Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Quitte-moi si tu peux

Quitte-moi si tu peux

À vingt-trois ans, Léna mène une existence écossaise marquée par un contraste saisissant : une carrière de psychologue prometteuse face à une vie privée totalement instable. Ce fragile équilibre bascule le jour où, accompagnée de son jeune frère, elle accepte de prendre en stop un duo intrigant. Cette rencontre fortuite avec un homme magnétique et sa compagne plonge alors son quotidien dans un chaos complexe. Entre désir et tourmente, sa réalité devient plus périlleuse que jamais.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

À l'heure du déjeuner, je suis pétri par les remords.

Non seulement j'ai abandonné mon frère avec une inconnue, mais en plus avec un Alzheimer !

Je suis définitivement une sœur pitoyable...

Je ne sais plus ce que j'ai mangé, sûrement rien, puis je file à l'hôpital d'Edimbourg pour voir ma mère.

Une heure plus tard, je sors de là-bas en étant anéantie comme à chaque fois que je vois ma génitrice sur son lit de malade.

Je fixe ce parking sordide et ce ciel gris qui accentue mon mal-être, en m'intoxiquant d'une clope pour calmer mon coeur qui pleure.

Je ne sais pas comment il m'a reconnue, peut-être qu'il m'a suivie à la sortie de la chambre d'hôpital, mais cette voix rauque et tellement unique me fait soudain sursauter :

—J'ai oublié de te remercier ce matin.

Je garde mon regard braqué sur ce parking, avec aucune envie de converser avec Jaden.

—De rien.

—Pourquoi t'es ici ?

—J'aime bien la vue.

Jaden vient s'accoler sur la même rambarde que moi, et je sens la chaleur de son corps contre le mien.

—Pourquoi tu ne m'as pas dit pour ta cousine ? je demande en crachant de la fumée.

Il sort une cigarette et j'entends le clipse du briquet.

—T'étais super stressée ce matin.

Je tourne enfin ma tête vers lui, pour le découvrir en blouse blanche.

Le contraste de son look de vagabond de ce matin, et le jeune homme brun bien coiffé et surtout sec, est édifiant.

Son regard marron est très brillant.

Tandis que je le dévisage sans aucune pudeur, il me tend sa main.

—On ne s'est toujours pas présenté. Jaden, et toi ?

—Léna, je bredouille en lui serrant sa main chaude.

Il m'offre une nouvelle fois un sourire ravageur qui laisse paraître ses dents blanches et parfaitement alignées.

—Tu as quelqu'un ici ?

J'allume ma deuxième cigarette avant de lui répondre :

—Ma mère.

—Elle est médecin ?

N'ayant aucune envie de lui révéler que chaque jour qui passe la rapproche de la mort, je rétorque avec la rage au ventre :

—Plus ou moins.

Il lache un petit rire, si doux et franc, qu'il fait frissonner mon coeur.

Déstabilisée, je jette ma clope avant de dévaler les escaliers pour aller rejoindre ma voiture.

Il crie mon prénom pour me retenir, mais j'ai qu'une hâte : récupérer mon petit frère à la sortie de l'école pour enfin rentrer chez nous.

Cette semaine est passée à une allure folle. Entre les devoirs de mon petit frère, les visites à l'hôpital que j'ai pris soin d'écourter pour ne plus retomber "par hasard" sur Jaden, et les deux hommes à la maison et leur foutoir, sans oublier mon nouveau boulot, je n'ai qu'une envie : pouvoir enfin souffler.

Après avoir déposé mon frère chez ma grand-mère, Hylan, Max et moi on se rend à notre Qg habituel: le bar "Basix".

Pour faire court: je sors avec Hylan depuis cinq ans. Âgé de 26 ans, il est psychologue du travail dans une grande entreprise à Édimbourg.

Son frère Max a mon âge, et il est l'exact opposé d'Hylan: il enchaine les missions intérims dans une philosophie de vie contraire à celle de son frère : Bosser - gagner de l'argent - et le dépenser.

Hylan est grand à la peau mate, toujours propre sur lui, alors que son frère a un look plus casual et surtout des cheveux blonds décolorés.

On boit tranquillement nos bières dans le bar, et on rigole aux blagues de Max.

