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Couverture du roman Quand l'amour devint une arme

Quand l'amour devint une arme

Lors d'une avant-première, mon fiancé et psychiatre, Éric Nicolas, me trahit publiquement. Le podcast criminel qu'il a aidé à produire m'accuse d'avoir orchestré mon propre enlèvement, utilisant mes séances privées pour me calomnier. Alors que la foule me hue, le commandant Ewan O’Connor, mon véritable sauveur autrefois, intervient pour me protéger. Prête à transformer ma douleur en justice, je m'allie à lui pour détruire ceux qui ont fait de mes traumatismes un spectacle viral.
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Chapitre 1

J'étais assise au premier rang du théâtre, ma main serrée dans celle de mon fiancé, attendant la première du podcast "true crime" pour lequel il avait servi de consultant.

Mais lorsque la voix de l'animatrice a envahi la salle, elle ne racontait pas comment j'avais survécu à un enlèvement brutal. Non, elle m'accusait d'avoir tout simulé pour attirer l'attention.

Et la "source anonyme" qui avait fourni les enregistrements de mes séances de thérapie privées n'était autre que l'homme assis juste à côté de moi.

Le Dr Éric Nicolas n'était pas seulement le psychiatre qui m'avait "sauvée". Il était la taupe qui avait livré mes traumatismes les plus sombres à son ex-petite amie pour créer un buzz viral.

Sur scène, ils diffusaient mes confessions en larmes, montées de toutes pièces pour ressembler à de la manipulation.

Le public s'est retourné contre moi, huant "La Fille qui criait au loup".

Éric m'a saisi le bras, chuchotant que cette humiliation publique n'était qu'une "thérapie d'exposition" pour mon propre bien.

Je me noyais dans la panique jusqu'à ce qu'une voix retentissante fende la foule.

— Lâchez-la.

Le Commandant Ewan O'Connor, l'homme du B.R.I. qui m'avait réellement trouvée dans ce chalet il y a des années, est monté sur scène, son badge levé bien haut.

Il ne s'est pas contenté de me sauver de la foule. Il m'a donné l'arme pour riposter.

Maintenant, je ne suis plus seulement la survivante.

Je suis la partie civile, et je compte bien tout leur prendre.

Chapitre 1

PDV de Hannah Estève :

Au moment où cette voix familière a tordu ma douleur la plus profonde pour en faire un mensonge, j'ai su que ma vie était finie. Pas à cause des ravisseurs, mais à cause de l'homme que j'aimais.

Blaire Francis se tenait sur la scène brillamment éclairée, un sourire prédateur plaqué sur son visage glamour. Son podcast, "La Fille qui criait au loup", était sur le point de lancer son grand final. C'était son moment. Elle s'était hissée hors de l'obscurité, désespérée de décrocher un succès viral. Son ambition était un trou noir, aspirant tout sur son passage.

Mais je n'aurais jamais imaginé qu'elle m'aspirerait moi aussi.

J'étais assise dans ce théâtre parisien opulent, les sièges en velours moelleux sous moi, l'air chargé d'anticipation. Éric, mon fiancé, était assis à mes côtés, sa main chaude sur la mienne. Il était le Dr Éric Nicolas, le psychiatre renommé spécialiste des traumatismes qui m'avait "sauvée" toutes ces années auparavant, après l'Enlèvement du Lac. Il était mon roc, mon guérisseur. Du moins, c'est ce que je croyais.

L'écran géant s'est allumé. Une reconstitution glaçante de mon enlèvement a défilé, mais quelque chose clochait. Les détails étaient biaisés. Ma peur était minimisée. Mes ravisseurs, ces hommes terrifiants qui m'avaient retenue pendant des semaines, étaient dépeints comme des jeunes incompris.

Puis, la voix de Blaire, soyeuse et insidieuse, a narré la scène.

— Hannah Estève était-elle une victime, ou une manipulatrice de génie qui a transformé une situation désespérée en jackpot médiatique ?

Un effroi glacial s'est répandu dans mes veines. C'était comme regarder un accident de voiture au ralenti, en sachant que c'était ma voiture, mais en étant impuissante à l'arrêter. Ils utilisaient mon histoire. Ils tordaient mon traumatisme.

Le podcast a continué, disséquant mon passé. Ils me peignaient comme une fille fragile, en quête d'attention, qui avait fabriqué des parties de son calvaire pour obtenir de la sympathie et de l'argent. Les ravisseurs, contre qui j'avais témoigné, étaient présentés comme des participants involontaires d'un plan que j'avais orchestré. C'était une distorsion grotesque. Les extraits audio qu'ils entremêlaient… J'ai reconnu ma propre voix, mais elle était manipulée. Montée. Mes séances de thérapie brutes et vulnérables, celles que je n'avais partagées qu'avec Éric, étaient rediffusées. Mes journaux intimes, remplis de mes peurs les plus noires, étaient cités hors contexte, transformés en preuves accablantes contre moi.

