Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Notre chambre froide

Notre chambre froide

L'idylle naissante entre deux hommes vire au drame absolu quand leur quotidien sombre dans un abîme de tromperies et de trahisons. Entre addictions sexuelles et mensonges répétés, leur lien passionnel s'empoisonne irrémédiablement. Alors que la rupture semble inévitable, une menace macabre s'invite dans leur intimité dévastée. La mort guette désormais les deux amants au cœur de cette spirale destructrice. Qui sortira vivant de cette romance horrifique et sanglante ?
Chapitres
Partager

Chapitre 2

Jusqu’ici, tout va bien…

Je te cherche dans mes souvenirs, et pourtant tu es là, ton âme est là, face à moi, me regardant t’écrire ce livre.

J’aimerais tant pouvoir te dire ce que je ressens dans cette obscurité. Te dire que le temps qui nous a séparés reste le maître de notre relation. Ce temps, joueur avide, qui gagne à coup sûr. Comme cette vie qui me reste et qui cependant s’en va. Je fais vivre ton absence. Ce manque de toi, qui jamais ne me quitte.

Je n’ai plus de corps. Effacement, déchirure. Je n’ai plus de visage. Je suis un anonyme de plus dans ton sillage. Dans ton existence, tu m’as estompé peu à peu. Notre image de couple devient floue lorsque je me regarde. Parler, écrire, exister parmi les autres, en étant à l’écart de toi, dépasser notre histoire et pourtant, je vais la raconter sans fiction.

Je ne veux pas te prendre par surprise, ou te momifier dans ce texte, ou nuire à ce que tu tiens tant. Je veux et je vais essayer de te préserver. Je vais essayer de nous raconter en secret, car j’ai conscience qu’une simple phrase peut détruire une vie. Il me suffit, là, que je nous livre, que, cessant de te protéger, je nous dévoile. Une image, la tienne, qui s’est imposée et ne me quitte plus depuis ces quelques mois. Elle m’accompagne, m’aide à traverser cette horreur impensable de la rupture, elle est là avec moi, toujours émerveillante.

Tu m’avais entraîné dans un labyrinthe amoureux, comme dans une course contre le temps. Toi, qui as fait de notre couple un mensonge, un secret pour les tiens. Toi qui m’avais appris que le mensonge pouvait surgir du réel.

Tu admettais de moi bien aisément mes silences, peut-être comme une gêne. Et puis sans toi, je ne suis rien et rien à côté de toi.

On nous a pris parfois en pitié, où alors on attendait qu’on nous congédie. Tu continuais de ne rien dire. Je crois qu’il ne me revenait pas de parler en premier, je me suis tu.

Combien de temps demeurerons-nous ainsi dans ce silence mondain, je l’ignorais ? Je ne comptais pas. Je ne trouvais pas ça long.

Je savais que ce silence n’était pas long, mais il était là. Entre-nous et je devinais que dans cet interminable silence, c’était autre chose qui se jouait. C’était notre relation qui se mettait à exister, à prendre forme. C’était un lien qui ne s’inventait pas. Et ce silence devenait comme une intimité, un aveu. C’était d’évidence un merveilleux silence.

Je me souviens

Je lève les yeux, je te vois m’esquisser un sourire. Tu es joyeux d’avoir triomphé de ce silence, d’en avoir fait une chose palpable, signifiante. Les autres, ceux qui nous regardaient, se mettaient à comprendre eux aussi.

Ils pensaient : « Voilà ça vient de se produire sous nos yeux, ces deux hommes viennent de se rejoindre. Amoureux, ils le sont. »

Sans un mot, sans un geste, nos cœurs battaient à l’unisson. C’était saisissant, ça s’était fait, ça s’était construit en quelques regards dans le silence. C’était un silence des plus sensuels, celui qui disait tout sur ce que nous étions, ce qui nous avait réunis, et surtout ce qui nous attendait.

Mais qui pouvait savoir ce qui se passait dans notre chambre à part toi et moi ?

Lorsque nos corps en sueur se reposaient enfin, comme des cadavres brûlants. Je formule à nouveau pour moi-même cette promesse :

Tant que je le pourrai, je ne parlerai pas. J’écrirai.

Les jours décroissent, les nuits augmentent. Je savais que même avec ta lassitude, c’est moi que tu désirais, et que tu désires.

Laisse-moi revenir pour que je puisse me loger à nouveau dans ta petite mort, ce vide qui t’est indifférent.

L’écriture sur toi me ramène à l’inacceptable de notre relation morte. Tu pouvais être si loin, et pourtant si proche.

Je ressentais entre nous un lien qui ne passait ni par la raison ni par l’imaginaire, c’était comme un fil invisible qui reliait nos âmes.

Parfois, quand je retombe dans l’obscurité, je ressens encore ce lien fragile aujourd’hui, mais si présent quand je pense à toi.

Tout comme aujourd’hui, avec l’épreuve de la page blanche que je noircis pour refaire exister plus fort notre lien à tout jamais perdu.

À travers ce livre, je te parle, je nous parle.

Si tu veux tout oublier, laisse ma main te guider. Tu as choisi de faire une forme de résistance à l’aube, à nos vies que tu as décidé de rendre solitaires. Tu mêleras ton sang à celui d’autres hommes que tu condamneras plus tard.

Tu as fait de moi et malgré moi, le complice de ta rupture et je devrais m’en vouloir, me sentir coupable et éviter de me poser ces questions sans réponses et qui resteront à jamais lettre morte sur notre relation.

Tu me feras certainement la tête, ou pire, une colère quand je te donnerai ce livre achevé, vu que tu n’as jamais apprécié mon écriture, et surtout que tu m’avais toujours interdit d’écrire sur toi, sur nous.

