
Quand l'Amour Devient Cendres Vives
Chapitre 3
Point de vue d'Ulysse :
La fièvre de Tom ne faiblissait pas. Son petit corps était brûlant, sa toux s'aggravait. Chaque souffle était un combat. Je l'ai emmené en urgence à l'hôpital du clan, le serrant contre moi. Ses petits yeux étaient vitreux, mais il s'accrochait avec une force désespérée.
« Maman... »
« Je suis là, mon amour. Nous arrivons. »
Le quartier médical était bondé. Des loups de tous âges attendaient, certains avec des blessures de chasse, d'autres avec des maux moins visibles. Et au milieu de l'agitation, je les ai vus. Ulysse, Dahlia, et Gérold. Gérold, l'air parfaitement sain, jouant bruyamment avec une figurine. Dahlia, souriante, blottie contre Ulysse.
Mes yeux se sont posés sur Ulysse. Il m'a regardée, sans un mot, sans une once de reconnaissance pour l'urgence de ma situation.
Tom, dans mes bras, a aperçu son père. Un éclair d'espoir a traversé ses yeux fiévreux. Sa petite main, brûlante, a essayé de se libérer de mon étreinte.
« Papa ! »
Mon cœur s'est brisé une nouvelle fois. Il l'aimait encore. Malgré tout.
Il a glissé de mes bras, trébuchant, et s'est dirigé péniblement vers Ulysse.
« Papa... Je te pardonne. » Sa petite voix était à peine audible. « Je t'aime. »
Ulysse a reculé d'un pas, tirant Gérold plus près de lui. Son visage s'est assombri.
« Mélusine ! Garde ton fils près de toi. Ne le laisse pas déranger Gérold. »
À peine ses mots prononcés, Gérold, avec un sourire narquois, a poussé Tom de toutes ses forces.
Tom est tombé à la renverse, heurtant le sol froid avec un gémissement de douleur. Il a poussé un cri perçant.
« Papa est mon papa ! Pas le tien ! » a hurlé Gérold, les yeux brillants de malice.
Mon sang n'a fait qu'un tour. Avant que Gérold ne puisse faire un pas de plus, je l'ai plaqué au sol et j'ai relevé Tom, qui pleurait silencieusement, son visage pâle d'effroi.
« Demande pardon ! Tout de suite ! » Ma voix était un grondement que je ne me connaissais pas.
Ulysse s'est interposé, son regard glacial.
« C'est un enfant, Mélusine ! Tu ne vas pas t'en prendre à lui ! C'est toi qui le provoques ! »
« Le provoquer ? Il est tombé ! Il a de la fièvre, il est blessé ! Et votre fils vient de le pousser ! » J'ai hurlé.
Tom se blottissait contre moi, son petit corps secoué de sanglots silencieux.
Ulysse m'a ignorée, se penchant vers Gérold, le caressant.
« Ça va, mon champion ? Elle ne te fera rien. »
Dahlia s'est approchée, un sourire contrit sur les lèvres.
« Oh, Mélusine, je suis désolée. Les enfants, tu sais... Gérold ne le pensait pas. Tom est tellement... sensible. »
Ses mots étaient du poison. Insultant Tom, le rabaissant.
« Il est sensible parce qu'il a un cœur, Dahlia. Contrairement à certains. »
Gérold, enhardi par l'affection d'Ulysse, a levé le menton.
« Mon papa a dit que tu étais une mauvaise sorcière et que ton fils n'est même pas un vrai loup. »
Le monde a cessé de tourner. Mon regard, froid et dur, s'est posé sur Ulysse. Son visage était impassible. Ce qu'il ne disait pas, ses actions le hurlaient.
Toute ma patience. Toute ma résignation. Toute ma faiblesse. C'était terminé.
« Vous avez entendu ? » Ma voix était un murmure, mais elle portait une force que je n'avais jamais eue. « Cette fois, Ulysse, vous avez dépassé les bornes. »
Son silence était assourdissant. Son regard vide. Il ne défendrait pas notre fils. Il ne le protègerait jamais.
« Je demande le divorce. » La phrase est sortie de ma bouche avec une clarté inattendue. « Et la garde exclusive de Tom. »
Le lien, déjà brisé, s'est transformé en poussière. Le vide dans ma poitrine était abyssal, mais curieusement, il n'y avait plus de douleur. Juste une détermination froide et inébranlable.
Ulysse a détourné le regard, emmenant Dahlia et Gérold.
« Bien joué, Gérold. Je te promets une nouvelle figurine. » Ses mots, dits d'une voix douce, se sont répercutés dans le couloir.
Je me suis penchée sur Tom, son visage douloureux. Ma main a caressé ses cheveux.
Ce n'est pas ta faute, mon amour. Ce n'est pas toi qui es le problème.
Ma vision s'est brouillée. Le monde s'est écroulé. Mais cette fois, je savais que je ne m'écroulerais pas avec lui. J'étais forte. Pour Tom.
« Le lien est rompu, Ulysse. Vous l'avez brisé. Et maintenant, je vais le rendre officiel. »
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