
Prisonnière de la meute .
Chapitre 3
Ses bras me maintiennent fermement tandis qu'il monte les marches, comme si je ne pesais rien. Plus il avance, plus mes forces me quittent, aspirées par la douleur et l'épuisement. Je tente malgré tout de me débattre, de le frapper avec ce qu'il me reste d'énergie, mais mes gestes sont désordonnés, faibles, dérisoires. Lui, il rit. Un rire grave, satisfait, qui résonne dans ma tête et me donne la nausée.
Arrivé en haut, il me projette sans ménagement au sol. Mon corps heurte violemment la surface dure et un cri m'échappe, incontrôlable.
- Nettoie-toi, ordonne-t-il d'un ton sec.
Sa voix ne laisse aucune place à la discussion. Je reste un instant immobile, sonnée, incapable de réagir. Chaque mouvement est une torture. Mes muscles refusent presque de m'obéir. Pourtant, je me force à bouger, à me redresser, même si mes jambes tremblent dangereusement sous mon poids.
Je le regarde sortir de la pièce sans un mot de plus. La porte se referme derrière lui dans un bruit sourd, me laissant seule.
Un gémissement franchit mes lèvres tandis que je m'efforce de me relever complètement. La douleur pulse dans tout mon corps, mais je tiens bon. Je dois comprendre où je suis.
Je balaie la pièce du regard.
Une chambre.
Les murs sont d'un blanc immaculé, vides de toute décoration, presque oppressants dans leur nudité. Aucune fenêtre. Rien qui permette de voir l'extérieur. Pourtant, les meubles contrastent avec cette austérité : le lit est soigné, les éléments semblent coûteux, presque élégants.
Un frisson me parcourt.
Je m'approche d'une porte que je suppose être celle de la salle de bain. Mes doigts tremblent en actionnant la poignée.
Mais ce que je découvre en l'ouvrant me glace instantanément.
Ce n'est pas une salle de bain.
La pièce est remplie d'objets que je reconnais malgré moi, des accessoires dont la seule vue me fait reculer brusquement. Mon cœur s'emballe, ma respiration se bloque.
La peur devient plus concrète, plus terrifiante encore.
Qu'est-ce qu'il compte me faire ?
Une pensée me traverse et me paralyse.
Je suis vierge.
Et dans cet endroit... ce statut ne signifie rien.
Je sens mes jambes flancher légèrement. L'envie de disparaître, de me recroqueviller et de ne plus exister, devient presque irrésistible. Ma vie... qu'est-elle devenue en quelques heures ? Une existence brisée, arrachée, remplacée par cet enfer.
Je détourne les yeux et recule, cherchant une autre issue, une autre porte. Il doit bien y avoir une vraie salle de bain quelque part.
J'en trouve une autre.
Cette fois, c'est la bonne.
J'entre lentement et me dirige vers le miroir, presque malgré moi.
Et là...
Je reste figée.
La personne qui me regarde n'est pas moi.
Mes cheveux châtain clair sont collés par le sang, emmêlés, sales. Mon visage est marqué de bleus, gonflé, déformé. Ma lèvre est fendue, enflée, méconnaissable.
Je porte ma main tremblante à mon visage, comme pour vérifier que c'est bien réel.
Je ne me reconnais plus.
Une vague d'émotions me submerge. Pourquoi ? Qu'ai-je fait pour mériter ça ? Qu'est-ce qui m'attend encore ?
Je ne sais rien.
Je ne connais même pas les règles de ce monde auquel il appartient. Les meutes, leurs lois... tout cela m'est étranger. À part Tonya et sa famille, je n'ai jamais connu d'autres loups.
Mes pensées s'éparpillent, incapables de se fixer.
Puis un bruit.
Un coup contre la porte.
Je sursaute, ramenée brutalement à la réalité.
- J'entre.
Sa voix.
La peur revient aussitôt, plus intense encore.
