
TERRIBLE VENGEANCE
Chapitre 3
Chapitre 2 : Fuir
Le visage tuméfié et le corps rompu de coups, Lila restait étendue au sol. Sa vision était troublée par les larmes, mais elle distinguait clairement l’expression de mépris de Maurine.
_ Allez maman, je pense qu’elle a compris, lui dit Alex qui devait sûrement avoir besoin d’argent et qui attendait qu’elle ait fini pour lui soutirer quelques milliers d’euros.
Mère et fils s’éloignèrent d’elle et sortirent du grand salon.
« Tu dois te relever, s’ordonna Lila qui savait qu’elle n’aurait peut-être plus la force de prendre cette décision plus tard. Tu dois te relever et partir d’ici. »
Tout en tenant son ventre endolori, elle se redressa en prenant appui sur l’un des fauteuils.
Ses jambes flageolaient et son cœur battait la chamade à l’idée que Maurine ne revienne et ne la voit en train de quitter la maison.
Elle se dépêcha autant que son corps le lui permit et alla prendre son sac qui était toujours dans l’entrée.
Les clés de sa voiture dans la main, Lila regardait autour d’elle, au cas où, puis activa le pas et alla s’engouffrer dans son véhicule.
Elle ne savait pas encore où elle allait se rendre, mais le plus urgent était de s’éloigner et de réfléchir tranquillement à ce qu’elle allait faire ensuite.
« Tout ce que tu feras, même mendier, sera toujours mieux que de rester subir ce que tu subis, lui dit une petite voix à l’intérieur. »
Comment ces gens pouvaient-ils se prétendre être sa « famille » ? Elle était rentrée, bouleversée par son entrevue avec son fiancé, au lieu de prendre son parti et de s’insurger à propos du comportement déplacé de cet homme, on lui donnait raison.
Pire, on faisait fi de sa souffrance et en lui en rajoutait.
Il était vrai que la famille Salvatore était l’une des plus influentes de Chiaia, mais cela ne lui donnait pas le droit de faire ce qu’il avait tenté de faire.
Lila, contrairement à ce que colportait sa belle-mère, n’avait jamais eu personne dans sa vie et elle avait besoin de temps avant d’envisager d’aller plus loin avec cet homme, qu’elle n’aimait pas, soit-dit en passant.
Tandis que la grille de l’entrée s’ouvrait, la jeune femme crut entendre des voix l’appeler. Le cœur battant elle se tourna et vit Maurine et Alex qui accourait dans sa direction.
Puis en voyant qu’elle était prête à sortir, Alex retourna à l’intérieur et Lila comprit que c’était pour récupérer les clés de son propre véhicule.
Tout en accélérant comme une forcenée, la jeune femme sortit de la propriété et fonça droit devant elle.
Alex ne devait pas la rattraper auquel cas, elle passerait un très mauvais quart d’heure. S’il y avait bien une personne qu’elle redoutait plus que Maurine, c’était lui.
Cet homme ne ménageait pas sa force quand il s’agissait de la corriger, et il semblait toujours en tirer un certain plaisir. Les yeux rougis par on ne savait quelle substance, il lui avait dit plus d’une fois que ça lui était agréable de l’avoir ainsi, à sa merci.
Et dire que c’était pour ces gens, qu’elle avait accepté ce mariage tordu.
Elle voulait tellement avoir une famille, dans le regard de laquelle, elle se sentirait exister, qu’elle s’était pliée à toutes leurs exigences.
Quand on lui a interdit de continuer ses études, quand on la relégua aux tâches les plus ingrates de la maison, quand on lui fit signer un renoncement total aux biens qui auraient pu lui revenir un jour… Lila avait toujours baissé la tête et s’était exécutée sans causer le moindre problème.
Elle avait toujours gardé à l’esprit ce que sa belle-mère lui avait dit à son arrivée chez son père : « Tu devrais être reconnaissante, rien ne nous obligeait à t’accueillir chez nous. »
De la reconnaissance elle en avait sincèrement eu, au départ, puis très vite aprèsla mort de sa mère, c'était la servitude qui était exigée d’elle…
Le soir où on lui apprit ses fiançailles avec Benito Salvatore, elle s’était sentie si mal, qu’elle crut défaillir. Seulement en entendant son père lui expliquer que cela allait hisser leur famille à un rang supérieur, la jeune femme n’eut pas le cœur de le priver de ses espoirs.
Et pour ce faire, elle étouffa les siens…
Lila entendit un vrombissement qu’elle connaissait bien, elle jeta un bref coup d’œil à son rétroviseur. Au volant de sa voiture de sport, Alex la rattrapait sans mal sur le boulevard qui longeait la côte.
En même temps avec son vieux tas de ferraille, elle ne risquait pas de rivaliser avec lui. Même en écrasant totalement la pédale, elle avait l’impression de faire du sur-place.
Alex la doubla et lui fit le geste de se garer.
Ses yeux étaient furieux et la jeune femme fut parcouru d’un frisson à l’idée qu’il lui mette la main dessus.
Ce que lui avait fait Benito ou sa belle-mère un peu plus tôt, n'etait rien en comparaison avec ce qui l'attendait.
Quand l’homme se mit devant elle pour l’obliger à ralentir, sa peur fut si vive, qu’elle en troubla ses sens. Son appréciation de l’environnement qui l’entourait et sa prise de décision se perturbèrent grandement.
Et pour échapper à son poursuivant, elle le doubla et fonça droit devant elle, tout en ignorant le feu qui se trouvait à quelques dizaines de mètres….
_ Tenez bon, mademoiselle Farola, il faut que vous vous battiez…
La voix de l’urgentiste continuait de raisonner dans sa tête, même si un voile noir la séparait de la conscience.
Se battre… mais pour quelle raison devait-elle se battre ?
Comme pour lui répondre l’image de Phoebe, lui apparut clairement. Elle était sa demi-sœur certes, mais l’adolescente était la seule qui se souciait d’elle…
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