
Playboy : L'art de la séduction 2
Chapitre 3
Assis sur le bord du canapé, ils portèrent un toast à la future intégrité de Kyrell. Bientôt, Pépito ne serait plus qu'une partie de lui, fidèle et contrôlée, et non plus cet organe rebelle. Jelena, la tête légèrement inclinée, se laissa envahir par la chaleur pétillante du champagne. Ses yeux, brillants, s'attardèrent sur Kyrell.
- Si tu ne veux pas divorcer tout de suite, souffla-t-elle, j'accepte... à condition que tu me donnes un enfant.
Kyrell s'écarta légèrement, surpris par les mots inattendus.
- C'est... c'est la première fois que quelqu'un me demande ça, surtout depuis que je porte une prothèse.
- Pourquoi « quelqu'un » ? D'autres femmes t'ont-elles déjà demandé des choses semblables ? Elles ne t'aimaient pas vraiment, je suppose. Elles étaient là pour autre chose.
- Mais non, dit-il doucement. Je voulais dire « toi et Maelis ». Jamais je n'aurais cru que l'une de vous me ferait une telle demande avant que tout soit réglé avec cette opération.
- Les médecins disent que tout ira bien. Mais si tu préfères attendre, je le comprendrai. Cela dit, je tiens à cet enfant.
- Oh, tu sembles pressée d'être maman, sourit Kyrell, un peu nerveux.
- Ne me dis pas que tu vas encore hésiter ? lança-t-elle, plissant les yeux. Parfois, je me demande si tu es aussi amoureux que tu le prétends.
- Pas de disputes, répondit-il, pressant ses doigts contre les siens. Pour l'enfant, je suis d'accord, mais il faut patienter un peu.
- Tu dis toujours « patienter », soupira-t-elle.
Kyrell lui sourit et l'embrassa à nouveau.
Sous un ciel sombre et menaçant, le Scénic roulait sans relâche, Kyrell concentré au volant et Jelena, assise en silence à ses côtés, fixait le paysage défilant. La montée vers le col de la Savine se fit sans encombre, puis le véhicule entama sa descente en direction de la Suisse, la route sinueuse se déroulant sous les roues jusqu'à l'autoroute. À neuf heures précises, ils atteignirent l'hôpital de Lausanne. La pluie, incessante et froide, s'abattait sur eux tandis qu'ils traversaient précipitamment la cour sans parapluie, cherchant refuge dans le hall éclairé de l'établissement.
L'IRM et les examens médicaux programmés devaient débuter à dix heures, laissant au couple une heure d'attente. Kyrell guida Jelena vers la cafétéria de l'hôpital, leur pas résonnant légèrement sur le carrelage humide. En entrant, le regard de Kyrell croisa celui d'une jeune femme blonde, assise seule à une table, devant un café crème et un croissant à moitié entamé. Sans hésitation, il s'avança vers elle, Jelena sur ses talons.
- Bonjour, Gianna, fit-il en souriant et en désignant Jelena. Voici Jelena, mon amie.
Un léger malaise teinta sa voix lorsqu'il ajouta :
- J'ai fini par me séparer de ma femme... Mais tout va bien. Maelis et moi, on a trouvé un terrain d'entente. Notre fils, Larsen, reste souvent avec elle ou sa nounou. Je le vois certains week-ends. Aujourd'hui, il est avec sa mère. Elle commence à emballer ses affaires, elle part bientôt pour Lons-le-Saunier.
Il passa nerveusement une main dans ses cheveux.
- Je ne sais même pas pourquoi je vous raconte tout ça.
Gianna, qui s'était levée pour saluer, se rassit, un sourire compréhensif aux lèvres.
- Vous n'avez pas à vous justifier, Kyrell. Vous êtes ici pour vos examens complémentaires, n'est-ce pas ?
- Oui, et j'ai une petite heure avant de commencer.
- Asseyez-vous donc, je vais vous commander deux cafés-crèmes, et des croissants, bien sûr.
Le couple s'installa, et Jelena observait discrètement Gianna. La jeune infirmière, probablement stagiaire, avait à peine vingt ans. Ses yeux bleus pétillaient de curiosité, et sa longue queue de cheval blonde bougeait doucement à chaque geste. Elle affichait un air enfantin qui tranchait avec le cadre austère de l'hôpital. Les regards échangés entre les deux femmes restaient hésitants, empreints de sourires polis, sans parole. Kyrell, lui, continuait de bavarder, évoquant sa prochaine opération et ses douleurs légères au bas-ventre.
Son monologue fut interrompu par l'arrivée de Finnian, l'adjoint du professeur Choudhury, qui approchait d'un pas assuré.
- Salut, Kyrell ! Bonjour, Jelena. Salut, Gianna.
Finnian demeura debout, les mains croisées.
- J'ai besoin de te parler un instant, Kyrell.
Les deux hommes sortirent sur la terrasse, sous l'abri protecteur, tandis que la pluie battait la cour avec intensité.
- Le professeur n'est pas au courant que tu t'es séparé de Maelis, murmura Finnian. Et vu que tu vas entrer dans son bureau avec Jelena, il serait bon de lui dire la vérité. Explique-lui que tu es heureux avec Jelena, que ton passé est derrière toi, et que Maelis est partie avec une autre. Ça lui donnera confiance, surtout s'il a des projets liés à la réussite de Pépito.
Kyrell sentit un frisson le parcourir.
- Quels nouveaux projets encore ? Il faut arrêter de jouer avec cette histoire.
Finnian posa une main rassurante sur son épaule.
- Ne t'en fais pas. On ne touchera plus à Pépito après ça. Le professeur t'expliquera tout cet après-midi. Pour l'instant, prépare-toi pour l'IRM. Jelena peut rester ici avec Gianna.
Les deux jeunes femmes se retrouvèrent seules, le silence pesant un instant. Puis, Jelena se lança, sa timidité maîtrisée.
- Vous semblez si jeune... Vous êtes infirmière ?
- Oui, en stage. J'ai vingt ans. On me dit souvent que je fais plus jeune, mais je le prends comme un compliment. Et vous ?
- J'étais assistante sociale avant un accident... qui m'a laissé des séquelles et une indemnité conséquente. Pour l'instant, je réfléchis à une reconversion, peut-être dans la décoration d'intérieur.
- C'est un choix passionnant. Vous connaissez Kyrell depuis longtemps ?
- On est ensemble depuis un moment, même si on a attendu que sa situation devienne claire. Dès que son divorce sera prononcé, nous prévoyons de nous marier... et d'avoir un enfant.
- Vous n'avez pas d'enfants de votre premier mariage ?
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