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Couverture du roman Rendez-vous dans une autre vie...

Rendez-vous dans une autre vie...

Comment réagir face au surgissement soudain de souvenirs d'une existence passée ? C’est le défi que doit relever Eren Jäger, un mannequin célèbre dont le quotidien bascule. Des images d'une vie antérieure, marquée par la présence constante d'un mystérieux homme aux cheveux noirs, hantent désormais son esprit. Cette résurgence inattendue bouleverse sa réalité actuelle, mais la redécouverte de ce lien ancien et de cet amant d'autrefois pourrait bien exiger un lourd tribut.
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Chapitre 1

—James ! James, tu m’entends ?! Pourquoi as-tu fait ça ?!

—Parce que je ne pouvais pas te perdre ! Tu m'as dit de faire un choix. Je l'ai fait ! Alors...

***

Les rayons de soleil filtrant au travers de mes longs rideaux gris me tirèrent doucement du sommeil. Dernièrement, Je n'avais cessé de faire un rêve étrange. J'étais à terre, gisant mon sang et j'avais mal. Horriblement mal. Un homme légèrement plus âgé que moi se tenait au-dessus de mon corps et hurlait, des larmes plein le visage. Pourtant, j'avais beau faire et refaire ce même rêve, je n'arrivais jamais à entendre la fin de la phrase. "Alors..." quoi ? Et qui était cet homme ?

Las de mes questionnements habituels, je sortis péniblement des draps chauds et allai prendre une douche. Aujourd'hui était mon premier jour de repos depuis des lustres. Je décidai donc de me rendre dans un petit café du coin qui venait d'ouvrir et qui avait déjà très bonne réputation. Je m'habillai en vitesse et enfilai ma veste ainsi que mes lunettes de soleil.

En sortant de mon appartement, je fourrai ma capuche devant mon visage pour cacher celui-ci. Cela évitait les fans collants et les paparazzis casse-pieds. Ils fouinaient tellement dans ma vie que j'avais dû déménager quatre fois ce semestre-ci. Ne me voyaient-ils pas suffisamment dans les rues, sur les pancartes, les bus et dans les magazines ? Ma tête était partout. Même dans les téléphones des filles, rêvant de tromper leur mec avec moi. Mais fallait-il encore qu'elles commencent par s’en trouver un. Ou que je ne préfère pas ceux-ci, justement. En passant devant une papeterie, juste à côté du café, je vis mon visage, en gros plan sur la couverture d'un magazine. "JAMES KRIEGER ! Le mec avec qui vous avez envie de passer la nuit !", disait-il, en grosse lettres flashy et tape-à-l'œil. Franchement, si j'avais su que je deviendrais le mannequin le plus en vogue, lorsque j'avais commencé le métier... j'aurais choisi un autre métier !

Poussant un petit soupir d'exaspération, j'entrai dans le petit établissement. Les vitres étaient tintées pour qu'on ne voie pas à l'intérieur et l'endroit offrait une ambiance cosy. Il était tôt et j'étais pratiquement seul dans la salle. Je décidai donc de m'asseoir dans un coin et d'enlever capuche et lunettes de soleil. Un serveur de petite taille vint prendre ma commande presque instantanément.

—Alors gamin, qu'est-ce que je te sers ? demanda-t-il.

Il était petit et avait de courts cheveux noirs. De fines mèches lui tombaient devant des yeux tout aussi noirs. Que ce soit dans leur couleur ou leur façon de me regarder... Il était terrifiant mais il me disait quelque chose.

—Pas très agréable..., murmurai-je.

—Pas très discret, répondit-il. Tch! J'ai pas toute la journée et pas qu'un seul client, alors grouille-toi de choisir ou je t'envoie Hansi !

—Un cappuccino, s'il vous plait, commandai-je.

