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Couverture du roman Son obsession, sa seconde vie

Son obsession, sa seconde vie

Damien, mon amour de jeunesse, est devenu un monstre après un accident. Manipulé par sa thérapeute Chloé, il m'a trahie, m'utilisant comme bouclier avant de me laisser mourir dans un crash orchestré. Entre violences et profanation de la mémoire de ma mère, mon calvaire fut total. Pourtant, je me réveille un an avant ce drame. Revenue dans le passé, je dispose de douze mois pour orchestrer ma vengeance. Cette seconde chance ne sera pas gâchée : mon plan est déjà en marche.
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Chapitre 2

Dans la cuisine, j'ai préparé le thé machinalement. Mes mains étaient stables tandis que je coupais le citron et mesurais le miel, mais mon cœur battait un rythme effréné contre mes côtes.

Mon téléphone, dans ma poche, a vibré silencieusement. J'ai jeté un coup d'œil vers le salon. Ils parlaient, leurs voix un murmure bas. J'ai sorti le téléphone et j'ai vu le SMS d'un numéro inconnu.

Le plan est en marche. Sept jours. Une voiture attendra.

C'était de l'assistant d'Hugo. L'espoir, féroce et lumineux, a déferlé en moi. Sept jours. Je devais juste survivre sept jours de plus.

J'ai rapidement supprimé le message et remis le téléphone dans ma poche juste au moment où Damien entrait dans la cuisine.

— C'était qui ? a-t-il demandé, sa voix désinvolte, mais ses yeux étaient vifs, suspicieux.

Je me suis raidie, le dos tourné. Mon esprit a tourné à toute vitesse, cherchant un mensonge plausible.

— C'était le traiteur pour la fête de fiançailles, ai-je dit, me tournant pour lui faire face avec une expression placide. Pour confirmer les changements de menu.

Ses épaules se sont détendues. La suspicion dans ses yeux s'est estompée, remplacée par un regard doux et possessif qui autrefois me faisait me sentir chérie et qui maintenant ne faisait que me donner la chair de poule.

— Bien, a-t-il dit, s'approchant et enroulant ses bras autour de ma taille par derrière. Il a posé son menton sur mon épaule, son souffle chaud contre mon cou. Je ne veux pas que quoi que ce soit aille de travers. Ça doit être parfait.

Il a déposé un baiser sur ma tempe.

— J'ai eu peur une seconde, a-t-il murmuré. J'ai pensé... Je ne sais pas. Je ne supporte pas l'idée que tu me quittes, Émilie. Tu le sais. Je m'effondrerais.

J'ai dû lutter contre l'envie de me dérober à son contact. J'ai regardé notre reflet dans l'acier poli du réfrigérateur. Il ressemblait à un amant dévoué tenant sa fiancée. C'était un beau mensonge.

Il était si arrogant, si certain de mon amour et de ma loyauté. Il avait utilisé cet amour pour m'enchaîner à lui, pour excuser sa cruauté, pour me rendre complice de ma propre souffrance.

Plus maintenant. Cette fois, je connaissais la vérité. Son « amour » était une maladie, un besoin égoïste de posséder, et j'en avais fini d'être son remède.

— Je devrais apporter ça à Chloé, ai-je dit, ma voix soigneusement neutre alors que je me dégageais doucement de son étreinte. C'était un petit acte de défi, une représentation physique de la distance que je mettais entre nous.

Il m'a laissée partir, un froncement de sourcils touchant brièvement ses lèvres avant qu'il ne sourie à nouveau.

— Bien sûr. Ne la fais pas attendre.

J'ai porté le plateau dans le salon. Chloé était affalée sur le canapé, l'air parfaitement à l'aise. Elle m'a regardée approcher avec une expression indéchiffrable.

J'ai posé la tasse de thé sur la table basse devant elle.

— Votre thé, Dr Lambert.

Elle l'a prise, a bu une gorgée délicate, puis a fait la grimace.

— C'est un peu trop sucré, Émilie. Pourriez-vous ajouter plus de citron ?

Son ton était condescendant, comme si elle parlait à un enfant ou à une servante. C'était une provocation délibérée, un test.

Dans ma première vie, c'est là que la dispute aurait commencé. Mais maintenant, j'ai juste hoché la tête en silence.

— Mes excuses.

J'ai ramené la tasse à la cuisine, j'ai pressé plus de jus de citron et je suis revenue. Je l'ai reposée devant elle sans un mot.

Elle a pris une autre gorgée.

