Couverture du roman Mon mariage, sa chute publique

Mon mariage, sa chute publique

9.5 / 10.0
Durant cinq ans, Gabrielle a vécu dans l'ombre du milliardaire Cédric de Beaumont. Trahie et humiliée publiquement lors d'un gala, elle découvre que son mari prévoit d'en épouser une autre. Face à son mépris, elle décide de répliquer. Cédric la croit brisée, mais elle détient la preuve de leur union secrète. Le jour de ses fiançailles officielles, Gabrielle s'empare du micro pour révéler la vérité au monde : elle est l'unique et véritable Madame de Beaumont.

Mon mariage, sa chute publique Chapitre 1

Pendant cinq ans, j'ai été l'épouse secrète du milliardaire Cédric de Beaumont.

Je vivais tapie dans l'ombre, car il m'avait juré que c'était l'unique moyen de me protéger de sa famille impitoyable.

Mais lorsque ses agents de sécurité m'ont traînée hors de son gala annuel en me tirant par les cheveux, me brisant les côtes sous les huées de la foule qui criait à la "harceleuse délirante", Cédric ne m'a pas sauvée.

Il se tenait sur le balcon, une cigarette aux lèvres, et me regardait saigner avec des yeux froids, morts.

Je croyais avoir touché le fond dans cette cellule de garde à vue, jusqu'à ce que je découvre les documents dans son coffre-fort.

Un contrat de mariage prénuptial avec une mondaine nommée Célia.

Et un fonds fiduciaire pour leurs futurs enfants.

Quand je l'ai confronté, il n'a pas imploré mon pardon.

Il a ri.

"Tout ce que tu possèdes, les vêtements sur ton dos, le toit au-dessus de ta tête, c'est grâce à moi. C'est ma charité."

Il pensait m'avoir brisée.

Il pensait que je n'étais qu'un pion jetable dans son ascension vers le pouvoir.

Mais il avait oublié que je détenais la seule chose capable de le détruire : notre certificat de mariage original.

Le jour de l'annonce grandiose de ses fiançailles, je ne me suis pas cachée.

Je suis montée sur scène, j'ai pris le micro et je me suis présentée au monde entier.

"Je m'appelle Gabrielle Vasseur, et je suis la femme de Cédric de Beaumont."

Chapitre 1

PDV de Gabrielle :

Le monde autour de moi n'était plus qu'un flou vertigineux, un kaléidoscope de flashs aveuglants et de visages déformés par le mépris.

Mes bras étaient tordus dans mon dos, une douleur fulgurante irradiait là où les doigts épais du vigile s'enfonçaient dans ma chair.

Une seconde plus tôt, je me tenais en périphérie du gala annuel des Beaumont, tentant désespérément de croiser le regard de Cédric. La seconde d'après, j'étais brutalisée vers les immenses portes doubles, mes pieds touchant à peine le sol.

"Lâchez-moi !" ai-je hurlé, ma voix n'étant qu'un filet aigu noyé dans le brouhaha de la foule.

C'était une protestation futile. Leur prise se resserra, impersonnelle et brutale.

Mon corps percuta violemment une colonne de marbre. Le choc me coupa le souffle. Un hoquet de douleur m'échappa, aussitôt englouti par les murmures horrifiés – ou divertis – des spectateurs.

Ma tête pulsait, une douleur sourde se propageant de mes tempes jusqu'à la base de mon crâne. Une terreur glaciale s'insinua dans mes veines, bien plus mordante que l'air hivernal de Paris qui s'engouffrait par les portes ouvertes.

"Violation de propriété. Non-respect d'une ordonnance d'éloignement", récita une voix monotone, dénuée d'émotion.

C'était le chef de la sécurité des Beaumont, un homme dont je connaissais le visage mieux que le mien. Il me regardait avec des yeux vides, comme si j'étais un déchet à évacuer.

Comment pouvait-il ne pas me connaître ? Comment pouvait-il oublier toutes les fois où il m'avait laissé entrer, sans poser de questions, quand Cédric et moi volions des instants ensemble ?

