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Couverture du roman Ngonda " Lune"

Ngonda " Lune"

Au-delà de la simple gestation de neuf mois, la maternité se définit par un dévouement quotidien. À travers le récit de Ngonda, surnommée « Lune », ce texte explore l'essence du lien maternel. Être mère, c'est avant tout éduquer, soigner et veiller à l'épanouissement constant de son enfant. Il s'agit d'un équilibre délicat : répondre avec justesse aux besoins et aux désirs de sa progéniture, sans jamais les négliger ni s'y substituer de manière prématurée.
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Chapitre 2

Chapitre 2

Retour au présent

J’ai allumé le feu de bois avec Ngonda attaché sur mon dos. Elle est très belle ma fille, elle ressemble de plus en plus à sa mère. Sa bouche pulpeuse, ces jolies yeux revolvers et son gros front. Le reste c’est moi.

Tima : tu cuisine quoi comme repas ce soir ??

Moi : les spaghettis que la sœur Matondo m’a rapporté en ville et la viande de Canard.

Tima (souriant): je sens que ce soir je vais être ton invitée.

Moi : toi tu es une grosse gourmande. (Prenant un air sérieux) ce soir je ne veux pas des visiteurs.

Elle : ah ce que tu vas cuisiner ton repas du début jusqu’à la fin assis devant ta casserole. Je dis ça je ne dis rien.

Moi (mort de rire): tu veux devenir une voleuse à cause de la nourriture de blancs??

Elle : mais c’est toi qui dis que tu ne vas pas me donner.

Moi : mais tu connais le chemin de la paroisse non ?? Qu’est ce qui t’empêche de demander à la sœur Matondo un carton aussi.

Elle (pouffant): tu parles comme si tu ne connais pas ton élément. Un jour je suis partie demander à la sœur juste quelques feuilles de leurs avocatiers, papa m’avait dit que l’eau de ses feuilles bouillies augmente le sang. Elle m’a dit qu’elle ne peut pas me laisser couper les feuilles, elle ne peut pas abimer son arbre juste parce que la villageoise que je suis ne veut pas se rendre à l’hôpital acheté les médicaments appropriés à cette tâche.

Moi : tout le village dit qu’elle est radine mais moi je sais que c’est une personne généreuse.

Elle (tapant dans ses mains) : tu sais que les sœurs aussi ont des sentiments non ?? (Essuyant sa bouche) en tout cas je n’ai rien dit moi.

Moi : je sais que tout le monde pense que je couche avec elle mais non elle est comme une sœur pour moi.

Elle : bon assez parlez de maboko makasi (les mains durs : expression qui désigne une personne chiche, radine) Matondo et si tu me montre comment cuisiner les spaghettis.

Moi : d’accord laisse-moi prendre tous les ingrédients puis je viens te montrer.

J’ai fait descendre Ngonda de mon dos lorsqu’elle voit Tima elle ne veut plus de moi. Une traîtresse cet enfant.

Elle : en tout cas c’est très bon mais dit-moi comment je vais savoir que j’ai bien appris si tu ne me donnes pas aussi un paquet que j’aille aussi essayer chez moi.

Moi : il faut partir acheter à la boutique du centre, toi tu veux qu’on te donne la chèvre et le fil pour l’attacher ??

Elle : mais je vais enlever où cet argent toi aussi Nounga ??

Moi (grattant ma barbe): ah est ce que moi je sais ??

Elle (jouant avec Ngonda): Ngonda tu vois les choses de ton père ?? À force de côtoyer la sœur Matondo, il commence à copier son comportement.

Moi : toi aussi Tima, tu sais bien que je blague.

Elle : oh mais moi je croyais que tu étais sérieux dans te dire.

Moi : non je vais te donner 2 paquet t’inquiète. Elle m’a amené tout un carton, je ne peux pas tout finir seul.

Elle : merci beaucoup.

Elle est partie une fois Ngonda endormi. Je dors avec ma fille sur un petit lit en bois d’un mètre quarante avec un matelas très épais au-dessus. J’ai mis deux nattes en bas parce que je commençais à avoir mal aux côtes.

