Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Mon enfant secret

Mon enfant secret

Porter l'enfant de l'homme qu'elle aime devrait combler cette femme de bonheur, mais la nouvelle s'avère bouleversante. Bien qu'elle ressente déjà un amour immense pour son futur bébé, une angoisse profonde l'habite. Comment garantir un avenir serein et un cadre familial stable à ce petit être quand le père refuse toute forme d'engagement ? Face à cette absence de responsabilité, elle doit envisager seule l'éducation de son enfant secret.
Chapitres
Partager

Chapitre 2

J'ai compris que Dubois était très riche. Je n'étais pourtant pas préparée à la vision d'opulence qui s'offrait à moi et lorsque j'aperçois au bout de la longue allée en courbe le…comment appelle-t-on cela ? Le manoir ?

Sortie dans un sublime domaine, protégé du grondement de la circulation par un bosquet de pins, la demeure défiait toute description avec ses murs en stucs d'un blanc lumineux, ses élégantes proportions et son toit de tuiles aussi bleue que le ciel athénien des cartes postales. D'immenses fenêtres s'ouvraient sur des vastes terrasses, ombragées par des vérandas croulant sur la vigne vierge. Il ya une grande fontaine dans l'avant-cour, des pains sur les pelouses et quelque part du côté de la mer, retentissent les aboiements d'un chien.

Je n'ai guère le temps de m'extasier. Dès que la voiture fait à l'arrêt devant un portail à double vantail, celui-ci s'ouvre et un homme d'âge mûr apparaît. Il pilote une chaise roulante aux antipodes du modèle spartiate gracieusement fourni par l'aéroport. Il s'agit sûrement dû majordome dévoué, Alex.

Dubois m'a souvent parlé de lui avec beaucoup d'affection. Il était suivi par un tout jeune homme qui sort les bagages du coffre tandis que Durand et le majordome installent le convalescent sur le chaise. Dubois accusant la fatigue avait le visage cendreux, les traits tirés. Durant lui-même était inquiet.

- Pouvez-vous faire quelque chose ? Me demande-t-il en retenant en arrière alors que Alex poussait la voiture de son maître dans le vestibule.

- Lui donner un sédatif et lui laisser prendre du repos. Le voyage a été très éprouvant pour lui.

- Je n'ai pas l'impression qu'il était en état de se déplacer en ce moment.

- Ce n'était effectivement pas le cas. Étant donné son âge et la sévérité de son ostéoporose, il aurait dû rester à l'hôpital une semaine de plus. Mais il a voulu rentrer. Il n'y a pas eu moyen de le faire changer d'avis.

- Un entêtement surprenant de sa part, ironise Durand en se débarrassant de sa veste en cuir. Dois-je convoquer son médecin ?

- Demain matin oui. Il faut renouveler son ordonnance. Je n'ai qu'à emporter le strict minimum. Il y a juste assez de médicaments pour lui permettre de passer la nuit.

Je m'efforce de garder contenance, bien que Durand était si près de moi que je perçois presque la chaleur de son corps. Me dépassant, je saisis mon sac de voyage au milieu des bagages entassés dans l'entrée.

- Si vous pouvez me conduire à sa chambre…je dois m'occuper de lui.

Durand m'amène à l'arrière de la maison dans un ensemble de pièces du rez-de-chaussée comptant un salon et une chambre. Les doubles fenêtres s'ouvrent sur un patio Clos de murets, donnant sur les jardins et la mer. Dubois penché en avant, se repaît du spectacle en dépit de la brume qui envahissait blé ciel à l'approche de l'orage.

- Il y a quelques années, il a fait convertir en appartement privé cette partie de la maison, m'explique Durand. Il n'était plus assez en forme pour grimper l'escalier.

- Et le lit médicalisé ? Demandai-je en jetant un coup d'œil vers la chambre.

- Il a été installé hier. Mon père fera la moue mais c'est plus commode que son habituel pour le moment.

- Vous avez bien fait, il sera plus alaise. Au demeurant, à l'exception des nuits, il y passera le moins de temps possible.

- Pourquoi ?

- Plus il se donnera d'activité, plus il aura plus de chance de remarcher, même si…

- Même si..? Je vous écoute. Que voulez-vous dire ? insiste Durand. Tout à l'heure, vous affirmez qu'il se remettrait.

J'hésite, retenue par le secret professionnel. Mais Durand, en tant que membre de la famille, doit être mis au courant de la situation de son père. D'ailleurs, si je fais certaines informations, cela pourra avoir des conséquences néfastes sur la convalescence de son père.

- Que savez-vous de l'état de santé de votre père ?

- Uniquement ce qu'il consent à m'apprendre. Autrement dit, pas grand chose.

J'aurais dû m'en douter. « Inutile d'avertir mon fils » avait décrété Dubois lorsqu'on avait voulu prévenir Durand de son état de santé. « Il s'occupe de ses affaires et moi des miennes ». Durand me cloue sur place avec son regard vert si déstabilisant.

- Me cachez-vous quelque chose Chelsea ? Est-il mourant ?

- Nous allons tous mourir un jour ou l'autre non?

- Ne jouez pas au plus fin avec moi. Je vous ai posé une question si simple. Alors répondez-y simplement.