Puis je sors de table pour aller aux toilettes, ou peut-être au bar je ne sais plus, et je tombe (encore) sur l'auto-stoppeur.

—Léna !

Son enthousiasme me surprendra toujours.

—Salut.

—Qu'est-ce que tu fous là ?

Il semble plus sobre que moi.

—La même chose que toi, je réponds en me dirigeant au bar.

Bien évidemment il m'accompagne, et commande aussi une bière.

Sa présence me rappelle à chaque fois l'oubli de mon petit frère au bord de la route avec une inconnue. Et ça m'énerve. Du coup, moins je le vois, mieux je me porte.

—Je suis avec des collègues, tu viens avec nous ? me propose-t-il.

—J'aime pas les gens.

Il éclate de rire.

—C'est la meilleure celle-là ! Une psy qui n'aime pas les gens !

J'agrippe ma bière en serrant les dents, bien décidée à le fuir.

Mais il me rattrape par le coude, et me fait pivoter vers lui.

À ce moment-là, je suis obligé de le regarder pour lui lancer des éclairs.

Ses yeux sont de nouveau noisettes.

—T'es sérieuse ?

Silencieuse, je me contente de le reluquer de haut en bas. Un jean et une chemise noire. Pas mal.

—Viens, je déclare, on va plutôt s'installer tous les deux à une table.

Ses yeux s'élargissent face à ma proposition.

Il bafouille un "Ok..." surpris.

On va s'asseoir au fond de la salle, à ma table préférée.

Les coudes posés sur la table, je sirote ma bière en silence pour le déstabiliser.

—T'es venue avec tes copines ? demande-t-il.

—Non.

—T'es seule ?

—Non plus.

Il esquisse (encore) un sourire.

—Avec ton mec ?

—Peut-être.

Cette fois c'est lui qui boit en silence, plongé dans ses pensées.

Mon automatisme professionnel prend alors le dessus, et j'observe sa posture. Il se tient bien droit sur sa chaise et me fixe de manière déterminée.

Il semble sain d'esprit.

—Ça fait longtemps que t'es avec lui ? reprend-il d'un ton posé.

—Rien de sérieux.

—C'est à dire ?

Agacée par ses questions, je ramène la bière à mes lèvres, avant de répondre d'une voix froide :

—Je suis un électron libre.

Il pose sa bouteille sur la table, en même temps que ses coudes, pour se pencher vers moi.

—Tiens donc ! Et ça veut dire quoi ?

Ses yeux pétillent de malice, son visage arbore un sourire au coin.

D'un regard espiègle, je prend sa main et on se lève de table. On traverse un long couloir, avant de tourner à gauche.

Une fois devant la porte en bois, je sors la clé de mon soutien-gorge, je la déverrouille, puis j'entraîne Jaden à l'intérieur.

Je ferme la porte à clé, allume la lumière, avant de faire glisser ma robe noire sur le sol.

Je ne prête pas attention à son regard, trop d'alcool coulant dans mes veines, mais je suis sûre de prononcer :

—Je suis à toi pendant une heure. C'est à prendre ou à laisser.

Troublé, il me fixe pendant de longues secondes.

—Ma proposition expire dans 3...2...

Il s'avance alors vers moi, ce qui me fait sourire.

Mes paupières se ferment, mais une main chaude se dépose sur ma joue et me trouble.

—Léna...Ouvre les yeux...

Je les plisse d'un air méfiant.

Son pouce caresse doucement ma joue, ce qui accentue mon trouble.

—Pourquoi tu fais ça ? murmure-t-il.

—...

Ses yeux noisettes s'insèrent dans les miens avec une puissance monstrueuse.

—Réponds-moi s'il te plaît...

Je déglutis plusieurs fois, avant de rétorquer :

—J'ai besoin de me sentir en vie.

Il pousse un long soupir, avant de poser son front contre le mien.

—C'est à cause de ta mère ?

D'un geste brusque je pousse sa main. Je remets ma robe, et sort de la pièce d'un pas agacé.

—Attends ! s'écrie-t-il.

J'accours, ou plutôt titube jusqu'à Hylan, et une fois à sa hauteur je m'empresse de m'asseoir sur ses genoux pour me blottir dans ses bras.

—Ma puce, ça va ?

