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Couverture du roman Servie des rogatons par mon cruel mari

Servie des rogatons par mon cruel mari

Autrefois à la tête d'un empire pharmaceutique, je suis devenue l'esclave de mon mari, Damien. Pour protéger mon fils Léo, je simule la folie et subis les humiliations de sa maîtresse, Candice. Ils ont tué mon père et volé mes biens, me forçant à manger leurs restes. Mais quand ils s'attaquent à ma maison d'enfance, ma patience s'éteint. Munie des preuves de leurs crimes, je m'enfuis avec mon enfant pour détruire leur vie et récupérer tout ce qu'ils m'ont arraché.
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Chapitre 1

Jadis, je régnais en maître sur un empire pharmaceutique. Aujourd'hui ? Je n'étais plus qu'une ombre errant dans ma propre cuisine, réduite à servir l'homme qui m'avait volé ma vie.

Damien ne s'était pas contenté de s'emparer de mon entreprise et de me faire passer pour folle. Non. Il s'installait là, avec sa maîtresse, Candice, et m'obligeait à manger leurs restes comme un chien.

Ils avaient empoisonné mon père pour s'approprier son héritage.

Ils avaient manipulé l'opinion publique, faisant croire au monde entier que j'étais instable.

Ils m'avaient fait récurer les sols jusqu'à ce que mes mains ne soient plus que de la chair à vif.

Chaque jour était une performance, une soumission jouée à la perfection. Un risque calculé pour protéger mon fils, Léo, de leur cruauté sans bornes.

Ils pensaient que mon silence était un aveu de défaite.

Ils croyaient que les médicaments avaient fait de moi une coquille vide, ignorant que je faisais semblant de les avaler depuis des semaines.

Mais lorsqu'ils ont envoyé les bulldozers raser ma maison d'enfance et profané la tombe de mon père, la dernière étincelle de mon ancienne vie s'est éteinte.

À sa place, une détermination glaciale et impitoyable a pris racine.

Ce soir, je ne me contente pas de m'enfuir avec mon fils.

J'emporte avec moi les preuves de leurs meurtres et de leurs fraudes. Et je ne m'arrêterai pas avant que leur empire volé ne soit réduit en cendres.

Chapitre 1

La lourde cuillère en argent tinta contre le bol en céramique. Mes mains ne tremblaient pas. Elles étaient trop stables, peut-être, pour quelqu'un à qui l'on venait de répéter qu'elle ne valait rien.

— Cassandre, chérie, la bisque manque de sel.

La voix de Candice, douce comme du venin, me parvint depuis la salle à manger.

— À moins que tu ne préfères que ce soit fade ? Certains d'entre nous ont encore du goût, tu sais.

Je ne répondis pas. Mon reflet dans l'acier poli de la cuillère ne montrait rien. Juste des yeux vides, un visage pâle. Un spectre dans sa propre demeure.

— Non, Candice. Je pense que c'est parfait ainsi, dis-je d'une voix monocorde. Trop de sel tue les saveurs.

Un soupir agacé me répondit. Je sentais le regard de Candice me brûler le dos, même à travers le mur. Elle me jugeait. Elle cherchait la faille.

Je saisis une serviette blanche immaculée, lissant un pli imaginaire. Mes doigts bougeaient avec une lenteur délibérée. Chaque geste était désormais une mise en scène. Chaque respiration, un risque mortel.

Une silhouette apparut dans l'encadrement de la porte, bloquant la lumière. Candice. Ses cheveux blonds parfaits, son sourire de prédatrice. Elle m'observait, son regard s'attardant sur mes mains, puis sur mon visage. Une lueur de triomphe malsain brillait dans ses yeux.

Le silence s'étira, lourd, étouffant.

Puis, Damien entra, passant un bras autour de la taille de Candice. Il embrassa sa tempe, un geste lent et possessif qui me frappa comme un coup de poing physique. Leurs rires, légers et intimes, résonnèrent dans la pièce. Ils ricochaient sur ma peau, laissant derrière eux une sensation froide et poisseuse.

— Bonjour, mon amour.

La voix de Damien. Profonde, suave. Cette voix qui m'avait promis l'éternité. Aujourd'hui, elle n'était plus qu'un instrument de torture.

Candice se blottit contre lui, sans me quitter des yeux.

— Damien, chéri, devine quoi ? Notre petit Léo a fait sa nuit ! Je suis pratiquement une super-maman.

Elle se pavanait, sa voix dégoulinante d'une fierté artificielle.

