Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Playboy : L'art de la séduction 2

Playboy : L'art de la séduction 2

Kyrell, séducteur né au charme ravageur, s'enfonce dans une spirale de maladresses affectant sa vie sentimentale et intime. Épris d'hommes et de femmes, il tente de s'équilibrer face à Pépito, sa prothèse masculine vivante et clipsable. Cet attribut singulier génère autant de plaisir que de périls. Entre expérimentations de chirurgiens fous et désirs ardents, Kyrell navigue dans une odyssée mêlant humour, érotisme et danger, où chaque étreinte devient une aventure incertaine.
Chapitres
Partager

Chapitre 2

La prise de sang terminée, Kyrell se dirigea vers la salle réservée aux donneurs et vers l'alcôve mauve où l'attendait sa prochaine étape. Le grand vestibule était désert, ce qui lui permit de refermer la porte et de tourner le verrou sans être dérangé. Il ignora les magazines éparpillés sur la table basse et franchit l'entrée de l'alcôve en prenant la télécommande posée sur le rebord. L'écran face à lui s'illumina aussitôt, diffusant des images explicites : deux femmes, l'une blonde et l'autre brune, s'adonnaient à des jeux amoureux. La blonde ressemblait étrangement à Maelis, sa femme, et la brune, à Bianca, la flamme secrète de celle-ci. Un frisson le traversa tandis qu'il se déshabillait à la hâte et s'allongeait sur le petit lit, l'oreiller calé derrière sa tête.

Gardant son caleçon pour prolonger l'instant, il suivait le ballet des deux femmes à l'écran, leur complicité éveillant en lui un désir familier. Pépito, sa prothèse, réagit aussitôt, se dressant fièrement sous sa main experte. Mais l'excitation fut si soudaine qu'il dut retirer la prothèse avant qu'elle ne se rétracte trop rapidement, sous peine de rester coincée. C'était un des désagréments de cette invention : une fois détachée, Pépito conservait son état, refusant de se relâcher.

Après s'être rhabillé, il plaça précautionneusement Pépito dans une boîte en métal, tapissée de soie blanche. Serrant la boîte contre lui, il quitta l'alcôve, franchit le vestibule et déverrouilla la porte du couloir. Devant lui se tenait une jeune femme à la silhouette élancée, des cheveux blonds encadrant un visage souriant.

- Gianna ! S'écria-t-il, reconnaissant l'infirmière.

Elle esquissa un sourire espiègle.

- Kyrell, cela faisait un moment !

- Un moment ? Vous plaisantez, six mois, c'est une éternité pour revoir quelqu'un comme vous, répondit-il avec un clin d'œil.

Le sourire de Gianna se fit plus ironique.

- Et votre femme, toujours dans votre cœur ? La dernière fois que nous nous sommes croisés, c'était... disons, particulier.

- Oh, vous voulez dire la fois où Maelis et moi avons joué aux exhibitionnistes devant vous ? C'était nécessaire pour réveiller Pépito, vous le savez. Grâce à vous, il a pu être déconnecté et examiné.

Gianna haussa les épaules, malicieuse.

- Je n'ai fait ça que par souci professionnel. Ce n'était pas un loisir pour moi.

- Bien sûr, mais avouez que l'ombre de l'alcôve et ses lumières tamisées rendaient la scène plus... ambiguë, plaisanta Kyrell.

Ils échangèrent un rire complice, et Kyrell, voulant alléger l'atmosphère, ouvrit la boîte pour montrer Pépito. Une perle gélatineuse, dernier vestige de son excitation, restait au bout.

Ils échangèrent un baiser rapide. Puis, d'un geste, Kyrell entraîna Gianna un peu plus loin dans le vestibule.

- Où allons-nous ? Demanda-t-elle, un brin inquiète.

- Pas sur le lit, je vous rassure. Je voulais juste refermer la porte pour un peu d'intimité, répondit-il, son regard devenu plus sérieux.

Il marqua une pause, l'observant intensément.

- Vous m'avez demandé si j'étais toujours amoureux de ma femme... Maelis est bisexuelle, et elle aime Bianca. Elle va bientôt partir vivre à Lons-le-Saunier. Nous nous entendons bien, mais il est temps de prendre des chemins différents.

Gianna resta silencieuse, ses yeux exprimant une pointe de tristesse.

- Je comprends. Mais dites-moi, pourquoi deviez-vous débrancher Pépito aujourd'hui ? Est-ce grave ?

- Non, juste des contrôles avant l'opération qui va le fixer définitivement à mon corps, répondit-il en tendant la boîte.

- Prenez soin de lui, mais pas de jeux avec, d'accord ?

Gianna rougit, sourit et s'éloigna avec la précieuse boîte. Kyrell, conscient de son absence temporaire de virilité, baissa les yeux vers son pantalon, soupira, puis quitta les lieux.

