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Couverture du roman Ngonda " Lune"

Ngonda " Lune"

Au-delà de la simple gestation de neuf mois, la maternité se définit par un dévouement quotidien. À travers le récit de Ngonda, surnommée « Lune », ce texte explore l'essence du lien maternel. Être mère, c'est avant tout éduquer, soigner et veiller à l'épanouissement constant de son enfant. Il s'agit d'un équilibre délicat : répondre avec justesse aux besoins et aux désirs de sa progéniture, sans jamais les négliger ni s'y substituer de manière prématurée.
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Chapitre 3

Chapitre 3

Retour dans le passé

Après ce jour-là rien n’était plus pareil, elle m’accompagnait au champ, à la rivière, elle commençait à aimer la vie au village qu’elle détestait comme la mort au début.

Zola (me montrant des photos): regardes c’était les jours de mon anniversaire, l’année passée.

Moi : waouh mais tu es très belle, c’est où ici ??

Zola : à Kinshasa, chez le copain d’une cousine à Lemba, nous avons demandées la permission de son copain pour que la fête se passe chez lui au lieu de partir louer une salle.

Moi : franchement c’est très beau, j’imagine que ça a coûtée toute une fortune.

Zola (fière): oui presque 1000 dollars.

Moi (surpris): quoi ?? 1000 dollars mais où est ce que tu as trouvé cette argent ??

Zola : ma cousine avait créé un groupe whatsApp et a invitées ses amies et connaissances dedans, ils ont tout organisé moi j’ai mis juste 200 dollars.

Moi : mais c’est une forte somme d’argent, avec mille dollars tu as une parcelle, tu peux ouvrir une grande ferme avec cette argent. Non en ville les gens sont dépensiers.

Zola : oui c’est pour cette raison que je compte rentrer a tout pris à Kinshasa, la vie ici est dure et il y’a pas l’argent en circulation.

D’ailleurs ma cousine m’avait conseillée de rester avec elle mais c’est moi qui n’ai pas voulue l’attendre.

Moi : et tu allais rester chez qui ??

Zola : chez elle, la maison de son copain.

Moi : heureusement tu es venue, sinon je n’allais pas savoir comment se passe la vie en ville et avoir une si précieuse amie comme toi.

Zola : donc tu me vois juste comme une simple amie ??

Moi : si tu es ma meilleure amie.

Zola (se levant en époussetant sa robe nerveusement): mais moi je ne veux pas juste l’amitié entre nous Nounga. Il n’existe pas d’ailleurs une amitié entre deux sexes opposés.

Moi : Zola attend s’il te plait.

Elle est partie en courant, je suis resté debout les mains sur la hanche. Mais qu’est-ce que j’ai dit de mal ??

*

*

Moi : Tima ! Tima !

Elle : pourquoi tu cries mon nom comme ça ?? Tu veux que les sorciers du village m’appellent pendant la nuit.

Moi : mais où est ce que tu sors encore cette histoire ??

Elle : ah bon hein donc toi tu ne sais pas que les sorciers appellent les gens la nuit ??

Moi : s’il te plait arrête tes histoires là pardon.

Elle : un grand monsieur comme ça qui as peur.

Moi : elle est où Ngonda ??

Elle : dans la maison, elle est juste allongée mais elle ne dort pas. (Me suivant dans la maison) toi aussi Nounga pourquoi tu n’as pas appelé la petite directement Lune dans la langue de blanc ?? Nounga ça fait vieille.

Moi : pardon laisse-moi, c’est une Africaine pourquoi je vais la faire porter le prénom de blanc ??

Elle : toi tu as la même mentalité que feu maréchal Mobutu haï en tout cas moi mes enfants ne porteront pas les prénoms en langues.

Moi (soulevant ma lune): bah si tu épouses un homme de la ville peut être.

Elle : ah oui tu as raison.

Moi : merci beaucoup Tima, je pars prendre une douche et voir quoi préparer ce soir.

Elle : j’ai cuisiné les feuilles de manioc et le manioc avec la viande de brousse. Laisse Lune ici, va te laver puis tu viens on partage le repas ensemble.

Moi (la donnant Lune): il faut penser à faire aussi tes propres enfants hein.

Elle : ah katuka ! (quitte ici !)

Je suis partie prendre une douche rapide, j’ai fait passer l’huile palme sur mon corps puis je suis partie rejoindre Tima et Ngonda. Elle cuisine merveilleusement bien cette petite.

Tima : et ta journée ca été ??

Moi : fatigante mais au moins je sais que je vais bientôt faire une entrée d’argent et je peux finir les travaux de la maison.

Tima : moi aussi je pense faire changer les tôles de la maison après la vente de me récolte. Lorsqu’il pleut on a l’impression d’être dehors.

Moi : achète juste les tôles, je vais le mettre moi-même.

Tima : ah bon ?? Je ne savais pas que tu étais menuisier.

Moi : tu me sous-estime trop ma petite, je suis un homme à tout faire.

Tima : Yaya m’a demandé une grosse somme d’argent juste pour faire ce petit travail hum en tout cas demain matin j’irai lui dire que je n’ai plus besoin de lui.

Moi : attention hein il ne faut pas partir dire à ton frère que c’est moi qui vais le faire, il risque de me scier avec sa scie.

Elle (morte de rire): non il ne peut pas faire ça.

