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Couverture du roman Ngonda " Lune"

Ngonda " Lune"

Au-delà de la simple gestation de neuf mois, la maternité se définit par un dévouement quotidien. À travers le récit de Ngonda, surnommée « Lune », ce texte explore l'essence du lien maternel. Être mère, c'est avant tout éduquer, soigner et veiller à l'épanouissement constant de son enfant. Il s'agit d'un équilibre délicat : répondre avec justesse aux besoins et aux désirs de sa progéniture, sans jamais les négliger ni s'y substituer de manière prématurée.
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Chapitre 1

Ngonda « Lune »

Première partie

Chapitre 1

Bandundu «République Démocratique du Congo »

Nounga (victoire)

Moi : bébé na nga, nani abeti yo ?? Loba na nga, nakend’ozongisa. Tangu mususu otutani na mur ya ndako’ooo. Bébé oh ! Bébé oh ! (une berceuse en lingala : mon bébé qui t’a frapper ?? il faut me dire la personne que j’aille la frapper aussi. Peut-être tu t’es cogner sur le mur de la maison). Une berceuse qui a bercé notre enfance, c’était la préférée de notre mère. Ngonda ne veut pas dormir, ni boire le lait que j’ai mis pour elle dans le vieux biberon que la sœur Matondo m’a donner. Elle travaille à la paroisse et lorsqu’elle a appris que Zola et moi nous allons avoir un enfant, elle a appelé une de ses cousines qui habite à Kinshasa l’épouse d’un riche homme pour quelle puisse m’envoyer les affaires de sa fille qu’elle n’utilise plus.

Tima (le cœur/ ma voisine) : ebwe??

Moi : ebwe (bonjour en kikongo) inki mambu ??(Comment tu vas ?? quels sont les nouvelles)

Tima : mambu ikele ve (pas des nouvelles, bonnes nouvelles).

Moi : Dieu merci, tu sors au champ ??

Tima : si bientôt je peux faire la récolte de maïs.

Moi : ah ça, je suis content pour toi. Comme tu vois c’est impossible pour moi de me rendre au champ avec l’enfant.

Tima : demain je passerai ici la journée, tu peux y aller et me la laisser.

Moi : tu peux faire ça ??

Tima : bien sûr toi aussi. D’ailleurs il faut me la donner je vais la prendre un peu.

Moi : et bizarrement lorsque tu la prends elle cesse de pleurer.

Tima : haha il faut laisser l’enfant tranquille peut être que c’est toi qui ne sais pas bien la bercer.

Moi (me levant): je vais prendre ma douche vite fait puis je reviens la prendre.

Tima : vas-y.

Je suis partie prendre ma douche en me dépêchant, je ne dois pas non plus abuser de la gentillesse de Tima. Tima c’est ma voisine et nous avons grandi ensemble. Elle vit avec son père, sa mère est morte depuis des années déjà. Une fille courageuse, travailleuse. Elle voulait faire des longues études de médecine mais malheureusement à cause du manque de moyen elle s’est arrêtée en classe de deuxième secondaire. Elle a deux frères : un c’est un enseignant à l’école catholique et l’autre c’est un menuisier. Ils sont tous mariés mais ils ont construits sur le terrain familial. Moi je suis l’enfant unique de ma mère, je n’ai jamais eu la chance de connaitre mon père parce qu’il m’avait abandonné.

Heureusement que ma mère avait économisé les sommes colossales que mon géniteur lui donnait, lorsqu’elle s’est rendue compte que le monsieur l’avait abandonné avec la grossesse, elle a achetée des terres où elle faisait des travaux champêtres. Ma mère a travaillait durement dans ses champs pour me scolariser mais malheureusement elle était aussi morte d’une maladie mystérieuse.

Mes deux grands parents ont continues à prendre soin de moi et au fur et en mesure que les habitants devenaient de plus en plus nombreux, le champ a été transformé en une parcelle. C’est ce terrain sur lequel je vis. Je me suis arrêté en classe de quatrième des humanités littéraires lorsque mes deux grands parents sont morts dans un accident en sortant à Matadi. Je suis resté dans leur maison mais bon comme ma mère était l’enfant que ma grand-mère a eu avant de se marier avec mon grand-père, mes oncles et tantes m’ont chassé dans leur maison.

