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Couverture du roman Marié par convenance

Marié par convenance

Abandonnée le jour de ses noces par Lucas, Lucie, une institutrice discrète, voit son destin basculer. Pour échapper à l'humiliation, elle propose un mariage de convenance au milliardaire Adrien Delvaux, qui doit se marier pour toucher son héritage. Cet accord pragmatique se mue en un jeu dangereux mêlant secrets et désirs. Mais le retour de Lucas, prêt à tout pour saboter cette union, sème le chaos. Lucie saura-t-elle protéger son lien avec Adrien dont elle s'éprend ?
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Chapitre 1

La salle des mariages résonnait d'un silence lourd, presque assourdissant. Les invités, vêtus de leurs habits les plus élégants, se jetaient des regards furtifs, mêlant l'incrédulité au malaise. Lucie, debout dans sa robe blanche immaculée, sentait le sol se dérober sous ses pieds. Elle fixait Lucas, son fiancé, avec des yeux remplis d'incompréhension. Lui, pourtant, semblait étrangement serein, comme si l'onde de choc qu'il venait de déclencher n'avait aucune emprise sur lui.

« Je... Je suis désolé, Lucie, » répéta-t-il, la voix faussement contrite, presque mécanique. « Mais je ne peux pas faire ça. J'ai rencontré quelqu'un d'autre. »

Quelqu'un d'autre. Ces mots tournaient en boucle dans l'esprit de Lucie, comme une cloche brisée dont le son ne s'éteignait jamais. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit. Les murmures des invités enflaient autour d'elle, une vague qui menaçait de l'engloutir. Sa mère, assise au premier rang, avait les mains serrées sur son sac, le regard figé d'une statue.

Lucas ne sembla pas remarquer l'effet dévastateur de ses paroles. Ou peut-être s'en moquait-il. Il ajouta, comme une échappatoire, « C'est mieux comme ça, pour nous deux. Je te jure que tu comprendras un jour. »

Lucie cligna des yeux, essayant de retenir les larmes qui menaçaient de couler. Mais c'était peine perdue. Une larme solitaire roula sur sa joue, traçant un chemin cruel sur son maquillage soigneusement appliqué. Elle voulait hurler, le gifler, lui demander comment il avait pu... mais ses jambes tremblaient, et tout ce qu'elle réussit à faire fut de tourner les talons et de quitter la pièce en courant.

Elle ne savait pas combien de temps elle avait erré dans les rues de la ville. La robe, autrefois un symbole d'espoir, traînait maintenant dans la poussière, ses volants souillés par le bitume. Lucie finit par s'arrêter devant un petit hôtel aux rideaux défraîchis. Elle poussa la porte et demanda une chambre d'une voix éteinte, presque méconnaissable.

Dans la chambre, le silence pesait autant que son propre désespoir. Elle s'effondra sur le lit, les yeux fixés sur le plafond jauni. Tout semblait irréel, comme si elle regardait sa vie se dérouler à travers une vitre sale.

« Comment ai-je pu être aussi stupide ? » murmura-t-elle pour elle-même.

Elle repensa à Lucas. Les signes étaient-ils là, mais elle avait refusé de les voir ? Elle se remémora les nuits où il était rentré tard, les excuses qu'elle avait trouvées pour lui, les doutes qu'elle avait étouffés. Tout cela, pour quoi ? Pour se retrouver abandonnée, humiliée, devant des dizaines de personnes ?

Les heures s'étirèrent, chaque minute un supplice. À un moment, le bruit d'une dispute venant du couloir attira son attention. Une voix masculine, grave, résonnait, mêlant colère et frustration. Curieuse, ou peut-être simplement désireuse d'échapper à ses propres pensées, Lucie sortit de sa chambre. Elle suivit le bruit jusqu'à une salle de réunion à moitié ouverte.

À l'intérieur, un homme grand et impeccablement vêtu faisait les cent pas. Ses cheveux sombres étaient parfaitement coiffés, mais son expression trahissait une irritation profonde. Il tenait un téléphone à la main, qu'il balançait d'un geste impatient.

« Comment ça, elle ne vient pas ? » siffla-t-il dans l'appareil. « Elle sait ce qui est en jeu ! »

Lucie hésita. Elle aurait dû partir, retourner à sa chambre, mais quelque chose dans cet homme – sa colère contenue, sa voix autoritaire – l'attira. Elle fit un pas en avant, sans réfléchir, et la porte grinça légèrement.