Nous avons fini de manger puis je suis partie chez moi, faire prendre son bain à Ngonda et préparer ma journée de demain. J’ai des élèves qui sont en classe de sixième primaire et veulent que je leurs aides à réviser les cours avant les examens de Tenafep (test national de fin d’études primaires).

*

*

Je suis partie le même jour chez ma Kanzumba, Zola était assise dans son coin et ne me calculez même pas.

Ma Kanzumba : bienvenue mon fils, tu as bien fait d’être passée par ici. S’il te plait tu peux monter sur le manguier et m’aider à cueillir quelques mangues. Celle qui est ici avec moi a grandi en ville et ne peut pas monter sur un arbre.

Moi : tu veux que je cueille plusieurs Ma’ ??

Elle : si tu peux mon fils sinon le petit voyou du quartier vont venir faire la fête avec mes mangues la nuit. Je préfère le cueillir et le vendre.

Je suis montée sur l’arbre avec mon panier sur le dos, j’ai cueilli plusieurs mangues et ma m’a donnée un panier plein comme remerciement. Elle a dit à Zola de m’accompagner et transporter le panier. Je jubilais de l’intérieur lol je vais voir comment elle compte partir avec moi alors qu’elle ne veut pas me parler.

Moi : c’est quoi le problème Zola ??

Zola :

Moi : qu’est-ce que j’ai dit de mal hier??

Zola : écoutes moi je ne veux pas juste une simple amitié avec toi, tu es un homme, je suis une femme et je vois très bien que tu es aussi attirée par moi.

Moi : mais non moi je te vois juste comme une sœur.

Zola (posant le panier sur le sol): justement moi je ne veux pas que tu puisses me voir juste comme une sœur, je veux plus.

Moi : tu veux dire que tu m’aimes ??

Elle : si, ce n’est pas le cas pour toi ??

Moi : allons d’abord chez moi, ce n’est pas bien de discuter au milieu de la route.

Moi : tu sais Zola il est vrai que je ressens aussi des sentiments pour toi mais je suis juste un simple villageois et après tout ce que tu m’as raconté sur ta vie en ville, je ne pense pas que je te mérite. Je ne peux pas t’offrir même un dixième de cette vie.

Elle : Nounga lorsqu’on aime on ne compte pas, je t’aime malgré ta pauvreté et puis tu es un jeune qui se débrouille correctement.

Moi (soupirant): et ta grand-mère ?? Qu’est-ce qu’elle va penser de moi ??

Elle : mais rien nous sommes deux adultes.

Moi : le samedi je vais venir demander la permission à ta grand-mère de me mettre en couple avec toi. Si elle est d’accord nous allons nous mettre ensemble.

Elle : c’est comme cela que ça se passe ici ??

Moi : si.

Elle : et si elle dit non ??

Moi : elle ne dira pas non.

Nous nous sommes séparées sur ses mots ce soir, le samedi est si vite arrivé.

Moi : bonjour ma.

Elle : bonjour mon fils comment tu vas ??

Moi : ça va Ma’ et vous ??

Elle : ah mon fils malgré la vieillesse on est là.

Moi : Ma’ j’ai apporté ce panier pour toi, un canard, une poule, le plantain et une calebasse de vin de palme.

Elle (esquissant quelques pas des danses) : merci beaucoup mon fils que les dieux tes bénisses.

Moi : Amin Ma’. Ma si je suis venue ici c’est parce que je veux te demander la permission

Elle (ne me laissant pas finir) : de te mettre en couple avec ma petite fille.

Moi (baissant la tête): oui Ma’.

Elle : tu as ma permission Nounga, tu sais je te connais depuis tout petit et tu as toujours était un enfant calme, polie et serviable. Je ne peux pas te dire non.

Moi : merci ma.

Notre relation a été officielle depuis ce jour-là. Je partais avec Zola au champ, à la rivière. Je l’apprenais beaucoup des choses et c’était une bonne élève parce qu’elle mémorisait vite.

Il n’y avait pas de sexe entre nous, on se voyait chez moi ou soit chez sa grand-mère et souvent on partait à la rivière se baigner dans l’après-midi parce qu’à ces heures-là il n’y avait pas souvent beaucoup de monde juste les couples. Les autres garçons du village me jalousaient, comment se fait-il que c’est moi qui puisse me mettre avec une fille fraichement sorti de la ville pourtant il y’a de plus beau, plus stable financièrement que moi. Tous ces paroles me passé sur le corps comme l’eau sur le dos du canard. Je n’ai pas des comptes à rendre à qui que ce soit.

J’étais encore chaste malgré mes 25 ans parce que lorsque les autres jeunes de mon âge s’amusaient à jouer à papa et maman moi je donnais de cours du soir ou faisait de petits boulots pour subvenir à mes besoins.

Zola : c’est vrai tu n’as jamais rien fait ??

Moi : si jamais et toi ??

Zola : moi je ne suis plus vierge et t’inquiète pas je vais t’initier.

Nous sommes assis sur le seul divan dans mon salon, une chaise de je commence la vie sans coussin au-dessus que la sœur Matondo m’avait donné et une petite table lorsque j’ai emménagé seul.

Moi : tu sais que ce n’est pas du tout bien de le faire avant le mariage. C’est ce qu’on nous enseigne à l’église tous les dimanches.

Zola : oui mais moi je ne suis plus vierge et chaque fois lorsque j’aurais besoin de faire l’amour explique-moi comment je vais faire.

Moi (dépassé): je ne veux pas forniquer Zola.

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