
Prisonnières de L'Alpha
Chapitre 2
L'Alpha restait immobile, figé dans l'ombre, le regard rivé sur la silhouette qui semblait, à elle seule, remplir toute la salle de sa présence. Malgré la foule animée, les rires et les conversations autour de lui, le monde semblait avoir rétréci jusqu'à ne laisser qu'eux deux, comme si le temps lui-même s'était suspendu pour leur permettre cette confrontation. Il ne parvenait pas à détourner les yeux, fasciné par la froideur glaciale qu'elle affichait, un contraste saisissant avec la femme qu'il avait connue, celle qui, un jour, avait illuminé ses nuits par son rire et sa douceur.
Après de longues minutes à l'observer de loin, il se décida enfin. Il n'avait pas parcouru tout ce chemin, supporté ces années de silence, pour la voir s'échapper une seconde fois. Il s'approcha d'elle, traversant la foule d'un pas déterminé, ses yeux rivés sur elle, ignorant les regards curieux et les salutations des invités qu'il laissa derrière lui. Lorsqu'il fut suffisamment près, il posa une main ferme sur son épaule, la forçant à se retourner.
Elle leva les yeux, surprise, et pendant une fraction de seconde, il crut percevoir une lueur d'émotion dans son regard. Mais elle fut rapidement remplacée par cette froide indifférence qu'elle portait comme une armure. Elle recula d'un pas, s'efforçant de rompre le contact visuel, comme si elle craignait que ses yeux puissent révéler des vérités qu'elle préférait garder enfouies.
« Tu ne pourras pas continuer ce petit jeu éternellement, » murmura-t-il, sa voix basse, teintée d'une douleur qu'il ne parvenait plus à contenir. « Je ne suis pas fou. Je sais qui tu es, et je sais ce que nous avons partagé. »
Elle haussa les épaules, un sourire froid aux lèvres. « Alpha, je crains que vous ne soyez dans l'illusion. Nous n'avons jamais partagé quoi que ce soit. Vous vous méprenez, et je n'apprécie pas que vous persistiez ainsi. »
Ces mots, prononcés avec tant de détachement, furent comme un coup de poignard. Comment pouvait-elle se montrer si insensible, si distante, alors qu'il était encore hanté par chaque moment qu'ils avaient vécu ? L'Alpha sentit sa gorge se serrer, mais il refusa de reculer. Il devait la confronter, la forcer à admettre ce qui s'était passé entre eux, à affronter la vérité qu'elle semblait vouloir fuir.
« Je n'invente rien, et tu le sais très bien, » répliqua-t-il, la voix pleine de certitude. « Je te connais mieux que quiconque. Tu peux bien nier tout ce que tu veux, mais je ne crois pas un seul instant à cette façade que tu affiches. »
Elle esquissa un sourire presque cruel, croisant les bras comme pour se protéger. « Eh bien, peut-être que c'est justement cela, Alpha. Peut-être que vous avez inventé toute cette histoire pour remplir un vide dans votre vie. Peut-être que ce ne sont que des souvenirs que vous vous êtes créés pour échapper à une réalité qui vous est insupportable. »
La rage montait en lui, bouillonnante, irrésistible. Il fit un pas en avant, réduisant encore la distance entre eux. Elle tenta de reculer, mais il attrapa délicatement son poignet, la forçant à rester en place. Il plongea son regard dans le sien, refusant de céder.
« Tu n'as pas le droit de dire ça, » murmura-t-il, son regard brillant d'émotion. « Je sais exactement ce que j'ai ressenti. Et je sais que tu l'as ressenti aussi. Ce n'était pas qu'une illusion, et tu le sais au fond de toi. »
Elle le fixa en silence, son visage impassible, mais ses yeux semblaient vaciller, comme si, malgré tous ses efforts pour rester froide et distante, elle luttait contre quelque chose au plus profond d'elle-même. Finalement, elle arracha son poignet de sa prise et détourna le regard, sa voix réduite à un murmure.
