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Couverture du roman SUR LA ROUTE DE LA VÉRITÉ

SUR LA ROUTE DE LA VÉRITÉ

La sirène d'outre-mer, créature démoniaque à queue dorée, dévore les âmes pures pour sa puissance. Azoum, bannie injustement de son village après avoir perdu son nouveau-né issu d'une naissance miraculeuse, refuse de croire au mythe. Accompagnée de fiers guerriers, elle entame un périple périlleux vers les abysses. Alors qu'elle endurcit son cœur, sa rencontre avec le roi des eaux bouleverse son destin. Entre quête de vérité et amour foudroyant, elle découvrira ses origines.
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Chapitre 3

Azoum regarde son père. Elle veut lire la sincérité dans son regard mais elle ne la voit pas. Elle lui tend l'enfant pendant une fraction de seconde avant de la ramener dans ses bras.

Azoum : si tu dis la vérité alors ça ne devrait pas te déranger que je reste avec l'enfant. Je ne veux pas m'en séparer.

Mbarga : tu oses contester les dires de ton père ? As-tu donc perdu la tête ? Tu veux que je donne l'ordre qu'on vous tue tous les deux ?

Azoum : si je dois vivre, je vivrai avec mon bébé. Si je dois mourir, je mourai avec lui.

Mbarga : tu sais de quoi je suis capable. Donne moi l'enfant, il a besoin de manger.

Azoum : j'ai juste besoin qu'on me nettoie les seins pour que je puisse le nourrir. Je ne donnerai cet enfant à personne, même pas à mama.

Quand elle prononce ce nom, son père baisse la tête et souri. Il regarde sa paume de main, quelques gouttes de sang y ruissellent encore. Il lève la tête vers sa fille.

Mbarga : bon d'accord, fais valoir tes droits. Tu as encore droit à un jour pour dire la vérité. Avec ce temps, je viendrai vous chercher pour vous ramener avec moi. Tu sais que si je le décide, personne ne pourra vous faire de mal.

Azoum : tu as pourtant laissé qu'on me persécute pendant tout ce temps. Pourquoi père ? Pourquoi ? Je suis ta fille. Ta fille aînée.

Mbarga : ta mère et moi avons découvert que tu es innocente. D'ici demain on pourra le prouver. Fais ce que je dis et demain tout sera terminé. La nuit je viendrai te libérer.

Azoum : pourquoi me libèrer la nuit si vous avez déjà trouvé la vérité ? Le dire au roi et au peuple me semble être la meilleure solution.

Mbarga : on va faire les choses à ma manière. Cesse donc de parler et écoute mieux. Demande une journée, le roi a le devoir de te l'accorder.

Mbarga retourne vers le roi. Le couteau a double tranchant qu'il est essaie de se faire une place de confiance de tous les côtés.

Mbarga : mon roi, nous ne pouvons pas tuer l'enfant. Il a un père, j'ai encore des doutes sur l'identité du père mais ne le tuons pas pour le moment.

Le chef : dis-le de voix vive, que tout le monde l'entende.

Mbarga : ma voix n'est pas de taille devant celle du chef. S'il dit à son peuple ce que je viens de dire, certainement qu'on l'écoutera mieux. Je ne suis qu'un discipline.

Le chef hausse le ton et répète ce qu'il vient d'entendre. Il fait aveuglement confiance à Mbarga. Il sait que si le mode d'entier le trahi, Mbarga ne le fera pas.

Azoum tient fermement l'enfant dans les bras. Elle sait que son père n'a rien de claire dans la tête. Elle le ressent. Elle veut néanmoins se donner du temps pour penser à un stratagème d'évasion. Elle veut utiliser la journée que lui accorde son père pour fuir. La loi lui permet de demander un jour de méditation, elle opte pour cette voit.

Azoum : les lois de nos Terre me laissent une nuit de méditation, accordez moi cela. Demain je vous dirai tout ce que je sais. Je veux passer cette nuit avec mon enfant dans les bras.

