
Mon alpha, mon ennemi.
Chapitre 3
J'ai couru dans la rue comme une folle alors que je sentais dans tout mon être un besoin inexplicable de retourner immédiatement à la maison.
Toutes les cellules de mon corps me criaient qu'il fallait que j'y retourne au plus vite, que ma mère a besoin de moi et que je ne dois pas perdre une seule seconde de plus. Je devais à tout prix protéger ma mère.
Je ne sais pas d'où me venait cet impératif mais il était bien là m'ordonnant sous la forme d'une voix intérieure et autoritaire de courir vers ma demeure alors je l'ai fait sans demander mon reste
Le chemin pour ma maison ne m'aura jamais semblé aussi étrange à mon avis. La raison en est simple. Je ressentais des choses que je n'avais encore jamais ressenti auparavant. On aurait dit que toutes les sensations dans mon corps s'en retrouvaient exacerbées et cela me donnait l'impression que ma tête allait exploser.
Pas que exploser, que j'allais bientôt m'évanouir et même mourir. C'était comme si mon corps était douloureux mais en me temps cette douleur m'apaisait. Je ne savais pas expliquer exactement mes émotions à ce moment mais elles étaient plus que tumultueuses.
Que ce soient les bruits autour de moi même les plus éloignés comme peut-être une personne dans une cabine téléphonique, les automobilistes qui hurlaient, les klaxons des véhicules, les pas des piétons, tous ces bruits qui avant me semblaient normaux, caractéristiques principales des villes, ces bruits maintenant me rendent malade.
J'ai envie de m'arracher les cheveux face à tout ce chahut et ce n'est pas la seule chose qui me mette hors de moi.
Les vibrations que je peux ressentir du bas de mes pieds jusqu'à mon cerveau sont insupportables.
J'ai l'impression que je peux entendre même une fourmi marcher par terre et cela est plus que effrayant. Que peut-il bien m'arriver qui fasse que les choses dont je n'avais cure avant me paraissent si intenses? Si dérangeants? Si saisissants... J'en ai peur.
Je me suis arrêtée un moment avant de décaler vers une petite ruelle à côté agrippant mes oreilles avec les mains. Tous ces bruits étaient tellement agaçants et maintenant il y avait ces odeurs que je sentais et qui envahissaient mon cerveau.
Je sentais des choses à la fois agréables mais horribles, la nourriture, les poubelles, le gazoil et toutes les autres odeurs se mélangeaient dans mon cerveau et me donnaient une de ces nausées, j'avais envie de comprendre mais je n'avais aucune réponse à toutes mes questions.
Je ne voulais pas ressentir tout ça, cela me faisait très peur mais en même temps, c'était comme une douce tentation qui m'enserrait la poitrine, un doux poison dont je ne voulais pas me détacher sentant que cela faisait inexorablement partie de moi, un côté indissociable de moi dont je n'avais pas connaissance jusqu'ici.
Tant ça m'effrayait et tant cela me procurait une sensation de liberté que je n'avais jamais eu depuis que j'étais née.
J'ai croisé mes bras sur mon corps tremblant et j'ai décidé de me calmer. J'avais trop de choses en tête et j'avais peur de friser la crise de nerfs alors j'ai pris le temps de ranger toutes mes émotions et mes idées angoissantes
Cela m'a pris une bonne dizaine de minutes avant d'ouvrir grandement le yeux sentant des pas venir à moi. Ils étaient lourds mais je ressentais autre chose en les entendant s'approcher de moi: le danger.
La voix au fond de moi me criait que ces personnes qui venaient n'étaient pas commodes alors je me suis redressée brusquement tombant sur une bande de voyous qui me regardaient comme un bout de viande.
J'ai fait un pas en arrière avant de me retrouver encerclée.
_ Oh qu'avons nous là ? Une mignonne petite chatte mais que fais tu donc là ? C'est dangereux de se retrouver ici toute seule tu sais...
J'ai déglutit avant d'essayer de me décaler sur le côté. Bien-sûr que c'est dangereux vu que c'est vous qui le rendez ainsi.
J'ai regardé autour de moi mais il n'y avait pas un moyen de m'échapper, j'étais prise au piège.
L'homme le plus grand et certainement le chef du groupe s'est avancé vers moi avec un visage pervers et sournois et j'ai compris que j'étais dans la merde la plus complète. Je me suis décalée sur le côté avant de reculer mais j'ai vite été coincée par un mur derrière moi alors que ces hommes ricanant tel des hyènes venaient près de moi avec des intentions peu louables.
