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Couverture du roman Ma vie, mes choix

Ma vie, mes choix

Imaginez un instant que les dynamiques habituelles s'inversent totalement. Dans ce récit moderne, les conventions sociales volent en éclats pour laisser place à une expérience inédite : l'inversion des rôles. Comment évoluent les relations quand les attentes traditionnelles sont bousculées ? Entre doutes et découvertes, cette romance explore une nouvelle manière de s'aimer et de se comprendre, où chaque décision redéfinit l'équilibre du couple au quotidien.
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Chapitre 1

Chapitre 1

Je dors paisiblement quand je sens une main sur moi. Je sais à qui elle appartient mais je préfère l’enlever de la façon la plus indélicate possible. Où il s’est cru lui ? On a beau être marié, le sexe on le mérite.

Une petite mise au point s’impose.

Moi c’est Souadou Ly, mariée depuis 5 ans, sans enfant. Heureuse de ne pas en avoir conçu car si la situation actuelle de mon mari ne s’arrange pas, je doute que ce mariage survive. Quand certains ont fait un mariage d’amour, moi j’ai opté pour un mariage de raison. Quand la raison se fait désirer, rien d’autre ne nous reste.

Je ne sais pas si avec plus de temps j’aurais aimé mon mari. J’avoue 5 ans c’est quand même long donc plus de temps, ça parait difficile. Je me suis habituée à lui, sa présence, son odeur, ses petites attentions. Je dois aussi préciser qu’il est plutôt beau garçon. Même si quand j’ai accepté de l’épouser, ma seule motivation était son compte en banque ; il est quand même beau garçon. Mon amour pour l’argent ne sera jamais une raison assez suffisante à mes yeux pour je me fasse un gros dégoûtant.

Revenons à sa situation. Il semblerait qu’il ait fait de mauvais placement, une grosse affaire qui devait marcher mais qui a échoué. Et en tant que bon joueur de poker, cet idiot a tout misé et c’est ainsi qu’il a tout perdu. Non seulement il a tout perdu mais en plus il a eu des dettes. Qui dit dette, dit paiement, ce qui l’a obligé à vendre notre maison et a loué ce petit appart.

Ma mère, pauvre maman. Elle a été obligée de retourner chez mon père. Vous connaissez ces vieux qui gagnent le vie grâce au gorgorlou(débrouillard), je vous ai décrit mon père. Et en en plus de ne pas avoir un rond en poche, ce vieux se paye le luxe d’être polygame, 3 femmes. Je suis sûre que mes tantes ont dû se moquer quand ma mère est revenue. Rien que d’y penser, j’ai les larmes aux yeux.

Quand je me suis mariée, je pensais que plus jamais je ne connaitrais ça. Je savais depuis petite que j’allais me marier avec un homme riche. J’ai fait du mbarane en même temps que j’ai eu mon premier flirt. L’amour est un sentiment que je préfère éviter. Dites-moi si vous savez ce que c’est d’avoir faim avant de me juger.

J’ai pas fini mes études, à quoi bon ? Quand on a un mari riche, on a pas besoin de travailler. J’ai fait le bac 2 fois, j’ai échoué et après je me suis mariée.

Tout ce que je vois aujourd’hui est que ce mariage était une erreur. J’ai été trop pressée et j’ai sauté sur le premier mec riche qui a voulu de moi. Il s’avère que cet homme était un con, qui a fait faillite.

Ça s’est passé il y a quelques semaines et j’ai toujours autant de mal à réaliser.

Il m’a obligé à vendre ma voiture et il me donne pas assez d’argent pour pouvoir prendre un taxi. Je suis à nouveau réduite aux transports en commun. Si on m’avait dit que je revivrai ça, il y a cinq ans j’aurai dit que c’est impossible.

Il me dit que la situation va s’améliorer mais avec ce qui se passe, j’ai un doute.

Il voulait que je vende mes bijoux. Evidemment que j’ai refusé, il est malade ou quoi ? Déjà que vendre la voiture m’est passée de travers alors mes bijoux, plutôt mourir.

Je ne sais pas ce qui se passera les prochains jours. Je sais juste que si je me suis mariée avec lui c’est pour éviter la vie que j’avais si je dois y retourner, je passerai forcement à autre chose.

*****

Le bruit de la chasse d’eau me réveille. Djily qui prend sa douche mais je m’en fiche. Je me niche encore plus sous la couette.

Je ne suis pas arrivée à me rendormir alors je l’entends faire du bruit jusqu’à ce que je sens sa main sur moi.

-Soua, Soua… Dit-il alors que je l’ignore.

-Bébé, bébé do diok défaralema ndéki (Pourrais-tu te lever pour faire mon petit-déjeuner ?).

Je fais descendre la couette et je vois un sourire naitre sur son visage. Malheureusement il sera de courte durée.

-La porte de la cuisine est juste devant celle du salon.

Aussitôt dit, je me retourne pour me mettre dos à lui.