Le chef : je suis la loi

Azoum : vous avez énoncé ces lois devant les dieux. Vous devez respecter, c'est la volonté d'une âme mourante, je vous en prie mon roi.

Il cligne des yeux. Sa requête est répondue favorablement. Elle passera la nuit sur place.

Azoum : mon sein ne coule pas, mon enfant a faim et moi aussi j'ai faim. Si nous devons mourir, que nous puissions au moins manger. Donnez nous à manger.

Le chef : quand tu auras avoué tous tes crimes, tu purgeras ta peine au dongeon. Après cela, tu mangeras à ta faim.

Azoum : mon bébé va mourir aujourd'hui même si je ne le nourri pas, n'y a-t-il pas de mère dans cette foule ? Pourquoi vous vous comportez comme si vous n'aviez jamais accouché ?

Une femme, une veille de plusieurs décennies se détache de la foule. Elle tient dans ses mains une bassine d'eau chaude. Une jeune fille la suit avec des serviettes et des vêtements propres.

La vieille dame avance jusqu'au roi. Elle pose la bassine d'eau par terre et se prosterne.

-roi des rois, roi invincible, qu'il vois plaise de me laisser m'occuper d'elle. Même si elle n'a plus que quelques heures à vivre, je veux bien m'en occuper. Elle doit manger, elle doit boire. Elle doit être nettoyé.

Le chef : tu vas prendre soin de l'enfant uniquement parce que Mbarga dit qu'il doit vivre. Laisse la mère comme elle est. Si jamais tu ne fais pas ce que je dis, tu seras brûlée avec elle demain à la première heure.

Elle avance vers Azoum. La jeune fille est retissante. Elle ne fait confiance en personne.

-n'ai pas peur mon enfant, je veux juste rendre ton bébé propre.

Azoum : je vais le faire toute seule.

-voilà donc de l'eau. Rend le aussi propre que l'eau dans laquelle il est né.

Sous le regard du peuple, Azoum donne le bain à son nouveau né comme sa mère le lui a appris. Le roi et les guerriers ne sont plus là. Même son père n'est plus là. La veille femme profite de cela pour nettoyer le sein d'Azoum. Elle n'en a rien à faire de ce que peut penser la foule.

Une voix sort de nulle part,

-tu enfreint les règles du roi. On va lui dire que tu as nettoyé la vierge.

Elle ne l'écoute pas. Elle presse une serviette dans de l'eau chaude. La jeune fille qui l'accompagne les couvre avec un pagne. Sous ce pagne, elle nettoie la poitrine d'Azoum. Elle presse avec douceur jusqu'à ce que ce jus blanc se mette à couler.

Le bébé pleure, il hurle. Il exprime sa famine. Azoum est recouverte avec un pagne plus propre. Le bébé est enveloppé dans de petits vêtements en peau d'animaux.

-tu peux le nourrir, il a très faim.

Azoum oriente son mamelon dans la bouche de l'enfant. Il tire avec appétit. Elle regarde son fils, elle ne cherche plus à comprendre d'où il vient. Elle est heureuse, un amour maternel l'envahi.

Azoum : c' est mon bébé, c'est le mien.

-c'est ton bébé. Enfuis toi d'ici avec lui. Ce peuple n'aura pas de compassion pour toi. Même si on prouve ton innocence, plus personne ne voudra s'approcher de toi. Il faut partir avec lui.

Azoum : père à dit qu'il allait m'aider.

-ton père n'aide personne, même pas lui même. Il déteste tout le monde, il se déteste même. Je ne sais pas ce qu'il a derrière la tête mais il ne va pas t'aider.

Azoum : je suis tout le temps surveillé, je vais faire comment ?

-ils vont t'amener au cachot pour que tu y passe la nuit. Je viendrai te chercher pendant la nuit.

Azoum : pourquoi autant d'aide ?

