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Couverture du roman Sa prisonnière

Sa prisonnière

Les paroles de mon défunt père sur la stratégie face aux ennemis résonnent en moi, mais elles semblent vaines face au monstre qui l'a abattu. Devenue le trophée de ce rival impitoyable, je subis quotidiennement ses humiliations et sa cruauté. Cet homme m'utilise comme un simple objet, brisant ma volonté et mes rêves d'évasion. Désormais privée de tout espoir de liberté, je ne suis plus qu'une captive soumise à sa volonté. Je reste à jamais sa prisonnière.
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Chapitre 1

POV Emma

Mon père m'a toujours dit, qu'importe le nombre de tes ennemis, si tu les conduis au bon endroit, il te suffit de les affronter un par un. Il croyait en ces mots mais ça ne l'a pas protégé, ça ne l'a pas sauvé. Il a suffit d'un seul homme, d'un seul monstre pour que nos vies se brisent à jamais.

J'ai toujours su que ça risquait d'arriver. Après tout, en tant que chef de la mafia, je savais que la vie de mon père était menacée, constamment. Je croyais que ces hommes de mains le protégeraient, qu'ils donneraient leurs vies pour lui mais l'avidité, le besoin de pouvoir a changé la donne. Et l'un d'eux a profité de la confiance de mon père pour s'approcher suffisamment de lui afin de le tuer.

Quand je l'ai trouvé, ce monstre était encore penché sur lui, un couteau ensanglanté dans la main, observant sans la moindre émotion le corps sans vie de mon père. C'est à ce moment là que tout a basculé, à ce moment là que je suis passée de la fille du chef de la mafia, à l'esclave d'un meurtrier. Il a fait tuer ma mère dans la foulée, afin de s'assurer de n'avoir aucune résistance.

On se demande rarement ce qui arrive aux familles dans ce genre de situation, moi même, je ne m'étais jamais posée la question jusqu'à ce que je découvre la réponse. Je pensais qu'il allait me tuer moi aussi, j'aurais préféré qu'il le fasse mais il avait d'autres projets. Et je suis devenue un exemple, une sorte de trophée de sa victoire, de sa position. Un simple objet qu'il utilise selon son bon vouloir.

Je n'ai plus le droit de parler sans qu'il m'en donne l'autorisation, plus le droit de bouger tant qu'il ne me l'a pas ordonné. Je ne suis plus libre de faire quoi que ce soit et ça, depuis bien trop longtemps. Afin de prouver à tous que je suis son esclave, il m'a posé un collier en cuir orné d'une boucle en métal. Quand il le souhaite, il se plait à y accrocher une chaine afin de me traîner comme on le ferait avec un chien.

Comme tout les soirs, il m'a envoyé dans sa chambre et comme à chaque fois, je m'allonge sur la couverture qui m'est destinée à même le sol en attendant qu'il revienne. Car il reviendra, il le fait toujours, tout les soirs, encore et encore sans ce soucier de la douleur qu'il m'inflige, sans s'inquiéter de savoir si je serais capable de me relever le lendemain. Il revient et alors je n'ai d'autre choix que de le laisser faire ce qu'il veut, absolument tout ce qu'il veut.

Je ferme les yeux en serrant mes mains contre ma poitrine. J'aimerais tellement être encore capable de plonger dans un sommeil sans rêves mais chaque nuit, mon esprit me fait revivre encore et encore ce qu'il me fait subir la journée. Le son de la pendule accrochée au mur berce ma respiration. Je me concentre sur ce bruit en essayant de me préparer à ce qui va suivre.

Les minutes passent, trop vite, bien trop vite. Un bruit de pas se fait entendre, rapide, appuyé. Il a passé une mauvaise journée. Je peux le savoir rien qu'en l'entendant approcher. La porte de la chambre s'ouvre alors, brusquement. Même si il est encore loin, je perçois l'odeur de cet alcool dont il s'enivre quand les choses ne se déroulent pas comme il le souhaiterait.

