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Couverture du roman Rendez-vous dans une autre vie...

Rendez-vous dans une autre vie...

Comment réagir face au surgissement soudain de souvenirs d'une existence passée ? C’est le défi que doit relever Eren Jäger, un mannequin célèbre dont le quotidien bascule. Des images d'une vie antérieure, marquée par la présence constante d'un mystérieux homme aux cheveux noirs, hantent désormais son esprit. Cette résurgence inattendue bouleverse sa réalité actuelle, mais la redécouverte de ce lien ancien et de cet amant d'autrefois pourrait bien exiger un lourd tribut.
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Chapitre 2

Ce soir-là, tandis que je faisais à manger, quelqu'un sonna à la porte. Et quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je tombai nez-à-nez avec le petit serveur aux cheveux noirs.

—Eh gamin, tu comptes rester planté là encore longtemps ? demanda-t-il.

—Oh ! Pardon, m'excusai-je. Entre et fais comme chez toi.

Il passa devant moi et s'arrêta au milieu de la pièce, choqué.

—Où sont-ils ? demanda-t-il. Les produits d'entretiens... où sont-ils ?!

—Habituellement, on s’excuse avant d'entrer dans la maison des autres... en Allemagne...

—C'est à toi de me présenter des excuses pour m'avoir fait entrer dans une porcherie pareille !

—J'ai nettoyé hier ! Il fait propre !

—Et c'est quoi toutes cette poussière, alors ? Apporte-moi de quoi faire et je vais te montrer ce qu'est un VRAI ménage ! dit-il, en enfilant un foulard qui semblait sortir de nulle part au-dessus de sa tête et un devant sa bouche.

Je lui apportai ce qu'il m'avait demandé et ajoutai, en prime, une tenue de soubrette sexy, que j'avais eu dans une loterie, quelques mois auparavant. Lorsqu'il la vit, le petit sembla sur le point de me frapper.

—Bah quoi ? C'est tout un ensemble ! taquinai-je. Soit tu la mets et tu fais le ménage, soit tu restes dans toute cette POUSSIÈRE !

Étonnamment, il prit la tenue et l'enfila en quatrième vitesse, après avoir claqué sa langue.

—C'est bien pour toi que je fais ça ! dit-il.

—Quoi ?

—Je parlais à la propreté, avorton de malheur !

Il commença à nettoyer, m'ordonnant de rester sur le canapé et d'assimiler tout ce qu'il faisait. En réalité, la seule chose que j'assimilais, c'était à quel point la petite culotte rose qui allait avec le costume lui allait bien. Je sentis mon pantalon commencer à devenir étroit et je croisai les jambes, malgré la douleur grandissante entre mes jambes. Il fallait dire qu'il était vraiment sexy dans ce petit uniforme. Au bout d'une heure, tout mon appartement étincelait. Jamais auparavant, il n'avait été aussi propre.

—Woua ! T’as vraiment réalisé un miracle, m'exclamai-je, des étoiles dans les yeux.

—Je m'appelle Jan, gamin, répondit-il, simplement. Et j'étais juste venu te donner tes lunettes de soleil. Tu les as oubliées tout à l'heure. Je me change et je m'en vais.

Il commença à se changer et je sortis de la pièce, afin de lui laisser de l'intimité. Même si, honnêtement, j'aurais aimé assister au spectacle. Il sortit de la salle de bains quelques minutes plus tard et me dit au revoir avant de se diriger vers la porte.

—Attends ! lançai-je, en attrapant son poignet.

Il se retourna et me lança un regard assassin.

—Heu... Pour te remercier pour les lunettes et le ménage, je voulais t'offrir une bouffe. C'est pas de la grande cuisine mais je pense que je suis pas un très mauvais cuisinier non-plus.

—Y a quoi au menu ?

—Du hachis-parmentier et des macarons au dessert, répondis-je.

—Tu fais toujours un dessert aussi chiant à cuisiner ?