-j'ai mal de te voir souffrir autant. Tient ce pain et mange le quand personne ne te regardera. Prend cette gourde d'eau et bois. Quand je vais partir, la foule va se dissiper également. Bientôt ils vont venir te chercher pour le cachot.

Azoum : merci beaucoup, votre bien vous sera rendu.

La dame s'en va avec la petite fille. Azoum cache ses vivres dans son pagne. Elle sait que si quelqu'un pose l'œil dessus, elle va tout perdre. Elle observe l'enfant qui se régale, elle lui souri.

Azoum : à cause de toi, j'ai tous les problèmes du monde. J'espère que je vais pouvoir partir d'ici. J'ai besoin d'être loin pour essayer de comprendre. Ici, ce n'est pas possible.

L'enfant est concentré sur ce lait qui coule de plus en plus. Azoum en est étonné. Elle a l'estomac creux mais son lait coule en quantité.

Azoum : on va dire que c'est encore l'une de tes magies. A-t-on déjà vu une telle chose ?

La foule se disperse. Azoum est assise sous le soleil chaud. Elle est dans le collimateur des gardes. Elle ne peut bouger de là sans être vu. Elle recouvre son enfant pour lui éviter les rayons de soleil. Elle sait que c'est mauvais pour lui.

Pendant un moment de discrétion de la part des gardes, elle met un bout de pain dans la bouche et le mâche avec appétit. Elle boit un peu de son eau. Le petit s'endort dans ses bras. Elle ressent aussi le besoin de se poser. Elle se demande pourquoi on ne vient pas la chercher pour le cachot.

De son côté, Mbarga est assis autour de la table ronde avec le roi et deux autres guerriers. Ils ne comprennent pas ce qui lui est passé par la tête.

Le chef : pourquoi tu as empêché qu'on brûle cette sorcière ? Même si c'est ta fille, elle doit être tuée. Je ne peux garder cela dans mon royaume.

Mbarga : mon roi, l'enfant est innocent et il a un père.

Le chef : mais tu as dit toi même ici il y'a huit mois que ta fille a sûrement pratiqué la sorcellerie. Que dis-tu aujourd'hui ?

Mbarga : je n'avais pas bien fait mes recherches. On doit épargner l'enfant mais je ne veux plus de ma fille. Elle a connu l'homme en dehors de son mariage, elle a trahi l'union avec le prince. C'est mieux qu'elle meure pour que je me sente libéré.

Un guerrier prend la parole.

-mon roi, Mbarga nous fait tourner en rond. Son histoire ne tient pas, il nous ment. Il veut sauver sa fille en douce, j'en suis sûr. Cette fille et son bébé doivent mourir.

Le chef : je suis d'avis. Pourquoi tuer la mère et laisser l'enfant ? Sauf si Mbarga nous dit qui est le père de l'enfant. Si c'est un homme fait de chair et d'os, un homme de nos terres alors on fera ta volonté. Si tu ne nous montre pas ce père alors on va conclure que tu veux berner la couronne.

Mbarga : mon roi doute de moi. Je vous ai toujours servi et vous douter de moi ?

Le chef : un père est prêt à beaucoup pour son enfant. Il m'est tout à fait légitime d'avoir des doutes sur tes dires.

S'il savait que Mbarga n'en avait rien à faire de la vie de sa fille! Il inventait tout cela juste pour gagner en temps et récupérer l'enfant. Que sa fille reste en vie ou pas, c'était le cadet de ses soucis.

Mbarga : si vous tenez tant à en finir avec eux, laissez ma femme et moi aller faire nos adieux à notre fille cette nuit.

-il cherche un moyen de faire évader la sorcière, nous ne pouvons accepter cela.

Mbarga : puisque tu doutes tant de moi, tu n'as qu'à venir avec moi.

Le chef : c'est réglé, vous irez à deux.

Mbarga à déjà tissé tous ses plans. Ce guerrier est un frein pour lui. Il va certainement demander où se trouve sa femme. Il lui faut trouver une bonne excuse.