L'homme se retourna brusquement, ses yeux d'un gris acier se posant sur elle.

« Qui êtes-vous ? » demanda-t-il, sa voix tranchante comme une lame.

Lucie balbutia, prise au dépourvu. « Je... Je suis désolée, je ne voulais pas vous interrompre. »

Il la dévisagea, son regard se durcissant encore davantage. « Alors pourquoi êtes-vous là ? Les curieux n'ont rien à faire ici. »

Ces mots, bien que prononcés avec froideur, firent naître une étincelle de rébellion en elle. Après tout ce qu'elle avait vécu aujourd'hui, elle ne voulait pas se laisser intimider par un inconnu.

« J'ai entendu du bruit, » répondit-elle, en se redressant légèrement. « Et franchement, vous n'avez pas l'air de vivre votre meilleure journée non plus. »

Un silence tendu s'installa entre eux. L'homme plissa les yeux, comme s'il tentait de deviner ce qu'elle faisait là, vêtue d'une robe de mariée déchirée, les cheveux en désordre.

« Vous avez raison, » dit-il finalement, avec un soupçon d'ironie dans la voix. « Ce n'est pas ma meilleure journée. Mais je doute que cela vous concerne. »

Lucie haussa les épaules, un sourire amer sur les lèvres. « Vous seriez surpris. Je crois qu'aujourd'hui est une journée de merde universelle. »

Le coin de la bouche de l'homme tressaillit, presque imperceptiblement. Mais il ne répondit rien, se contentant de la fixer avec intensité.

Elle se sentit soudain mal à l'aise sous son regard, comme si cet étranger voyait à travers elle, lisait ses pensées les plus sombres.

« Je vais y aller, » murmura-t-elle, reculant d'un pas.

« Attendez. »

Sa voix la stoppa net. Elle tourna la tête, hésitante.

« Vous êtes venue ici pour une raison, » dit-il, plus doucement cette fois. « Alors, autant me la dire. »

Lucie le regarda, ses yeux croisant les siens. Pour la première fois de la journée, elle se sentit vue, réellement vue, par quelqu'un. Elle ouvrit la bouche, prête à répondre, mais une pensée la traversa. Qui était cet homme, et pourquoi avait-elle l'impression qu'il était aussi perdu qu'elle ?

La lumière crue des néons éclairait la salle où Lucie se tenait toujours, immobile. L'homme devant elle, imposant dans son costume parfaitement taillé, semblait mesurer chaque mouvement, chaque mot qu'il prononçait. Sa voix était grave, presque coupante, et pourtant il dégageait une assurance troublante. Adrien Delvaux. Ce nom s'était glissé dans leur échange plus tôt, jeté négligemment par le ton cassant d'un assistant venu lui remettre des papiers avant de disparaître.

Lucie se tenait droite, même si tout en elle voulait se replier sur elle-même. Sa journée avait été un désastre monumental, mais ce type, avec son attitude condescendante, allait peut-être réussir à l'enfoncer encore plus.

« Alors, » dit-il finalement, en croisant les bras. « Qu'est-ce que vous voulez ? Je n'ai pas toute la nuit. »

Lucie haussa les sourcils, ses joues brûlant d'un mélange de gêne et de colère. « Pardon ? Vous croyez que j'ai débarqué ici pour votre petit show dramatique ? »

Il arqua un sourcil, visiblement peu habitué à ce qu'on lui réponde sur ce ton. « C'est pourtant ce que vous faites. Vous êtes là, dans votre robe de mariée... déchirée, » ajouta-t-il en désignant d'un geste son ourlet abîmé, « et vous écoutez aux portes. »

Un rire amer échappa à Lucie. « Désolée, je ne savais pas que j'avais atterri dans un mauvais feuilleton. »

Adrien ne répondit pas tout de suite. Il la scrutait, comme s'il essayait de comprendre pourquoi elle était là. Ce silence la rendait nerveuse, mais elle n'était pas prête à reculer. Elle croisa les bras, imitant son attitude, bien que son cœur battait la chamade.

« Très bien, » finit-il par dire. « Puisque vous semblez si fascinée, autant que vous sachiez. Ma... partenaire devait être ici pour finaliser un contrat. Mais elle a décidé qu'il valait mieux disparaître. Alors maintenant, je suis coincé. »

« Un contrat ? » Lucie plissa les yeux. « Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? »

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