Couverture du roman Retour vers le passé

Retour vers le passé

9.6 / 10.0
Projeté dans le passé après l'achat d'une maison côtière, un homme doit accomplir une mission périlleuse pour un défunt. Retour vers le passé mêle fantasy et adventure dans une quête de survie. Découvrez ce web novel captivant parmi les nouveaux fantasy novels à lire absolument.
Résumé de Retour vers le passé
Accablé par la dépression, un homme voit son existence basculer suite à l'acquisition d'une demeure côtière. Cet achat l'entraîne dans une mésaventure singulière qui le projette brusquement dans le passé. Il y confronte l'ancien possesseur des lieux, pourtant décédé, qui lui confie une quête mystérieuse. Ce périple temporel, imaginé par Charles Kalvan, prendra une direction imprévisible, mêlant aventure et secrets au cœur d'une mission aux enjeux insoupçonnés.
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Retour vers le passé Chapitre 1

*****

Je déambulais dans cette grande demeure que je venais d’acheter. Dans toutes les pièces, les cartons, les meubles encombraient le passage. Je flânais à travers cette maison regardant avec découragement les boites éparses. De temps en temps, j’en déballais une, me demandant parfois ce qu’elle contenait. Je retrouvais mes affaires avec surprise à chaque carton ouvert :

— Ah oui ! Je l’avais oublié celui-là. Où bien vais-je pouvoir le mettre ?

Les déménageurs finirent de poser les meubles et partirent avant l’heure du déjeuner. Dans la cuisine, je fouillai quelques emballages dans l’espoir de faire un repas rapide. La cuisine donnait sur le couloir qui menait à l’entrée puis sur le salon. Cette cuisine, exposée au nord, était agrémentée de la seule porte-fenêtre de la maison et elle ne suffisait pas à l’éclairer convenablement. J’ouvris quelques boites de conserve, des biscottes et du vin et m’installai sur la table centrale. Tout en mâchonnant ma tartine de pâté, je regardais l’intérieur en détail et remarquais les besoins d’entretien de celle-ci : la peinture des huisseries et des fenêtres s’écaillait et le parquet de l’entrée manquait de cire. Puis, j’écoutais le silence autour de moi. Je ne percevais aucun son venant de l’extérieur. Aucun bruit d’autos ou de scooters ne perturbait ma retraite.

Après ce frugal repas, j’allai dans le salon et sortis les livres du premier carton venu pour les placer dans les étagères. Je commençais ainsi ma journée d’emménagement et le soir, je m’installai dans cette chambre au plafond haut, comme l’ont toutes les vieilles demeures. Je n’étais pas tout à fait chez moi et une sensation de malaise m’envahit cette première nuit.

Le lendemain, le ciel bleu m’invita à prendre le petit déjeuner sur la terrasse. De là, je pouvais observer les goélands planer au-dessus de la mer. Dans ce lieu tranquille où seule la brise faisait bruisser les feuilles, je me sentais bien. Je dégustais ainsi mes tartines tout en suivant des yeux un cormoran prêt à plonger.

Je me souvins de l’agent immobilier qui me fit visiter cette demeure. Il m’avait proposé de m’accompagner dans sa voiture afin de parler de la maison pendant le trajet. Quand j’ouvris la portière, un tas de papier divers encombrait le siège. Il les rassembla pour les jeter sur la banquette arrière en s’excusant de ne pas avoir eu le temps de faire le ménage. Je remarquai que celui-ci devait être très rarement fait. Des prospectus par-dessus le tableau de bord, dont la poussière qui couvrait le tout prouvait un nettoyage peu fréquent. La voiture sentait le tabac froid et cette odeur me prit le nez dès que je m’installai. Des mégots débordaient du cendrier ouvert. À peine assis, il attrapa un paquet dans le vide-poche et me proposa une cigarette que je refusai. Je compris alors pourquoi il tenait à m’accompagner, ne pouvant fumer ni à l’agence ni dans ma voiture. Il avait terminé sa visite sur cette terrasse en me débitant ses arguments que j’écoutais à peine, mais l’agent connaissait son métier. Ce lieu ensoleillé et à la vue imprenable représentait la propriété à lui seul. Je ne mis pas plusieurs jours à réfléchir et je signai le compromis de vente aussitôt revenu à l’agence. Pourtant, ce côté de la maison était le plus exposé aux vents d’hiver et à la pluie et je profitais des derniers moments avant l’automne.

En achetant la villa, je voulus bien prendre les tapisseries aux murs ainsi que quelques meubles que la famille ne désirait pas. Ces tentures devaient être acquises depuis bien longtemps et constituaient, me semblait-il, l’âme de ce manoir. Je pris aussi quelques peintures à l’huile, représentant surement des portraits de quelques aïeux de la famille. Ces hommes d’une autre époque, au costume noir et au visage le plus sévère possible, tenaient certainement à rester chez eux.

