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Couverture du roman Seconde chance : l'épouse que vous méprisiez

Seconde chance : l'épouse que vous méprisiez

Bella, épouse docile du puissant German Kramer, meurt seule en accouchant alors que son mari privilégie ses affaires. Consumée par la trahison de ce milliardaire et de sa maîtresse Charity, elle se réveille soudainement cinq ans dans le passé, le ventre plat et l'esprit vengeur. Face à l'arrogance de German, elle refuse de rester sa marionnette. Prête à tout, elle s'allie désormais à son pire rival pour détruire son empire. La chasse commence, et elle sera sans pitié.
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Chapitre 1

Le bip sonore du moniteur cardiaque était la seule chose qui la rattachait encore au monde des vivants. Un rythme lent, irrégulier, qui s'espaçait dangereusement. Bella sentait le froid envahir ses extrémités, remontant le long de ses jambes comme une marée d'eau glacée. L'hémorragie ne s'arrêtait pas. Les draps blancs de la clinique privée parisienne étaient lourds, saturés d'un liquide chaud et poisseux qui s'échappait d'elle, emportant sa vie avec lui.

Une infirmière, le visage tordu par la panique, plaqua un téléphone contre l'oreille de Bella. Ses gants en latex crissaient contre la peau moite de sa joue.

- C'est Monsieur Kramer, murmura l'infirmière.

Bella rassembla le peu de force qui lui restait. Sa gorge était sèche, brûlée par les cris de l'accouchement qui s'était transformé en boucherie.

- German... j'ai peur... viens... souffla-t-elle.

La voix à l'autre bout du fil n'avait aucune aspérité. Elle était lisse, froide, professionnelle. Le bruit de fond indiquait une salle de réunion feutrée, pas l'urgence d'un couloir d'hôpital.

- J'ai une fusion à signer, Bella. Ton instabilité émotionnelle est un passif. Gère-le. On en parlera ce soir.

Le déclic de la communication coupée résonna dans son crâne plus fort qu'un coup de feu. Le téléphone glissa sur l'oreiller. Bella fixa le plafond aseptisé, les néons blancs brûlant sa rétine. Une larme unique, brûlante, traça un sillon sur sa tempe. Ce n'était pas la douleur physique qui l'achevait. C'était le vide absolu. La réalisation brutale qu'elle mourait seule, devenue un simple accessoire encombrant d'un homme qui vérifiait probablement l'heure sur sa montre en ce moment même.

Le sifflement continu du moniteur perça l'air. L'obscurité l'engloutit, non pas avec paix, mais avec une haine incandescente.

Puis, la chute. Une sensation de vertige absolu, comme si le sol se dérobait sous son corps inerte.

Une inspiration brutale, violente, déchira ses poumons.

Bella se redressa d'un coup, le souffle court, le corps trempé d'une sueur glaciale. Ses mains griffèrent les draps. Ce n'était pas le coton rêche de l'hôpital. C'était de la soie. De la soie égyptienne à mille fils.

Elle cligna des yeux, aveuglée par la lumière du jour qui filtrait à travers les rideaux de velours lourds. Elle n'était pas à la morgue. Elle était dans la chambre principale du manoir Kramer, au cœur du 16ème arrondissement. L'odeur de cire pour meubles anciens et de fleurs fraîches remplaçait celle de l'éther et du sang.

Ses mains tremblantes volèrent vers son ventre.

Plat.

Elle arracha sa chemise de nuit, ses doigts inspectant frénétiquement sa peau. Aucune cicatrice. Aucune trace de césarienne. Juste une peau pâle, lisse, intacte.

Elle se rua vers la table de chevet, manquant de trébucher sur ses propres jambes qui semblaient trop légères, trop vivantes. Elle saisit son smartphone. L'écran s'illumina, affichant une date qui fit s'arrêter son cœur une seconde fois.

Il y a cinq ans.