Mes mains se resserrent un peu plus. Plus que quelques secondes avant que l'enfer ne s'abatte sur moi. Il se rapproche rapidement tout en respirant bruyamment. Nous y voilà, à cet instant précis où la peur revient, où ce sentiment me paralyse tout en me faisant trembler de la tête au pied. Il s'arrête près de moi et avant même de prononcer le moindre mot, son pied heurte mon ventre en me coupant le souffle. La douleur est telle qu'elle parcours l'intégralité de mon corps en l'espace d'une seule seconde et sa voix s'élève. Puissante. Froide. Abjecte.

- Debout!

Même si j'ai mal, je sais que je dois obéir sinon ça sera encore pire. Ne pas le contrarier. Encaisser. Attendre que l'orage passe. C'est tout ce que je peux faire. Je prends appuis sur mes mains pour me relever sans croiser son regard.

- Déshabille toi!

Encore une fois, sa voix claque et encore une fois, j'obéis. J'ai appris à mes dépends ce qu'il se passe quand je ne fais pas ce qu'il veut. Je ne recommencerais pas, il a tout fait pour que j'apprenne cette leçon. Mes vêtements tombent sur le sol. Je n'essaye même pas de cacher ma nudité. Il y a longtemps que j'ai arrêté de le faire, ça ne sert à rien de toute façon.

Comme souvent, ces doigts glissent sur mon corps, passent sur les cicatrices qu'il a lui même créé. Un frisson de dégoût me traverse sans que je ne puisse le contenir alors il attrape ma poitrine qu'il presse violemment en me faisant grimacer.

- Tu sais ce que je veux.

Bien sûr que je le sais, mes mains bougent toutes seules. Je détache chaque bouton de sa chemise avant de la lui retirer et répète les même mouvements pour détacher son pantalon. Aussitôt, l'odeur de son sexe se mélange à l'alcool me donnant presque un haut le cœur que je parviens tant bien que mal à retenir.

- Continue, dit-il froidement alors qu'il perçois sans doute mon aversion pour ce que je fais.

Sa main agrippe à nouveau mes cheveux, me plaquant contre son sexe qu'il appuie sur mon visage. Je sens cette boule se former au creux de mon ventre, grandir alors que les larmes menacent déjà de couler. Je dois me contenir, lui donner ce qu'il veut dans l'espoir qu'après, il s'endormira et qu'il me laissera en paix, allongée sur le sol, pour dormir au moins quelques heures.

Mes lèvres s'ouvrent, ma langue se pose sur lui, alors qu'il grogne déjà. Jamais je ne pourrais le comprendre, comment peut-il prendre du plaisir alors que je le hais de tout mon être. Mais ça ne change rien, je dois le faire, le contenter, le satisfaire comme il me l'a apprit durant toutes ces années.

Et je m'exécute, je laisse mes lèvres glisser sur son sexe, d'abord doucement puis un peu plus vite. Avec un peu de chance, il s'arrêtera à ça. Je l'espère. Mais dés que j'accélère un peu plus, il me retient en tirant sur mes cheveux.

- Doucement, je ne compte pas en finir si rapidement.

Et mes espoirs s'envolent. La séance va être longue, je le sens et je ralentis, fermant les yeux pour faire le vide dans mon esprit, pour me réfugier mentalement dans une sorte de bulle qui tente vainement de me protéger encore un peu. Ces grognements se font plus bruyant et sa poigne sur mes cheveux plus forte.

-Sur le lit, dit-il en rejetant ma tête en arrière.

Je croise alors son regard d'un bleu glacial. Aucune émotion ne se lit sur son visage, je me demande même si il est capable de ressentir quelque chose. Je me relève et m'allonge sur le ventre. Je sais ce qu'il attend de moi, les pratiques qu'il préfère, pour dire vrai, plus c'est douloureux pour moi et plus il aime.

