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Couverture du roman Mariage Froid, Destin Tragique

Mariage Froid, Destin Tragique

Enceinte de huit mois, Camille subit l'innommable. Sous l'influence d'une mère superstitieuse, son fiancé Marc ordonne l'interruption brutale de sa grossesse pour chasser le mauvais sort. Tandis qu'ils célèbrent cette tragédie, Camille perd ses jumeaux. Accusée d'infidélité avec son ami Jean-Luc et remplacée par la perfide Chloé, elle est humiliée puis forcée de signer de faux aveux. Brisée et mourante, son dernier souffle porte une promesse de vengeance contre ceux qui l'ont détruite.
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Chapitre 2

La pièce était froide, imprégnée d'une odeur d'antiseptique et de peur. J'étais allongée sur un lit qui n'était pas le mien, dans une chambre d'amis transformée en salle d'opération improvisée. J'étais enceinte de huit mois, mon ventre rond et lourd contenait deux vies, mes jumeaux, mes bébés.

Marc, mon fiancé, se tenait près de la porte, son visage beau et autrefois aimant était maintenant un masque de froide détermination. À côté de lui, sa mère, Madame Dubois, me regardait avec un mépris glacial. C'était une femme élégante, toujours vêtue de soie et de bijoux, mais ses yeux étaient durs comme de la pierre.

« L'astrologue a été très claire, Camille », dit Madame Dubois, sa voix tranchante comme du verre brisé. « Ces enfants sont des énergies négatives. Ils vont ruiner la carrière de Marc, détruire tout ce que nous avons bâti. »

Une sage-femme, une femme au visage inexpressif que je n'avais jamais vue, préparait des instruments sur une table en métal. Le bruit qu'ils faisaient en s'entrechoquant me donnait la nausée.

Mes larmes coulaient sans que je puisse les retenir, brouillant ma vision.

« Marc... »

Ma voix n'était qu'un murmure brisé.

« S'il te plaît, ne fais pas ça. Ce sont nos enfants. Nos bébés. »

Il a détourné le regard, incapable de me faire face. C'était sa mère qui a répondu.

« Des enfants ? Ce sont des malédictions. Des obstacles. Marc est destiné à de grandes choses, et nous ne laisserons pas des superstitions de bas étage tout gâcher. »

L'ironie de ses mots m'a frappée, mais je n'avais pas la force de rire. C'est elle qui était obsédée par les prédictions d'une charlatan.

« Marc, regarde-moi. »

J'ai essayé de me redresser, mais la peur et la faiblesse me clouaient au lit.

« Tu te souviens quand on les a sentis bouger pour la première fois ? Tu avais posé ta main sur mon ventre et tu avais pleuré de joie. Tu avais dit que c'était le plus beau jour de ta vie. »

Il a finalement tourné la tête vers moi, et j'ai vu une lueur de douleur dans ses yeux, une fissure dans son masque de froideur. Mais elle a été rapidement effacée par le regard d'acier de sa mère.

« Assez de sentimentalités, Marc. Pense à ton avenir. À ton entreprise. »

La sage-femme s'est approchée de moi. J'ai commencé à me débattre, à essayer de repousser ses mains.

« Non ! Ne me touchez pas ! Laissez-moi tranquille ! »

Marc a fait un pas en avant, et pour une seconde, j'ai cru qu'il allait m'aider. Mais il a simplement fait un signe de tête à la sage-femme.

« Faites ce que vous avez à faire. Et faites-le vite. »

Puis il s'est retourné et a quitté la pièce, suivi de près par sa mère. La porte s'est refermée derrière eux avec un clic sonore qui a scellé mon destin.

J'ai crié, un son primal de désespoir et de rage. La sage-femme m'a maintenue fermement. Je l'ai suppliée, j'ai pleuré, mais elle est restée impassible, son visage vide de toute émotion.

La douleur a commencé, aiguë et insupportable. C'était une agonie qui n'était pas seulement physique. C'était mon cœur qui se déchirait, mon âme qui se brisait. Je pouvais entendre, à travers les murs, le son étouffé d'un bouchon de champagne qui saute.

Ils célébraient.

Marc et sa mère célébraient la « purification » de leur avenir pendant que je perdais mes enfants.

La douleur était si intense que j'ai cru que j'allais mourir. Et peut-être qu'une partie de moi est morte à ce moment-là. Quand tout fut terminé, le silence dans la pièce était assourdissant. La sage-femme a rangé ses affaires, a pris son argent sur la commode et est partie sans un mot.

Je suis restée seule, dans le silence et le froid. Mon ventre était vide. Terriblement vide. Une douleur sourde et constante avait remplacé les petits coups de pied que j'aimais tant.

Plus tard, Madame Dubois est entrée. Elle ne m'a pas regardée. Elle a posé un bol de soupe fumante sur la table de chevet.

« Bois ça. C'est une potion pour chasser les mauvais esprits. Il faut purifier ton corps maintenant. »

L'odeur était écœurante, un mélange d'herbes amères. La simple vue de ce liquide sombre me donnait envie de vomir.

« Je n'en veux pas. »

Ma voix était rauque, à peine audible.

Elle a soupiré, exaspérée.

« Ne sois pas idiote. C'est pour ton bien. »

Elle a pris le bol, a saisi ma mâchoire d'une main et m'a forcé à boire. Le liquide brûlant a coulé dans ma gorge, me laissant un goût de cendre et de défaite. J'étais trop faible pour résister.

Cette nuit-là, allongée dans mon lit souillé, j'ai commencé à avoir de la fièvre. Mon corps tremblait, et mon esprit dérivait. J'ai vu deux petites lumières flottant près du plafond. Elles étaient chaudes et réconfortantes. J'ai tendu la main vers elles.

« Mes bébés... »

Je savais que c'était eux. Ils étaient venus me dire au revoir. J'ai pleuré doucement jusqu'à ce que l'épuisement me submerge et que je sombre dans un sommeil sans rêves, un vide aussi profond que la perte que je venais de subir. Je n'étais plus qu'une coquille vide, hantée par les fantômes de ce qui aurait dû être.

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