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Couverture du roman Mon mariage forcé à un chevalier dans le coma

Mon mariage forcé à un chevalier dans le coma

Pour sauver les siens, Éléonore accepte d'épouser Kylian de Valois, un chevalier plongé dans le coma. Mais lors d'un bal, sa sœur adoptive Joséphine l'accuse de vol. Trahie par ses parents qui lui ont déjà pris un rein et ont tenté de la tuer, la jeune femme subit l'humiliation de trop devant la noblesse. Alors que son frère l'immobilise au sol, Éléonore sort son atout : un enregistreur prouvant les calomnies de sa rivale. L'heure de la vérité a enfin sonné.
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Chapitre 1

Point de vue d'Éléonore :

Ma famille m'a forcée à épouser Kylian de Valois, un homme dans le coma depuis cinq ans. C'était un sacrifice pour sauver l'héritage familial, une condamnation à perpétuité que j'ai acceptée pour eux.

Mais à l'anniversaire de ma sœur adoptive, Joséphine, elle m'a accusée d'avoir volé un bijou de famille. Mes parents, qui l'avaient toujours préférée, n'ont pas hésité une seconde. « Gardes ! Fouillez-la ! » a hurlé mon père.

Ils m'ont clouée au sol devant tous leurs invités. Mon frère me tenait les bras tandis que mon amour de jeunesse détournait le regard. Ils m'avaient déjà poussée dans les escaliers et laissée pour morte une fois. Ils m'avaient pris un rein pour Joséphine. Ce n'était que l'humiliation finale.

Mais ils ignoraient mon secret. J'enregistrais les mensonges de Joséphine depuis des semaines.

Alors que les mains des gardes se refermaient sur moi, j'ai hurlé : « Vous voulez la vérité ? Alors écoutons-la ! » et j'ai appuyé sur le bouton de l'enregistreur caché.

Chapitre 1

Ma main, tremblant légèrement, s'est tendue vers le stylo. Il semblait plus lourd que n'importe quel fardeau que j'avais jamais porté, et pourtant plus léger que le poids écrasant de leurs attentes.

« Je le ferai », ai-je dit, ma voix à peine un murmure, un écho étrange dans le somptueux salon parisien.

« J'épouserai Kylian de Valois. »

Ces mots, autrefois un cauchemar d'enfant, sonnaient maintenant comme un appel désespéré à la liberté.

Ma mère, le visage un masque de préoccupation étudiée, a soupiré de soulagement.

« Éléonore, ma chérie, tu es si courageuse. C'est pour le mieux, tu sais. »

Ses yeux, cependant, se sont tournés nerveusement vers le portrait de mon grand-père suspendu au-dessus de la cheminée, un juge silencieux.

« Courageuse ? » J'ai voulu hurler, mais le son s'est coincé dans ma gorge.

Adrien, mon amour de jeunesse, s'est agité mal à l'aise sur le canapé en velours à côté de moi. Il n'a pas croisé mon regard. Son silence était plus assourdissant que n'importe quelle accusation.

Charles, mon frère aîné, s'est raclé la gorge.

« Ce n'est pas l'idéal, Élo, mais c'est l'héritage de notre famille. Tu comprends, n'est-ce pas ? La famille de Kylian appréciera ton sacrifice. »

Sacrifice. Ils faisaient sonner ça comme un acte noble, pas une condamnation à perpétuité.

Ils ne comprenaient pas. Ils ne l'avaient jamais fait.

Je me souvenais des jours d'été, pas si lointains, où cette maison était remplie de rires. Adrien et moi, empêtrés dans des secrets et un amour adolescent, chassant les lucioles dans le vaste jardin. Mon frère, Charles, toujours protecteur, toujours là. Mes parents, attentionnés et fiers. Nos vies, une image de la perfection parisienne.

Puis est arrivé mon dix-huitième anniversaire. Une célébration qui s'est rapidement transformée en une déclaration solennelle. Nos grands-pères, dans leur infinie sagesse, avaient arrangé un mariage pour fusionner nos empires. Les familles Dubois et de Valois, unies par contrat. Kylian de Valois, l'héritier d'une dynastie de la tech lyonnaise, était mon fiancé. Ça avait toujours été pour moi.