Le moteur de la moto grondait tandis que Kyrell s'attaquait aux lacets sinueux du col de la Givrine. Midi sonnait quand il passa le bourg de Saint-Cergues, une légère brise caressant son visage. Un vrombissement dans sa poche le fit ralentir : son téléphone. Il se gara sur la place centrale et lut le message. C'était l'Hôpital de Lausanne qui confirmait la date de son opération : le 2 août à 7 heures. Un sourire de satisfaction éclaira son visage. Enfin, il allait en finir avec cette prothèse gênante et retrouver une vie normale, sans les déconvenues constantes et les situations embarrassantes que Pépito, sa prothèse, lui avait causées.

Le cœur léger, il reprit la route en direction de Champagnole, profitant des paysages verdoyants, des sapins majestueux et du parfum du foin fraîchement coupé qui flottait dans l'air. À l'approche des faubourgs de Champagnole, il prit à gauche pour se rendre à Cize. Sachant Maelis chez Bianca, il avait décidé de rendre visite à son vieil ami Talon pour discuter un peu. Et avec un peu de chance, il partagerait le déjeuner si Celeste, l'épouse de Talon, était de bonne humeur.

Il arrêta sa moto, la stabilisa sur la béquille, puis monta les marches du perron et frappa avant d'entrer.

- Salut tout le monde ! Lança-t-il dans le hall.

Celeste apparut, souriante.

- Eh, Kyrell ! Quelle bonne surprise de te voir !

Parfait, se dit-il, l'ambiance est au beau fixe. Talon sortit à son tour, un large sourire aux lèvres.

- Kyrell, t'as le don de débarquer pile à l'heure du repas ! Ça tombe bien, il y a de quoi faire, non, Celeste ?

- Oui, oui, pas de souci. Je rajoute une escalope dans la poêle !

La viande grillait sur un lit de pommes de terre dorées pendant qu'ils prenaient l'apéritif dans le salon : Pontarlier anis pour les hommes, Macvin pour Celeste. Kyrell se cala confortablement et saisit quelques cacahuètes, l'air jovial.

- Bonne nouvelle, les amis ! Mon opération est fixée. Le 2 août, on rattache définitivement Pépito. Fini les soucis ! Il paraît que c'est une intervention rapide, juste un système de fixation innovant qui garde tout en place.

- Super ! S'exclama Talon. C'est la fin de tes galères, mon pote !

Celeste baissa les yeux, l'ombre d'une pensée inavouée passant sur son visage. Elle se souvenait encore du jour où elle avait tenu la prothèse entre ses mains, souvenir piquant et secret. Elle finit par murmurer, presque pour elle-même :

- C'est une bonne chose. Maelis et ta nouvelle compagne vont sûrement apprécier.

Kyrell, en buvant son verre, manqua de s'étouffer et reposa brusquement son verre.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là, Celeste ? J'ai quitté Maelis, je ne joue pas sur deux tableaux.

- Pourtant, vous aviez l'air si proches à la fête de la Saint-Jean...

- On peut rester amis sans ambiguïté, non ? Maelis et moi, on a tourné la page. Elle respecte ma relation avec Jelena, et je respecte la sienne. C'est sain, tu vois ?

Talon approuva d'un signe de tête, mais le mot « pourtant » quitta ses lèvres trop vite.

- Nous aussi on s'entend bien, pourtant...

Celeste se leva brusquement.

- Continue, Talon ! Dis-le ! « Pourtant » quoi ? Moi aussi je trompe, moi aussi je vais voir ailleurs ?

Talon tenta de calmer le jeu, posant sa main sur son épaule.

- Calme-toi, ma chérie. Je voulais juste dire qu'on se dispute parfois, c'est tout.

- Ne me prends pas pour une idiote, lança-t-elle en retournant à la cuisine, piquée.

Talon regarda Kyrell, cherchant un soutien.

- Kyrell, dis-lui que je n'ai personne d'autre.

Kyrell sourit maladroitement.

- C'est le genre de truc qu'on ne sait jamais vraiment...

- Tu insinues que c'est possible ?

- Je dis juste que je ne peux rien affirmer.

Le silence s'installa jusqu'à ce que Kyrell change de sujet, désireux de détendre l'atmosphère.

- Une fois mon opération passée, on reprend les sorties VTT. Ça me manque. Mais gare aux descentes cette fois !

Il se leva, feignant la légèreté.

- Bon, je vais vous laisser, on dirait que le déjeuner pourrait être tendu.

- Tu as raison, répondit Talon avec un soupir. À plus tard, mon ami.

Talon le suivit dehors et lui tendit un Tupperware.

- Tiens, ton repas, pour éviter qu'il ne finisse à la poubelle. Quant à moi, je vais tâcher de ne pas enflammer la situation.

Kyrell monta sur sa moto, Talon ajouta, baissant la voix :

- Eh, le 2 août, c'est parfait, on fêtera aussi mon anniv' le lendemain. Et pour marquer le coup, une soirée comme l'an passé... ça te dit ?

- Non, Talon, c'est fini ce genre de truc. Je suis amoureux de Jelena et ça me suffit.

Il démarra la moto, le bruit du moteur couvrant la fin de leur échange.

- Allez, viens quand même pour l'anniv ! Lança Talon.

