
Mes Caprices de Femme Milliardaire
Chapitre 2
Mais parmi tous, c'était Lucas Moreau, le nouveau venu, qui intriguait le plus Isabella. Dès son arrivée, il s'était distingué par son attitude réservée, presque distante. Il n'avait pas cette flamboyance qui caractérisait les autres, ni cette volonté apparente de plaire à tout prix. Lucas était différent. Il était grand, avec une carrure athlétique qui se devinait sous ses vêtements impeccablement taillés. Ses cheveux bruns étaient toujours coiffés avec soin, mais c'était son regard, d'un vert profond, qui attirait l'attention. Il avait cette façon de regarder les choses, les gens, comme s'il voyait au-delà des apparences, comme s'il cherchait à comprendre ce qui se cachait derrière les masques.
Isabella l'observait souvent de loin, fascinée par cette réserve qui le distinguait des autres. Il exécutait ses tâches avec une précision presque militaire, sans jamais se départir de son calme. Mais il ne cherchait jamais à attirer l'attention, ne se mettait jamais en avant. C'était comme s'il voulait rester invisible, passer inaperçu, et c'était justement ce qui rendait sa présence si énigmatique. Elle se surprenait à le suivre du regard, à guetter ses réactions, cherchant à percer ce mystère qui l'entourait.
Un jour, alors qu'il servait le déjeuner sur la terrasse ensoleillée, Isabella décida de briser la glace. Elle l'observait préparer la table, ses gestes mesurés, sa posture droite. Lorsqu'il s'approcha pour lui demander si elle souhaitait autre chose, elle le fixa droit dans les yeux, cherchant à lire quelque chose en lui.
« Lucas, d'où venez-vous ? » demanda-t-elle d'une voix douce, mais avec cette autorité sous-jacente qui ne laissait aucune place à l'évasion.
Il leva les yeux vers elle, surpris par cette question inattendue. Ses yeux verts rencontrèrent les siens, et pendant un bref instant, il sembla hésiter, comme s'il pesait chaque mot qu'il allait prononcer.
« Je viens d'une petite ville en Bretagne, Madame, » répondit-il finalement, son accent trahissant à peine ses origines. « Mais j'ai travaillé dans plusieurs endroits avant de venir ici. »
« Et qu'est-ce qui vous a amené à la Villa Davenport ? » poursuivit-elle, cherchant à percer cette armure qu'il portait avec tant de précaution.
Lucas resta silencieux un moment, comme s'il choisissait ses mots avec soin. « J'avais besoin de changement, » dit-il finalement. « Et l'opportunité s'est présentée. Je pensais que cet endroit me conviendrait. »
Isabella sourit, amusée par sa réponse évasive. Il était clair qu'il ne voulait pas en dire trop, qu'il gardait délibérément une distance. Mais loin de la décourager, cela ne faisait qu'attiser davantage sa curiosité.
« Je vois, » répondit-elle simplement, avant de détourner le regard vers l'océan, mettant fin à l'échange. Mais dans son esprit, elle continuait de réfléchir, de se demander qui était vraiment Lucas Moreau et pourquoi il tenait tant à garder ses secrets.
Les jours passèrent, et Isabella continua de l'observer discrètement, notant chaque détail, chaque petite particularité. Lucas travaillait en silence, sans jamais chercher à se lier aux autres. Il semblait à l'aise dans sa solitude, mais il ne montrait jamais la moindre trace d'amertume ou de tristesse. Il était là, présent physiquement, mais son esprit semblait ailleurs, comme s'il gardait toujours une certaine distance avec le monde qui l'entourait.
Un soir, alors que la villa se préparait pour une réception importante, Isabella surprit une conversation entre Lucas et Nicolas dans le hall d'entrée. Elle se tenait à l'étage, à l'abri des regards, et les écoutait discrètement. Nicolas, avec son sourire habituel, essayait d'engager la conversation avec Lucas, lui posant des questions sur ses précédents emplois, sur ses goûts, ses passions. Mais à chaque fois, Lucas répondait de manière évasive, coupant court à toute tentative de rapprochement.
« Tu es un mystère, Lucas, » dit finalement Nicolas avec une pointe de frustration dans la voix. « Tu ne laisses rien paraître. On dirait que tu portes un masque en permanence. »
« Et toi, Nicolas, tu portes ton sourire comme une armure, » répliqua Lucas d'un ton calme, mais avec une touche de défi. « Chacun a sa manière de se protéger. »
Nicolas le regarda, surpris par cette réponse. Un silence s'installa entre eux, lourd de sous-entendus, avant que Nicolas ne secoue la tête en souriant, comme pour mettre fin à la discussion.
Isabella, de son côté, était fascinée par cet échange. Elle comprenait enfin un peu mieux ce qui la troublait tant chez Lucas. Il n'était pas seulement réservé, il était également conscient de ses propres faiblesses et avait choisi de les masquer, tout comme elle le faisait. Il y avait en lui une profondeur qu'elle n'avait jamais vue chez les autres, une complexité qui le rendait d'autant plus intrigant.
Ce soir-là, après la réception, Isabella se retira dans sa chambre secrète, le visage de Lucas hantant ses pensées. Elle s'installait souvent dans cette pièce, seule, après les événements mondains, pour se ressourcer et retrouver son calme. Mais cette fois, ses pensées étaient ailleurs. Elle repensait à leur bref échange, à la façon dont il avait répondu à ses questions, à l'aura de mystère qu'il entretenait si soigneusement.
