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Couverture du roman Renaître, je détruis mon empire

Renaître, je détruis mon empire

Morte seule après cinq ans de mépris, Céleste se réveille le jour de son premier anniversaire de mariage. Son époux, Loïc, s'attend à ce qu'elle reste dans l'ombre pendant qu'il s'affiche avec sa maîtresse. Jadis soumise, elle refuse désormais de jouer les victimes. Déchirant sa robe modeste pour une tenue rouge provocante, elle compte bien récupérer sa fortune et anéantir l'empire de cet homme cruel. Sa vengeance commence ce soir, et elle sera sans aucune pitié.
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Chapitre 2

L'entrée du Grand Hôtel était une mer chaotique de lumières clignotantes. Le Gala de Charité annuel était l'événement majeur du calendrier social, un lieu où les fortunes s'étalaient et où les réputations se faisaient ou se détruisaient.

Une Rolls-Royce noire aux lignes épurées s'arrêta le long du trottoir. La foule de paparazzi se rua vers l'avant, hurlant des noms.

- Loïc ! Loïc, par ici !

- M. de Rochefort, la fusion va-t-elle avoir lieu ?

La portière s'ouvrit et Loïc de Rochefort en sortit. Il était indéniablement beau, avec ce genre de mâchoire carrée et ce regard ténébreux qui poussaient les femmes à lui pardonner presque tout. Il ajusta ses boutons de manchette, l'air agacé par l'attention, tout en s'en nourrissant.

Il n'attendit pas le valet. Il tendit la main vers l'intérieur de la voiture.

Une main délicate et pâle la saisit. Séraphine Meunier émergea.

Elle portait du blanc. Évidemment. C'était une robe en mousseline, vaporeuse et innocente, presque identique dans le style à celle que Céleste venait de mettre en pièces à la maison. Séraphine leva vers Loïc de grands yeux de biche, jouant à la perfection le rôle de la protégée timide.

- Vous ressemblez à un ange, Mademoiselle Meunier ! cria un photographe.

Séraphine rougit, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle s'accrocha au bras de Loïc, ses jointures blanches.

- Je suis si nerveuse, Loïc, chuchota-t-elle assez fort pour que les micros captent ses mots.

- Tout va bien, dit Loïc en tapotant sa main. Tu as ta place ici.

Il scanna l'entrée, fronçant les sourcils. Céleste n'était pas encore là. Bien. Peut-être avait-elle décidé de rester à la maison. Il la préférait invisible.

Une autre voiture s'arrêta derrière eux. Ce n'était pas une voiture de luxe moderne. C'était une Bentley vintage des années 1950, vert foncé et imposante. Elle appartenait au domaine familial d'Argentier, un véhicule qu'on n'avait pas vu en public depuis le décès du père de Céleste.

Les lourdes portières s'ouvrirent.

Un talon aiguille rouge frappa le tapis rouge.

La foule se tut. Les déclics des obturateurs cessèrent une fraction de seconde, comme si les objectifs eux-mêmes retenaient leur souffle.

Céleste d'Argentier sortit.

La robe rouge coulait autour d'elle comme du feu liquide. C'était scandaleux. C'était magnifique. Le dos était entièrement nu, exposant la ligne nette et élégante de sa colonne vertébrale. Ses cheveux étaient relevés en un chignon sévère et chic, dégageant la longue colonne de son cou. Ses lèvres étaient une entaille carmin.

Elle ne baissa pas les yeux. Elle ne sourit pas nerveusement. Elle regarda droit devant, le menton levé, irradiant une puissance froide et impérieuse qui aspira l'air aux alentours.

- Qui... qui est-ce ? chuchota un reporter.

- C'est... Madame de Rochefort ? répondit un autre, l'air incertain.

Les caméras entrèrent en éruption. Les flashs furent aveuglants, une tempête stroboscopique centrée entièrement sur elle. Ils s'attendaient à l'épouse effacée ; ils eurent une lionne.

Loïc se retourna au changement soudain de bruit. Ses yeux s'écarquillèrent. Sa mâchoire se décrocha littéralement. Il la fixa, incapable de concilier cette vision avec la femme qui portait habituellement des gilets beiges et lui préparait du thé.

Le sourire de Séraphine vacilla. Elle regarda sa propre robe blanche, puis le chef-d'œuvre cramoisi de Céleste. Elle ressemblait à une demoiselle d'honneur à côté d'une reine. Sa prise sur le bras de Loïc se resserra douloureusement.

