère.

J'envoi donc le message et me retire rapidement du bureau. C'est l'heure de réouverture et il y a du monde qui attend. Alors que je sors, je croise quelques soldats venus envoyer des colis pour leurs familles. Ce sont les seuls qui ont les moyens d'envoyer des colis... et aussi loin...

" Où allez-vous comme ça mademoiselle. " dit l'un d'eux, en me souriant, avec cette accent allemand si caractéristique.

Je le reconnais, il a l'habitude de m'importuner lorsqu'il vient envoyer du courrier, mais malheureusement pour lui, aujourd'hui je ne travaille pas !

Anna : " Nulle part. Je rentre chez moi. "

" Voulez-vous que nous vous emmenions, nous sommes en voiture vous savez. "

Anna : " Oui. Je sais, mais je ne monte pas en voiture avec des inconnus. " dis-je poliment, en me précipitant dehors.

Certains allemands considèrent que d'avoir une petite-amie française est une sorte de trophée, qui prouve que nous avons acceptés notre sort. Je ne suis pas de celle-la. Certaines ce sont installées en ménages avec eux, s'assurant un niveau de vie supérieur au nôtre, allant jusqu'à porter leurs enfants... cependant, elles sont malgré tout réprouvées. On ne dit rien, mais on n'en pense pas moins. Je me mets à avoir pitié d'elles tout à coup. Elles ne savent pas qu'elles vivent leurs derniers instants en compagnies de leurs amants et que peut-être, ces enfants grandirons sans pères ou pire, on refusera de leur dire qui ils étaient. Portant la honte d'un amour incompris...

...

J'attends depuis quelques minutes sur un rocher à l'entrée de la forêt d'Écouves, c'est par là que passe mon frère pour récupérer de quoi manger. Au bout d'une bonne demi-heure, je vois sa silhouette se dessiner. Je marche vers lui, d'un pas décidé.

Anna : " Tu étais où?! " dis-je agacé.

Alexandre : " Je devais récupérer des messages pour le commandement. Tu as entendu? Il y a eu le débarquement... "

Anna : " Oui je sais! Depuis hier! "

Alexandre : " Depuis hier?! " dit-il, circonspect.

Anna : " Il y a un soldat allié à la maison. Un anglais. Son avion a été touché et il a atterri dans le jardin. Maman l'a soigné et il est chez nous. "

Alexandre : " Tu plaisantes ? " dit-il circonspect.

Anna: " J'ai l'air ?"

Alexandre : " Faites attention! Il y a peut-être eu le débarquement mais la guerre n'est pas finie! Si les allemands venaient faire une visite de courtoisie, vous seriez toutes arrêtées! "

Anna : " Tu veux qu'on le jette dehors? Il est là pour nous, pour notre pays! "

Alexandre : " Je sais, mais faites attention à vous. On est trop près du but pour que notre famille ne se désagrègent, après tout ce qu'elle a vécue. "

Anna : " J'ai envoyée un message pour lui à la poste. Si le débarquement à eu lieu en Normandie, comme c'est sous-entendu, d'ici quelques jours, ils seront là. Dit à papa que je l'aime et qu'on pense à lui tous les jours. Maman m'a dit de te dire que les fleurs de gentiane sont bonnes pour les maux d'estomacs et les coliques. Donne s'en aux autres compagnons, car avec ce que vous mangez, vous n'êtes pas à l'abris. "

Alexandre : " Merci, je leur dirai. Maintenant, rentre, il est tard, je veux pas que tu traines après le couvre feu. " dit-il, en m'embrasant sur la joue. " Allez... vas-y. " dit-il, en me guidant dans le sens opposé.

Anna : " À bientôt. La prochaine fois qu'on se verra, on ne se quittera plus, tu n'auras plus à te cacher et tout le monde te considèrera comme un héros, car c'est ce que tu es... pour moi en tout cas. "

Alexandre : " Tu es folle! Allez, pars... " dit-il, en me souriant.

...

C'est l'heure du dîner. J'emmène un plateau dans ma chambre, pour Christopher.

Anna: " Vous aimez les pommes de terre? De toute façon, il n'y a que ça. " dis-je, en posant le plateau devant lui. Il essaye de tenir sa fourchette mais il a du mal. " Je vais vous aider. " dis-je rapidement. Je découpe des bouts de pommes de terre puis, les guident jusqu'à sa bouche.

Christopher : " Merci. "

Anna : " Arrêtez de dire merci! Surtout quand on sait qu'en réalité c'est nous qui devons être reconnaissant. "

Je continue de lui donner à manger, tout en veillant à ne rien faire tomber. Il m'observe avec toujours autant de mystère, et sans le savoir, nous partageons un moment particulier, ensemble. Dans le silence et la connivence.

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