*

*

Elle est venue chez moi, nous nous sommes assis sous l’arbre de manguier qui est dans ma cour. Elle m’a parlé de la vie en ville. Comment elle passait par la fenêtre la nuit pour partir danser dans les boites de nuit et le matin elle rentrait toujours sans se faire attraper jusqu’à ce qu’un jour elle rentre le matin et trouve la fenêtre fermée de l’intérieur.

Zola : j’ai essayé d’ouvrir la fenêtre plusieurs fois mais elle était fermée de l’intérieur pourtant je l’avais laissé ouverte.

Moi (ma tête appuyer sur ma paume de main): damne et qu’est-ce que tu as fait ??

Zola : j’ai su que ma mère allait faire ma fête, je suis restée assise devant la porte de la cuisine même le pagne que je laissais souvent sur la corde pour faire genre je me suis réveillée tôt même si on m’attrape n’était pas sur la corde.

Moi (mort de rire): je n’imagine même pas la peur que tu avais ressentie ce jour-là.

Zola : je me suis assise en pleurant, ma mère s’est réveillée à 9 heures et elle m’a bastonné comme si j’étais un voleur.

Moi : et tu as dit que tu étais où ??

Zola : j’ai été obligée d’appeler mon petit copain de l’époque, il est venu se présenter à ma mère et s’excuser. Ma mère lui a dit qu’il ne veut plus voir sa tête chez elle et si nous continuons à nous voir en cachette, elle ira me déposer chez ses parents.

Moi : ici les jeunes profiter de s’éclipser lorsqu’il y’a une cérémonie de danse le soir autour du feu sans que les parents ne s’en rendent compte mais bon de fois nombreux oublient qu’a x temps la cérémonie prends fin et que chacun doit retourner à son domicile.

Zola : toi tu n’aimes pas la danse ??

Moi : si mais je n’aime pas le faire en public, je suis un grand timide moi.

Zola : en tout cas moi j’aime danser malheureusement ici il n’ya pas des boites de nuits.

Moi : si il y’a un mais c’est à Bandundu centre.

Zola : un jour tu vas m’y amener.

Moi (grattant ma tête) : euh si ta grand-mère te donne la permission, ça va être aussi ma première fois.

Zola : mais on peut aussi partir sans rien dire, tu sais grand-mère elle est vielle jeu. Elle n’acceptera jamais.

Moi : oui mais je ne préfère pas qu’on y aille sans demander sa permission, le lieu est un peu éloigné d’ici et on ne sait jamais.

Zola : d’accord dans ce cas tu viendras demander la permission pour nous deux.

*

*

Retour dans le présent.

Moi : tu vas la faire prendre son bain vers neuf heures, elle déteste aussi l’eau très chaude donc fait attention, là tu as son lait et ses habits de rechanges.

Tima : mais c’est moi la femme Nounga, tu n’es pas obligé de me sortir un long discours juste parce que tu veux partir au champ et me laisser ta fille. T’inquiète je vais prendre soin d’elle.

Moi (blagueur): ne boit pas le lait de ma fille oh ! Il y’a une dame à qui on laissait l’enfant au lieu de faire boire le lait à l’enfant c’est elle qui le faisait.

Tima : kiekiekie et si je bois tout ??

Moi : tu ne peux pas faire ça. (Mettant mon panier sur le dos) bon moi je m’en vais.

Je suis partie en chantonnant une chanson de

papa Wemba # phrase.

Soki yo te nde l’amour na nga ekoma ah

Neti phrase etonda

Ba faute ebele

Ya solo tokomi mosika…

*

*

Je suis arrivé au champ, il faisait encore un peu noir. J’ai planté des tomates et oignons et à ce que je vois, cette saison je vais me faire assez d’argent parce que les insectes n’ont pas attaqué mes plantes et tout ça grâce à Matondo.

Elle m’avait apporté des engrains à versé dans les champs pour éviter les insectes qui bouffées les plantes.