Céleste commença à marcher. Elle se déplaçait avec la grâce d'un prédateur, chaque pas délibéré. Elle ignora les reporters hurlant des questions sur son "nouveau look". Elle marcha droit vers Loïc et Séraphine, ne s'arrêtant que lorsqu'elle fut assez proche pour sentir le parfum écœurant de sucre de Séraphine.

- Tu es en retard, claqua Loïc, la voix tendue.

Il se remit rapidement de son choc, le remplaçant par la colère.

- Et qu'est-ce que tu portes, bon sang ? Tu as l'air... vulgaire.

Céleste le toisa de haut en bas. Son regard était dédaigneux, comme si elle inspectait une tache sur une nappe.

- Bonjour, mon mari, traîna-t-elle.

Elle tourna ses yeux vers Séraphine.

- Et... l'invitée.

Les yeux de Séraphine s'emplirent de larmes instantanées.

- Madame de Rochefort, je... je voulais juste soutenir l'œuvre caritative. Je ne voulais pas m'imposer.

- Je vois que vous portez du blanc, observa Céleste d'une voix plate. Vous essayez de sauver une réputation qui n'existe pas ?

Les reporters à proximité haletèrent. Ils se penchèrent, affamés de drame.

- Céleste ! siffla Loïc, s'interposant entre elles. Excuse-toi. Maintenant. Tu fais une scène.

- Je n'ai même pas commencé à faire une scène, Loïc, dit doucement Céleste.

Elle se pencha plus près de lui, ses lèvres rouges s'étirant en un sourire narquois.

- Je ne voulais pas être assortie à ton cas social. Ça embrouille les donateurs.

- C'est une étudiante boursière de la Fondation Rochefort ! argua Loïc, le visage rougissant.

- Alors peut-être devrait-elle étudier davantage et socialiser moins, répliqua Céleste.

Elle l'évita avec fluidité.

- Bouge. Je suis ici pour dépenser de l'argent, pas pour perdre mon temps avec un mélodrame bon marché.

Elle les frôla, la soie de sa robe murmurant contre le costume de Loïc. Elle le laissa planté là, fumant de rage, impuissant.

Au deuxième étage, dans la loge VIP ombragée surplombant le grand hall, un homme était assis dans un fauteuil en cuir. Il tenait un verre de whisky ambré, la glace tintant doucement.

- Bon sang, siffla le jeune homme à côté de lui. Félicien Charpentier se pencha par-dessus la rambarde. C'est la fille d'Argentier ? Celle que tout le monde traite de paillasson ?

L'homme dans le fauteuil ne répondit pas immédiatement. Balthazar de Malval se pencha en avant, les ombres se retirant de ses traits acérés. Il avait des yeux couleur de mer orageuse - gris, turbulents et intelligents. Il était le paria de la famille de Malval, la "brebis galeuse" dangereuse qui contrôlait les souterrains de la ville pendant que ses cousins jouaient dans les salles de conseil.

Il regarda la femme en rouge fendre la foule comme un couteau. Il vit la façon dont elle tenait ses épaules - tendues, mais fortes. Il vit la rage vibrer autour d'elle.

- Ce n'est pas un paillasson, murmura Balthazar, sa voix un grondement sourd qui vibra dans sa poitrine. C'est une bombe prête à exploser.

Céleste marqua une pause à l'entrée de la salle de bal. Elle sentit un regard sur elle. Un poids physique sur sa nuque. Elle leva les yeux, scannant le balcon.

Ses yeux rencontrèrent ceux de Balthazar.

La distance les séparait, mais la connexion fut instantanée et électrique. Il leva son verre vers elle dans un salut moqueur.

Céleste ne sourit pas. Elle soutint son regard un battement de cœur plus longtemps que la politesse ne l'exigeait, l'accusant réception. Je te vois regarder, disaient ses yeux.

Elle se détourna et entra dans le gala. Son cœur s'emballait, claquant contre ses côtes. Balthazar de Malval. Dans sa vie passée, c'était un mythe, une ombre qui avait fini par prendre le contrôle de la ville après la chute des Rochefort. Elle ne lui avait jamais parlé.

Mais dans cette vie... dans cette vie, elle aurait besoin d'un monstre pour tuer un monstre.

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