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Couverture du roman Rendez-vous dans une autre vie...

Rendez-vous dans une autre vie...

Comment réagir face au surgissement soudain de souvenirs d'une existence passée ? C’est le défi que doit relever Eren Jäger, un mannequin célèbre dont le quotidien bascule. Des images d'une vie antérieure, marquée par la présence constante d'un mystérieux homme aux cheveux noirs, hantent désormais son esprit. Cette résurgence inattendue bouleverse sa réalité actuelle, mais la redécouverte de ce lien ancien et de cet amant d'autrefois pourrait bien exiger un lourd tribut.
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Chapitre 3

—On a un problème ! Tout le staff du shooting d'aujourd'hui est out. Ils ont subi une grosse épidémie de grippe. Il va falloir le reporter.

—Quoi ? demandai-je. Mais on ne peut pas reporter. Je suis overbooké.

—Je sais, on est coincé..., répondit mon agent. Dans trois semaines, tu as ton prochain jour de congé. C'est la seule date qu'on puisse leur proposer... Désolé de t'imposer un tel train de vie.

Je raccrochai et vis mon invité arriver, dans son pyjama de fortune. Je ne savais pas comment j'allais tenir sans repos pendant autant de temps... J'avais un jour de repos toutes les trois ou quatre semaines. Si on commençait à les mettre deux par deux et toutes les huit semaines, je n’allais peut-être pas tenir le coup.

—Qu'est-ce qui se passe, gamin ? demanda mon invité. Tu fais une tête pas possible.

—Le staff d'un shooting que je devais faire aujourd'hui est malade... Tous..., répondis-je. On doit donc reporter la séance à ma prochaine date libre... Et il se trouve que ma première date est mon prochain jour de repos... Donc aujourd'hui, je suis de nouveau en congé, puis mon prochain sera dans deux mois.

—Et tu ne peux pas simplement interchanger deux shootings ? demanda-t-il.

—Qu'est-ce que tu veux dire ?

—C'est pourtant clair, répondit-il, exaspéré. Tu comptes une ou deux semaines pour être sûr que suffisamment de personnel soit apte au travail. Ensuite, tu regardes quels rendez-vous tu es censé avoir dans les semaines sélectionnées et tu vois si tu ne sais pas en avancer un ou deux à la date d'aujourd'hui. Comme ça, ta prochaine date libre ne sera plus ton jour de congé mais un jour de travail. Et tu n'auras pas à travailler plusieurs mois d'affilé sans repos.

J'appelai mon agent et lui passai Livaï, lui demandant de lui expliquer. En réalité, je n'avais pas tout compris, mais j'avais au moins capté la partie disant qu'il arriverait à me faire avoir mon repos. Il lui expliqua tout son raisonnement et réussi même à trouver un moyen pour que j'ai au moins un congé par semaine, sans pour autant travailler moins. Il me prévint que les premières semaines seraient plus dures qu'à l'accoutumée, car je n'étais pas habitué à ce train de vie. Je le remerciai et allai dans la salle de bain, histoire de me préparer. Le petit bonhomme nous avait expliqué qu'il serait plus simple de mettre les rendez-vous ne prenant presque pas de temps sur un même jour et pas un ou deux maximums par jours. De cette façon, je travaillerais tout autant, mais avec un repos plus équilibré et je serais plus performant. Il n'y avait pas à dire, j'étais vraiment admiratif devant lui.

Une fois prêts, nous quittâmes l'appartement et je mis ma capuche et mes lunettes de soleil. Tandis que nous marchions, le Noireau s'arrêta net.

—Tch ! fit-il, visiblement agacé par quelque chose. Eh gamin, tu sais que t'es très facilement reconnaissable ?

—Oui mais au moins, je me fais moins remarquer que si je ne faisais rien. Si tu as une meilleure solution pour ne pas que les fans hystériques et les paparazzis viennent près de moi ou me prennent en photo à mon insu, vas-y.

—Eh ! TOI LA ! cria-t-il, en se retournant. Si je vois encore un flash, je te fais bouffer ton appareil ! C'est compris ?! Et ça compte pour vous aussi, les groupies !