Grâce à des petits bricoles et cours du soir que je donne souvent aux enfants j’ai pu construire cette maison de deux chambres, salon et une petite cuisine à l’extérieur. La sœur Matondo m’a beaucoup aidé pendant cette période. Je dormais à la paroisse et chaque matin je partais faire de petit boulot ici et là puis le soir je donnais les cours du soir en bas du manguier qui est au milieu de la cour de la paroisse.

Moi : j’ai fini Tima, elle est où ??

Elle : allongée sur la natte dans la maison, elle s’est endormie.

Moi : ah okay laisse-moi la prendre, merci encore Tima.

Elle (souriant): je t’en prie.

Je ne savais pas qu’un jour j’allais devoir prendre soin de ma fille seul. Zola cette fille que j’ai aimé et continu d’aimer de tout mon cœur. Un jour je suis partie faire la lessive a la rivière, il était déjà 15 heures par là et je ne pouvais pas attendre que mon linge sèche pour partir. Ce n’est pas bien de rester à la rivière jusqu’au coucher du soleil. J’ai mis mes habits dans une bassine que j’ai posée sur ma tête en remontant tout doucement la petite pente qui mène sur la grande route.

Flash-back

La vie au village n’est pas du tout facile même si je n’ai jamais vécu en ville mais je sais que là-bas les gens ne se rendent pas aux champs, qu’ils ont de l’eau et l’électricité dans leurs maisons. Qu’ils ne cuisinent pas sur le feu du bois et n’ont pas besoin de se rendre à la rivière pour puiser de l’eau ou faire la lessive. J’espère qu’un jour j’irai à Kinshasa à l’aventure même si je n’ai pas un niveau d’étude élevé, je suis intelligent et m’exprime bien en français. Je peux chercher un petit travail même de domestique pour subvenir à mes besoins et faire des économies. Comme ça je peux retourner au village construire une maison sur mon petit terrain que mes parents m’ont laissé et passer les examens d’état dans un centre d’autodidacte.

J’ai un petit téléphone itel que la sœur Matondo m’avais ramené lors d’un voyage à Kinshasa et une carte mémoire dedans que m’avait laisser un ami d’enfance parti vivre en ville depuis des années. Il m’a envoyé plusieurs chansons de Koffi, Fally, Lwambo Makiadi, le grand Kalé et certains artistes américains, français, etc. J’ai même les chansons de deux fils du vieux Djuna Djanana Gim’s et Dadju. Ils vivent en France et font de la musique d’après ce que mon ami m’a dit. J’ai fini de faire la lessive et plier mes habits encore mouillés que j’ai posé dans ma bassine que je compte mettre sur la tête. Monter la pente avec la bassine dans une main et avec mon téléphone dans une autre main ne seras pas du tout évident.

Moi (chantonnant) : nakokufa liwa ya ngungi, ya nyoka ba betaye balembe te, nani amiboma pona yesu, toyoka te ooo. Ebele bamiboma kaka se pona bolingo eh si je savais ça.

(Une chanson du grand Madilu qui parle d’amour.) Son titre c’est si je savais ça.

Moi : moyi ebimaka se pona batu nionso

Basusu bako profiter na ngambo oh oh !

Liboke ya moninga osombela ngo kwanga soki oza na mwa ndambo ya espoir oh…

Je chantais à tue-tête en tenant ma bassine d’une main et de l’autre main mon petit téléphone lorsque j’ai aperçu une jeune fille se faire agresser par deux hommes. J’ai fait descendre ma bassine en mettant mon téléphone dans ma chaussette. Je me suis approché d’eux pour savoir ce qui n’allait pas.

Moi (en kikongo): qu’est ce qui ne va pas ici ?? Pourquoi vous brutalisez la pauvre fille ??

Eux : passe ton chemin sinon tu vas être tabassé à sa place.

Moi : lâchez-là je vous dis.

Eux : sinon tu vas nous faire quoi ??

