
OSAMEPA.
Chapitre 3
J’ai même pitié de moi han ?
Je suis entrain de m’échauffer anka (seule) dans la chambre, quand je vais arriver devant lui, je ne pourrai même pas dire tout ça.
Quoi ? Je préfère vous dire déjà comment sont les choses avant que vous ne me traitez de mougou, de peureuse, quand j’irai juste croiser les bras devant Sylvain.
Que je vous dise déjà , je n’ai pas peur de lui. Juste qu’il est ce genre de personne toujours polie, et qui inspire le respect, du coup, on réfléchit à 30 fois avant de faire la sauvagerie devant lui oh.
On s’est toujours respecté. Même moi qui suis diplômée de Harvard en impolitesse, quand je suis avec lui, je mesure bien les mots que je fais sortir, et ce, surtout lorsque nous nous trouvons en public.
Il m’a toujours répété qu’il avait horreur d’être exposé devant les gens , d’être le centre des regards dans le sens négatif. Sa vie il peut la gérer sans y mêler les pointus et faire la une des commérages de la ville.
Donc, calmos d’abord. Peut-être il n’est même pas venu pour moi. Après tout, Il a l’habitude de venir voir la vieille là même quand je ne suis pas ici.
On sent juste que dès qu’il a ouvert les yeux, il s’est préparer , direct il venu ici. Je sais qu’il était gazé, il sortait du boulot. Et normalement, il ne se serait pas levé du lit avant 21h au moins. Là il est 19h à peine, et il est là. Hummm ibouta s’owanto (la recherche de la femme).
Bon, je vais quand même verser de l’eau au visage histoire de me rafraîchir un peu, enlever les colosses que j’ai déjà à la place des yeux à force de pleurer.
Ce n’est pas parce que lui et moi c’est fini (bon , je crois ….) Que je vais me présenter devant lui on dirait une go qui porte tous les soucis de la terre. Je suis quand même la prolongation du swagg, ou bien ?
Mon Syl me dit toujours qu’il aime bien mon style, que même à la maison je suis toujours op.
Eh pitié de moi. Je dis mon Syl même alors que c’est pour quelqu’une d’autre.
Depuis là je me demande même à quel moment je n’ai pas suivi.
Pourtant il n’y avait, sinon il n’y a rien qui puisse me faire douter de sa sincérité envers moi :
-je parle avec son père et sa mère souvent au téléphone .
-il m’a déjà présenté à son grand frère qui vit aussi sur Port-Gentil.
-je parle souvent avec sa petite sœur au téléphone aussi.
-A ses collègues il m’a présenté comme étant sa futur femme.
-j’ai le droit de répondre à son portable à n’importe quel moment, jamais je n’ai vu des sms bizarres dedans. Rien. Bon pour Facebook il m’a dit qu’il n’y va presque jamais.
-qu’il soit à Port-Gentil ou bien sur site, toujours je débarque chez lui sans prévenir, jamais je n’ai vu un truc suspect.
Bon dites moi un peu à quel moment la situation m’a échappé ?
-mémé : Titine ehhhh ?
Bon la je crois quand même qu’il est venu pour moi.
Je ne vais pas mentir aussi, je suis contente.
-mémé : ah Titine ihhhhh ?
Ah vite vite , il faut que je me change. Euhhh juste une jolie robe en pagne toute simple, un peu de gloss…
-mémé : Ossamepa a zélé ro nkala mè wô (n’est pas dans cette maison) ?
-moi : ma bagwi wehhhh (j’arrive).
Oh vraiment la vieille là aime crier hannnn ? Après c’est pour dire oh, la tension. Hum !
Bon mes jolies babouches, un peu d’oyombô (parfum), allons-y à la rencontre de ce cher Sylvain.
Je sors de la chambre et me dirige vers le salon.
Celle-là comme je savais, elle est encore entrain de mettre son tabac au nez. Sylvain est assis, tout serein, ses clés de voiture en main.
Voici la personne même contre qui je voulais venir faire la folie. Le type éré vô (il est là), imperturbable.
Je n’ai jamais compris comment il fait pour être aussi calme même dans les situations stressantes.
Je vous dis que si je sortais là en criant c’est moi qu’on devait prendre pour la folle. Pardon oh.
-moi : Bonsoir Sylvain. Mémé tu criais mon nom comme ça pourquoi ?
-mémé : a wéré dien’orenda wa bia ro bala wè (tu ne vois pas que tu as de la visite) ?
-moi : hummmmm voilà pourquoi tu criais comme si tu m’appelais depuis 30 ans ?
-mémé : ah loubwa (quittes là)…
-moi : Sylvain je te sers quelque chose à boire ?
-Sylvain : non ça ira, je suis venu te chercher en fait.
Nous tous nous adoptons la zen-attitude. Ce n’est pas parce que zain est de venu Airtel qu’il faut déjà s’envoler dans les airs en désordre.
-moi : mais il fallait me le dire je devais m’apprêter…
-Sylvain : tu es bien comme ça , ne t’en fait pas. On va juste faire un tour.