Je mis plusieurs jours à déménager le plus gros et un mois ou deux pour terminer. Sans me presser, car je voulus profiter des derniers jours d’été pour me promener dans le parc. Un sentier parcourait en ligne droite un jardin à la française, puis bifurquait soudainement pour glisser en zigzags à travers les pins parasols qui bordaient la falaise. Au fond du jardin, deux remises, côte à côte, renfermaient des outils de jardinage. L’une d’elles était fermée par un gros cadenas et personne ne possédait les clefs. J’avais bien tenté de donner des coups de pied dans la porte, mais sans résultat. Seules la femme de chambre et la bonne, en tant qu’anciennes employées, auraient pu avoir les clefs. Je me promis de chercher dans mon bureau en pensant qu’elles pourraient être dans un tiroir quelconque

L’agent immobilier me communiqua la liste du personnel qui travaillait ici. Je fis venir la bonne et le jardinier ou plutôt l’homme à tout faire. D’autres personnes avaient travaillé ici, mais ils avaient trouvé une place ailleurs dès la mise en vente de la maison. Le jardinier prit possession de la petite maison au bout du parc. La bonne avait son appartement au dernier étage de la maison.

L’agent immobilier, cet homme à la poigne molle et à la chevalière à la mode des années 70, m’avait détaillé la vie éprouvée des anciens locataires du lieu, qui vendirent cette maison pour oublier leurs malheurs. En faisant le tour du propriétaire, lors de la visite, il me conduisit au bord de la falaise et me désigna un point particulier de celle-ci :

— Regardez ! dit-il. C’est ici que le monsieur de Panisa est tombé. Vous voyez les traces d’éboulement ? Il a dû s’approcher un peu trop près du bord pour regarder la mer et la terre s’est dérobée sous ses pieds.

— Avait-il des héritiers ? demandai-je.

— Une seule fille qui n’a pas voulu de la maison et qui est partie vivre à Saint-Tropez.

— Endroit propice à l’oubli, je présume, pensai-je.

Au pied de la falaise, coincé entre les rochers, une crique minuscule de sable blanc et que la haute mer recouvrait faisait face à l’océan. Je remarquai un petit sentier escarpé permettant d’y accéder

— Qu’y a-t-il à Saint-Tropez de plus qu’ici ? pensai-je en regardant ma petite plage privative.

Béatrice, la bonne, me servait mon diner sur la terrasse où j’aimais profiter de la douceur du soir que cette région offrait pendant les mois chauds de l’été.

— Monsieur a raison de garder les meubles et les tableaux de notre maitre. J’ai l’impression qu’il est toujours là, dit-elle en déposant mon repas sur la table.

Cette réflexion me laissait croire qu’il était bon maitre et que je n’allais pas tarder à être jugé à mon tour.

Dans l’après-midi, à marée basse, je descendais à la crique pour m’y baigner et j’en profitais jusqu’à la fin du mois de septembre, tant il était beau. Mais dès octobre, la pluie et le vent remplacèrent les chaudes journées de cet été indien. Je me repliai dans la salle à manger pour prendre mes repas. Le vent de l’ouest, accompagné de pluies abondantes, s’insinuait dans les menuiseries des fenêtres en un souffle fantomatique.

— Quel temps lugubre ! me dit Béatrice en m’apportant une infusion. Ce sifflement, on croirait que la maison est hantée.

— C’est ma foi vrai, répondis-je en écoutant le vent s’infiltrer dans la maison. Il faudra vérifier l’étanchéité des fenêtres.

— Le vent souffle fort, j’espère qu’il ne va pas abimer la falaise.

En entendant ceci, j’eus un coup au cœur. Me serai-je fait avoir en achetant cette maison ? Serait-elle condamnée par un terrain sans cesse en recul par rapport à l’océan ? Je voulus me rassurer auprès de ma bonne :

— La mer abime-t-elle souvent la falaise ?

— Rarement, monsieur, même quand les vents sont forts comme ce soir.

Cette réponse me convenait à moitié à cause de l’adverbe « rarement ». C’est donc que la falaise pouvait être rongée par les éléments déchainés. Ce qui me faisait douter de la motivation réelle de la vente. Cependant, la côte étant assez éloignée, j’avais le temps de voir venir. J’en profitais pour en savoir davantage sur les anciens propriétaires :

— Votre ancien maitre vivait-il seul ?

Elle me répondit que veuf depuis de nombreuses années, il habitait seul avec sa fille. Je n’eus pas pris la peine de poser d’autres questions, car la première lui servit de tremplin à un monologue prolifique. J’appris donc que cette fille unique tomba amoureuse du jardinier qui travaillait ici et que le père, hostile à leur mariage, provoquait souvent des querelles entre elle et lui. Elle faisait ses études à Bordeaux et le weekend, elle le rejoignait dans la maison au bout du parc. Béatrice me racontait la solitude de ce père dont la mort brutale arrangea les affaires de notre couple illégitime. Elle trouva donc le réconfort dans les bras de son amant. Puis, attristée par le décès de son père, et des querelles non résolues, elle préféra vendre la villa et elle partit avec le jardinier. Je lui demandai pourquoi à Saint-Tropez, mais elle eut un haussement d’épaules pour me signifier son ignorance.

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Table des matières de Retour vers le passé

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