
Recommencer sans pitié
Chapitre 4
J'ai découpé toutes les photos pour en enlever mon image, j'ai pris une bassine et j'ai tout brûlé jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.
J'ai fait vendre tous les cadeaux que Clément m'avait offerts.
L'approbation pour rejoindre l'expédition scientifique a été validée, et j'ai complété les formalités à l'institut.
Le directeur m'a de nouveau avertie : « Bien que nous fassions tout pour assurer la sécurité de l'équipe, le climat polaire reste dangereux. Sois prudente. »
Par précaution, après avoir quitté l'institut, je suis allée au Manoir Martin.
Avant de mourir, maman m'avait laissé la chose la plus précieuse.
Mais elle avait eu peur que cela me fasse trop de peine, alors elle l'avait laissée au Manoir Martin.
Les installations du Manoir Martin étaient restées telles qu'elles étaient du vivant de mes parents.
C'était comme s'ils ne m'avaient jamais quittée.
Une tristesse m'a envahie, et toute ma douleur a ressurgi.
Après avoir essuyé mes larmes, j'ai retrouvé le coffre-fort.
En l'ouvrant, je suis restée figée.
Il était complètement vide.
J'ai fouillé toute la maison, sans rien trouver, et alors que j'étais désespérée…
Les paroles de l'infirmière à l'hôpital ont résonné dans ma tête.
« Oui, j'ai vu M. Rousseau mettre de ses propres mains un bracelet de luxe au poignet de sa femme. »
C'était Clément !
J'ai appelé Clément en urgence, mais comme dans ma précédente vie lors de mon accouchement, personne n'a décroché.
Cette fois, je n'ai pas attendu et j'ai foncé dans le Groupe Rousseau.
La réceptionniste du Groupe Rousseau m'a vue et a semblé paniquée.
Elle m'a empêchée d'entrer.
J'ai repoussé sa main qui tenait mon bras.
« Je possède des actions du Groupe Rousseau, et je n'ai même pas le droit d'entrer ? »
Elle avait l'air embarrassée, elle voulait encore dire quelque chose.
J'ai attrapé une batte de baseball posée là et j'ai foncé à l'intérieur.
Le bureau de Clément était vide, mais la porte intérieure était entrouverte.
La voix mielleuse d'Élise s'est fait entendre : « Clément, tu veux vraiment épouser Chloé ? Tu m'as dit que tu m'aimais ! Ta mère est morte, sa volonté ne compte plus. »
Des bruits de baisers sont parvenus de l'intérieur.
Clément parlait avec désir.
« Élise, donne-moi encore un peu de temps. Tu as eu une fausse couche, et les médecins disent que tu auras du mal à concevoir de nouveau. Chloé est enceinte, cet enfant est peut-être mon seul héritier. Je ne peux pas l'ignorer. »
« Quand l'enfant de Chloé pourra aller à l'école, je divorcerai. Je te reviendrai, avec l'enfant. »
« Pour moi, supporte encore quelques années, d'accord ? »
Une colère brûlante m'a envahie, j'ai été prise de vertige, j'ai failli m'effondrer.
Je ne m'attendais pas à ce que Clément ait ce plan depuis le début.
Soudain, la porte s'est ouverte.
Quand Clément m'a vue, il s'est figé, visiblement nerveux.
« Chloé, que fais-tu ici ? »
Élise est sortie juste après, se cachant derrière Clément, réajustant délibérément sa tenue.
À ce point-là, je ne voulais plus discuter. J'ai pointé la batte vers Clément.
« Où est le bracelet que ma mère m'a laissé ? Donne-le-moi ! »
Il a semblé soulagé que je n'aie pas entendu la conversation.
Mais en comprenant mes paroles, il a de nouveau froncé les sourcils.
« Pourquoi veux-tu le bracelet tout à coup ? »
« Donne-le-moi. »
J'ai élevé la voix.
Clément a répondu d'un ton autoritaire : « Chloé, ici c'est l'entreprise, pas un terrain de jeu. »
Élise est sortie de derrière lui, montrant son poignet.
« Tu parles de ce bracelet ? »
« C'est juste un bracelet, pas la peine d'en faire un drame. Je le trouvais joli, je l'ai juste emprunté. »
Je l'ai fixée avec rage et j'ai répété : « Donne-le-moi. »
Élise a fait la moue et l'a retiré à contrecœur.
Mais au moment de me le tendre, elle a relâché sa main.
Le bracelet est tombé au sol et s'est brisé en trois morceaux.
Tout s'est figé, j'ai ramassé les morceaux en larmes.
Je lui ai donné une gifle de toutes mes forces, puis je suis partie de l'entreprise, hébétée.
Clément voulait me rattraper, mais les pleurs d'Élise l'ont retenu.
Le lendemain, j'ai jeté tous les objets me concernant du Manoir Rousseau.
J'ai embarqué pour l'Antarctique, le vent en pleine face.
En même temps, j'ai laissé pour lui mon rapport d'avortement provoqué, le contrat de mariage déchiré, et quelques autres souvenirs.
J'espérais qu'il apprécierait cette petite surprise.
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