—Non, aujourd'hui, c'était un peu spécial, répondis-je. Je... c'est mon anniversaire. Comme ma sœur, Sarah est à New York pour son travail et mon meilleur ami en Angleterre, j'avais décidé de me faire une petite soirée hachis-macarons.

—Alors je ne vais pas te déranger plus longtemps, dit-il, en tournant les talons et en quittant l'appartement.

Il referma la porte derrière lui et j'eu un léger pincement au cœur. A vrai dire, je n'avais pas envie de passer mon anniversaire seul. Je passais déjà tout le reste de l'année seul, puisque Sarah et Armin n'était pas en Allemagne avec moi. Evidemment, ils ne manquaient pas de m'envoyer un message pour me souhaiter mon anniversaire ou de m'appeler assez fréquemment. Mais avec mon travail, j'étais seul. Si j'avais des amis, soit ils en avaient après ma célébrité et mon argent et je m'éloignais d'eux. Soit ils étaient trop gêné à cause des même raisons et ils s'éloignaient de moi. Alors, même si je ne connaissais pas Livaï, le fait qu'il ne me connaisse pas me donnait envie de passer du temps avec lui. Et puis, qu'y avait-il de mal à ne pas vouloir passer son dix-huitième anniversaire seul ? Après tout, les autres jeunes de mon âge faisaient la fête, buvaient et sortaient... Moi, j'étais coincé ici, avec mes plats et DVDs pour seule compagnie.

Je m'apprêtais à passer à table lorsqu'on sonna de nouveau à la porte. Je me dépêchai d'aller ouvrir et manquai de tomber à la renverse, lorsque je vis le serveur, un gâteau à la main, se tenant sur le pas de la porte.

—Alors, qu'est-ce que t'attends pour me faire entrer ? demanda-t-il. Que ton appart s'encrasse à nouveau ?

—Je... Qu'est-ce que tu fais là ?!

—C'est ton anniversaire, non ? Ce serait con de le passer seul. Tu as quoi ? Vingt ans ?

—Dix-huit...

—Encore pire. Allez, on va se bouffer du hachis, des macarons et du gâteau. Ensuite, tu m'expliqueras pourquoi t'es tout seul aujourd'hui, à ton âge.

Je le fis entrer et on s'attabla. Le nabot me dit que c'était vraiment délicieux et je lui expliquai la situation dans laquelle j'étais.

—Et ta famille ? lança-t-il. Ils n'ont même pas daigné venir passer la soirée avec toi ?! C'est dégueulasse des parents comme ça !

—Non, ils étaient vraiment les meilleurs..., répondis-je, le regard dans le vague.

—"Étaient" ? répéta-t-il.

—Ils sont morts il y a tout juste dix ans... Et c'était de ma faute... Si je m'étais dépêché, mon père n'aurait pas eu à conduire si vite et ils seraient encore en vie...

—Arrête avec tes conneries ! Les accidents, ça arrive ! Et puis, t'as encore de la famille, non ?

—Ils me blâment tous pour la mort de mes parents... Enfin, c'est compréhensible... Il n'y a que mon parrain qui ne m'ait pas déshérité. Mais bon, il est mort d'un cancer du foie, il y a six ans... Frank était bien le seul à ne pas me porter pour responsable de leur mort. Et toi, comment ils sont tes parents ?

—Morts, répondit-il, simplement. Mais bon, je ne les ai jamais vraiment connus, donc on s'en fout un peu. Allez gamin, mange tes macarons. Ils sont délicieux.

J'acquiesçai et commençai à déguster les pâtisseries.

—Dis Jan...

—Mmnh ?

—Pourquoi tu es revenu passer mon anniversaire avec moi ?

—Parce que j'aime le hachis et les macarons, répondit-il, un sourire en coin. Et surtout, t'as l'air d'être un gosse pas trop chiant.

—Dis, est-ce que tu en as après mon argent ? demandai-je, trop habitué à une réponse positive.

—Tu me prends pour qui ? demanda-t-il. Mon fric, je le gagne honnêtement. Pas en profitant des efforts d'un gamin.

