
Sous Contrat avec le Mafieux Milliardaire
Chapitre 2
L'accord scellé, un moment irrévocable qui changea le cours de sa vie. Clara tenait le stylo entre ses doigts tremblants, ses yeux parcourant pour la énième fois les lignes du contrat posé devant elle. Les termes étaient froids, dénués de toute émotion, comme si tout cela n'était qu'un simple arrangement commercial. Et peut-être que c'était effectivement ce que c'était pour Victor Rossi. Pour elle, cependant, c'était un saut dans l'inconnu, un pacte avec un homme qui représentait tout ce qu'elle fuyait : le contrôle, le danger, et ce pouvoir écrasant qu'il semblait exercer sans effort.
Victor était assis en face d'elle, aussi immobile qu'une statue. Ses yeux d'acier la scrutaient, analysant chaque hésitation, chaque soupir qu'elle laissait échapper. L'atmosphère de la pièce était tendue, presque oppressante, et le bruit léger de l'horloge murale semblait amplifié, martelant le temps qui passait.
« Vous n'êtes pas obligée de le faire, Mademoiselle Martin, » dit-il calmement, sa voix posée, presque douce. « Mais si vous signez, je m'attends à ce que vous respectiez chaque clause de cet accord. Sans exception. »
Clara inspira profondément. « Pourquoi moi ? Pourquoi pas une autre femme ? »
Victor inclina légèrement la tête, comme s'il s'attendait à cette question. « Parce que je n'ai pas besoin d'une femme habituée à ce monde. J'ai besoin de quelqu'un qui semble réel. Authentique. Vous êtes... crédible. »
Elle serra les dents à cette réponse. Elle n'était pas certaine si cela devait être un compliment ou une insulte. « Et qu'est-ce que je suis censée faire exactement ? »
Victor se leva de sa chaise, faisant lentement le tour de la pièce. Il n'était pas pressé, et chaque mouvement semblait calculé. « Être ma fiancée. M'accompagner à certains événements. Sourire, parler, agir comme si tout cela était réel. Et surtout, garder vos distances. Pas de questions sur ma vie privée. Pas de curiosité déplacée. Vous jouez un rôle, rien de plus. »
« Et en échange, vous payez mes dettes, » murmura-t-elle, la voix pleine de sarcasme.
Il se retourna vers elle, un sourire mince étirant ses lèvres. « Ce n'est pas un mauvais marché, non ? »
Clara hésita encore un instant, puis, comme si elle cédait sous le poids invisible de toutes ses inquiétudes, elle signa. L'encre noire sur le papier semblait irréversible, définitive. L'air sembla s'alourdir dans la pièce alors qu'elle reposait le stylo, ses mains moites de nervosité.
Victor s'approcha, ramassant le contrat et le rangeant dans une mallette en cuir sans un mot. « Félicitations, Mademoiselle Martin. Vous venez d'entrer dans un monde où rien n'est ce qu'il semble être. »
Elle releva la tête, cherchant une étincelle d'humanité dans son regard, mais il n'y avait rien d'autre que ce masque impénétrable.
Quelques heures plus tard, Clara se retrouvait dans une voiture aux vitres teintées, roulant vers une destination qu'elle ignorait encore. Le chauffeur, un homme massif au visage impassible, ne prononçait pas un mot. L'intérieur du véhicule sentait le cuir neuf et une légère touche de cèdre, une odeur qui semblait être une extension de Victor lui-même.
Lorsque la voiture s'arrêta devant une villa qui semblait sortie d'un rêve – ou d'un film de gangsters –, Clara sentit son souffle se couper. Les murs immaculés, les grandes fenêtres donnant sur une vue imprenable sur la ville, et les jardins soigneusement entretenus : tout cela criait richesse, puissance, mais aussi isolement.
Victor l'attendait déjà sur les marches d'entrée, habillé d'un costume gris clair qui semblait fait pour capter la lumière du soleil. Il lui tendit une main, l'invitant à descendre.
« Bienvenue chez vous, » dit-il simplement.
Clara regarda autour d'elle, déconcertée. « Chez moi ? »
Il acquiesça. « Tant que vous jouerez ce rôle, cette villa sera votre maison. Vous avez également accès à une garde-robe entièrement renouvelée, ainsi qu'à tous les services dont vous pourriez avoir besoin. »
Elle haussa un sourcil. « Et tout ça fait partie du contrat ? »
Un sourire amusé effleura ses lèvres. « Disons que je tiens à ce que vous soyez convaincante. Une fiancée habillée en vêtements de seconde main n'est pas exactement l'image que je souhaite projeter. »
Elle sentit un mélange d'humiliation et de colère monter en elle. Mais elle n'avait pas signé ce contrat pour se battre sur des détails. Si c'était le prix à payer pour sa liberté financière, elle jouerait le jeu.