Je n’ai pas grand choses à faire, juste enlevé les plantes mortes et cueillir les tomates qui sont déjà un peu mur.

Kanda : le revenant, lelo oye kosala bilanga ?? (Aujourd’hui tu es venu au champ)

Moi : nayaka lisusu mikolo nionso te po naza na mutu yokotikela mwana te. (Je ne viens plus tous les jours parce que je n’ai plus personne à qui laisser l’enfant.)

Lui : ah d’accord je comprends. Tu es vraiment courageux, ce n’est pas tous les hommes qui peuvent s’occuper seul d’un bébé.

Moi : tu sais on dit souvent dans la vie qu’il ne faut pas dire jamais tant que tu es encore en vie. Moi-même je ne savais pas que j’allais un jour prendre soin seul de ma fille.

Lui : moi je te conseille de prendre une autre femme comme ça elle va t’aider à élever ta fille.

Moi : non hein pour le moment je n’ai pas envie de me remettre en couple et puis qui sait ?? Peut-être sa mère va revenir un jour.

Lui : c’est pour cette raison que nous préférons épouses les filles du village parce que celles de la ville mon frère elles ont les mœurs légères.

Moi : oui mais tu sais on ne choisit pas souvent de qui on tombe amoureux.

Nous avons bossé jusqu’à 12 heures puis nous avons partagé le repas. 30 minutes après chacun avait repris sa houe. Le soir nous sommes rentrés ensemble, je n’avais qu’une seule envie, retrouver ma fille et la serrer fort dans mes bras. Ngonda ma lune, elle éclaire mon destin ma fille.

Tout le monde au village ne se gêne pas de me dire qu’ils m’ont prévenus mais je n’ai pas voulu entendre, oui je sais que me mettre en couple avec une fille de ville qui ne connait pas la galère du village allait avoir tôt ou tard des répercussions sur moi mais ne dit-on pas que l’amour croit en tout, supporte tout.

Comment est-ce que j’allais savoir qu’un jour elle m’abandonnera avec l’enfant en plus?? Même si elle allait me dire de partir avec elle en ville, j’allais me jeter à l’aventure qu’est-ce que je n’étais pas prêt à faire pour elle. Mais bon Dieu ne fait rien pour rien. Puis je ne l’en veux pas trop, elle est partie mais au moins elle m’a laissé un trésor précieux ma lune, ma fille ce petit être qui me donne la force de me lever même lorsque tout ne vas pas, ce petit être qui me donne tous les jours la force et l’envie de réussir.

Ma mère était tombée enceinte de moi à l’âge de 16 ans, mon père c’était un monsieur de la ville qui était venu superviser un projet de construction des routes au village. Ils ont eu une aventure en cachette pendant toute une année et les fruits de cette aventure c’était moi. Lorsque le monsieur avait appris pour la grossesse, il a promis à ma mère de l’épouser et partir avec elle en ville mais malheureusement le monsieur a disparu du jour au lendemain et ma mère ne savait pas par où commencer pour le retrouver.

Les personnes qui travaillaient avec lui ont refusé de donner l’adresse du monsieur à ma mère parce qu’il était un homme marié, cette histoire à créer de sérieux problèmes dans le foyer de ma grand-mère parce que ma mère c’était un enfant qu’elle avait faite avant d’épouser mon grand-père. Tout le monde disait que le fruit n’était pas tombé loin de l’arbre, que ma mère avait suivi les pas de ma grand-mère.

Mon grand-père maternelle c’était un homme avec un grand cœur et plein de sagesse, il a dit que même si il était déçu de ma mère, il ne va pas la rejetée parce qu’elle a commise une erreur. A cet époque tomber enceinte dans la maison familiale c’était une malédiction mais grand père n’a pas chasser ma mère, pour lui c’était sa fille au même titre que ces autres enfants que celui qui se sentait contraint par sa décision n’avait qu’à ne plus mettre ses pieds chez lui pour ne pas croiser ma mère. Que leurs âmes reposent en paix.

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