Il venait de faire s’arrêter toutes les messes basses et les photographies des fans qui m'avaient reconnu, en un instant. Il se remit alors en route, l'air de rien.

—Ça te va comme solution, gamin ? demanda-t-il.

—C… comment t'as accompli un tel miracle ?! Même le bodyguard que j'engage pour mes gros contrats ou mes défilés n'a jamais réussi. Il arrive seulement à les retenir, le temps que je m'en aille.

—C'est parce que t'es tout, sauf menaçant. Je te jure Puppy, on voit tes oreilles et ta queue de petit chien en manque de caresses.

—"Puppy" ? répétai-je. Je préférerais presque que tu continues à m'appeler "gamin"...

Je fis la moue et il me tapota gentiment la tête, comme il l’aurait fait avec un chien. J’avais un peu honte de l’admettre, mais c’était assez agréable. On continua de marcher et je rejoins mon lieu de travail, qui se trouvait à quelques pas de chez moi, et lui sur le sien.

—Au fait, tiens, c'est mon numéro, dis-je, en lui passant un petit bout de papier. Appelle en cas de besoin.

Il le regarda un instant, avant de le prendre et d'esquisser un petit sourire. On se sépara et je commençai ma journée de travail. J'eu quatre shootings dans quatre lieux différents mais Jan avait tellement bien fait son coup que même avec les embouteillages, j'avais une bonne marge de temps pour arriver et me préparer. Je finis un peu plus tôt que prévu et rejoins mon appartement en quatrième vitesse. Là, je mis une chemise blanche avec un jeans noir et un peu de parfum... pour finalement me déshabiller et me laver pour faire partir l'odeur du parfum. J'essayai encore cinq tenues et changeai trois fois d'avis pour le parfum. Pour finalement, revenir à un simple jeans, t-shirt et le premier parfum que j'avais choisi. L’homme arriva à vingt heures tapantes au lieu de vingt heures et demi.

—Tiens ? T'es en avance ! dis-je, en ouvrant la porte.

Je remarquai qu'il ne portait pas les mêmes vêtements que ce matin mais il sentait toujours pareil. Et qu'est-ce qu'il sentait bon ! Et puis, le t-shirt qu'il portait moulait finement ses musc… une seconde… A QUOI EST-CE QUE JE PENSE, MOI ?!!! Je secouai la tête pour reprendre mes esprits et sortis de mon logement. Étrangement, mon cœur battait plutôt vite, même si nous ne faisions que marcher. Il me conduit jusqu'à un petit ramen shop et on s'attabla. Nous étions seuls dans le petit restaurant, hormis le cuistot, évidemment. Il s'assit juste en face de moi et me regarda dans les yeux, avant de détourner le regard.

—Euh... On ferait mieux de commander, déclarai-je.

Une fois servi, on commença à manger dans le silence. Pourtant, ce n'était pas bizarre. Avec lui, le silence était apaisant. Bien sûr, je ne pouvais pas lui dire ça. Il me tuerait à coup sûr. Tout à coup, son pied effleura lentement et délicatement ma jambe.

—Qu'est-ce que tu fais ?! demandai-je, perdant mes moyens.

—De quoi tu parles ? questionna-t-il.

—Fais pas l'innocent ! Pourquoi y a ton pied qui caresse ma jambe ?

—On n’a pas beaucoup d'espace. Je ne caresse pas ta jambe, je l'effleure, nuance.

Ceci dit, il colla un peu plus son pied sur mon mollet et continua à manger l'air de rien. Il me faisait clairement de la jambe. Tandis qu'il dégustait ses nouilles, un morceau de légume lui resta collé sur la joue. Immédiatement, je l'essuyai avec mon pouce, avant de lécher celui-ci.

—Et voilà ! dis-je, en souriant.

—T'étais obligé de lécher un truc qui a été en contact avec ma bouche ? marmonna-t-il.

—Déjà, le truc c'est mon doigt. Un peu de respect, merci. Et puis, ça te dérange tant que ça que je mange ton morceau de légume ? Et pourquoi t'appuies encore plus ta jambe contre moi ?

—Il n’a vraiment pas beaucoup de place, Puppy…, dit-il, en détournant le regard.

