
Mon libre arbitre
Chapitre 3
Ce soir je ne voulais pas rentrée chez moi, je fis une halte au bar club de mon quartier. Le videur Matt m’accueillait avec un sourire en coin.
– Tu m’as manqué. Je lui fis un clin d’œil en guise de réponse. Nous savions déjà que nous allions passer la nuit ensemble. Entrant dans la pénombre des lumières tamisées, je me dirigeais vers le deuxième comptoir, plus éloigné des va et vient des clients.
- Ah salut Alex ! Comme d’habitude ?
- Comme d’hab. Essayant de porter ma voix plus haut que le piano et la guitare. La barmaid était devenue la connaissance la plus proche, avec qui j’avais tissés des liens superficiels. Quelques fois nous nous retrouvions lors de nos afters, toutes aussi éméchées l’une que l’autre. Elle me donna mon verre et je laissais mon ouïe vibrer au son mélodieux du groupe, comptais chacune des notes jouées par les musiciens. J’imaginais déjà la partition défiler aux grés de mes algorithmes intimes, ce qui me permettait de faire abstraction de mes maux de têtes persistants. J’étais sûre de pouvoir reproduire cette mélodie, si j’avais pris le temps d’apprendre à jouer d’un instrument. Encore une de mes convictions que je mettrais au placard, dès que je sombrerais dans les bras de Matt. Mon attention se tourna vers ce brun canon au corps parfaitement entretenu, il jouait constamment de ses charmes auprès des femmes sexy. Cela m’importait peu qu’il ne me soit pas réservé, il était juste l’échappatoire à mes tourments. En contre parti, j’acceptais d’être sa marchandise sexuelle le temps d’une nuit. Nous trouvions notre compte dans notre relation sans lendemain, et il savait pertinemment que je ne souhaitais pas m’engager dans la moindre relation sérieuse.
– Pourrais-je l’aimer ? Rien que d’admettre cette alternative j’en eut un haut le cœur.
Je bu le shooter de vodka pour anesthésier cette pensée absurde. Je ne peux m’apprécier à ma juste valeur, alors donner de l’amour à un homme ? Je ne suis pas la femme qu’on aimerait avoir à ses côtés, pour fonder une famille, construire cette maison abritant aussi les animaux… Quoique j’ai déjà un chien, c’est peut-être le début du commencement ? Une expression hilare s’afficha sur mon visage. Je préfère restée cette femme sans attache, qu’ont aiment reluquer et toucher lors d’une nuit d’ivresse. La paluche imposante se posa sur mon épaule, une décharge électrique satisfaisante longea ma colonne vertébrale… - Je suis à toi princesse… Je senti son souffle caresser le lobe de mon oreille, il n’y avait que lui pour agir ainsi.
Je pivotais sur mon siège pour faire face à l’homme qui éveillait tous mes sens. Je remarquai de légères cernes témoins d’une soirée déjà tardive, il posa sa main sur mes hanches pour rapprocher mon corps menu contre son buste. Je pouvais sentir son rythme cardiaque s’accélérer en posant mes mains sur ses pectoraux harmonieusement sculptés.
- On files ? lui dis-je doucement… Je ne m’habituerais jamais à notre différence de taille, mes 1m60 paraissait en dessous de la moyenne en comparaison de ses 1m90.
Nous marchions calmement main dans la main, traversant les rues pavées comme un couple lambda. A notre habitude, nous discutions de nos boulots respectifs ainsi que des anecdotes de notre journée. Ce rituel commençait à m’agacer car je supportais de moins en moins mes attitudes artificielles, un jour il faudrait que je me résigne à être la femme que j’aspire devenir… En arrivant à l’appartement, je lui offris un verre de vin ouvert de la veille. Nous étions installés sur mon canapé.
- Toutes nos nuits se ressemble… lançais-je
- Ça te dérange ?
- Je crois que je sature Matt… Non pas que nos parties de jambes en l’air ne me procure plus rien …
- Alors quoi ma belle ?
- Peu importe… Ce soir sera notre dernière nuit.
- Très bien alors profitons de nos dernières heures.
Matt était déjà en train de déboutonner mon chemisier en soie, et ses baisés dans le cou achevèrent mes dernières pensées raisonnables.
L’aube se levait quand je réalisais qu’il était parti. La tête engourdie par l’alcool et le manque de sommeil, je décidais de filer sous la douche. L’eau bouillante ne soulageait pas mon mal de tête. Je me senti dépitée en posant mon front sur le carrelage humide. – Putain… Quelque chose cloche là-haut… J’avais appris à vivre avec les anomalies neurologiques, car les rendez-vous médicaux n’avaient rien signalé d’anormal. Et pourtant les douleurs se faisaient de plus en plus présentes, ainsi que des acouphènes nouveaux à la liste. J’ai fini par me persuadée que mes symptômes, n’étaient que les conséquences de mon état pitoyable de l’époque. – J’aimerais comprendre d’où je viens…
La sonnerie de mon réveil me tira de mes réflexions, je pris ma serviette de bain et je l’entourais autour de ma poitrine. Je posais le pied au sol quand je senti des sueurs froides me parcourir et une nausée suivit. Ne me laissant pas le temps de réagir, les étoiles apparurent m’entrainant dans les vapes.
« C’était comme un flash. Je n’arrivais pas à sortir de cet état second, mon corps était trop lourd. Je n’arrivais pas à bouger et je devais simplement subir. Ce flash… J’avais l’impression d’être accompagnée et je riais aux éclats. Mes cheveux ondulés étaient bien plus longs et joliment attachés. Je tenais un papier entre mes mains, que je mettais dans la poche arrière de mon pantalon. J’aperçu le visage de la personne à mes côtés, affichant une expression horrifiée. J’entendis un fracas de tôles et des cris venant des quatre coins de ma vision, qui était devenue flou. » Je poussais un cri en réalisant que j’étais revenue à moi. - Ma tête ! ma tête ! Hurlai-je de plus belle…
Les acouphènes étaient d’une telle violence, que je croyais de nouveau m’évanouir. Plus j’essayais de me maîtriser plus la crise était incontrôlable, mais il fallait que je me relève. Une fois debout mais affaiblie, je me dirigeais vers ma boite à pharmacie. Je ne pris pas la peine de compter le nombre d’anti -douleurs avant de les gober d’une traite. La sonnerie du réveil retentissait à nouveau, elle avait l’effet d’une craie qu'on grattait sur un tableau. Je pris ma tête entre mes mains en hurlant à tue-tête. Je réussi à marcher jusqu’à ma chambre. En repérant le portable, je le jetais contre le mur à l’opposé de sa position. Dans cet état, il m’était impossible de réfléchir et pourtant j’avais reconnu le mot dans ce flash. Il fallait que les médicaments fassent effet, j’étais déterminée à comprendre ce qui déraillait chez moi.
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