
Nulle rencontre à la chute des fleurs
Chapitre 6
Je m’étais rendu compte que je n’avais rien à dire — aucune explication ne pourrait changer son avis, elle ne serait qu’un prétexte de plus pour lui.
« Pascal, ne soyez pas en colère. Je suis sûre que Louise s’est simplement trop souciée de toi. Elle a perdu son calme un instant, mais elle ne voulait pas te déranger volontairement. »
Anne s’est approchée de Pascal doucement, caressant son dos tendu avec une tendresse feinte. En disant cela, elle s’est tournée vers moi. Son regard cachait une satisfaction évidente, mais sa voix restait innocente : « Louise, ne vous faites pas d'idées. J’étais trop fatiguée tout à l’heure, j’avais un mal de tête terrible. Pascal avait seulement pitié de moi, il voulait m’aider à me détendre afin que je puisse continuer à traiter les affaires de l’entreprise. »
« Tout ce que nous faisions était pour la société, n’allez pas mal interpréter Monsieur Pascal, je vous en prie. »
J’observais son air hypocrite et la provocation qui se dégageait de son regard. J’ai compris immédiatement qu’elle espérait précisément me voir souffrir et perdre patience sur-le-champ.
Même si je ne connaissais pas toute la vérité, j’étais certaine que tout cela était un piège élaboré par Anne.
Le chef du personnel se tenait à côté. Il était astucieux ; comment n’aurait-il pas vu qu’Anne était la personne la plus chère au cœur de Pascal ? L’atmosphère était tendue à l’extrême, il n’osait naturellement pas dire la vérité et restait silencieux.
Mais je savais bien que même s’il osait parler, Pascal ne l’aurait pas cru.
J’ai décidé de garder le silence. Mais Pascal n’avait pas encore calmé sa colère. Son ton restait abrupt lorsqu'il a dit froidement à Anne :
« Pas la peine de lui expliquer, elle ne mérite pas de l’entendre. »
« La vie privée est une chose, l’entreprise en est une autre ! Puisque nous sommes ici, nous devons absolument suivre les règles de la société ! »
« Louise, tu t'es introduite sans autorisation dans le bureau du PDG, tu as violé le règlement. Toutes tes primes de ce mois sont annulées, et ton salaire est réduit de moitié ! »
Le chef s’est avancé rapidement, la voix tremblante : « Monsieur, Louise avait déjà… »
Il n’a pas pu terminer sa phrase. Un regard glacial de Pascal l’a coupé net.
« Je ne veux entendre aucune excuse. Fais ce que je t’ai dit. »
Paralysé de peur, le chef n’a plus dit un mot avant de dévaler précipitamment l’escalier.
J’ai respiré profondément, et je me suis tournée pour partir. Mais Pascal m’a appelée brusquement : « Louise, arrête-toi. »
Peut-être avait-il épuisé sa colère, car son ton s’est adouci. « Je ne veux pas te cibler intentionnellement, mais ce sont les règles de l’entreprise. Si je ne te punissais pas, comment pourrais-je faire respecter mon autorité ? »
Anne a immédiatement hoché la tête, affectant une mine compréhensive : « Louise. La prochaine fois, tu pourrais d’abord demander à Pascal. S’il était occupé, tu pourrais me demander, je t’aiderais avec plaisir. »
À ces mots, Pascal a regardé Anne avec approbation.
« Regarde Anne, elle consacre tout son temps à l’entreprise. »
Quand il s’est tourné vers moi à nouveau, son regard est redevenu méprisant : « Et toi, tu ne fais rien d’autre que me suivre partout et faire des scènes. Ne peux-tu pas apprendre d’elle ? »
Apprendre quoi ?
Apprendre à porter un masque pour s’immiscer dans la vie des autres ? À être hypocrite et à tendre des pièges ?
Un sourire amer a effleuré mes lèvres. Je ne voulais rien révéler.
Voyant mon silence, Pascal a pensé que j’avais réalisé mes torts.
Son ton est devenu encore plus doucereux. Il s’est approché de moi, a tendu la main et a arrangé maladroitement mon col.
« Je sais que tu faisais tout cela parce que tu tiens à moi, j’étais vraiment déçu de toi », a-t-il dit avec sollicitude.
« À vrai dire, depuis mon retour, tu es devenue plus studieuse. Pour te récompenser, demain, nous irons prendre des photos de mariage. Mais ne sois pas trop fière, tu dois encore corriger ton caractère et apprendre d’Anne. »
« Le mariage ? »
Avant qu’il ne termine, j’ai laissé échapper un petit rire ironique.
J’ai repoussé sa main.
Ensuite, j’ai sorti la lettre de démission que j’avais préparée depuis longtemps et je la lui ai tendue.
« Pascal, nous avons rompu. »
« De plus, j’ai déjà démissionné. À compter d’aujourd’hui, il n’y a plus aucun lien entre nous. »
Vous aimerez aussi