Il apparaît dans l'encadrement de la porte, son regard se posant sur moi. Et presque instantanément, ses yeux changent, s'assombrissent, virant à une teinte rouge inquiétante.
- Je t'avais dit de te laver, dit-il d'un ton chargé de menace. Ma douce Sabrina... tu veux vraiment que je te fasse du mal ?
Je reste muette, paralysée. Mon silence suffit à déclencher sa colère.
En une fraction de seconde, il est sur moi. Sa main se referme autour de ma gorge, et il me plaque violemment contre le mur. L'air me manque immédiatement.
- Tu es fascinante, murmure-t-il. Je vais tellement m'amuser avec toi.
Ma vision se trouble. Je lutte pour respirer, mes doigts s'accrochant à son bras sans parvenir à le faire lâcher.
Puis, enfin, il me relâche.
Je m'effondre presque, haletante, frottant ma gorge douloureuse.
- S'il vous plaît... je vais me laver... mais laissez-moi seule...
Il éclate de rire.
- Oh, Sabrina... tu vas te faire belle, oui. Mais tu n'as plus aucun choix.
Il m'attrape brusquement et me traîne vers la baignoire. Je proteste, tente de me dégager, mais il commence déjà à déchirer mes vêtements.
Le tissu cède sans résistance. Mon haut est arraché, exposant mon corps. Mon jean subit le même sort. En quelques secondes, je suis nue, vulnérable, incapable de me protéger.
Il me pousse.
Je bascule dans la baignoire, mon corps meurtri heurtant la surface froide. Une douleur aiguë me traverse et je gémis.
L'eau se met à couler.
Glaciale.
Je sursaute violemment, incapable de retenir un cri.
Il me saisit le visage, me forçant à le regarder.
- Lave-toi.
Sa voix est dure, tranchante.
- Debout.
Je n'ai pas la force de résister.
- Oui... Alpha.
Le mot me brûle la langue.
- Sage fille, murmure-t-il.
Je commence à me laver, les gestes mécaniques. Mon corps tremble sous l'effet du froid. L'eau glacée coule sur ma peau, aggravant chaque blessure.
Je prends le shampoing. Une odeur de fraise s'en dégage. Étrangement douce, presque apaisante.
Pendant un instant, je m'accroche à cette sensation, comme à une échappatoire.
Je me concentre dessus pour ne pas penser à lui.
Pour ne pas penser à ce qui m'attend.
Quand j'ai fini, l'eau s'arrête brusquement.
Je reste immobile, cherchant à cacher mon corps du mieux que je peux. Il me tend une serviette. Je m'en enveloppe aussitôt, soulagée de retrouver un semblant de protection.
Je n'ose pas sortir de la baignoire.
La peur me retient.
- Sors. Maintenant.
Sa voix claque comme un ordre militaire.
Je sursaute.
- Oui, Alpha.
Je me redresse lentement et obéis.
- J'ai laissé des vêtements sur le lit. Habille-toi.
Sans réfléchir, presque par automatisme, je murmure :
- Merci...
Il rit.
- Ne me remercie pas si vite. Tu es loin d'imaginer ce qui t'attend.
Une boule se forme dans ma gorge.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
Les larmes montent à nouveau.
Il me regarde, amusé.
- Tout. Absolument tout.
Son regard devient plus sombre.
- Tu m'appartiens, Sabrina. Entièrement. Chaque partie de toi est à moi.
Une colère brutale explose en moi.
- Non ! Je te déteste ! Tu es un monstre ! Tu as tué ma famille !
Je me jette sur lui, sans réfléchir.
C'est inutile.
Je suis trop faible.
Il m'attrape sans effort et me projette sur le lit. Mon dos heurte le matelas, et il me maintient fermement, m'empêchant de bouger.
Avant que je ne comprenne ce qui se passe, il dévoile ses canines.
Puis-
Il me mord.
La douleur est fulgurante, insupportable.
Un cri déchire ma gorge.
Et tout bascule à nouveau dans le noir.
Vous aimerez aussi