Une femme élégamment habillée apparut alors dans l'entrée, suivie par deux assistants portant des sacs. « Clara, voici Renée. Elle sera votre styliste personnelle. Elle vous aidera à vous préparer pour le dîner de ce soir. »
Clara ouvrit la bouche pour protester, mais Victor la coupa. « Ce soir, vous rencontrerez quelques-uns de mes associés. C'est une occasion importante. Je m'attends à ce que vous soyez parfaite. »
Elle le fixa, abasourdie. « Vous voulez dire que ça commence déjà ? »
« C'est maintenant que votre rôle commence. Ne me décevez pas. »
Les heures qui suivirent furent un tourbillon de vêtements, de coiffures et de maquillage. Renée, professionnelle jusqu'au bout des ongles, ne laissa aucun détail au hasard. Clara, cependant, se sentait comme une poupée que l'on habillait selon les caprices des autres.
Lorsque tout fut terminé, elle se regarda dans le miroir et eut du mal à se reconnaître. La femme qui se tenait là, vêtue d'une robe noire élégante qui épousait parfaitement ses courbes, les cheveux relevés en un chignon sophistiqué, semblait appartenir à un autre monde. Mais au fond de ses yeux, elle voyait toujours la même Clara, la même femme ordinaire qui se demandait ce qu'elle faisait là.
Victor apparut alors dans l'encadrement de la porte. Il s'arrêta, la regardant de la tête aux pieds.
« Parfait, » dit-il simplement.
Elle sentit une étrange chaleur monter à ses joues, mais elle refusa de céder à cette émotion.
Le dîner se déroulait dans une salle de réception privée, où une grande table ornée de chandeliers et de vaisselle en argent trônait au centre. Les invités étaient déjà là : des hommes en costumes impeccables, des femmes parées de bijoux scintillants, tous échangeant des regards et des sourires mesurés.
Clara suivait Victor, le cœur battant à tout rompre. Il lui tenait légèrement la main, un geste calculé qui devait sembler naturel mais qui la mettait mal à l'aise.
Les regards se tournèrent vers eux lorsqu'ils entrèrent. Des sourires polis se dessinèrent sur les visages, mais Clara pouvait sentir la curiosité, voire la suspicion, derrière ces masques.
« Mesdames et messieurs, permettez-moi de vous présenter Clara, ma fiancée, » annonça Victor d'un ton ferme.
Le silence qui suivit dura à peine une seconde, mais pour Clara, il sembla s'étirer à l'infini. Puis, les murmures et les éclats de voix reprirent, et les invités vinrent les saluer un par un.
Un homme en particulier attira son attention. Grand, aux cheveux poivre et sel, avec des yeux d'un bleu glacial, il serra la main de Victor avant de se tourner vers elle.
« Ainsi, voici la mystérieuse fiancée de Victor. Vous êtes un homme d'habitudes, Rossi. Ce changement est... surprenant. »
Victor ne réagit pas à la provocation implicite. « Il fallait bien surprendre un peu, Carlo. On dit que l'inattendu est la clé du succès. »
Le sourire de Carlo s'élargit, mais il n'atteignit pas ses yeux. Clara se sentit immédiatement mal à l'aise en sa présence.
Le reste du dîner fut une épreuve pour elle. Les conversations tournaient autour de sujets qu'elle ne comprenait pas, des affaires et des transactions dont les enjeux semblaient bien plus importants qu'elle ne l'avait imaginé. Elle se contentait de sourire, de hocher la tête, et de répondre brièvement lorsque quelqu'un lui adressait la parole.
Mais tout au long de la soirée, elle sentait les regards peser sur elle. Certains curieux, d'autres méfiants. Elle savait qu'elle était jugée, analysée, et cela la rendait nerveuse.
Lorsque le dîner toucha enfin à sa fin, Victor posa une main légère dans le bas de son dos, la guidant vers la sortie.
« Vous avez bien fait, » murmura-t-il à son oreille.
Clara, épuisée mais soulagée, ne répondit pas. Elle savait que ce n'était que le début, et elle ne pouvait s'empêcher de se demander combien de temps elle pourrait tenir dans ce rôle avant que tout ne s'écroule.
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