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Couverture du roman Paul et Mary

Paul et Mary

Admiratrice fervente de la rockstar Paul Miller depuis sa jeunesse, Mary Flannagan voit son rêve se réaliser lorsqu'une amie lui présente son idole. Le coup de foudre est immédiat, marquant le début d'une liaison intense. Pourtant, leur idylle se transforme vite en un véritable défi émotionnel. Naviguant entre passion dévorante, déchirements et souffrance, le couple s'égare dans une spirale tumultueuse. Pourront-ils surmonter le pire afin d'atteindre enfin le bonheur ?
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Chapitre 1

Chapitre 1

À, mon mari, Damien Nochieri

Mary Flannagan n’en croyait pas ses yeux : elle était dans la plus luxueuse maison qu’elle n’ait jamais imaginé pouvoir voir un jour ailleurs qu’à la télévision ou dans les magazines ! Elle avait accompagné une amie à elle à une fête donnée par le chanteur des Red Revelationspour la sortie de son nouvel album. Jessica, son amie, ou plutôt sa nouvelle amie, travaillait comme elle chez un disquaire mais, de par sa plastique, avait ses entrées dans le monde du show-biz. Elle se doutait que celle-ci n’était pas une oie blanche, la preuve en était comment elle était habillée : Mini short en vinyle, cuissardes et bustier à

— Regarde ! C’est Tom ! Le chanteur des Red Revelations, dit soudain Jessica en passant la main dans sa crinière auburn, il vient vers nous, je vais te le présenter.

— Tu le connais ?

— Bien sûr.

Tom Hill, star mondialement connue s’approcha d’elles et embrassa Jessica à la commissure des lèvres en la saluant chaleureusement.

— Tom chéri ! Je te présente mon amie Mary.

— Enchanté, Mary.

— C’est un plaisir, la fête est superbe, le félicita Mary rose d’émotion.

— Tant mieux !

Il empestait la vodka à un kilomètre, se dit Mary tandis qu’il se retournait pour parler à Jessica en la prenant par la taille.

— Vous travaillez ensemble ? demanda-t-il à celle-ci.

— La journée chez le disquaire.

— Dommage… Je reviens tout à l’heure, j’ai des amis qui arrivent. À plus, ma belle !

Il lui tapota les fesses, geste qui devait être familier dans ce monde-là, et s’en alla rejoindre un groupe où Mary crut voir le mannequin Lauryn Belami.

— Pourquoi a-t-il dit dommage ? s’enquit Mary.

— En fait, je dois t’avouer une chose…

Mary fronça les sourcils.

— J’ai deux boulots. Un le jour et un la nuit.

— Tu fais quoi d’autre ?

— Je suis Escort Girl. C’est pour ça que je connais pas mal de monde bien placé.

Mary écarquilla les yeux. Elle n’en croyait pas ses oreilles !

— Tu es…

— Je suis une pute. De luxe.

— C’est pas ça que je voulais dire ! s’exclama Mary de peur de l’avoir vexée.

— Tu l’as pensé.

— Non. Tu es une femme superbe et libre de faire ce que tu veux de ton corps après tout !

Jessica sembla surprise de sa réaction et éclata de rire en la prenant dans ses bras.

— Tu es géniale, Mary, je ne me suis pas trompée sur toi.

— Donc, quand Tom a dit dommage…

— Tu aurais pu l’avoir comme client ! D’ailleurs si ça te tente…

— Moi ? Oh non ! Je ne pourrais jamais !

— Comme tu veux, mais belle comme tu es et avec ta classe tu perds du fric !

Jessica haussa les épaules et regarda derrière son épaule. Mary était estomaquée. Elle ? Devenir une Call Girl ? Quelle idée saugrenue ! Elle ne pourrait jamais coucher avec un homme qu’elle ne connaissait pas pour de l’argent ! Cependant, elle ne jugeait pas Jessica.

— Paul Miller se fait attendre… fit remarquer cette dernière.

— Tu… Tu l’as eu comme client ?

— Non, jamais, mais je connais des filles qui l’ont eu. C’est pas un habitué.

— Il est marié.

Jessica éclata de rire et lui dit qu’elle serait surprise du nombre d’hommes mariés qui faisaient appel à leurs services. Mary se sentit un peu bête. Son amie sortit un étui à cigarettes et lui en proposa une qu’elle refusa.

— Prends une cigarette : ça donne une contenance.

— Mais je ne fume pas !

— Prends-en une quand même, je te l’allume, tiens.

Mary prit la cigarette et manqua de s’étouffer provocant l’hilarité de Jessica qui lui tapota le dos.

— Tu veux une coupe de champagne ? demanda-t-elle une fois que Mary fut remise de sa quinte de toux.

— Je… Je ne bois pas non plus…

— Même pas du bon champagne français ?

— Je n’y ai jamais goûté.

— Ma parole tu sors du couvent ! Tu es vierge ?

— Non !

En fait, elle n’avait eu qu’un petit-ami, mais elle se garda de le dire à Jessica qui se serait moquée d’elle. À vingt-deux ans, elle se sentait un peu en retard ! Elle vit son amie s’éloigner puis revenir avec deux coupes de champagne, dont une qu’elle lui mit dans la main en lui intimant de goûter. Elle ne buvait jamais d’alcool, mais elle allait faire une exception pour goûter le fameux champagne français ! Elle trempa d’abord les lèvres puis but une gorgée. C’était très bon et très frais en effet ! Elle finit sa coupe en deux temps, trois mouvements si bien que Jessica lui en redonna une dans la foulée. Elle lui conseilla quand même de boire plus lentement. Mary écouta son conseil car elle se sentait déjà guillerette. Elle n’avait pas l’habitude de l’alcool.