« Peu importe ce que vous croyez savoir. Ce que vous pensez avoir ressenti n'a aucune importance pour moi aujourd'hui. Nous ne nous connaissons pas, et nous n'avons rien partagé. Acceptez-le et passez à autre chose. »
Ces mots, prononcés avec une telle froideur, le frappèrent de plein fouet. Comment pouvait-elle balayer tout ce qu'ils avaient partagé d'un simple revers de la main ? C'était comme si elle s'acharnait à effacer leur passé, comme si elle était prête à sacrifier tous ces souvenirs pour une raison qui lui échappait encore. Mais il refusait de la laisser partir sans se battre. Il sentait qu'il y avait quelque chose qu'elle dissimulait, une vérité qu'elle s'efforçait de lui cacher.
« Pourquoi refuses-tu d'admettre ce que nous avons vécu ? » demanda-t-il d'une voix tremblante, incapable de masquer l'angoisse qui le rongeait. « Je ne comprends pas... Tu n'as pas changé au point de devenir cette femme froide et distante. Je sais que, sous cette façade, il y a encore celle que j'ai connue. »
Elle le regarda un instant, ses yeux étrangement brillants, avant de détourner la tête. « Vous vous trompez, » murmura-t-elle, presque trop doucement pour qu'il l'entende. « Peut-être qu'elle n'a jamais existé, cette femme que vous prétendez connaître. Peut-être qu'il est temps pour vous d'accepter la réalité. »
Mais il refusait d'abandonner, de se contenter de ses réponses évasives et de ses tentatives de le repousser. Il sentit une vague de détermination le submerger, une conviction inébranlable qui le poussa à faire une promesse.
« Très bien, » déclara-t-il, sa voix pleine de défi. « Si tu refuses de me dire la vérité, alors je la découvrirai moi-même. Peu importe le temps que ça prendra, je ne te laisserai pas m'échapper une seconde fois. Tu peux prétendre que je n'existe pas, que notre passé n'est qu'une illusion. Mais sache que je ne reculerai devant rien pour comprendre pourquoi tu m'as fui et pourquoi tu refuses de m'accorder une seconde chance. »
Elle demeura silencieuse, l'observant avec une lueur d'inquiétude dans les yeux, comme si elle réalisait l'ampleur de sa détermination. Pourtant, elle tenta une dernière fois de l'éloigner, d'un ton empreint d'une froideur calculée.
« Faites ce que vous voulez, » murmura-t-elle finalement, son regard se perdant dans le lointain. « Mais sachez que vous ne trouverez rien. Vous ne trouverez qu'un passé vide et sans importance. »
Ces mots résonnèrent en lui comme une sentence, une tentative désespérée de briser son espoir. Mais il refusait de se laisser abattre. Il savait qu'elle se cachait derrière ce masque, qu'elle essayait de le repousser pour une raison qui lui échappait encore. Peu importe combien elle se montrait froide, combien elle niait leur passé, il sentait au fond de lui qu'il y avait encore quelque chose, une étincelle, un souvenir qui survivait malgré tout.
Lorsqu'elle s'éloigna, il resta immobile, la regardant disparaître dans la foule. Mais cette fois, il n'éprouvait pas de désespoir, pas de résignation. Non, il était animé par une force nouvelle, une résolution inébranlable. Elle pouvait fuir autant qu'elle le voulait, mais il ne la laisserait pas se dérober une seconde fois.
Alors qu'il la regardait s'éloigner, il serra les poings, se jurant de percer les secrets qu'elle dissimulait. Peu importait ce qu'il découvrirait, peu importaient les obstacles. Il la retrouverait, il découvrirait la vérité, et il la ferait enfin admettre que, malgré tout ce qu'elle prétendait, ils étaient liés par bien plus que de simples souvenirs. Ils étaient liés par quelque chose de puissant, quelque chose qu'elle ne pouvait pas simplement effacer, peu importe combien elle le voulait.
Elle ne serait pas la première à abandonner. Il lui prouverait que son amour, sa détermination, valaient bien plus que les illusions auxquelles elle se raccrochait désespérément.
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