Je sais que je prends le risque, peut-être de te perdre définitivement, à te balancer ce récit comme ça du jour au lendemain sans prévenir, mais je le fais tout de même, car c’est mon cœur qui me l’a dicté.

J’ai conscience que tu trouveras absurde que je t’offre ces quelques lignes, mais j’ai besoin de remplir ce vide qui surgit dès que je pense à toi.

J’aurais aimé me glisser dans tes fêlures, être ton unique obsession. Où que tu sois, où que tu ailles, être là, que tu ne puisses plus fermer ou ouvrir les yeux sans que je t’apparaisse.

C’est une déchirure pour moi de me confier à toi de cette façon. J’ai le sentiment de m’arracher de toi pour ne plus souffrir. J’avance doucement dans ce manuscrit, je pense, pèse et ressens tous les mots que je souhaite t’offrir, tout en cherchant à ne pas te froisser.

C’est un chagrin d’amour dont je ne sais pas exactement quand je vais m’en remettre. Et puis un matin, je m’étonne que ce poids terrible ait disparu. Le mal-être s’est enfui, et pourquoi à ce moment-là ? Pas avant ? Pas après ? Je ne cherche plus d’explication concrète, car un beau matin, ce poids revient !

Aujourd’hui, je suis sans besoin sauf celui de te voir, je ne suis ni commencement ni fin…

Je suis…

Tous ces mois, ces années, à t’aimer où tu mettais ma vie en scène, le premier rôle que tu me donnais, lorsque dans tes bras l’amour m’était sans fin. Mais tu m’as laissé là, je n’ai plus de rôle, je suis sans existence. Comme on dit « Rideau ! ».

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Adieu, Ancien Amour
8.9
Amélie Dubois a tout sacrifié pour Louis Lefèvre, sauvant sa carrière de couturier grâce à son don mystique. Pourtant, lors d'un défilé à Paris, Sophie Lefèvre l'accuse d'imposture. Sous les yeux méprisants de Louis, les créations d'Amélie se changent en détritus infects. Humiliée et forcée de consommer cette immondice devant une foule moqueuse, la jeune femme sombre dans le désespoir. Mais alors qu'elle touche le fond, une lumière étrange surgit, marquant l'aube d'un destin nouveau.
Couverture du roman Hector le vampire
8.9
Hector n’a jamais été un homme bon. Transformé en vampire, il a embrassé sa soif de sang avec une cruauté assumée, préférant le meurtre au sang animal. Mais sa quête de puissance l'a conduit à sa perte : en défiant une entité supérieure, il a connu un calvaire sans nom. Alors qu'il est traîné vers les profondeurs de l'enfer par son bourreau, il décide de livrer son récit. Découvrez l'histoire d'un monstre sans regret qui a fini par trouver plus fort que lui.
Couverture du roman La chute : Mariée au diable
9.3
Ma naïveté m'a conduite au pire : j'ai épousé un véritable monstre. Affaiblie par une maladie suspecte, je réalise que mon mari me drogue et que notre domestique m'épie sans cesse. Le doute s'installe même sur mes propres liens de parenté avec mon enfant. Prisonnière d'un foyer bâti sur des mensonges, je refuse de rester une victime. Je vais percer ces mystères et réclamer vengeance. La guerre sera impitoyable, mais je lutterai jusqu'à ce qu'il paie pour ses crimes.
Couverture du roman La fille violé par le bad boy
9.0
McKenna Brady pense que sa première année de lycée sera la meilleure de toutes lorsqu'elle est accueillie dans le groupe d'élite des filles populaires du lycée Weeping Willow, dirigé par la blonde et magnifique Olivia Richmond. Avant la première année, McKenna était connue dans sa petite ville comme la fille dont la sœur jumelle est morte dans un tragique incendie, et elle est ravie à l'idée de redéfinir son identité. Elle a un rendez-vous au bal du Homecoming avec le beau frère aîné d'Olivia et a de bonnes chances d'être élue au conseil des élèves. Pour la première fois depuis le divorce des parents de McKenna, les choses s'améliorent. Mais tout change le soir de la soirée pyjama d'anniversaire d'Olivia. Violet, la nouvelle fille timide et mystérieuse de la ville, propose aux filles de jouer à un jeu effrayant appelé Light as a Feather, Stiff as a Board, au cours duquel Violet invente des histoires élaborées sur les façons dont la belle Olivia, l'effrontée Candace et l'athlétique Mischa mourront à l'avenir. Ce jeu perturbe McKenna, car elle a déjà échappé à la mort une fois dans sa vie, mais elle ne veut pas gâcher le plaisir de ses amies. Ce n'est qu'un jeu, se rappelle-t-elle.
Couverture du roman L'Alpha Maudit
8.5
À Beacon Hills, le jeune Léo Morgan voit son destin basculer suite à la morsure d'une bête étrange. Désormais loup-garou, il tente de maîtriser sa force tout en vivant une idylle complexe avec Alina, issue d'un clan de chasseurs. Alors que des meurtres sanglants secouent la ville, l'ombre d'un Alpha menaçant surgit. Entre secrets et dangers mortels, Léo doit protéger ses proches et survivre au cœur d'une lutte surnaturelle qui le dépasse totalement.
Couverture du roman L'Emprise Obscure du Magnat
7.9
Maxence Moreau, magnat impitoyable, a brisé ma vie. Lorsqu'il exige que j'accepte sa stagiaire Inès dans notre intimité, ma rébellion mène au pire : sous mes yeux, mes parents meurent broyés par sa faute. Pourtant, je me réveille le matin même de ce drame. Face à ce retour dans le temps, je change de tactique. Je jouerai l'épouse soumise et exemplaire pour endormir sa vigilance. Dans l'ombre, je prépare ma fuite définitive en orchestrant ma propre disparition.