—Encore ce surnom…, me plaignis-je.

Après le repas, nous rentrâmes chez moi pour boire un dernier verre. Grâce au petit serveur, j'avais congé le lendemain. Je décidai donc de m'accorder une bière. Puis deux. Et puis, je ne me souviens plus.

Tandis que je dormais, je fis encore ce même rêve. A la différence près qu'il était plus net que les autres fois. En face de moi, l'homme aux cheveux d'ébènes un peu flou était désormais clairement visible. C'était Jan. Il n'était pas habillé comme d'habitude. Il portait un uniforme militaire, avec un insigne de caporal dessus. Comme d'habitude, le rêve s'arrêta juste au moment où je disais "alors…". Je me réveillai, haletant, mais ne pus me lever. La raison ? J'avais un homme à mes côtés qui se servait de moi comme d'un bodypillow. J'étais encore habillé et lui était en caleçon. Abandonnant l'idée de m'échapper de ses bras, je décidai de le regarder dormir. Il avait des cils longs, des lèvres fines, une bouche toute petite et le visage détendu. Une fois endormi, Jan était vraiment mignon.

—Qu'est-ce que tu regardes, gamin ? demanda-t-il, ouvrant les yeux d'un coup.

Je sursautai mais ne pus bouger car il ne me lâcha pas.

—Reste là, j'ai pas fini de dormir, ordonna-t-il. Tu sais que tu ne tiens vraiment pas l'alcool ?

J'obéis et arrêtai de bouger mais tiquai à sa remarque. Evidemment que je ne tenais pas l'alcool, je ne buvais jamais, puisque je n'avais jamais deux jours de repos à la suite, pour cuver. Et aller faire du mannequina avec une gueule de bois, n'était juste pas possible.

—T'as vomi sur mes vêtements, le parquet et les toilettes. D'ailleurs, c'est trop te demander de vomir DANS les toilettes et pas SUR les toilettes ? lança-t-il. Je te jure, ça a été une vraie crasse à nettoyer. Tu as intérêt à être reconnaissant !

-M… merci…, dis-je. Et je suis désolé pour les problèmes causés... Je te fais perdre ton temps depuis hier. Comment je peux me faire pardonner ?

—Viens au café et commende un cappuccino, répondit-il. A ce moment-là, je te pardonnerai.

—D'accord... Euh... Jan ?

—Mnh ?

—Je voulais te demander... Qu'est-ce que tu fiches dans mon lit ?

Il attrapa son téléphone et me montra une vidéo de moi plus que gênante.

"-Allez Jaannnnn~, disais-je, complètement ivre. Viens dormir avec moiiii~ ! J'ai besoin de chaleur humaine !

—Laisse-moi me changer, d'abord, gamin, répondit-il, semblant tout à fait sobre, malgré les quelques bières qu'il avait déjà bues.

Il se changea et je m'approchai de lui. Il attrapa son téléphone et je le soulevai.

—T'es vachement bien foutu, on te l'a déjà dit ?

—James, si tu vois cette vidéo -et je t'assure que tu vas la voir-, sache que tu vas le sentir passer, ça ! Tu m'as fait nettoyer ta gerbe d’abruti de gamin à la noix ! Mais je vais peut-être te pardonner parce qu-"

Il coupa la vidéo et reprit son téléphone.

—"Parce que" quoi ? demandai-je.

—Je sais pas ! J'étais ivre ! répondit-il, rouge pivoine.

—Tu semblais pourtant te souvenir de chaque détail, il y a quelques secondes.

—Tais-toi ! Ou je la poste sur les réseaux sociaux en t'identifiant et je ruine ta carrière !

On finit par se lever et se préparer. Je proposai de faire le petit déjeuner mais il refusa et me fit sortir de mon appartement. Avec lui, je n'avais besoin de porter mes lunettes de soleil que pour me protéger du soleil. Lorsqu'il était là, sa présence seule dissuadait tout le monde de faire la moindre photo. Il m'emmena au café et alla mettre sa tenue de serveur. Il m'emmena à la table que j'avais pris la première fois et m'apporta un cappuccino ainsi qu'une assiette de macarons. Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus sain pour un petit déjeuné, mais c'était ce qu'il y avait de meilleur. J'entendis alors Hansi parler à Livaï.