L’un d’eux s’est approcher de moi avec une machette, j’ai été rapide, j’ai tordu sa main et lui ravissant sa machette. Il a hurlé de douleur, son ami est venu à sa rescousse mais il a reçu un coup de tête qui l’a propulsé au sol. Il s’est levé le nez en sang en courant la poussière rouge sur son pantalon blanc.

L’autre : s’il te plait lâche moi tu risques de me briser les os.

Moi : et c’est ce que je compte faire.

Lui : s’il te plait grand frère.

Moi (lâchant sa main): vas t’en mais tu as intérêt à ne plus recroiser mon chemin.

*

Moi (à la jeune dame): ça va ??

Elle (tremblants, les larmes et la morve mélangés sur son jolie visage): oui merci beaucoup. Je n’imagine même pas ce qu’ils allaient me faire si tu n’allais pas passer par ici.

Moi : ça va lève-toi s’il te plait.

Elle s’est levée en époussetant sa jupe.

Moi : tu le connais ??

Elle : non mais je les ait entendus dire qu’ils sont du village voisin.

Moi : tu sors à la rivière ??

Elle : si, ils ont même brisé ma calebasse. Koko (grand-mère) ne va pas être contente.

Moi : tu vis avec ta grand-mère ??

Elle : si.

Moi : ah d’accord je m’appelle Nounga.

Elle : et moi Zola. Enchanté.

Moi : je ne t’ai jamais vu dans le village.

Elle : je viens de Kinshasa, ma mère m’a amener vivre ici parce qu’elle a trouvé un mundele (blanc) du coup elle est venue m’abandonner chez ma grand-mère parce qu’elle ne pouvait pas partir avec moi et son mundele ne devait pas savoir qu’elle a une grande fille.

Moi : oh lala je suis désolé et tu as quel âge ??

Elle : 19 ans et toi ??

Moi : j’ai 25 ans et tu faisais quelle classe à Kinshasa ?

Elle : quatrième des humanités et c’est parce que j’ai chaumé pendant deux ans. Ma mère était à Lubumbashi et m’a laisser chez sa copine mais comme elle n’envoyer plus l’argent, j’ai arrêté les études.

Moi : elle vit où ta grand-mère ??

Elle : à côté du marché.

Moi : ah je connais ta grand-mère, c’est ma Kanzumba n’est-ce pas ??

Elle : si c’est elle.

Nous sommes partis voir sa grand-mère et je devais aussi expliquer à cette dernière pourquoi sa calebasse s’est briser. Elle a maudit ses voyous et elle a aussi tiré les oreilles de sa petite fille qui est parti à la rivière avec une robe courte, fleuri qui selon elle a attiré les regards de ces voyous.

Moi : koko je vais vous laissez, je dois partir étaler mon linge.

Elle : ah mon fils tu ne restes pas un peu ?? J’ai préparé le dongo-dongo (gombo) et le fufu de manioc. J’ai fait aussi un bon plat de mpiodi (Thomson).

Moi : je veux bien rester mais je dois y aller koko.

Elle : dans ce cas laisse-moi te servir dans une assiette. Tu viens de sauver ma petite fille, tu le mérites.

Elle m’a servi puis a dit à sa petite fille Zola de m’accompagner. Nous avons échangé les numéros parce qu’elle a un téléphone mais un smart phone, qui prends les photos et vidéos et on peut se connecter avec sur les réseaux sociaux.

Je crois que ce téléphone coûte une fortune parce qu’ici au village tu peux entrer dans toute les maisons et tu ne vas pas trouver deux ou trois personnes qui ont un smart phone. Même les villageois à qui leurs membres de famille qui vivent en ville offrent de gros téléphone ; ils les vendent et achète la marchandise, achète les bétails de fois même un bout de terrain sur lequel ils cultivent. Sérieusement moi-même je ne peux pas utiliser un téléphone qui coûte une fortune pourtant avec cet argent je peux investir dans un business rentable qui peut me rapporter une petite fortune chaque fin du mois.

Un jour j’ai vu à la télévision de la sœur Matondo dans une émission, une dame qui a un téléphone qui coûte 1500 dollars. J’ai failli tomber à l’ envers sérieusement un téléphone de 1500 dollars ?? Ce téléphone peut appeler au paradis ?? Tsuiips.

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