L'assise est terminée, Mbarga prend la route pour rentrer chez lui. Une fois dans les bois, il ressent une présence. Il sait déjà qui est là et ce que veut la personne.

Mbarga : tu auras l'enfant cette nuit même.

Un homme vêtu tout en noir vient à lui. Il a une capuche sur sa tête, son visage ne peut être distingué.

-si cette nuit je n'ai pas l'enfant, tu pourras dire au revoir à ton trône.

Mbarga : si je te donne l'enfant et que demain je ne suis pas sur le trône, je vais te tuer de mes propres mains. Où que tu sois, je vais te retrouver.

-que chacun fasse sa part.

Mbarga : tu veux cet enfant sans même savoir d'où il vient. Tu ne sais même pas comment il est entré dans le ventre de ma fille.

-l'origine de cet enfant ne m'intéresse pas, c'est son sang que je veux. L'enfant d'une vierge procure plus de puissance que n'importe lequel. Je vous attend ce soir au marigot. Ce même soir, je ferai de toi le roi.

L'homme continue son chemin. Mbarga fait de même. Il sait que sa fille est innocente. Il sait que son innocence peut être prouvé mais il préfère la vendre pour assouvir sa soif de pouvoir. Huit mois plus tôt, sa femme était du même avis que lui car elle ne savait pas que la vie de sa fille allait y passer.

Il marche jusqu'à chez lui. Personne ne se doute qu'il en a fini avec la maîtresse de maison. Il s'attend à entendre des cris de deuil. Il avait laissé le corps à la vue de tous. À sa grande surprise, tout le monde a l'aire de n'être au courant de rien.

Il part jusqu'au tronc de l'arbre où il a égorgé katana. Il n'y a aucun corps et aucune goutte de sang. Il ressent une petite frayeur mais revient rapidement à lui.

Il la cherche partout. Si elle a été traîné par quelqu'un, il doit y avoir des gouttes de sang. À la place d'une ligne de sang, il voit une ligne d'eau. Il ne prête pas attention. A-t-on déjà vu du sang incolore ? Il cesses ses recherches. Il a mieux à faire.

La nuit tombe. Malheureusement pour Azoum, personne n'est venu la chercher. Son plan d'évasion est tombé à l'eau. Elle est toujours surveillé, pas moyen de bouger. elle est dehors comme depuis des mois. Ses lèvres sont fendus, son corps grelotte. Elle pleure, elle saigne du cœur. Elle sait que son père ne va pas l'épargner. Au fond, elle ne lui fait pas confiance.

Sans comprendre ce qui se passe, elle entend un petit bruit. Les gardes qui la surveillent tombent d'un coup. Elle est prise de peur pour son enfant. Elle remarque la silhouette de son père devant elle.

Azoum : père...

Mbarga : ta mère ne peut pas supporter de te voir comme ça et moi non plus. Je suis venu te sauver. Je te l'ai promis.

Azoum : tu disais la vérité, tu es venu me sauver.

Elle sens la force entrer en elle. Le rêve que lui vent son sanguinaire de père lui fait plaisir. Elle se lève et se dit qu'ils vont à la maison mais ce n'est pas le cas. Il cour avec elle vers le marigot. Ils y arrivent, l'homme habillé en noir est là.

Azoum : mais père ? Pourquoi on est au marigot ? On va nous retrouver ici. Partons à la maison.

Mbarga : donne l'enfant, donne vite l'enfant. Je vais le protéger.

Azoum ne veut pas donner son enfant mais les paroles de son père sont tellement belles. Elle lui tend l'enfant. Au moment de le prendre, quelque chose se produit. L'eau se met à tourbillonner, une main sort de l'eau, arrache le bébé et l'emporte avec elle. Mbarga ne comprend rien, son acolyte ne comprend rien non plus.

Azoum : mon bébéééééééé....

#À_suivre

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