—Et est-ce que ça te gène que je sois célèbre ?

—Tant que j'ai pas à me cacher le visage pour sortir de chez moi, je suis prêt à te rapporter tes lunettes de soleil quand tu veux, répondit-il. Si c'est ça que tu veux savoir.

Je le remerciai, au bord des larmes. Je n'en pouvais plus d'être seul. Un message de temps en temps de personnes à l'autre bout du monde, ça ne me suffisait pas. J'avais besoin de chaleur humaine. J'avais besoin qu'une personne me prenne dans ses bras sincèrement, sans arrière-pensées. J'en avais marre de tous ces hypocrites, qui me tournaient autour sans chercher à me connaître. Le pire, c'était lorsqu'ils comprenaient qu'ils ne pouvaient pas pomper mon argent comme ils le voulaient. Je me faisais traiter de tous les noms possibles et inimaginables en vrai, comme sur les réseaux sociaux. Une fille avait même déjà été raconter partout que je l'avais violée. Pourquoi ? Parce que je n'avais pas accepté d'avoir un rendez-vous avec elle dans un restaurant ultra chic aux prix exorbitants. A vrai dire, je détestais ce genre d'endroits. Là-bas, on ne pouvait pas se détendre. On devait toujours laisser un morceau dans notre assiette. Mais manger un demi spaghetti hors de prix, c'était tout sauf réjouissant. Alors, lorsque je lui avais dit qu'on pouvait juste manger chez moi ou aller se faire une malbouffe si elle préférait, elle m'avait giflée et avait dit à qui voulait l'entendre que je l'avais violée.

—Dis gamin, pourquoi t'as l'air aussi triste ? demanda Levi.

—C'est rien, répondis-je. Simplement, j'aimerais un nouveau départ... J'aimerais que plus personne ne me connaisse... Que plus personne ne sache que j'ai de l'argent... Que plus personne ne m'insulte parce que j'ai privilégié un ramen à un resto gastronomique...

—Alors qu'un ramen c'est tellement meilleur ! Et puis, on a pas besoin d'être formel ! C'est le genre d'endroit où on est comme à la maison, mais entourés de gens sympas.

—On est d'accord !

—Demain, on va s'en faire un ! Je t'invite !

—Demain, je travaille jusque vingt heures.

—Alors après vingt heures, c'est ok ?

—Euh... oui, répondis-je.

—Alors demain, vingt heures et demi. Je viendrai te chercher.

J'étais franchement heureux qu'il m'ait proposé d'aller se manger un bout, sans même me dire de payer ou quoique ce soit d'autre. On aurait dit, qu'il voulait simplement passer un peu de temps avec moi.

—Pourquoi tu pleures ? demanda-t-il, en essuyant une larme sur ma joue, avec sa main.

—Je suis juste... heureux, répondis-je, en pleurant de plus belle. Oh ! Il se fait vraiment tard !

—D'accord... Je m'en vais, dit mon invité, d'un ton un peu blessé.

—Non ! Au contraire ! J'ai une chambre d'amis ! Reste ! C'est dangereux de sortir alors qu'il est si tard. Tu repartiras demain !

Je lui préparai la chambre et lui amenai un t-shirt à moi, ainsi qu'un pantalon. Tous les deux trop grands, évidemment. Le pantalon était tellement grand, qu'il lui tombait sans cesse sur les chevilles. Agacé, le petit homme le retira complètement, restant en caleçon et t-shirt. Il avait des jambes fines et un cul de rêve. Après lui avoir dit bonne nuit, je me dépêchai de me rendre dans ma propre chambre, afin qu'il ne puisse pas voir mon érection grandissante. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi sexy ? Je finis par m'endormir, non sans peines, pour ne me réveiller que le lendemain matin.

Alors que je venais tout juste de me lever, je reçu un appel de mon agent. Je pris mon téléphone et décrochai.

—On a un gros problème ! cria-t-il, paniqué, sans même un bonjour.

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