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Couverture du roman Quantum Love et le secret de Mélusine

Quantum Love et le secret de Mélusine

Jessica, archéologue parisienne épicurienne, et Ted, photographe new-yorkais pour Géo, mènent des vies opposées. Pourtant, un événement inexplicable les unit : ils sombrent simultanément dans le coma, séparés par l'immensité de l'Atlantique. Entre destin et coïncidence scientifique, ce récit explore le lien mystérieux qui se tisse entre ces deux inconnus. Un hommage vibrant inspiré par des écrits personnels, mêlant romance moderne et secrets enfouis.
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Chapitre 2

Deux vies, totalement différentes. 5 000 km de distance séparent ces deux inconnus et pourtant tout va les rapprocher…

En ce mardi de juin, le temps s’écoule comme d’habitude, pour certains l’école pour d’autres le bureau.

Les commerçants ouvrent leurs boutiques tout en échangeant sur cette chaleur qui persiste.

— La canicule n’est pas encore à son maximum. Paraîtrait ! dit l’un d’eux.

Les riverains vaquent à leurs occupations avant que la chaleur n’étouffe Paris.

À cette heure de la matinée, le boulevard de l’hôpital est fluide, les salariés ont déjà commencé leur journée de travail. Le quartier du 13earrondissement retrouve le calme relatif des jours de semaine.

L’ambulance arrive rapidement aux urgences de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.

Jessica est immédiatement prise en main par le personnel médical.

Sans perdre une seconde, une IRM est demandée au service d’imagerie.

La jeune femme n’a toujours pas repris connaissance lorsque les infirmières l’installent dans le caisson de l’appareil.

Le bruit assourdissant de celui-ci n’agit absolument pas sur son état comateux.

Sa respiration est normale, les battements de son cœur stables, sa tension artérielle un peu élevée mais sans gravité.

Jessica dort tout simplement.

Elle dort, comme elle dormirait la nuit sous sa couette ou dans son duvet, elle dort d’un sommeil profond, sans aucune perturbation.

Ni le chant du rossignol posé sur une branche du platane près de la fenêtre de son appartement à Paris ni l’oiseau nocturne hululant pas loin de sa tente sur un terrain de fouilles, ne la réveilleraient dans l’état actuel des évènements.

Mais aujourd’hui, il n’y a pas d’oiseau nocturne ni de rossignol, pas de hululement et encore moins de lit de camp sous la tente plantée quelque part en Europe ou au Moyen-Orient.

Le personnel du service de neurologie installe la jeune femme dans une chambre individuelle, une chambre triste et fonctionnelle. L’odeur du produit « anti-tout » se répand dans l’atmosphère afin qu’aucun microbe ne soit à l’origine de maladies nosocomiales.

De la fenêtre, on peut apercevoir un peu de verdure, des arbres, des buissons et quelques bancs.

Des convalescents profitent pleinement de ce petit coin agréable où le va-et-vient du personnel n’existe plus. Seul le chant des merles et des moineaux perturbe le silence.

Un instant de détente pour se remettre d’une opération rencontrer sa famille, ses amis ou simplement se reposer, afin de reprendre des forces.

Le médecin relie Jessica au monitoring (appareil de contrôle) destiné à suivre son évolution physiologique 24 heures sur 24.

Il communique à l’infirmière, les résultats de l’IRM :

— Celui-ci indique un traumatisme crânien, léger à légèrement modéré, dû au choc frontal avec le motard.

— C’est-à-dire ? demande l’infirmière stagiaire en 1reannée d’études, en entendant cet énoncé encore étrange pour elle.

— Le traumatisme crânien léger est évalué par la durée de rétablissement du malade c’est-à-dire qu’elle peut se remettre rapidement entre 3 à 6 mois avec peu ou sans séquelles. Cela, vous le savez ?

— Oui bien sûr, mais léger à légèrement modéré ? Comment peut-il être les 2 ? En général, c’est l’un ou l’autre !

— C’est exact. Cette personne semble actuellement endormie mais pas dans le coma.

Elle peut être dans un état comateux, ce n’est pas toujours évident de faire la différence entre les deux pour ce genre de traumatisme.

