Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Manon, Mon Double Maléfique

Manon, Mon Double Maléfique

Jeanne Dubois succombe au poison de sa colocataire Manon, qui simule un suicide pour lui voler son admission dans une école de mode milanaise. Cependant, un miracle survient : Jeanne se réveille un an plus tôt. Face à celle qui a tout fait pour copier sa vie et la détruire par jalousie, la jeune femme ne sera plus la victime naïve d'autrefois. Forte de ses souvenirs, elle entame une lutte acharnée. Sa seconde chance a sonné : l'heure de sa vengeance stylée a enfin commencé.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Le bureau de Monsieur Dupont, le directeur des études, était exactement comme dans mes souvenirs. Des étagères remplies de livres qu'il n'avait jamais lus, un bureau en bois massif pour se donner une impression d'importance, et cette odeur de café froid et de suffisance.

Quand je suis entrée, Manon était déjà là, assise sur une chaise, le dos voûté, sanglotant doucement dans un mouchoir. C'était une scène qu'elle avait répétée des dizaines de fois dans ma vie précédente, et elle la maîtrisait à la perfection.

Monsieur Dupont m'a regardé par-dessus ses lunettes, son visage empreint d'une grave déception.

« Mademoiselle Dubois, asseyez-vous. »

Sa voix était lourde de reproches. J'ai obéi sans un mot, m'asseyant sur la chaise à côté de Manon, qui a immédiatement reculé comme si j'étais contagieuse.

« Manon vient de me raconter une histoire très troublante, » a commencé Dupont. « Elle m'a dit que vous l'aviez humiliée publiquement ce matin, concernant ses vêtements. Est-ce vrai ? »

« J'ai simplement souligné qu'elle portait des contrefaçons, » ai-je répondu calmement.

Les sanglots de Manon ont redoublé d'intensité.

« Elle m'a traitée de menteuse... devant tout le monde... » a-t-elle gémi. « Juste parce que je ne suis pas riche comme elle. »

Monsieur Dupont a soupiré, un soupir théâtral destiné à me faire sentir coupable.

« Jeanne, » a-t-il dit, enlevant ses lunettes et se frottant les yeux. « Vous devez comprendre. Manon est une de nos étudiantes les plus méritantes. Elle est ici grâce à une bourse. La vie n'a pas été facile pour elle. Elle travaille dur pour s'en sortir. »

Il a fait une pause, me fixant avec insistance.

« Vous, d'un autre côté, venez d'une famille... aisée. Vous n'avez pas ces soucis. Un peu de compassion, de gentillesse, ne serait pas de trop. L'humilier pour une histoire de robe, n'est-ce pas un peu... cruel ? »

C'était du chantage moral pur et simple. Le même discours que j'avais entendu tant de fois. La pauvre petite boursière contre la méchante riche. L'image qu'il avait d'elle était celle qu'elle avait soigneusement construite.

Je n'ai pas répondu tout de suite. J'ai sorti mon téléphone de mon sac. J'ai cherché un numéro dans mes contacts et j'ai appuyé sur "appeler". Le son du haut-parleur a rempli le silence du bureau.

« Allô, Papa ? »

La voix de mon père, calme et posée, a répondu. « Jeanne, ma chérie. Tout va bien ? »

« Oui, tout va bien, » ai-je dit, mon regard ne quittant pas Monsieur Dupont, dont l'expression commençait à changer. « J'ai juste une petite question. Concernant le don que tu envisageais de faire à l'université pour la nouvelle aile du département de design... Est-ce que c'est toujours d'actualité ? »

Le visage de Dupont est passé de la contrariété à l'incrédulité. Il connaissait tous les gros donateurs potentiels, mais mon nom de famille, Dubois, était courant. Mes parents avaient toujours été discrets, ne cherchant jamais les feux des projecteurs.

« Le don ? Oui, bien sûr, » a répondu mon père. « Le conseil d'administration doit justement voter là-dessus la semaine prochaine. Pourquoi cette question ? Il y a un problème ? »

« Non, non, pas du tout, » ai-je dit avec un petit sourire. « Juste un petit souci avec le directeur des études, un certain Monsieur Dupont. Il semble penser que ma présence ici est un problème. Je me demandais si, peut-être, notre don serait mieux utilisé dans une autre institution. L'école de Milan, par exemple, semble très accueillante. »

Un silence de mort s'est installé. Manon avait arrêté de pleurer, ses yeux grands ouverts fixés sur moi. Monsieur Dupont était devenu livide. Il transpirait.

Au même moment, son téléphone de bureau a sonné. La sonnerie stridente a brisé la tension. Il a décroché d'une main tremblante.

« A-allô ? Monsieur le Doyen... Oui... Oui, elle est dans mon bureau... La fille de Monsieur Dubois ? Le... le donateur ? Non, non, bien sûr que non... C'était un simple malentendu... Oui, je vais régler ça immédiatement. Absolument. »

Il a raccroché, le visage en sueur. Il m'a regardé comme s'il me voyait pour la première fois. La supériorité avait disparu, remplacée par une panique servile.