Les mots me frappèrent plus fort que le marbre. Une ordonnance d'éloignement. Contre moi. La femme de Cédric.

L'ironie avait un goût de sang dans ma bouche, métallique et âcre. J'étais arrêtée, humiliée publiquement, pour avoir essayé de voir mon mari. Mon mari secret.

"Elle est malade", chuchota quelqu'un, assez près pour que je l'entende. "Délirante."

"La harceleuse des Beaumont", siffla une autre voix, suivie du rire cruel et haut perché d'une femme.

Ce n'étaient plus seulement des murmures. Les mots s'abattaient sur moi comme une pluie de pierres.

"Regardez-la, elle essaie de gâcher sa soirée."

"Dégoûtant. Certaines personnes n'ont aucune honte."

"Elle croit probablement qu'elle est sa femme, c'est pathétique."

Ma vision se brouilla, les larmes brûlant mes yeux, menaçant de couler. Chaque mot était un coup de poignard dans le bouclier fragile que j'avais construit autour de mon cœur ces cinq dernières années.

Cinq ans à vivre dans l'ombre, à être étiquetée comme une folle obsessionnelle, tout ça pour Cédric. Pour nous.

Je me débattais contre les gardes, une lutte désespérée, animale. Non pas parce que je pensais pouvoir m'échapper, mais parce que l'alternative était de me laisser traîner comme un sac, confirmant chaque insulte crachée par la foule.

Ma robe de créateur, un cadeau de Cédric, craqua aux coutures. Mes cheveux, coiffés avec tant de soin, n'étaient plus qu'un désordre sauvage.

Soudain, mes yeux le trouvèrent.

Cédric.

Il se tenait sur un balcon surplombant la salle de bal, une cigarette rougeoyant faiblement entre ses doigts, la fumée s'enroulant dans la lumière tamisée.

Sa mâchoire était serrée, son regard fixé sur le vide, certainement pas sur moi. Son visage était un masque d'indifférence calculée. Ses yeux, d'habitude si vibrants, étaient froids, distants, deux éclats de glace.

Il me regardait, moi, sa femme, être traînée sur la place publique, et il ne faisait rien. Absolument rien.

Il tira une longue bouffée de sa cigarette, puis fit un geste désinvolte du poignet. Son assistante apparut à ses côtés. Je vis ses lèvres bouger. Il ne m'accorda même pas un regard. Juste une instruction murmurée, puis une autre bouffée indifférente.

Mon cœur, déjà meurtri, vola en éclats. Il ne me sauverait pas. Il ne reconnaîtrait même pas mon existence. Il allait juste dire à quelqu'un de "gérer le problème".

Les vigiles me jetèrent finalement dehors, dans le froid mordant. Les flashs des paparazzis étaient aveuglants, les cris des journalistes insupportables.

Mon nom, Gabrielle Vasseur, était hurlé, tordu en quelque chose de laid et méprisable.

Après ce qui sembla être une éternité, je fus poussée à l'arrière d'une voiture de police. Les portières claquèrent, étouffant le chaos extérieur, mais pas le silence assourdissant dans ma tête.

Le commissariat était stérile, impersonnel. Les néons grésillaient, jetant une lueur jaunâtre maladive.

"Je peux passer un appel ?" demandai-je, ma voix n'étant qu'un murmure brisé.

L'officier haussa un sourcil. "Qui voulez-vous appeler ? Votre 'mari' ?" Elle mima des guillemets avec ses doigts, un sourire narquois aux lèvres.

"Cédric de Beaumont", dis-je, le désespoir teintant ma voix. "Il va tout expliquer."

L'officier éclata de rire. "Ma chérie, Cédric de Beaumont est actuellement à un gala avec sa fiancée, Célia de Maistre. Il n'attend pas vraiment votre appel."

Les mots me frappèrent comme un coup physique. Célia de Maistre. Toujours Célia.

"Fiancée ?" répétai-je, le mot ayant un goût de cendre. "Mais... nous sommes mariés."

Elle leva les yeux au ciel. "Oui, et moi je suis la Reine d'Angleterre. Vous allez passer la nuit en cellule."

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