
Redécouvrir l'amour
Chapitre 2
« Chérie ! Tu es formidable. Je t'aime tant ! Plus fort, gémis plus fort, chérie ! J'aime entendre tes gémissements de plaisir. »
Les mots cochons de Shane m'ont fait l'effet d'une douche glacée. Mon corps s'est figé tout entier, au point où je ne pouvais plus bouger un muscle.
J'ai ensuite entendu la voix d'une femme dans les écouteurs. Elle a gémi plus fort comme on le lui avait dit, et ils échangeaient toutes sortes de mots obscènes. À en juger par leurs grognements, ils avaient clairement des relations sexuelles brutales.
J'ai couvert ma bouche, assez fort pour m'empêcher de crier. Mais je ne pouvais empêcher mes larmes de couler.
Chaque mot de mon mari et chacun de ces gémissements étaient comme des poignards s'enfonçant dans mon cœur. J'avais si mal que je ne pouvais rien faire d'autre que pleurer en silence. Très vite, mon oreiller a été mouillé de mes larmes.
Ne supportant plus de les entendre, j'ai enlevé mes écouteurs et, tenant mes jambes, je me suis recroquevillée dans la position du fœtus.
L'été était chaud, mais j'avais froid… si froid. Mon corps tremblait tout entier, et peu importe à quel point je m'enveloppais dans la couette, je n'arrivais pas à me réchauffer.
Cette nuit-là, j'ai pleuré abondamment ; la nuit a été très agitée.
Mais même ainsi, je refusais de croire à la présence d'une femme dans le bureau, car il n'y avait pas de place là pour y cacher une personne. La seule option que je pouvais envisager, c'était qu'il se masturbait en parlant à une femme au cours d'un appel vidéo.
Où était la vérité dans cette affaire ?
Je regrettais de n'avoir installé qu'un micro et non une minicaméra. J'aurais dû mettre une caméra là.
Après une nuit entière de veille remplie de ressentiment, je me suis progressivement remise du choc. J'ai ensuite décidé de repasser par le bureau pour chercher des indices.
Au matin, après le départ de Shane pour le travail, je ne me suis pas tout de suite levée. Ou peut-être n'ai-je pas eu le courage de le faire. Certes, je voulais vraiment trouver des indices, mais ce que je pourrais trouver m'effrayait.
Indécise, je ne me suis pas levée avant dix heures du matin. Ayant à peine fermé l'œil la nuit précédente, je me sentais un peu étourdie maintenant.
Pas à pas, je suis arrivée à la porte du bureau, me repassant mentalement tout ce que j'avais entendu la nuit dernière. Les nerfs tendus, mon cœur battait plus vite à chaque seconde.
Qu'est-ce qui pouvait bien m'attendre derrière cette porte ?
J'étais sur le point de tourner la poignée de la porte quand j'ai entendu la porte d'entrée de l'appartement s'ouvrir. Shane devait être revenu.
Retirant précipitamment ma main, j'ai fait semblant de passer devant la porte du bureau.
Assise sur le canapé du salon, je me suis composé une mine impassible en prenant la télécommande sur la table à thé pour allumer la télé. J'étais si nerveuse que j'ai appuyé sur beaucoup de boutons par erreur avant de réussir à finalement l'allumer.
Shane s'est approché de moi, me fixant. Je craignais qu'il remarque que quelque chose n'allait pas chez moi. J'avais pleuré toute la nuit, après tout.
Il ne m'a heureusement posé aucune question. Il a juste dit qu'il avait demandé un congé et voulait m'emmener en voyage quelque part.
Shane était un bourreau de travail. Nous n'avions même pas effectué de voyage de noces après notre mariage. Demander un congé pour partir en voyage était clairement inhabituel pour lui. Mais il m'a confié qu'il était conscient d'avoir négligé ses devoirs de mari à cause du surmenage et qu'il voulait passer plus de temps avec moi.
Je n'ai senti que de l'hypocrisie dans ses paroles, peut-être à cause de ce que j'avais découvert la nuit dernière. J'ai donc levé la tête, le regardant droit dans les yeux, à la recherche d'une trace de doute ou de peur.
Mais il m'a paru calme. Comme s'il ne m'avait pas trompée. Son comportement m'a juste donné l'impression que je me faisais des idées.
Comme si de rien n'était, j'ai fait nos bagages et suis descendue avec lui.
À vingt-six ans, je n'étais plus la fille impulsive que j'étais. Pour le moment, je devais m'assurer de découvrir la vérité avant de lui faire savoir que j'étais au courant.
Me disant que connaître son secret me mettait en position de force, j'ai décidé d'attendre pour voir comment les choses tourneraient. Mais je me trompais.
J'avais certes mûri, mais je n'étais toujours pas apte à anticiper les événements.
J'ai fini par tomber dans son piège, lui permettant de me pousser au plus profond de l'enfer.
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