— Maintenant, c'est trop acide. Elle a soupiré de façon dramatique, posant la tasse avec un cliquetis. Ma gorge est très sensible. Je suppose que c'est trop demander pour une simple tasse de thé.

Je pouvais sentir les yeux de Damien sur moi, attendant ma réaction. Je pouvais sentir la colère, chaude et familière, monter dans ma poitrine. Je voulais lui jeter le thé brûlant au visage suffisant.

Au lieu de ça, j'ai pris une profonde inspiration. J'ai attrapé le sucrier sur le plateau, pris une cuillère propre et j'ai prélevé une petite quantité de sucre. Je le lui ai tendu.

— Vous pouvez en ajouter autant que vous le souhaitez, Dr Lambert, ai-je dit, ma voix plate. Comme ça, ce sera parfait pour vous.

C'était un petit acte passif-agressif, mais c'était suffisant.

Les yeux de Chloé se sont écarquillés, d'abord de surprise, puis de fureur. Elle s'est tournée vers Damien, son visage se transformant instantanément en un masque de douleur et de trahison.

— Damien ! a-t-elle crié, sa voix tremblante. Tu as vu ça ? Elle est impolie avec moi. Après tout ce que j'ai fait pour toi !

Elle s'est levée, les poings serrés.

— Je ne peux pas rester ici ! J'essaie si fort de t'aider, de gérer ta condition, et ta fiancée me traite comme ça ! Si elle doit être là, alors je pars ! Tu peux trouver un autre thérapeute !

J'ai failli rire. C'était son coup préféré. La menace de partir. Ça marchait toujours. Damien était terrifié à l'idée d'être abandonné, terrifié par son propre esprit sans elle pour le « gérer ».

J'ai ouvert la bouche pour me défendre, pour souligner l'absurdité de sa plainte.

— Damien, c'est elle qui...

— Ça suffit, Émilie ! La voix de Damien était tranchante, me coupant la parole.

Il se tenait entre nous, le dos tourné vers moi, face à Chloé. Toute sa posture était protectrice.

Il a tourné la tête, son regard froid et dur.

— Excuse-toi auprès de Chloé.

Les mots m'ont frappée comme un coup de poing. Je l'ai regardé, incrédule. Il ne pouvait pas être sérieux. Il avait tout vu. Il savait qu'elle mentait, qu'elle me provoquait.

— Quoi ? ai-je murmuré.

— J'ai besoin d'elle, Émilie, a-t-il dit, sa voix s'abaissant, prenant un ton enjôleur qu'il utilisait quand il voulait me manipuler. Tu sais que c'est le cas. Ma guérison dépend d'elle. Juste... pour moi. S'il te plaît. Excuse-toi et nous pourrons passer à autre chose.

Il me demandait d'avaler ma fierté, de valider une menteuse, tout ça pour ses propres besoins égoïstes. C'était toujours à propos de ses besoins.

Je me suis souvenue d'une fois, il y a des années, avant l'accident. Quelqu'un à une fête avait fait un commentaire désobligeant sur ma robe. Damien avait entendu. Il s'était calmement approché, avait remis l'homme à sa place avec quelques mots calmes et cinglants, puis m'avait emmenée, son bras un cercle chaud et protecteur autour de moi. Il avait été mon chevalier servant.

Maintenant, ce chevalier exigeait que je m'incline devant le dragon.

L'amour que je pensais encore nourrir pour l'homme qu'il avait été est mort d'une mort finale et douloureuse à ce moment-là. Il s'est effrité en cendres et s'est envolé, ne laissant que de la résolution, froide et dure.

Il ne m'aimait pas. Il ne me respectait même pas. J'étais juste une possession, un confort familier qu'il était prêt à sacrifier pour un nouveau, plus utile.

Très bien. Je jouerais le jeu. Pendant sept jours de plus.

— Tu as raison, ai-je dit, ma voix dénuée d'émotion. J'ai regardé par-dessus son épaule, le visage triomphant de Chloé. Je suis désolée, Dr Lambert. C'était mon erreur.

Les mots avaient le goût du poison dans ma bouche.

Je ne pouvais pas supporter d'être dans cette pièce une seconde de plus.

— Je me sens fatiguée, ai-je dit en me détournant. Je vais aller m'allonger.

Je suis sortie de la pièce, sans attendre de réponse, et j'ai fui en haut des escaliers, le son de la voix douce et apaisante de Damien calmant sa précieuse thérapeute me suivant tout le long du chemin.

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