Une vague de nausée m'a frappée. Éric a pressé ma main, mais son regard restait fixé sur l'écran, une étrange lueur dans les yeux. Fierté ? Culpabilité ? Impossible à dire.

L'image de Blaire a de nouveau rempli l'écran, cette fois à côté d'une photo de moi datant de l'enlèvement, retouchée pour me donner l'air sournoise plutôt qu'effrayée.

— Et si la véritable histoire était bien plus complexe ? Et si la "fille qui criait au loup" ne criait pas du tout, mais orchestrait tout le récit ?

La foule a murmuré. Certains semblaient intrigués, d'autres dégoûtés. Mon cœur martelait mes côtes. Ce n'était pas juste une histoire. C'était ma vie.

Blaire a alors présenté Éric, le qualifiant de "source inestimable". Elle a loué son "dévouement inébranlable à la vérité" et son "courage pour apporter de la clarté à une affaire profondément incomprise". Éric, mon fiancé, l'homme qui avait promis de me protéger, est monté sur cette scène, baigné par les applaudissements de gens qui croyaient que j'étais une menteuse. Il a souri, un sourire confiant et charmeur, et a serré Blaire dans ses bras. Ils ont échangé un regard — un regard qui parlait d'une histoire commune, d'une intimité que je n'avais jamais vraiment partagée avec lui. Ce fut comme recevoir un coup de massue en pleine poitrine.

Les applaudissements ont rugi. C'était un mur de son, m'écrasant, m'étouffant. Les gens acclamaient la destruction de ma vérité. Le discrédit de ma douleur.

Je me suis levée, les jambes flageolantes. Éric s'est retourné, l'inquiétude gravée sur le visage. Il a articulé silencieusement : *Hannah, qu'est-ce que tu fais ?*

L'animateur, pris au dépourvu par mon mouvement soudain, a bafouillé :

— Avons-nous une question du public ?

J'ai ignoré la supplique silencieuse d'Éric, ses yeux écarquillés, un avertissement mêlé à une prière désespérée. Il savait. Il devait savoir. Ma main s'est tendue, tremblante, vers le micro tendu par une hôtesse.

— Oui, ai-je dit, ma voix étonnamment stable, bien qu'elle me semblât faite de verre brisé.

J'ai regardé directement Éric, puis Blaire.

— J'ai une question.

Mon regard a brûlé celui d'Éric, le mettant au défi. Il est devenu pâle, d'une blancheur fantomatique.

Blaire, toujours vive d'esprit, est intervenue avec fluidité.

— Je vous en prie, madame, posez votre question. Mais je vous assure, notre enquête a été approfondie.

Elle a jeté un coup d'œil à Éric, puis est revenue vers moi, une lueur de triomphe dans les yeux.

— Chaque preuve, chaque détail a été méticuleusement vérifié.

— Ma question, ai-je répété, ma voix montant d'un cran, est de savoir comment vous pouvez prétendre que cette… cette fiction… est la vérité ?

J'ai marqué une pause, laissant mon nom complet flotter dans l'air, un nom qui autrefois suscitait la sympathie et qui désormais attirait la suspicion.

— Je m'appelle Hannah Estève. Et je suis la fille dont vous parlez.

Le visage d'Éric s'est encore décomposé, une agonie visible tordant ses traits. Blaire, cependant, a juste incliné la tête, un sourire suffisant jouant sur ses lèvres.

— Ah, Mademoiselle Estève. Nous comprenons que cela puisse être difficile pour vous. Mais nous maintenons nos conclusions. Le Dr Nicolas, ici présent, a fourni des perspectives et des documents inestimables qui nous ont permis de révéler enfin le vrai récit.

Elle s'est tournée vers Éric, sa main effleurant brièvement son bras, un geste possessif. Leurs yeux se sont croisés à nouveau, une entente secrète passant entre eux.

Éric, piégé sous les projecteurs, a dégluti difficilement, son regard passant de Blaire à moi. Il s'est forcé à hocher la tête, un accord silencieux aux mots de Blaire, une trahison publique. Puis, ses yeux se sont ancrés dans les miens, un message désespéré et muet : *Ne fais pas ça. S'il te plaît. Pour nous.*

J'ai laissé échapper un rire bref, un son brut et sans humour.

— La vérité ? Vous appelez ça la vérité ?

Ma voix, bien que calme, a tranché le silence soudain.

— Vous ne reconnaitriez pas la vérité même si elle vous sautait au visage.

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