—Jany ? appela-t-elle. Mais t'es en congé aujourd'hui ! Qu'est-ce que tu fiches ici ?

—Justement, j'ai tout mon temps pour t'arracher les cordes vocales si ne tu la fermes pas tout de suite ! répondit-il, froidement.

Il s'approcha de moi et me dit que c'était offert par la maison, pour me remercier de l'avoir autant fait marrer, la veille.

—Tu es en congé ? demandai-je, étonné.

—Tch ! Il fallait qu'elle l'ouvre, cette stupide binoclarde ! dit-il entre ses dents, avant de soupirer. Oui, je suis en congé.

—Alors pourquoi est-ce que tu ne t'assieds pas, pour manger avec moi ? demandai-je.

Il soupira, s'assis et me prit un macaron des mains. Je remarquai une fois de plus à quel point sa bouche était petite. Nous commençâmes à parler et rire, lorsque Hansi approcha, bouche bée.

-Jan qui rigole ! dit-elle, ébahie. C'est comme une année bissextile.

—Comment ça ? demandai-je.

—Oui, ça arrive une fois tous les quatre ans, répondit-elle. Mais là, ça ne fait que trois ans, deux-cents-quatre jours, six heures et vingt minutes.

—Comment tu peux être aussi précise, quatr'yeux ?! demanda le concerné.

—Regarde, c'est écrit ici, dans mon téléphone, répondit-elle, en nous montrant le bloque note de son portable. C'est toutes les dates et heures auxquelles tu as ris. Et tu vois ? C'est réellement tous les quatre ans !

Effectivement, Chaque dates étaient séparées d’exactement quatre ans, par rapport à la précédente. Comment était-ce même possible d'être aussi précis ? Et puis, je savais qu'il n'était pas du genre à beaucoup rire ou sourire, mais je n'aurais jamais imaginé que c'était à ce point-là.

Je finis mon café, Jan mangea le dernier macaron et alla se changer. Une fois prêt, il sortit de l'établissement. Je m'apprêtai à faire pareil, lorsque quelqu'un tira sur mon bras.

—James, attends ! m’interpella Hansi, d'un ton sérieux. Je peux te parler ?

J'acquiesçai et elle ouvrit lentement la bouche.

—Reste auprès de Jan, s'il te plait, dit-elle. C'est la première fois que je le vois rire aussi spontanément. Et il a l'air vraiment bien, avec toi. Alors, promets-moi de ne pas le laisser tomber.

—Promis, répondis-je, avant de le rejoindre.

—Qu'est-ce qu'elle te voulait ? demanda celui-ci.

—Juste me dire qu'elle était contente qu'on soit amis, toi et moi, répondis-je. Bon, on va où ?

—Chez moi, répondit-il. Je dois me changer parce que même si j'ai lavé mes vêtements hier, je ne me sens pas à l'aise là-dedans.

—Pardon...

—Ne t'excuse pas, c'est moi qui t'ai fait boire autant.

—Pourquoi ?

—Bah quoi ? T'es mignon quand t'es bourré !

—Quoi ? demandai-je-je, surpris et gêné.

—Non, rien, dit-il, rougissant. Oublie ce que je viens de te dire.

On continua de marcher encore un peu, avant d'arriver à la gare. Nous attrapâmes le train de justesse et arrivâmes dedans complètement essoufflés, à cause d'un sprint que nous avions dût faire, lorsque Livaï s'était rendu compte qu'on allait rater le métro, si on traînait. On sortit un quart d'heure plus tard, dans une petite banlieue, où se trouvait sa maison. Elle était assez petite mais vraiment belle. Chaque pièce était joliment décorée et brillait comme un sous neuf. Mon hôte me dit de m'installer dans le fauteuil, avant de me servir un thé noir.

—Désolé, s'excusa-t-il. C'est tout ce que j'ai ici. Attends-moi, j'en ai pour quelques minutes. Juste le temps de me laver et de m'habiller.

Il s'en alla, pour ne revenir que quelques minutes plus tard.

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