Il s'apprêtait à prendre congé lorsque je lui demandai qui était Hansi. Il me répondit que moins j'en savais, mieux je me portais. Sauf que je ne me portais pas bien du tout ! Je voulais savoir, moi ! La porte s'ouvrit alors, coupant court à notre échange. Un homme en costume gris clair, un appareil photo accompagné d'un badge accrochés autour du cou entra. Un paparazzi. A force, j'avais appris à les reconnaître. Je mis ma capuche, avant de m'enfoncer dans la banquette de cuir rouge.

—Qu'est-ce que tu fous, gamin ? T'es un fugitif ou quoi ? demanda le serveur aux cheveux d'ébène.

—Pire que ça..., répondis-je. Alors tenez ce fouineur à la con loin de moi, s'il vous plait. S'il se rends compte que je suis là, je vais encore devoir déménager et ça va me saouler.

—Pire ? C'est-à-dire ?

J'empoignai sa cravate et le rapprochai de moi.

—Je suis James Krieger, soufflai-je dans son oreille, pour ne pas que l'autre nuisible m'entende.

—Connais pas, répondit-il froidement.

—Oui, c'et compréhensible, ironisai-je. C'est pas comme si ma tête était placardée PARTOUT dans TOUTES les villes d’Allemagne voir du monde...

—Donne-moi une bonne raison de t'aider.

—T'as pas l'air d'apprécier ma gueule. Donc t'appréciera sans doute de moins la voir dans la rue... Sauf que ça n'arrivera pas s'il me voie !

—Ok, je vais t'aider.

Il tourna les talons et se rendit derrière le comptoir. Il commença à faire mon cappuccino, tout en parlant avec une brunette à lunettes, à côté de lui. Comment comptait-il m'aider s'il ne faisait rien ? La femme tourna autour du bar et se dirigea vers l'homme au costume, toute joyeuse. Le serveur m'apporta ma commande et regarda dans la direction de sa collègue, en train de faire tourner l'appareil du client dans ses mains et de lui poser plein de questions à une allure complètement folle.

—Tu voulais savoir qui est Hansi ? ÇA, c'est Hansi... J'en serais presque désolé pour ce sale por-

Il se stoppa net, regardant le sol avec horreur. Il accouru vers le nouveau venu et le flanqua dehors, lui criant de ne jamais revenir. Ne comprenant pas très bien, je décidai de boire mon café, tout en posant mes lunettes à côté de moi.

Une fois le calme revenu et mon café terminé, je demandai l'addition. Ce fut la dénommée Hansi qui me l'apporta.

—Merci beaucoup, dis-je. Oh ! Pendant que j'y pense, vous pourriez appeler votre collègue, s'il vous plaît ? Le petit avec des cheveux noirs, des yeux froids et un cul d'enfer ?

—T'as dit quoi, gamin ?!, demanda-t-il, en arrivant derrière moi.

—Que vous aviez un cul d'enfer... Pardo-

—Non ! Avant !

—Des yeux froids ?

—AVANT !

—Son collègue ?

—T'AS DIT QUE J'ÉTAIS PETIT !

—Mais c'est vr-

—Dis ça encore une fois et je te fais laver le sol..., menaça-t-il.

—C'est pas une très grande menace, ça.

—Avec ta langue ! finit-il.

Hansi, qui avait regardé toute la scène en silence, était désormais morte de rire. Elle se tenait le ventre et avait les larmes aux yeux.

—Bref, maintenant que vous êtes là, je voulais vous donner un pourboire, pour le fier service que vous m'avez rendu plutôt, déclarai-je, en sortant un billet de cinquante euros.

—T'es qui pour avoir autant de liquide sur toi à huit heures du matin ? demanda-t-il, suspicieux.

—Je vous l'ai dit, répondis-je. Je suis James Krieger.

—Et je t'ai dit que je ne connaissais pas, répondit-il.

—Pour la faire courte, je suis le mannequin le plus populaire du moment, expliquai-je. Et l'homme qui était là, il y a quelques minutes, c'était un paparazzi. Je ne crois pas qu'il savait que j'étais là. Mais s'il le découvrait, je n’allais plus jamais pouvoir revenir. Bref, sur ce, bonne journée.

Ceci dit, je pris congé et retournai chez moi.

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