Elle se leva, chancelante, et marcha vers le grand miroir en pied style Louis XV. Le reflet qui la fixait n'était pas celui de la femme brisée, cernée par la dépression et les traitements de fertilité. C'était Bella à vingt-trois ans. Le visage plein de collagène, les yeux brillants, les cheveux épais tombant en cascade sur ses épaules.

Un rire hystérique monta dans sa gorge, se brisant instantanément en un sanglot sec. Elle était revenue. L'enfer lui avait donné un bon de sortie.

La poignée de la porte tourna.

Bella se figea. Son corps réagit avant son esprit. Une vague de terreur pure, physiologique, crispa ses muscles. C'était la mémoire du corps, le souvenir des années de négligence, de critiques acerbes, de solitude.

German Kramer entra.

Il était en train de nouer sa cravate en soie bleu nuit, le geste précis, mécanique. Il avait l'air plus jeune, mais cette aura d'arrogance glaciale était déjà là, intacte. Il fronça les sourcils en la voyant debout, échevelée, au milieu de la pièce.

- Pourquoi tu cries ? demanda-t-il sans même la regarder, ses yeux scannant la pièce à la recherche de ses boutons de manchette. Tu as encore fait un cauchemar ?

Il ne la voyait pas. Il ne la voyait jamais. Pour lui, elle faisait partie du mobilier, au même titre que la commode en acajou.

Bella serra les poings si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans sa paume, la douleur vive servant d'ancre pour la maintenir dans cette réalité. Elle inspira profondément, forçant le masque de l'épouse docile à se remettre en place, même si à l'intérieur tout hurlait. Trop tôt pour la confrontation. Il fallait être stratégique. Il était là. L'homme qui l'avait laissée mourir pour signer un contrat. Il était vivant, respirant, indifférent.

German trouva sa montre Patek Philippe sur la coiffeuse et la glissa à son poignet. Le cliquetis du fermoir résonna dans le silence.

- Dépêche-toi, lança-t-il froidement, se dirigeant déjà vers la porte. Charity a besoin que je l'accompagne pour les derniers ajustements de sa robe. Je ne rentrerai pas dîner avant le Gala.

Le nom agit comme un électrochoc. Charity. La "pauvre stagiaire". La sangsue qui avait drainé sa vie, son mariage, et finalement sa santé mentale. La peur qui paralysait Bella s'évapora instantanément, remplacée par une froideur qui gela son sang.

German s'attendait à la routine habituelle. Il s'attendait à ce qu'elle pleurniche, qu'elle demande pourquoi il passait tant de temps avec cette fille, qu'elle quémande une miette d'attention. Il avait déjà la main sur la poignée, le dos tourné, prêt à ignorer ses plaintes.

Bella redressa le menton. Elle sentit ses traits se composer en un masque de marbre.

- Entendu, dit-elle. Sa voix était neutre, dénuée de tout tremblement. Amuse-toi bien.

German s'arrêta net. Sa main se figea sur le laiton doré de la poignée. Le silence qui suivit était lourd, anormal. Il n'y avait pas de supplications. Pas de larmes. Juste une acceptation polie.

Il se retourna lentement, un pli soucieux marquant son front. Il la scruta, cherchant la faille, cherchant la femme faible qu'il connaissait. Mais Bella lui tournait déjà le dos, feignant de s'intéresser au calendrier mural.

- À ce soir, German, ajouta-t-elle sans se retourner.

Il resta là une seconde de trop, déstabilisé par ce vide émotionnel qu'il ne comprenait pas. Puis, haussant les épaules, il sortit et claqua la porte.

Bella expira lentement. Elle posa son doigt sur la date du jour encerclée en rouge sur le calendrier.

Gala de la Fondation Fisher.

C'était ce soir-là, dans sa vie précédente, que tout avait commencé à s'effondrer. C'était ce soir-là qu'elle était devenue la risée de Paris.

Elle sourit, mais le reflet dans le miroir ne montrait aucune joie. Juste une détermination prédatrice.

- Pas cette fois, murmura-t-elle.

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