— Je vais aller m’asseoir un peu là-bas au fond du jardin, j’ai mal aux pieds, dit-elle à Jessica.

— OK, je vais faire le tour de mes connaissances, dès qu’il y a quelqu’un d’intéressant je te le ramène !

— Ça marche… Euh… Où je mets la cigarette ?

— Comme tout le monde : Par terre.

Mary ne trouvait pas cela très respectueux mais s’exécuta quand même avant de se diriger vers un petit salon de jardin mal éclairé mais coquet. Elle s’y installa et retira ses chaussures avant de se masser les pieds. Cela faisait un bien fou ! Elle étala ses jambes et soupira d’aise. Soudain, dans la pénombre, elle vit quelqu’un arriver, le bout de sa cigarette scintillant dans le noir.

— Pardon ! Je croyais qu’il n’y avait personne, dit une voix grave et masculine.

— Paul Miller ! s’exclama-t-elle en se relevant et remettant ses chaussures.

— Lui-même, dit l’homme en riant, vous êtes ?

— Mary Flannagan… Mary…

— C’est un bien joli nom que vous avez là Mary Flannagan. Il ne me semble pas vous avoir déjà vue ici.

Elle devait le regarder avec des yeux tout ronds car il l’observait d’un air moqueur. Il avait les cheveux courts et un bouc bien taillé comme sur les photos de ses albums. Elle le trouvait même encore plus beau en vrai ! Son idole !

— J’ai accompagné une amie, dit-elle en montrant Jessica qui papillonnait d’un groupe à l’autre.

— Je vois…

La prenait-il pour une Call-Girl ? Non, elle n’y ressemblait pas, se dit-elle en se rendant tout à coup compte, effarée, que sa jupe était outrageusement remontée ! Elle tira dessus de toutes ses forces et tenta de reprendre une contenance. Elle devait le détromper, mais comment ? Il aurait été incongru de sa part de le lui dire tout de go.

— Je… J’adore tous vos albums, bafouilla-t-elle, émue au possible.

— Merci, Mary Flannagan.

— Je vends des disques dans une boutique.

— C’est charmant. Donc vous devez avoir une certaine culture musicale.

— On peut dire ça comme ça, répondit-elle en se détendant devant la simplicité de Paul Miller.

Bien qu’il ait une bonne fin de quarantaine, il avait un look très jeune et semblait aussi jeune dans sa tête. Elle craquait vraiment pour lui !

— Vous êtes bien jeune pour connaître tous mes albums…

— Mon grand frère est un fan, j’ai été bercée par votre musique dès le plus jeune âge.

Il tira une grande bouffée sur sa cigarette et la jeta avant de lui proposer de lui amener quelque chose à boire. Elle le remercia et demanda une coupe de champagne : elle adorait ça ! Elle se dit qu’il y avait des chances pour qu’il ne revienne pas, mais au moins, elle aurait fait sa connaissance ! Elle remit de l’ordre à ses cheveux et le guetta. Il ne fut pas long à revenir avec une coupe de champagne et une bière. Il s’installa sur le petit canapé à côté d’elle.

— Votre coupe, Mary Flannagan.

— Merci, Mr Miller.

— Paul. Ici, tout le monde s’appelle par son prénom.

— Alors merci, Paul. Quand Doug va savoir que je vous ai parlé, il va être fou !

— Doug ?

— Mon frère.

Il sourit et but une grande gorgée de sa bière. Elle était étonnée de sa grande simplicité et de son accessibilité. Bien sûr être une jeune et jolie femme cela aidait dans ce genre de circonstance. Elle remercia Jessica de l’avoir transformée en vamp l’histoire d’un soir et surtout de l’avoir emmenée à cette soirée !

— Vous êtes différente des autres…

— Comment ça ? demanda-t-elle d’un air ingénu.

— Vous semblez toute neuve. Vous n’avez pas l’habitude de ce milieu n’est-ce pas ?

— C’est la première fois que je mets le pied dedans en fait.

— C’est pour ça que vous ne vous mélangez pas aux autres comme toutes les filles.

Elle se mit à rire et haussa les épaules. Elle aurait voulu lui dire qu’elle était venue pour lui, mais cela ne se faisait pas, elle avait assez fait la groupie comme ça au début de la conversation. Il lui proposa une cigarette qu’elle accepta en priant pour ne pas tousser : Fumer donnait une contenance avait dit Jessica. Il l’observait attentivement, elle se sentait flattée. Elle avait le secret espoir de lui plaire…

— Vous ressemblez à une madone de Botticelli, finit-il par dire en remettant en place une mèche des cheveux de la jeune fille.

— C’est un beau compliment.

— Vous connaissez ?

— J’adore les peintres de la renaissance italienne.

— Non seulement vous êtes jolie, mais en plus vous êtes intelligente. C’est assez plaisant.

Elle rougit en priant que cela ne se vit pas grâce à la pénombre. Ainsi il la trouvait jolie… Son visage n’était pourtant éclairé que par la lune qui resplendissait en son firmament…

— Je donne un concert demain soir au stade…

— Je sais.

— Je vous voudrais dans les backstages après, vous viendrez ?

Le visage de Mary s’éclaira, elle n’aurait pas rêvé mieux !

— Avec un grand plaisir ! s’exclama-t-elle un peu plus fort que ce qu’elle aurait voulu.

— Je vais faire établir un pass à votre nom, Mary Flannagan, je vais le dire à mon assistant. Voulez-vous que votre amie vous accompagne ?

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