Damien gloussa, ses yeux croisant les miens par-dessus l'épaule de sa maîtresse. Une lueur indéchiffrable y passa. Amusement ? Mépris ? Pitié ? Je m'en moquais.

— C'est merveilleux, Candice. Tu dois être ravie.

Mes mots sortirent automatiquement, comme un script répété mille fois.

Le sourire de Candice se crispa. Elle détestait mon calme. C'était une langue qu'elle ne comprenait pas.

Je baissai les yeux vers la soupière, feignant l'intérêt. L'horloge au mur égrenait les secondes bruyamment. Le petit-déjeuner. C'était toujours le début d'une nouvelle journée, d'une nouvelle humiliation.

Je me dirigeai vers la cuisinière pour remuer le porridge qui mijotait. C'était pour Léo. Épais et crémeux. Il n'était qu'un bébé, innocent dans cette maison de mensonges. Mon précieux garçon.

Damien tira une chaise pour Candice, puis s'installa à la sienne.

— Cassandre, tu ne te joins pas à nous aujourd'hui ? demanda-t-il, le ton empreint d'une fausse sollicitude.

Je marquai une pause, la louche en main.

— Non merci, Damien. J'ai beaucoup à faire en cuisine.

— Oh, ne sois pas ridicule, Cassandre, coupa Candice, mielleuse. Viens t'asseoir. Tu as tant travaillé.

Elle tapota la chaise vide à côté d'elle, une parodie grotesque d'hospitalité.

Je secouai la tête, un mouvement poli et discret.

— C'est très gentil, mais je préfère rester debout. C'est un honneur de vous servir.

Une lueur de satisfaction traversa le visage de Candice. Elle échangea un regard avec Damien, une communication silencieuse de victoire. J'étais dressée. Exactement comme ils le voulaient.

Je restai près du comptoir, écoutant le cliquetis de leurs fourchettes contre la porcelaine fine. Mon dos me faisait souffrir. Je me souvenais de la dernière fois où je m'étais assise à cette table pour les défier. Damien m'avait fait agenouiller en plein soleil pendant des heures, la peau brûlante, les genoux en sang. C'était un avertissement. Une leçon brutale : toute rébellion serait punie par une douleur immédiate et impitoyable. Il fallait briser mon esprit pour que le sien puisse s'élever.

Le repas toucha à sa fin. Damien racla les restes de ses œufs dans une assiette, puis la fit glisser sur la table vers moi. Un croissant à moitié mangé, une traînée de confiture, quelques miettes.

Je pris l'assiette, mes mouvements lents et mesurés. Mon premier instinct fut de jeter ces ordures à la poubelle, comme je le faisais toujours. Mais le regard de Damien pesait sur moi. Cette même attente sadique que j'avais vue trop souvent.

— Cassandre.

La voix de Damien trancha l'air, plus forte. Il se pencha en avant, fixant mes yeux.

— Ne t'avise pas de gâcher ça. As-tu la moindre idée du prix de ces truffes ? C'est un ingrédient précieux. Il y a des gens qui meurent de faim, Cassandre. Tu ne voudrais pas être gaspilleuse, n'est-ce pas ?

Il parlait avec une fausse gentillesse qui me retournait l'estomac. Candice observait, les yeux écarquillés, spectatrice fascinée de ce spectacle morbide.

Mes mains tremblèrent imperceptiblement. Le message était clair. J'avalai ma salive, le goût de la bile montant dans ma gorge. Je saisis une serviette usagée pour prendre le croissant. Il était rassis, collant de jaune d'œuf froid. Je le portai à mes lèvres. Il me fallut une volonté surhumaine pour ne pas avoir de haut-le-cœur. Le goût de leurs restes, le sel de leur mépris. Chaque bouchée était une dégradation, un hurlement silencieux.

— Merci, Damien, chuchotai-je en forçant un sourire. C'est délicieux. Vraiment.

Candice laissa échapper un petit bruit étouffé. Elle se leva brusquement, repoussant sa chaise dans un grincement strident.

— Damien, non ! Ça va trop loin !

Elle me regardait, le visage blême, une lueur presque humaine traversant son regard.

— Assieds-toi, Candice.

La voix de Damien était basse, dangereuse.

— Elle connaît sa place.

Mes yeux croisèrent ceux de Candice. Pitié ? Dégoût ? Peur ? Peu importait. J'avais un enfant à protéger. Alors, je continuai à mâcher.

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