Je sens le matelas s'enfoncer quand il monte en me chevauchant. Par réflexe, je relève mon bassin, avant d'agripper les draps aussi fort que je le peux et s'en crier gare, sans prendre le temps de me préparer il s'enfonce entre mes fesses en poussant un gémissement de plaisir. Aussitôt la douleur me transperce alors que ma respiration se bloque dans ma poitrine. Mon corps se tend, se crispe mais ça ne l'arrête pas car il reprend sa prise sur mes cheveux avant de se déhancher de toutes ces forces. Je sens quelque chose de chaud couler entre mes cuisses, sûrement du sang ce qui ne va sûrement pas le stopper, au contraire même. Je le sens, ce frisson qui le parcours alors que je ne peux réprimer des cris de douleurs. La chaleur qui monte en lui alors que malgré moi mon corps cherche à se libérer de ce fardeau. Plus je crie et plus il tremble jusqu'à ce qu'il finisse par se tendre en poussant un râle de plaisir.

Comme à chaque fois, il se retire presque aussitôt, comme si il ne supportait ma présence que lorsqu'il peut en tirer quelque chose. Son sperme s'échappe de mon corps en se mêlant au sang et sans dire un mot de plus, il m'éjecte du lit en me poussant avec son pied. J'ai trop mal pour me relever mais je sais que je ne peux pas rester là sans risquer de le mettre plus en colère et rampe jusqu'à ma couche, à cette couverture qui me sert de lit. Tremblante, je m'allonge comme je le peux, cherchant une position qui pourrait soulager un peu mon corps. Des spasmes me traversent, la douleur est si intense que chaque mouvement ne fait que l'accentuer. Mais ça passera, comme à chaque fois, je le sais et lui aussi.

Une larme coule sur ma joue. Plus les jours passent et plus je sens que j'atteins ma limite. Je vais finir par devenir folle, par perdre le peu de lucidité qu'il me reste encore. Je retiens un sanglot comme je le peux avant de respirer profondément. Il faut que je me calme, il faut que je dorme, car demain l'enfer continuera.

J'entends sa respiration devenir plus régulière, plus profonde. Je ferme les yeux en me concentrant sur ça. Tant qu'il dort j'ai la paix et à mon tour, je parviens à m'endormir.

Comme tout les matins, il me réveille d'un coup de pied qui cette fois atteint mes jambes. Je grimace en ouvrant les yeux alors que la douleur d'hier soir revient à la charge.

- Va te laver et prend un petit déjeuner. Tu vas me suivre aujourd'hui.

Je me tends aussitôt. Si il veut que je le suive, ça veut dire qu'il compte m'utiliser dans la journée. Je baisse la tête en me relevant avec difficulté. Je reste courbée alors que la douleur se fait plus vive et aussitôt, un coup de ceinture vient fouetter mon dos. Aussitôt, je me redresse, serrant les dents, luttant contre les larmes qui reviennent en force. J'inspire un grand coup et marche, avance un pas après l'autre pour me rendre dans la salle de bain où je ne prends même pas la peine de fermer la porte.

Je reste sous l'eau plus longtemps qu'il ne le faudrait sans que ça ne me soulage vraiment. Comme à chaque fois, il a choisi la tenue que je devais porter enfin, si je peux appeler ça une tenue. Une jupe qui ressemble plus à un bandeau de cuir qu'autre chose ainsi qu'un soutien gorge dans la même matière. Bien entendu, pas de sous vêtements, il ne m'épargnera pas cette humiliation supplémentaire.

En sortant de la salle de bain, j'évite de croiser son regard pour aller en cuisine mais au moment où je m'apprête à quitter la pièce, il attrape mon bras pour me retenir. Visiblement, la tenue lui plaît car il me force à poser ma main sur son sexe pour me le prouver avant de me dire,

- Occupes toi de ça.

Je ferme les yeux avant de me retourner et de me mettre à genoux tant bien que mal, décidément, la journée va être longue. Très longue.

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