—Oui, je suis crevée.

—Tu veux rentrer ?

J'acquiesce de la tête.

—Excusez-moi...

Et merde.

J'enfouis mon visage encore plus profondément au creux du cou d'Hylan.

Son odeur me fait du bien.

—Je me présente, je suis Jaden, un ami de Léna.

—Ma puce ? s'étonne Hylan. Tu le connais ?

—Non !

—Je crois que tu te trompe, mec. Va voir ailleurs.

C'est ce que j'adore chez Hylan: son assurance qui me comble d'un sentiment de protection.

—Ok, rétorque froidement le parasite. Désolé et bonne soirée.

Je savais très bien gérer la vie des autres, j'avais même eu un 17 au mémoire, alors que ma vie à cette époque-là se résumait à un énorme chaos.

<.>

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman AU NOM DES LARMES
7.9
À 26 ans, Larissa Fadio vit chez son oncle Jacques et son épouse Suzanne. Orpheline depuis l'enfance, elle a dû quitter ses frères pour s'installer en ville. Faute d'études, la jeune femme suit désormais une formation de couturière. Ce matin, elle se prépare pour l'atelier, vêtue d'une robe courte mettant en valeur sa silhouette de mannequin. Avec sa stature imposante et sa peau chocolat, Larissa possède une beauté naturelle éclatante qui ne laisse personne indifférent.
Couverture du roman DÉSIR INTERDIT D'UN MILLIARDAIRE
8.9
Sahara Akbar, jeune musulmane de 19 ans, aspire à une vie spirituelle exemplaire malgré ses distractions quotidiennes. Sa route croise celle de Damian Visiliev, un milliardaire russe impitoyable et arrogant. Totalement opposé à l'engagement, cet homme d'affaires ne jure que par la richesse et les plaisirs éphémères. Entre la piété de l'une et le cynisme de l'autre, un désir interdit s'installe. Comment ces deux mondes vont-ils s'unir entre passion, drames et mystères ?
Couverture du roman Dix Ans, Puis le Noir
8.9
Après dix ans d'amour fusionnel avec Marc, un simple message reçu sur son téléphone brise mes certitudes. Entre un film anti-espion et un nouveau mot de passe, ses secrets éclatent au grand jour. Comment cet homme protecteur a-t-il pu devenir ce manipulateur infidèle ? Malgré la douleur des mensonges et l'hypocrisie de sa trahison, je refuse de sombrer. Derrière mes larmes, une volonté de fer s'éveille : Marc ignore encore que ma tristesse a laissé place à une détermination vengeresse.
Couverture du roman Il les a choisis, j'ai tout perdu
9.5
Damien et moi avions tout construit depuis l'orphelinat, érigeant un empire technologique. Mais mon mari a sacrifié notre union pour une femme manipulatrice. Alors que j'espérais le reconquérir avec ma grossesse secrète, son beau-fils m'a violemment frappée à l'hôpital. En plein calvaire, j'ai supplié Damien de me secourir. Pourtant, il a choisi de consoler l'enfant, m'abandonnant à mon agonie. Après cette trahison fatale, je lui adresse mon divorce et les restes du fils qu'il a tué.
Couverture du roman La Trahison Sous Le Voile Blanc
8.2
Face aux caméras, mon fiancé joue l'amant parfait. Il ignore que j'ai secrètement recouvré la vue et l'ouïe. Pensant que je suis toujours aveugle et sourde, il complote avec sa maîtresse pour m'interner après nos noces et s'emparer de mon héritage. Je feins l'innocence pour mieux préparer ma vengeance. Le jour du mariage, alors qu'un cercueil perturbe la cérémonie, je projette leurs ébats sur écran géant. La chute de ceux qui voulaient me briser sera publique et totale.
Couverture du roman L'amour perdu
8.4
Après trois années d'un mariage marqué par le désespoir, une jeune femme enceinte se voit contrainte de signer ses papiers de divorce. Face à la cruauté de son époux, elle sombre dans un profond regret. Cependant, une fois la séparation actée, cet homme réalise enfin qu'elle était son unique amour. Conscient de la douleur infligée, il entreprend alors de reconquérir son cœur brisé en la comblant d'une affection sans limites pour racheter ses erreurs passées.