« Mademoiselle... Dubois, » a-t-il bégayé. « Je... je suis profondément confus. Je ne savais pas... Il y a eu une terrible méprise. »

Manon, réalisant que le vent avait tourné, a immédiatement changé de visage. Elle s'est levée et s'est approchée de moi, tentant de prendre ma main.

« Jeanne, je suis désolée, » a-t-elle dit, sa voix redevenant mielleuse. « J'ai dû mal interpréter tes paroles. J'étais juste stressée. On est amies, n'est-ce pas ? On peut oublier tout ça. »

Je me suis levée, retirant ma main de son contact comme si elle était brûlante.

« Premièrement, » ai-je dit, ma voix glaciale, m'adressant à Dupont. « Je ne veux plus jamais partager ma chambre avec cette personne. Trouvez-lui un autre logement. Immédiatement. »

« Oui, bien sûr, Mademoiselle Dubois. Tout de suite. »

« Deuxièmement, » ai-je continué, mon regard se posant sur Manon dont le visage se décomposait. « Nous ne sommes pas amies. Et nous ne le serons jamais. »

Puis, je me suis retournée et j'ai quitté le bureau, sans un regard en arrière. Je les ai laissés là, dans le silence de leur propre hypocrisie. J'avais gagné la première bataille. Mais la guerre était loin d'être terminée. Je devais déménager de notre appartement commun au plus vite. Ce n'était plus un endroit sûr.

---

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Accro à ma femme à double visage
8.4
Julien imaginait protéger Kelsey, une épouse qu'il croyait vulnérable. Pourtant, la jeune femme se révèle être une combattante redoutable, multipliant les altercations violentes avec l'entourage de son mari. Malgré l'exaspération face à ses provocations, Julien reste sous son charme. La situation bascule lorsqu'elle s'enfuit avec leur enfant. Prêt à tout pour la retrouver, il réalise qu'il est incapable de la laisser partir. Cette obsession dévorante le sauvera-t-elle ?
Couverture du roman Brûlée par le poison, sauvée par le diable
8.1
Héritière de la mafia de Chicago, Avery est trahie par sa cousine Hailey qui l'empoisonne avec un aphrodisiaque mortel. Pour survivre à cette fièvre, elle s'unit à Demetrius Maddox, le redoutable Don surnommé le Diable, trouvé par hasard. Alors que sa famille jubilait de sa chute, Avery refuse de subir leur cruauté. Elle obtient les aveux de sa rivale par la force et propose un pacte sombre à Maddox : devenir son remède en échange du pouvoir d'anéantir les siens.
Couverture du roman Héritière Trahie : La Duperie d'un Mari
8.9
Après quatre ans de captivité, l'héritière Alix de Courcy retrouve les siens, mais découvre son fiancé et son frère sous l'influence totale de sa sœur adoptive, Bérénice. Rejetée et brutalisée, Alix est renvoyée par sa propre famille dans l'enfer de ses ravisseurs. Pour démasquer la manipulation de Bérénice, elle filme leurs trahisons grâce à un médaillon caché. Dans un geste ultime, elle incendie le camp et se jette d'une falaise, léguant les preuves de leur cruauté.
Couverture du roman La fille oubliée de la Mafia est de retour
9.0
Incarcérée injustement durant sept ans à la place de sa sœur, une jeune femme est enfin libérée par son ex-fiancé. Loin de la secourir, cet homme glacial l'abandonne dans une cabane insalubre pour rejoindre sa rivale. Alors que sa propre mère complote pour l'exiler définitivement dans un couvent, la paria découvre un mystérieux message sur un vieux téléphone. Le Syndicat des Cimes lui propose une évasion sous dix jours. Sa vengeance contre ceux qui l'ont effacée commence.
Couverture du roman Le Jeune Maître et sa Prisonnière
8.2
Face au silence de sa protégée, Daniel exige la vérité. Lorsqu'il apprend que M. Renaud est le coupable, sa fureur éclate. Dans une atmosphère glaciale, il convoque l'homme en pleine nuit pour lui infliger un châtiment sanglant, affirmant violemment sa propriété. Parallèlement, en 1778 à Bonelake, la jeune Perry attend sous un déluge avec ses tuteurs. Orpheline recueillie par son oncle et sa tante, elle vit dans la précarité d'un commerce de légumes déclinant, suspendue à une mystérieuse rencontre.
Couverture du roman Les Chroniques de la Rédemption
8.2
Au cœur de terres isolées, la sorcière Malgar impose un règne de terreur. Pour délivrer son ami Luc, captif d'un sortilège, le jeune Victor entame un périple périlleux. Entre trahisons et monstres, il guide un groupe instable vers un artefact sacré. Cette quête de rédemption exige d'immenses sacrifices lors d'un duel final épique. Bien que la victoire soit coûteuse, la défaite du mal libère le village, érigeant Victor et Luc en légendes dont l'amitié incarne l'espoir.