
Quand l’amour s’éteint
Chapitre 4
Demain, ce sera le dernier jour du délai de réflexion pour le divorce. Après demain, Robert et moi n’aurons plus aucun lien.
Je me tenais sur le balcon, arrosant les petites fleurs que j’entretenais.
Soudain, l’anneau à mon doigt a glissé et est tombé par-dessus le rebord.
Par réflexe, je me suis penchée pour le récupérer.
« Qu’est-ce que tu fais ?! » Robert m’a attrapée par le bras et m’a tirée en arrière.
« Tu te rends compte à quel point c’est dangereux ?! »
Son regard était rempli d’inquiétude, une urgence sincère. Comme s’il se souciait encore de moi.
« La bague est tombée », ai-je simplement répondu.
C’était une bague qu’il avait fabriquée lui-même pour moi à l’époque, un modèle que j’aimais beaucoup. C’est pour cela que je l’avais portée jusqu’à aujourd’hui, et que j’avais réagi aussi instinctivement en la voyant tomber.
Robert a poussé un soupir :
« Ce n’est qu’une bague. Je t’en achèterai une autre. Ça ne vaut pas la peine de prendre un tel risque. »
Juste une bague ? J'ai baissé les yeux vers son annulaire. Il était vide. Il avait probablement retiré la sienne depuis longtemps.
« Demain, c’est notre anniversaire de mariage. Je viendrai te chercher. On pourra le fêter ensemble, d’accord ? »
Depuis combien de temps n’avions-nous pas célébré un anniversaire de mariage en entier ?
Je me suis perdue dans mes pensées.
Pourquoi pas. Ce serait une façon de mettre un point final à cette histoire.
Le lendemain, jour de notre anniversaire de mariage, j’étais assise dans le restaurant que nous avions réservé.
J’ai attendu longtemps. Très longtemps. Mon ventre gargouillait, mais il n’était toujours pas là.
Je finis par attraper mon téléphone pour lui envoyer un message. Si Robert n’avait pas l’intention de venir, il aurait pu me le dire. Pas besoin de me faire perdre mon temps à l’attendre.
J’ai essayé de l’appeler plusieurs fois, mais il ne répondait pas. En désespoir de cause, j’ai ouvert l’application de messagerie, et là, dans le groupe de discussion du travail, je suis tombée sur un message anonyme :
« Nina séduit son patron marié, elle se sert de son jeune âge et de son apparence pour gravir les échelons. C’est vraiment honteux ! »
Le message était accompagné de captures d’écran prouvant que le projet que j’avais transmis à Nina était en jeu.
Même si le message dénonçait Nina, chaque mot semblait me pointer du doigt.
Peu après, Robert a fait irruption dans le restaurant, furieux.
« Je pensais que tu avais volontairement accepté de lui laisser le projet. Je ne savais pas que tu étais aussi vicieuse, que tu ferais des coups en douce pour salir Nina ! »
Il me fixait avec rage :
« Flore, comment peux-tu être aussi ignoble ?! »
Derrière lui, Nina pleurait à chaudes larmes, comme si elle portait tout le poids du monde.
« Je peux abandonner ce projet, ça ne me dérange pas. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Mais Flore, je te considérais comme une amie proche. Pourquoi me fais-tu ça ? »
J’ai répondu calmement :
« Ce n’était pas moi. »
« Si je t’ai donné ce projet, je n’ai aucune raison de faire ça dans ton dos. »
Mais Robert ne voulait rien entendre.
« Si ce n’est pas toi, qui aurait intérêt à s’en prendre à Nina ?! Tu es vraiment une femme hypocrite ! »
Il était rouge de colère, défendant Nina avec toute l’énergie qu’il avait.
« Et dire que Nina avait choisi ce restaurant avec soin pour nous. Tu ne le mérites pas ! »
Il a jeté une assiette sur le sol, qui s’est brisée en morceaux tout autour de nous.
Après toutes ces années de vie commune, il ne croyait toujours pas en moi, ni en mon intégrité.
Sans un mot, j’ai sorti les papiers du divorce de mon sac.
« Très bien. Le délai de réflexion de 30 jours est terminé. Tu peux signer, et on en finit. »
J’ai aussi posé ma lettre de démission sur la table, juste en dessous des papiers.
Il a ri froidement avant de saisir le stylo et de signer rapidement.
« Comme tu veux ! »
Puis il est parti, tenant Nina dans ses bras.
Je suis restée là, regardant son dos s’éloigner.
Apparemment, il n’y avait plus besoin de célébrer cet ultime anniversaire de mariage.
Je me suis tournée vers la table. Les plats étaient froids. J’ai pris une bouchée de pâtes, puis une autre, jusqu’à finir mon assiette.
En silence, j’ai attrapé ma valise que j’avais laissée dans un coin.
J’ai appelé un chauffeur pour m’emmener à l’aéroport.
Sur le chemin, j’ai envoyé un dernier message à Robert :
« Les clés sont sur la table du salon. C’est fini. Ne me contacte plus jamais. »
Puis j’ai éteint mon téléphone et monté à bord d’un avion pour Ville N.
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