
Mon mariage, sa chute publique
Chapitre 3
PDV de Gabrielle :
Le vent mordant fouettait ma peau nue. Je n'étais qu'un spectre dans cette métropole impitoyable, fuyant l'appartement de Cédric.
Je trébuchai devant des vitrines illuminées, grelottante. Dans le reflet d'un taxi qui passait, je vis Cédric. Il était à l'arrière, le bras autour de Célia, riant aux éclats. Ils étaient radieux. J'étais invisible.
Mes jambes cédèrent et je m'effondrai sur un banc glacé dans un parc sombre. La neige fondue trempait ma nuisette. Je n'avais rien.
Mes doigts cherchèrent le médaillon à mon cou. Disparu. Je l'avais jeté sur lui.
Je sortis un vieux carnet de mon sac, un cadeau de mon ami d'enfance, Killian Rousseau. J'arrachai une page et écrivis les derniers mots de Cédric : "C'est ma charité." Puis je rayai son nom avec rage.
Une lueur attira mon attention. Mon dernier billet de vingt euros, caché dans une poche secrète.
Je me traînai jusqu'à un petit bistro ouvert tard. J'y commandai la soupe la plus moin chère, savourant chaque gorgée brûlante.
Les jours suivants furent un flou de survie. Je dormais sur des bancs, mangeais des restes. La honte était mon unique manteau.
Pendant ce temps, les tabloïds s'enflammaient. Cédric et Célia étaient partout. "L'HÉRITIER BEAUMONT : FIANÇAILLES IMMINENTES !"
Un autre article attira mon regard : "La Harceleuse des Beaumont : Où est-elle ?" Les commentaires étaient un cloaque de haine. "Bon débarras." "Elle a eu ce qu'elle méritait."
Je fermai les yeux, les larmes gelant sur mes joues. Il m'avait effacée.
Mon téléphone jetable, acheté avec mes derniers centimes, vibra. Un message d'un numéro inconnu.
C'était une photo. Une photo de moi, grelottante sur le banc, prise il y a quelques jours. En dessous, un mot : "Gabrielle ?"
Puis : "Est-ce que ça va ? Je te cherche partout."
Mon souffle se bloqua. Ce numéro. C'était Killian. Killian Rousseau. Mon protecteur d'autrefois.
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