Cela pourrait expliquer l’analyse du radiologue : traumatisme crânien léger à légèrement modéré.

Nous allons attendre quelques jours et voir ce qu’il se passe. Pour l’instant, il n’y a rien à faire si ce n’est surveiller toutes les constantes, tension, rythme cardiaque… afin d’être prêt à toutes interventions, mêmes opératoires si nécessaire.

— Entendu Docteur. Nous vous tiendrons au courant.

— Avez-vous contacté ses proches ?

— Oui, nous avons pu avoir ses parents Monsieur et Madame Quarret. Ils habitent St-Paul-de-Vence et arriveront demain matin.

— Parfait ! Dès leur arrivée, prévenez-moi, afin que je puisse leur expliquer ce qu’il se passe AVANT qu’ils n’entrent dans la chambre ! Tous ces branchements pourraient les perturber.

— En effet Docteur !

Allongée sur son lit d’hôpital, une perfusion au bras droit lui apporte du glucose pour la nourrir et du chlorure de sodium pour l’hydrater.

De ses narines sortent des tuyaux reliés à la machine lui permettant de respirer tranquillement.

L’infirmière, avant de partir, lui injecte une dose de morphine afin d’éviter toutes douleurs.

Jessica dort !

Pendant ce temps, l’écran de l’appareil indique son rythme cardiaque, sa pression artérielle, sa saturation fonctionnelle en oxygène ainsi que sa température corporelle.

Tout semble si normal…

L’infirmière passe toutes les demi-heures, même si une alarme retentissait dans le couloir s’il se passait quelque chose d’anormal.

Un coup d’œil sur les constantes :

— tout va pour le mieux, dit-elle en recouvrant la jeune femme. Tous les paramètres sont stables.

Elle change les sacs de glucose et de chlorure de sodium, vérifie la perfusion de morphine et sort en refermant la porte doucement.

Le calme s’installe dans la chambre

Dans le couloir, elle croise le professeur Drouet.

— Tout se passe normalement, les paramètres sont stables, Docteur. Pour l’instant, la malade est tranquille.

— Très bien. Vous allez demander aux infirmiers de nuit de continuer la surveillance toutes les demi-heures et de rendre compte des paramètres au Docteur Paris, même si tout se passe bien ! Avec ce traumatisme crânien, nous ne devons rien prendre à la légère.

Toutes baisses ou augmentations des constantes peuvent être le signe d’une hémorragie interne.

Soyons vigilants !

— Je fais le nécessaire : je préviens le personnel de garde dès son arrivée.

— Qu’ils n’hésitent pas à me téléphoner même en pleine nuit si la situation change.

— Entendu.

Dans la chambre, le silence est légèrement perturbé par le « bip-bip » de la machine qui veille sur la jeune femme.

Ses poumons se soulèvent doucement. Les antalgiques et la morphine lui permettent de dormir d’un sommeil profond, son visage semble détendu.

Seule la bande, entourant son crâne, rappelle le choc subi le matin même. Aucune trace de blessure si ce n’est quelques bleus sans importance.

Il est 22 heures ! l’équipe de nuit passe de chambre en chambre, vérifie pour chaque malade que tout se passe normalement et donne les médicaments nécessaires pour que les patients puissent passer la nuit aussi bien que possible.

Dans la chambre de Jessica Quarret, rien n’a changé. Les diagrammes sur le monitoring sont les mêmes.

L’interne vérifie que les poches de perfusion s’écoulent lentement, prend le temps de remplacer celle de la morphine, les 8 premières heures sont terminées. Les autres antidouleurs seront administrés demain matin à 6 h. Pour l’instant, la morphine suffit pour que son sommeil ne soit pas perturbé.

L’infirmier de garde du service de neurologie referme la porte, la pièce replonge dans le noir, sauf la lumière jaune de l’écran de l’appareil répand une faible lueur dans la chambre.

Plus un bruit dans les couloirs, aucun son ne monte du jardin, les oiseaux s’endorment, la nuit s’installe lentement.

En ce début de juin, les noctambules profitent de la baisse de température pour se promener le long de la Seine… Le plaisir de flâner dans les rues parisiennes avant d’aller, à leur tour se coucher.

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