J'ai placé mes mains en défense devant moi avant de fermer les yeux priant que quelqu'un vienne à mon secours et comme si le ciel m'avait entendu, j'ai entendu des gémissements devant moi et le bruit de corps tomber lourdement au sol.
Mais le pire était cette odeur persistante de sang qui me brûlait les narines.
J'ai ouvert les yeux précipitamment avant de voir les corps de mes agresseurs joncher le sol se tordant de douleur et une silhouette grande et menaçante les regardant avec des yeux assassins.
C'était un homme et il avait une carrure imposante, il était certes dos à moi mais je pouvais voir qu'il était bien bâti.
J'ai soufflé rassurée et ai avancé vers lui pour le remercier avant de sentir comme si ma tête me lançait.
L'odeur du sang, la voix, ma mère.
Sans attendre de remercier mon mystérieux sauveur dont je n'avais pas vraiment vu les traits car il était caché sous une cape, j'ai couru loin de cette ruelle et je me suis définitivement dirigée vers ma maison avec cet horrible pressentiment qui étouffait mes sens et embrouillait mon esprit.
J'avais besoin de voir ma mère et de savoir comment elle va.
L'homme qui venait de me sauver a tendu la main essayant de me rattraper mais j'étais trop rapide et il a abandonné.
Il a souri avant de serrer sa main sur la poitrine.
_ Je t'ai enfin trouvé... Ma Luna...
Il a entendu un gémissement au sol et son esprit est revenu sur les hommes qu'il venait de mettre à terre.
Son visage s'est immédiatement glacé et il a levé le pied écrasant presque la tête de l'homme.
_ Comment as-tu osé désirer ce qui m'appartient ?
Après avoir frappé encore ces hommes il est sorti de la ruelle sombre et est entré dans sa voiture son chauffeur prenant place dans la voiture.
_ monsieur ? Allons-nous chercher la demoiselle ?
_ Inutile... Elle viendra à moi dans quelques temps.
Le chauffeur a hoché la tête avant de démarrer.
_ Où allons-nous ?
_ J'ai besoin de me débarrasser de certains rats dans la meute. Je pense qu'après leur sale besogne ils sont déjà retournés à Capital City. J'aurais voulu arriver plus tôt mais malheureusement ce n'est pas le cas... Elle a au moins pu protéger son enfant...
Le chauffeur a juste hoché la tête alors qu'il quittait la ville de Rendall et se dirigeait vers Capital City.
De mon côté, j'avais couru jusqu'à la maison. Mes membres étaient si flexibles et ma course si fluide que ça m'a donné l'impression de voler.
Mais au moment où je me suis retrouvée devant ma maison, un sentiment désagréable m'a envahi.
L'odeur lourde et malaisante du sang humain autour de la maison.
Je me suis mise à trembler avançant lentement presque timidement vers la maison alors que la voix me disait que ce sang, je connaissais à qui il appartient et je sais aussi pourquoi il est si intense.
J'ai secoué la tête hurlant intérieurement à cette voix insidieuse de se taire car je ne voulais pas l'entendre mais elle continuait à me chanter à quel point j'avais agi de manière inconsidérée avec ma mère et que maintenant elle est à l'article de la mort.
_ c'est faux tu racontes des conneries.
J'avais crié alors que les passants me regardaient bizarrement. J'ai rougi de honte avant d'entendre à nouveau la voix parler.
Elle me disait que si je ne la croyais pas je n'avais qu'à aller vérifier moi-même. Mon coeur s'est serré dans ma poitrine et j'ai soupiré. Ça ne servait à rien de me disputer avec une voix imaginaire me donnant l'impression d'être folle en public alors je ferais mieux d'aller vérifier par moi-même.
Doucement j'ai grimpé les marches des escaliers avant de me retrouver sur la véranda de notre maison. J'ai inspiré et expiré un grand coup avant de tourner la poignée de porte insérant la clé que j'avais néanmoins eu du mal à retirer de ma poche.
J'ai été surprise de trouver la porte ouverte et j'ai senti que quelque chose n'allait vraiment pas.
Ma mère, même si ça m'a toujours semblé étrange gardait toujours la porte fermée avec elle à l'intérieur. Ce qui fait que j'avais toujours une clé sur moi même si ma mère était à la maison.
Mais aujourd'hui la porte était ouverte. J'ai avalé lourdement avant de me ressaisir, il ne fallait pas que je cède à la panique.
Je devais garder mon calme.
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