Dubois m'épargne finalement l'obligation d'obtempérer en lançant d'un ton irascible :

- Dites donc vous deux! Qu'est-ce c'est que ces messes basses?

- Votre fils suppose que vous n'appréciez peut-être pas votre nouveau lit. Vous allez penser qu'il se mêle de ce qui ne le regarde pas.

- Exact ! C'est ma hanche qui flanche pas mon cerveau ! C'est moi qui décide de ce dont j'ai besoin !

- Tant que vous serez sous ma responsabilité, sûrement pas.

- Petite ne cherchez pas à me faire regretter de vous avoir embaucher. Ne cherchez pas à me faire régenter je ne le tolérerais pas.

- Mais si. Et c'est pour ça que vous m'avez engagé.

- Je peux toujours vous congédier et vous mettre dès demain dans un avion pour l'Amérique.

Je dissimule un sourire. C'est une vaine menace bien sûr. Dubois était fatigué, il souffrait, il ne pensait pas à ce qu'il disait. Mais après une nuit de repos, il serait dans une meilleure disposition d'esprit.

- C'est juste monsieur Dubois. D'ici là, laissez-moi faire mon travail.

Durand a profité de l'occasion pour s'éclipser. Cependant, le fidèle Alex reste prêt à apporter son aide en cas de besoin.

Lorsque Dubois a été installé pour la nuit, il faisait déjà noir. Damaris la gouvernante m'accompagne à la suite qu'on avait préparé pour moi à l'étage. Décorée dans des nuances subtiles d'ivoire et de bleu ardoise, elle évoquait ma propre chambre même si le mobilier somptueux n'était pas certes dans mes moyens. Le sol carrelé de marbre, le tapis précieux et les meubles anciens au poli doux expriment la richesse, le bon goût et le confort.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Épouser le PDG qui me déteste
8.0
Arya Tan, actrice en pleine ascension, se voit contrainte par le destin d'accepter un pacte cruel : séduire le glacial PDG Ryu Ken pour ensuite l'abandonner. Mais Ryu n'est pas un homme ordinaire ; trahi par le passé, ce roi sans cœur ne vit que pour la vengeance. Lorsqu'ils se retrouvent, la tension explose entre désir brutal et rancœur profonde. Piégée entre sa mission et ses propres sentiments, Arya pourra-t-elle échapper à la tempête que ce milliardaire blessé s'apprête à déchaîner ?
Couverture du roman Humilié par monsieur le PDG
8.0
Shelby Irwin pensait épouser Tyson Smith, mais sa vie bascule lorsqu'elle le découvre avec sa sœur Marissa. Trahie par ses parents qui soutiennent cette liaison et la grossesse de sa sœur, Shelby est violemment rejetée par les siens. En fuyant Melbourne pour tout recommencer, un accident la lie à Preston Caldwell, un puissant héritier. Sous l'emprise de cet homme arrogant et impitoyable, elle se retrouve piégée dans une spirale d'obsession où son destin lui échappe.
Couverture du roman La destinée de Hilda
9.2
La vie de Hilda, une adolescente ordinaire, vole brusquement en éclats après la perte tragique de ses deux parents. Désormais livrée à elle-même, la jeune fille doit affronter brutalement les réalités d'un monde moderne où chaque chose a un prix et où la gratuité n'existe pas. Ce récit poignant suit son combat pour la survie et sa quête de repères. Comment parviendra-t-elle à surmonter son deuil tout en trouvant sa place dans cette société impitoyable ?
Couverture du roman La dot
8.8
S'engager pour l'éternité auprès de l'être aimé représente l'un des plus beaux accomplissements d'une existence. Pourtant, cette union sacrée perd tout son éclat lorsque la douleur et l'amertume s'invitent au cœur du foyer. Ce qui devait être une promesse de bonheur mutuel se transforme alors en une épreuve épuisante. Avancer main dans la main ne devient qu'un poids insupportable, une charge accablante dont il est de plus en plus complexe de se libérer.
Couverture du roman Le PDG, l'inattendu après ma chute
8.9
Trahie par Aditya, qui l'a ruinée avant de l'abandonner, Lisa noie son chagrin au Sky Lounge sous l'œil protecteur de Dimas. Alors qu'elle touche le fond, sa route croise celle d'Oscar, un homme mystérieux et attirant. Entre les pressions professionnelles et les complots familiaux, la jeune femme doit naviguer en eaux troubles pour sauver les siens. Elle ignore que cet inconnu providentiel est en réalité un puissant PDG capable de bouleverser son existence et de panser ses blessures.
Couverture du roman Ma belle-sœur, mon enfer
8.0
Le jour de mon mariage a viré au cauchemar quand Cédric, mon fiancé, m'a délaissée devant l'autel pour Camille, sa belle-sœur enceinte. En l'escortant hors de l'église, il a piétiné nos vœux avant de me supplier de lui pardonner au nom de sa loyauté envers son défunt frère. J'ai eu la faiblesse de croire à ses promesses, mais la réalité m'a vite rattrapée : Camille avait déjà emménagé chez nous, ses valises trônant au milieu de notre futur foyer brisé.