Mais ensuite, le coup du sort. Un accident de voiture, un coma de cinq ans. Kylian, l'homme que j'étais destinée à épouser, est devenu un fantôme. Mes parents, rongés par la culpabilité, ne pouvaient supporter d'envoyer leur « fille chérie » épouser un homme qui pourrait ne jamais se réveiller. Ils craignaient les murmures, le jugement de la société.

Alors, ils ont trouvé une solution. Joséphine Leroy. Une fille au passé trouble, un beau visage, et nulle part où aller. Ils l'ont adoptée, l'ont couverte d'affection, l'ont préparée à être la mariée de substitution. Un bouc émissaire, un bouclier contre leur propre honte. Ils se sont convaincus que c'était de la bonté.

Ils avaient été si soulagés, si heureux avec Joséphine. La culpabilité de mes parents face à l'état de Kylian, couplée à leur désir de protéger leur « fille bien-aimée » (ce que j'étais, autrefois), s'est transformée en un puits sans fond de surcompensation pour Joséphine. Cadeaux somptueux, éloges sans fin, chaque caprice satisfait. Lentement, subtilement, j'ai été mise de côté. Joséphine, avec ses yeux innocents et son cœur venimeux, a prospéré. Elle a systématiquement retourné tout le monde contre moi, m'accusant de ses propres méfaits, volant leur amour, morceau par morceau, dans une agonie sans fin.

Mon rein. Je lui ai donné mon rein quand elle a soudainement développé une maladie rare. Ils l'ont louée pour être « si faible », m'ont louée pour mon « amour fraternel ». Je me souviens de la douleur, de l'épuisement, de la façon dont ils la regardaient, elle, pas moi, quand je me suis réveillée de l'opération.

Puis est venu l'acte final de cruauté. Joséphine, feignant une autre fugue dramatique, les avait mis dans une frénésie. Mon frère et Adrien, désespérés de l'apaiser, m'avaient trouvée dans le grand escalier.

« Dis-lui juste que tu es désolée, Éléonore », avait plaidé Charles, ses yeux vides de l'ancienne chaleur. « Elle veut juste se sentir aimée. »

« Mais je n'ai rien fait », ai-je dit, ma voix se brisant. « Elle a menti. »

Adrien, le visage un masque de frustration, s'est approché.

« Excuse-toi, Élo. C'est toujours toi. Pourquoi ne peux-tu pas simplement faciliter les choses pour une fois ? »

« Je ne mentirai pas », ai-je murmuré, les larmes brouillant ma vision.

C'est là que c'est arrivé. Une poussée. Pas forte, pas intentionnelle, mais suffisante. Charles, je crois. Ou peut-être Adrien. Peu importe. J'ai dévalé les escaliers, un craquement écœurant résonnant dans la maison silencieuse alors que ma tête heurtait le sol en marbre poli. Une douleur, vive et aveuglante, a explosé. J'ai vu leurs visages au-dessus de moi, non pas d'horreur, mais d'agacement.

La voix de Joséphine, mielleuse, a percé le brouillard.

« Oh, Éléonore, qu'as-tu fait ? Tu vas tout gâcher ! »

Charles a regardé ma tête en sang, puis est revenu à Joséphine.

« Ne t'inquiète pas, Joséphine », a-t-il dit, sa voix plate, « On va s'en occuper. Éléonore exagère toujours. »

Adrien s'est agenouillé, non pas à côté de moi, mais a sorti son téléphone.

« Joséphine est morte d'inquiétude, elle pleure encore. On doit aller la retrouver. »

Ma vision a nagé. Ils m'ont laissée là. Mon propre frère. Mon amour de jeunesse. Ils m'ont abandonnée pour la fille qui avait usurpé ma vie. Alors que la conscience s'échappait, une clarté glaçante a percé la douleur. C'était la fin d'Éléonore Dubois, la fille qu'ils connaissaient. Une nouvelle renaîtrait de ses cendres, ou pas du tout.

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