Elle se demanda si Lucas serait un jour capable de baisser sa garde, de lui montrer qui il était vraiment. Mais pour cela, elle savait qu'elle devait d'abord gagner sa confiance, trouver un moyen de l'approcher sans qu'il se sente menacé. Elle n'était pas certaine de pouvoir y parvenir, mais l'idée de relever ce défi l'excitait plus qu'elle ne voulait l'admettre.
Les jours suivants, Isabella multiplia les occasions de croiser Lucas, de l'observer, de chercher des indices sur ce qu'il cachait réellement. Elle sentait qu'il la surveillait également, qu'il n'était pas dupe de son intérêt pour lui. Mais il restait impassible, professionnel, ne laissant rien transparaître de ce qu'il pensait ou ressentait.
Un soir, alors qu'elle errait dans les jardins de la villa, Isabella aperçut Lucas seul, près de la fontaine. Il semblait perdu dans ses pensées, regardant l'eau couler avec une expression presque mélancolique. Elle hésita un moment avant de s'approcher, décidant finalement que c'était l'occasion parfaite pour engager une conversation plus intime.
« Lucas, » appela-t-elle doucement en s'approchant de lui.
Il se retourna, surpris de la voir, mais il se ressaisit rapidement, lui adressant un léger salut de la tête. « Madame, » répondit-il simplement.
« Vous aimez cet endroit ? » demanda Isabella en désignant la fontaine et les jardins autour d'eux.
« Il est... apaisant, » admit Lucas après un instant de réflexion. « On oublie presque le monde extérieur ici. »
Isabella sourit. « C'est ce que j'ai toujours aimé dans cette villa. Elle a le pouvoir de nous isoler, de nous protéger du reste du monde. Mais parfois, cet isolement peut aussi devenir une prison. »
Lucas la regarda,
Intrigué par ses paroles. « Vous vous sentez prisonnière ici, Madame ? »
Isabella soupira, se tournant vers la fontaine. « Parfois. Mais c'est un choix que j'ai fait. Tout comme vous avez choisi de venir ici, de vous isoler. »
Lucas resta silencieux, ses yeux fixés sur l'eau. Il semblait réfléchir à ce qu'elle venait de dire, pesant chaque mot.
« Parfois, on fait des choix qu'on ne comprend pas tout de suite, » murmura-t-il finalement, presque pour lui-même. « Mais on doit vivre avec les conséquences. »
Isabella le regarda, sentant pour la première fois une ouverture, un petit fragment de vérité dans ses mots. « Et quelles sont les conséquences de votre choix, Lucas ? »
Il tourna la tête vers elle, son regard vert plongé dans le sien. « Cela reste à voir, » dit-il simplement, avant de se détourner, mettant fin à la conversation.
Isabella le regarda s'éloigner, sentant une pointe de frustration, mais aussi d'excitation. Lucas Moreau était bien plus qu'un simple majordome. Il était un homme avec un passé, des secrets, et une profondeur qui le rendait fascinant. Elle savait qu'elle n'avait fait qu'effleurer la surface, mais elle était déterminée à en savoir plus. Peu importait le temps que cela prendrait, elle découvrirait ce qu'il cachait, qui il était vraiment.
Isabella se perdit dans ses pensées, se demandant jusqu'où ce jeu les mènerait, et quel serait le prix à payer pour découvrir la vérité. Mais au fond d'elle, elle savait déjà qu'elle était prête à tout pour percer le mystère de Lucas Moreau.
La nuit était tombée sur la Villa Davenport, enveloppant la demeure d'une obscurité silencieuse, seulement brisée par le murmure des vagues et le bruissement des feuilles dans le vent. La lune, haute dans le ciel, projetait une lueur argentée sur les murs de la villa, accentuant les ombres et les angles aigus de l'architecture moderne. Isabella se tenait devant la grande baie vitrée de sa chambre, observant la mer qui s'étendait à perte de vue. Elle aimait ce moment de calme, cet instant où la villa semblait enfin s'apaiser, se replier sur elle-même, loin du regard des autres.
Elle porta son verre de vin à ses lèvres, savourant le goût corsé du Merlot, tandis que ses pensées dérivaient vers Damien. Le plus ancien de ses majordomes, avec ses cheveux grisonnants et son assurance tranquille, lui offrait une compagnie qui, bien que silencieuse, était rassurante. Elle savait qu'elle pouvait compter sur lui, qu'il était à sa disposition, prêt à répondre à ses moindres désirs. Mais ce soir, ce n'était pas la conversation ou la compagnie qu'elle recherchait. C'était autre chose. Quelque chose de plus intime, de plus charnel.
Isabella posa son verre et se dirigea vers la table en bois sombre, où reposait un téléphone vintage. Elle effleura le cadran du bout des doigts, hésitant un instant. Puis, d'une décision rapide, elle décrocha le combiné et composa le numéro de Damien. Le téléphone ne sonna qu'une fois avant que la voix grave de Damien ne réponde, teintée de respect et de professionnalisme.
« Oui, Madame ? » dit-il, comme s'il s'attendait déjà à cet appel.
« Venez me rejoindre dans ma chambre, » ordonna-t-elle, sa voix ferme, mais légèrement adoucie par l'anticipation. Elle n'attendit pas sa réponse et raccrocha immédiatement, laissant un silence pesant s'installer dans la pièce.
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