Kyrell acquiesça d'un signe de tête avant de s'éloigner, un sourire en coin sous son casque.

Les escalopes et les pommes de terre chauffèrent en quelques minutes au micro-ondes. Un quart d'heure plus tard, Kyrell enfourcha sa moto et partit. Lorsqu'il atteignit la porte de l'appartement de Jelena, un détail lui traversa l'esprit : il allait retrouver sa bien-aimée sans qu'ils puissent s'abandonner à leur passion. Il appuya sur la sonnette. La porte s'ouvrit rapidement.

- Coucou, ma belle.

Il se jeta dans les bras de Jelena et l'embrassa longuement, leurs lèvres se cherchant avec ferveur dans le couloir. Bientôt, leurs jambes fléchirent, et Kyrell la souleva pour l'emmener jusqu'au canapé de velours pourpre. Ils s'y laissèrent tomber, reprenant leur baiser. La main douce de Jelena parcourut la nuque de Kyrell, descendant jusqu'à son dos sous la chemise.

- Mon amour, calme-toi. Pas cette après-midi, murmura-t-il en souriant. Pépito est à l'hôpital pour deux jours.

Les yeux de Jelena s'assombrirent un instant tandis qu'elle se redressait légèrement, appuyée sur ses coudes.

- Pépito a encore des ennuis ?

- Non, ce sont des examens de routine avant l'opération. C'est prévu pour le 2 août. Bientôt, tous les soucis liés à ce membre capricieux seront derrière nous.

Elle sourit, rassurée, avant de se lever pour aller chercher une bouteille de champagne au réfrigérateur. De retour, elle déboucha la demi-bouteille et se servit un verre, tendant l'autre à Kyrell.

- On doit célébrer ça, dit-elle, posant ses lèvres sur celles de son amant.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman 0% de Correspondances
8.5
Hana, une jeune femme de province au caractère bien trempé, voit son existence basculer lorsqu'elle croise le chemin d'Ozawa Ren. Ce nom sonne pour elle comme une véritable promesse de changement. Entre ces deux personnalités, une relation singulière s'installe, mêlant humour et rebondissements inattendus. Suivez cette épopée romantique moderne où les étincelles ne manquent pas, transformant le quotidien de notre héroïne en une aventure pleine de piquant.
Couverture du roman Dangereusement tien
8.4
Monroe, solitaire et discrète, voit sa vie basculer lors d'une fête en forêt. Mordue par une bête, elle développe un lien psychique troublant avec Max, un loup-garou magnétique. Alors qu'elle tente de fuir ce destin imposé par la Lune, elle devient la proie de Marius. Cet Alpha cruel et possessif est prêt à tout pour briser leur union sacrée et s'emparer d'elle. Entre désir sauvage et périls mortels, Monroe est prise au piège d'une lutte de pouvoir entre deux mâles dominants.
Couverture du roman La femme de l'Alpha
8.5
Aliya Grey, jeune femme métisse à l'intelligence hors norme, peine à s'intégrer chez les métamorphes. Rejetée par sa famille et harcelée pour sa différence, elle cache sa souffrance derrière une image de geek. Soutenue par son amie Carly, elle finit par affronter ses détracteurs au sein de la meute. Ce voyage intérieur lui révèle une puissance insoupçonnée, lui prouvant que sa singularité est une force. Aliya apprend enfin à s'accepter pour s'imposer parmi les siens.
Couverture du roman La passagère du side-car
9.1
Sur les terres d'Afrique, Camille voit son existence basculer lors d'un accident de route. Enlevée et séquestrée, elle sombre dans un délire où rôde une ombre mystérieuse. Cette captivité forcée devient le miroir de ses propres prisons intérieures, entre fantasmes et terreurs profondes. Confrontée à cette présence obsédante, elle doit lutter pour son équilibre psychique. Sa fuite marquera le début d'une renaissance, transformant ce traumatisme en une quête de liberté absolue.
Couverture du roman La véritable compagne exilée du Roi Lycan
8.4
Fille d'Alpha déchue, je suis devenue le butin du cruel Roi Lycan, Kaelen Varg. Piégée par son Bêta, je suis accusée d'avoir drogué le souverain. Sous l'emprise d'un aphrodisiaque, Kaelen me possède avec brutalité, ignorant le lien d'âmes sœurs qui nous unit. Au réveil, il me rejette et m'exile dans les Barrens, enchaînée à de l'argent pur. Abandonnée au milieu des monstres, je jure de survivre. La lignée Thorne ne s'éteindra pas ainsi : je reviendrai pour consumer son royaume.
Couverture du roman Le totem de mamie
9.3
Orphelin suite à un drame, Julien grandit sous la protection constante de sa grand-mère. Dans leur village, véritable jungle où règne la loi du plus fort, l'aïeule use de secrets occultes pour le préserver du danger. Mais le jeune homme ignore tout des forces sombres qui assurent sa sécurité. En découvrant la vérité sur son existence, il choisit de se rebeller, déclenchant la fureur de son protecteur. Entre sorcellerie et romance, sa quête d'indépendance vire au chaos.