Hummmm tourrrrr ? Il ne faut pas que me traînes jusque chez toi où tu sais que tu vas me gagner encore. Bon jdcjdr…
-moi : ok alors. Attends que je prenne mes clés dans ce cas.
Je vais dans la chambre soulever mon trousseau de clé et je reviens au salon.
-moi : on peut y aller Syl. Christine j’arrive
-mémé : ehhhh (oui)
-Sylvain : mémé je m’en vais.
-mémé : ohhh, il ne faut pas oublier de me regarder l’huile de boa partout là r’ekorwa wè (quand tu sors) ohhhh ?
Ahhhhh non la vieille là me blaze grave quoi. C’est à qui même tu demandes de te chercher l’huile de boa, Sylvain ? Krkrkrkr quelqu’un qui n’a même pas le temps pour aller à la SEEG , c’est le temps pour chercher dans la ville l’huile de boa qu’il aura ? Je suis même sûre qu’il ne sait pas ce que c’est.
-Sylvain : sans problème mémé. Bon, à la prochaine.
-mémé : ohhhhh !
Nous voici donc entrain de nous diriger vers sa voiture. Comme monsieur ne change pas ses habitudes, le voilà entrain d’ouvrir la portière pour moi. Hummmm.
N’est-ce pas lorsque je veux monter comme ça , il me tire d’abord vers lui ?
Je me retrouve bien collée à son torse et entrain de recevoir un jolie baiser.
Ehhhh la femme amoureuse c’est vraiment une maboule. Là mon cœur est seulement comme un steak qu’on vient de retourner dans la poêle.
Quand il me lâche, je suis là encore sur mon petit nuage sur lequel il m’a fait monté, avec le sourire plaqué sur le visage…
-Sylvain : bonsoir Chérie !
-moi : ohhh ? Mais on s’était déjà dit bonsoir non ?
-Sylvain : tout-à l’heure tu as dit bonsoir à Sylvain , pas à moi, ton mari. Tu as vu même que j’ai répondu ?
Hummmm ce type ne manque jamais une occasion pour me témoigner de la tendresse ou encore, me rappeler que je suis sa femme.
C’est même là où il me tue seulement. Et je crois que toute femme aime se savoir être le centre d’attention de son homme. Voilà même pourquoi l’idée de le partager avec une autre me rend folle. Mieux je commence déjà à chanter « parles-moi d’elle » de Jocelyne Labyll, histoire de savoir si il lui fait les mêmes choses qu’à moi sniffffffff. Ce soir là, je dois tirer cette histoire au clair. Si je l’ai pour moi tout le temps, c’est à quel moment même cette Jessica l’a ? Hannnnnn ? Il faut me dire ohhhhhh ah réra. Bref !
-moi : désolé oh, j’avais pas fait attention.
-Sylvain : quand tu dis « désolé » là, il faut que ça soit sincère, il faut montrer que tu l’es vraiment….
-moi : oh ? Mais je suis vraiment désolée je t’assure !
-Sylvain : je ne crois pas. Si tu étais vraiment désolée tu m’aurais embrassé déjà 10 fois pour me le montrer…
-moi : vraiment tous les moyens sont bons juste pour que je t’embrasse. Bon attends je te montre combien de fois je suis désolée…
Je l’attire vers moi par le col de sa chemise et je soulève légèrement les pieds pour atteindre sa bouche. Je commence à jouer avec ses lèvres et tout, tu sens juste que le gars il est déjà bien loin. Façon il me tient par la taille d’une main, et il a placé l’autre juste contre la voiture histoire de s’y appuyer, hum on te parle de sensations fortes.
-Sylvain : là je reconnais mon trésor Titine dans son infini douceur… Allez montes avant que je ne te fasse des trucs pas bien ici même …
-moi : krkrkrkrkr encore toi-même, on te connaît déjà dans le métier, krkrkrkrkr.
-Sylvain : montes seulement, tu vas me redire ça en face à l’intérieur…
Je monte dans la voiture, il referme la portière et, fais le tour pour y monter à son tour.
Moi je me cache juste le visage avec les mains.
-Sylvain : donc tu disais quoi déjà, on me connaît dans le métier ?
-moi : non oh, j’ai rien dit…
-Sylvain : regardes-moi quand tu parles sinon je te mets ma main dans le slip.
-moi : ahhhh tu es fouuuuuu krkrkrkrkr
-Sylvain : oui, donc tu disais ?
-moi : rien, je disais que je vais juste te manger la bouche.
Là je m’approche de lui et je me remets à l’embrasser.
-Sylvain : hummm je me plaignais que je n’avais pas reçu de baisers de ta part en ce jour mais là, je suis juste bien comblé. J’ai pas dit rassasié. On va continuer après. Bougeons d’abord d’ici.
-moi : à vos ordre chef.
Comme à chaque fois qu’il se trouve au volant, il prend ma main et la dépose sur le levier de vitesse, de telle sorte qu’il puisse toujours me toucher. Et à chaque feu rouge, j’ai droit à un bisou sur le dos de la main.
Aramba ma kwè-kwè (les bonnes choses).
