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Couverture du roman Sauvée par le cheikh

Sauvée par le cheikh

Amaya est plongée dans une tourmente mortelle à Morazan. Son frère a dérobé un stock d'armes et de stupéfiants à des criminels impitoyables avant de disparaître. Désormais traquée à sa place, la jeune femme est en péril. Le cheikh Karim surgit alors pour lui offrir sa protection. Pourtant, Amaya est assaillie par le doute : comment accorder sa confiance à cet homme, alors que la famille royale est responsable de ses souffrances passées ?
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Chapitre 2

-Oh non!...

Ce sont les seuls mots qu'elle a pu formuler pour exprimer sa détresse et son anxiété.

Et au fil des secondes une pluie de balles s'abattait sur la maison.

Amaya a pris un certain temps pour réagir mais elle s'est jeté brusquement sur Rania en balançant leurs deux corps au sol afin de se planquer derrière le sofa le plus proche. Son cœur bat à une vitesse folle, des sueurs froides coulent  le long de son dos, lorsqu'elle entend la porte d'entrée céder sous les projectiles, ensuite des bruits de pas lui parviennent.

- Où te caches-tu ma poulette ?

Ce surnom lui a provoqué un haut le coeur qu'elle s'est empressée de contrôler. Mais elle ressent un liquide chaud et visqueux sur sa peau et sur ses vêtements. Alors elle abaisse son regard entre le corps de Rania et le sien, et elle remarque du sang sur l'abdomen de Rania et un peu partout formant une petite flaque.

N'en pouvant plus elle laisse échapper des cris perçants à travers lesquels on peut ressentir de la peine et de la culpabilité.

Soudain elle sent une poigne ferme autour de ses chevilles qui la tire loin de Rania.

-Non! Non! Hurle t'elle, quitte à se déchirer les cordes vocales.

- Pardonne moi Rania, pardonne moi, j'ignorais qu'ils m'avaient suivi.

Elle sent qu'on la tire toujours aussi  violemment et deux mains calleuses  se placent sous ses aisselles pour la soulever et l'entraîner hors de cette maison qui a été autrefois son refuge.

Elle se débat comme elle peut contre ses agresseurs mais ils la ligotent puis ils bandent ses yeux et la mettent dans le coffre d'une  voiture. Elle frappe de toute ses forces avec  ses pieds contre la paroi du coffre. La voiture démarre et roule à une vitesse folle, Amaya continue à frapper le coffre dans l'espoir de réussir à le briser car sa séquestration ne lui dit rien qui vaille.

Elle sent son corps se projeter violemment, apparemment elle a provoqué la fureur du conducteur, ce dernier a freiné sèchement la voiture, il est descendu, il a marché rapidement vers le coffre et l'a ouvert rageusement. Amaya a senti sa présence et elle se met à lancer des coups de pieds maladroits dans le but de l'atteindre pour s'enfuir loin des griffes de ces assassins, son instinct de survie lui crie de partir pour ne pas subir les pires atrocités.

Deux bras lui tiennent fermement son corps la réduisant à l'immobilité.

-Calme toi! Lui dit cette voix qui la dégoûte toujours autant.

-Que me voulez-vous ? Pourquoi avez-vous tué mon amie? Dit-elle en sanglotant.

-laissez-moi partir ! Je vous en...

Elle n'a pas pu achevé sa phrase car l'un de ses agresseurs a posé un mouchoir sur son nez.

Elle sent que ses yeux se ferment lentement, elle a beau lutté contre l'inconscience. Mais elle a sombré dans un trou noir.

Elle ne sait pas combien de temps qu'elle est restée dans les vapes. Elle ne saurait le déterminer. Elle se sent engourdie, mais ce qui attise son envie d'immerger c'est la douleur qui lacère ses jambes, elle les a sûrement écorchées en s'acharnant sur le coffre de cette vieille voiture dont la paroi était en partie tranchante.

Et la deuxième chose qui la pousse à ouvrir les yeux c'est cette odeur de sang qui lui colle comme une seconde peau lui provoquant des nausées atroces. Alors elle ouvre doucement les yeux qui prennent du temps à lui envoyer des images claires et nettes, l'obscurité partielle de la pièce où elle se trouve ne l'aide pas beaucoup. Au fil de quelques minutes ses yeux lui décrivent avec précision l'endroit où elle se trouve, et l'effroi lui sert le coeur et lui coupe partiellement le souffle.

C'est une pièce exiguë, avec une odeur de moisissure, d'humidité et de sang séché. Les murs  sont très sales et couverts de sang et le sol est très sale, elle aperçoit dans un coin une assiette sale dont une armée de fourmis en faisaient leur festin sûrement utilisée par la personne qui l'avait précédée et elle réalise qu'elle se trouve au centre de la pièce sur un petit matelas dégoûtant. Une ampoule défectueuse accrochée au plafond éclaire faiblement la pièce.

Il y a seulement une petite trappe où le soleil pourra éclairer faiblement cette pièce le jour. Avec les rondeurs de son corps, elle n'a aucune chance de passer par là, même une personne très mince n'aurait aucune chance.

Elle a toujours eu un corps en forme de sablier depuis le début de son adolescence, avec une poitrine ferme et généreuse, une taille fine,  des hanches arrondies et des fesses rebondies et de plus une longue et épaisse chevelure brune qui lui arrive au bas des fesses. Son corps attirait tout les regards, ses rondeurs faisaient les sujets de conversation dans le quartier où elle vivait. 

Elle déteste être le centre d'attention, du coup elle a appris à camoufler ses formes sous des vêtements trop grands, qui n'arrivent pas tout à fait à les dissimuler. Et elle retient toujours ses cheveux en un chignon strict  à l'aide de pinces.

Elle préfère porter les vêtements amples et traditionnels de Morazan avec le voile mais le bar où elle travaillait l'obligeait à porter des robes occidentales et malgré cela elle choisissait toujours les plus larges.

Elle porte toujours des lentilles pour cacher  ses yeux qui sont de deux couleurs  différentes: un bleu intense, brillant, et un vert qui lance un éclat unique.

Ayant renoncer à une fuite possible par la trappe, ces yeux analysent cette porte rouillée, elle s'approche d'elle et constate que la serrure est neuve et vérouillée . Dans un élan de désespoir elle frappe rageusement sur la porte.

-Laissez-moi sortir d'ici! crie t'elle.

En obtenant aucune réponse, elle prend l'assiette qui était à proximité et la lance sur la porte. Elle se brise en créant un bruit sourd. Elle s'est reculée pour que les fragments ne l'atteignent pas tout en fermant les yeux. Mais quand elle entend un bruit de grincement provenant de la porte, elle les ouvre rapidement et voit qu'une petite espace en haut de la porte est ouverte et laisse passer le bout d'une arme à feu. Ses yeux s'écarquillent d'horreur.

-Si tu ne te calmes pas tout de suite, je te tues immédiatement ! C'est clair ?

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