Ne croyez pas que le problème est fini oh ? Ça c’est juste histoire de se relaxer. Syl ne discute jamais quand il est énervé ou quand je suis énervée. Moi, pareille. On préfère se parler calmement, et se dire tranquillement ce qui ne va pas sans pour autant se crier dessus. En général, je suis celle qui transgresse toujours ça. Parfois , comme cet après-midi, la bouche chauffe tellement qu’il faut que je déverse un peu d’acide (lol). Mais lui il ne me suit jamais dedans.
-moi : on va où ?
-Sylvain : je pensais à t’emmener prendre une pizza avec un verre au Flamingo. Maintenant si tu as une autre suggestion,
-moi : ouuuhhhh, si tu crois que je vais te dire allons à la maison, tu as tiré au sol. J’ai bien faim même .
-Sylvain : mais est-ce qu’il n’y a pas la bouffe au réfrigérateur ?
-moi : non, je ne veux pas passer en cuisine ce soir. Allons au Flamingo.
-Sylvain : femme paresseuse ! Tchrrrrr
-moi : mari accablé krkrkrkrkrkr.
Nous sommes arrivés à Léon Mba, au Flamingo. On a passé nos commandes et tout, on continue à se charrier là. On mange, on rigole bien.
Vers 21h, nous sommes entrain de faire le chemin dans le sens contraire. Retour à Salsa.
On arrive et il se gare comme d’habitude. Je sens juste que le temps de parler est venu.
Il défait sa ceinture de sécurité et se tourne vers moi. Il fait pareil avec mienne et me tient les mains.
-Sylvain : Marie, pourquoi es-tu parti de la maison avec tes affaires ?
-moi : quand tu es arrivé je t’ai dit que je partais non ?
-Sylvain : tu ne pouvais pas attendre que je me lève et qu’on discute ?
-moi : après tu allais encore me mettre une clé 14 pour que j’oublie l’histoire ? Non. Faire l’amour sur des malentendus, c’est bien. Mais parfois ce n’est pas suffisant.
-Sylvain : tu sais que je t’aime Titine. Tu es ma joie, ma paix. Tu es mon tout. Tu sais que je ferai toujours tout ce que je peux pour te le prouver. Si j’ai voulu que tu restes c’est parce que je voulais qu’on en discute calmement. Tu sais que je n’aime pas te voir pleurer. Pire encore si c’est à cause de moi.
Eh eh eh on vous parle d’une histoire d’amour. Une histoire de…
La chanson ‘’Icôle’’ d’Olivier N’goma résonne, c’est le portable de Sylvain qui sonne sous mes fesses.
Je le récupère et le lui montre. C’est marqué numéro privée.
-Sylvain : décroches. Peu importe qui c’est, je ne suis pas là.
-moi : allô ?
- : allô , je veux parler au propriétaire de ce numéro.
-moi : euh pour commencer d’abord, bonsoir. Et ensuite, je suis le co-propriétaire de ce numéro donc, vous pouvez me parler. A qui ai-je l’honneur svp ?
- : j’ai dit je veux parler à Sylvain.
-moi : euh Sylvain n’est pas disponible pour le moment. Un message ?
- : toi je ne sais même pas à quoi tu joues han, mais je vais régler ton cas . Il faut dire à Sylvain que sa « FEMME », Jessica a demandé de la rappeler et vite.
Bam ! Prends ça dans ta gueule Ossamepa.
Mais comme il faut toujours sortir d’un conflit la tête haute, laissez, je vais répondre.
-moi : si je prend la peine de vous vouvoyer , c’est bien pour vous témoigner du respect. Je vous en serai gré de faire de même. La partie où vous vous dites femme de Sylvain je ne sais pas trop, pour le moment sachez juste que je suis celle qui détient ce titre. Dans tous les cas, soyez assuré que je lui transmettrai votre message vu qu’il est juste en face de moi.
-Jessica : je dis…
Clic !
Est-ce que c’est mon amie et puis je vais rester à me chamailler avec elle au téléphone ? Non oh,
Je pose le portable doucement sur lui. Je récupère mes clés, je remets bien mes babouches.
-Sylvain : où vas-tu Titine ?
-moi : je vais aux funérailles de mon chien gué, ça ne se voit pas ? Ta femme Jessica a dit de la rappeler.
J’ouvre la portière et je veux descendre lorsqu’il me retient par la main,
-Sylvain : si je suis là c’est pour qu’on parle ma puce, ne pars pas je t’en prie.
Qui ? Moi ? Je vais descendre même et bien.
-moi : tu disais quoi déjà tout-à l’heure ? Que tu n’aimes pas me voir pleurer non ? Surtout lorsque tu es la cause de mes larmes han ? Regardes-moi bien ce soir là, tu vois ces larmes dans mes yeux non ? (Deux larmes coulent aussi que doh doh), saches que c’est toi qui les fait couler. Notes aussi que toi et moi nous n’avons plus rien à nous dire.
Je tape un speed jusqu’à la porte de la maison que j’ouvre et je referme à la vitesse du vent. Je sais qu’il ne viendra pas cogner, ce n’est pas son genre. Par contre, mon phone a commencé à sonner…
Je l’ai juste éteint, et je me suis glissé sous les draps pour laisser échapper toute ma peine…ma déception.
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