-C’est ce que tu me réponds ?

Je préfère l’ignorer et essayer de me rendormir. Il n’a qu’à se prendre une bonne. Il n’a que ce qu’il mérite.

Peu de temps après j’entends le bruit de la serrure de la porte me montrant qu’il est parti.

J’essaie de me rendormir car je dois me lever bientôt, maman a prévu de venir passer la journée ici pour voir comment j’allais.

*****

Je suis réveillée, j’ai pris ma douche et je suis habillée d’un « taille-basse wax ». Pour décrire brièvement l’endroit dans lequel je vis maintenant, c’est un petit appart comme on en voit souvent : une chambre, un salon, une salle de bain et une cuisine. Le minimum nécessaire, quoi… Djily a conservé quelques meubles et a vendu le reste. Je suis au moins contente qu’il ait conservé le salon en cuir et le mobilier de ma chambre à coucher. Quitte à vivre dans cet endroit, au moins qu’il le rende agréable.

J’ai déjà pris mon petit déjeuner dans le salon et je suis dans la cuisine en train de préparer le repas en attendant que ma mère arrive. Si mon mari avait loué un appart de 2 chambres, elle serait avec nous. Ma mère ne mérite pas vraiment d’être retournée dans le taudis de mon père.

C’était ce que j’avais demandé Djily, mais il a refusé en disant que j’étais la seule qui était à sa charge. Comment a-t-il pu me dire ça ? C’est de ma mère qu’il s’agit.

******

Je vais ouvrir quand j’entends sonner.

-Assala maleykoum…Salue maman.

Je réponds à sa salutation et l’invite à entrer. On s’assoit toute les deux dans le salon, l’une à côté de l’autre.

-Comment tu vas ??? Questionne maman.

-On fait aller.

-Quartier bi tanéna dé. Au moins c’est calme.

-Maman, tu vas pas dire ça. La banlieue même calme reste la banlieue. J’avais dit à Djily que je voulais pas dépasser le pont de Patte d’oie mais il s’en fiche.

-Je te comprends ma fille. C’est vrai que l’écart est assez grand entre là où vous viviez et là où vous vivez maintenant.

-Si Djily n’était pas un abruti, on serait encore dans notre maison. C’est pour ça que je lui en veux. Il a agi sans réfléchir.

-Il est où même ? Puis qu’il a perdu son entreprise, il devait être au chômage forcé.

-D’après ce qu’il m’a dit, Ismaïla lui a donné un travail. Je suis réduite à être mariée à un employé. Non Djily mérénako torope. (Je lui en veux beaucoup.)

-Que comptes-tu faire ?

-Je ne sais pas. Il dit que c’est juste temporaire.

-Tu crois ?

-Bien sûr que non. La dernière fois, il m’a demandé de vendre mes bijoux.

-REFUSE.

-Tu me connais, non ? Tu sais bien que j’ai refusé. Les bijoux sont tout ce qui me reste.

-Recadre-le dal. Là on dirait qu’il ne connait plus les limites.

-Vraiment… Je vais aller jeter un coup d’œil à ma marmite…Dis-je en me levant.

-Je vois que t’as pas encore eu de bonne.

-T’as vu ? Mais j’ai été claire avec Djily, je vais en prendre bientôt. Je suis pas une domestique.

Ma mère me sourit alors que je vais à la cuisine pour finir de préparer avant de revenir dans le salon.

-Le repas sera bientôt prêt. Comment vont Abou et Bathie ?

-Ils vont bien. Abou en ce moment, je ne sais même pas s’il pourra continuer ses études.

-Pourquoi ça ?

-C’est Djily qui réglait ses mensualités et puisqu’il est ruiné maintenant. Je ne sais pas qui va payer pour ton frère.

-Ne t’inquiète même pas pour ça. Si Djily est ruiné, il a encore un travail. Il payera pour lui.

-Donc naigne sant yalla (Rendons grâce à Allah). Au moins ton mari n’a pas tout perdu.

-Il a pas tout perdu mais c’est tout comme.

Je me lève pour servir à manger avant de revenir dans le salon.

Après le repas, je prépare son thé à ma mère. Elle y tient à son tasse de thé.

-Maman, tu ne m’as pas raconté ce qui s’est passé quand t’es retournée à la maison.

-Tu peux imaginer. Ses pestes n’ont pas raté l’occasion de me rire au nez mais tout ceci est la faute de ton père.

-Ne me parle pas de lui. Il m’a appelé hier pour me demander de l’argent.

-Comment ça ? Il sait bien la situation actuelle de ton mari.

-Bien sûr mais c’est papa.

-Qu’est-ce que tu lui as dit ?

-La vérité que j’en avais pas. Je te promets en ce moment je n’ai qu’un billet de 10.000 dans ma pochette.

-Je te crois mais Djily doit t’en donner plus.

-Je ne sais pas encore combien il gagne mais d’après lui il doit se reconstruire donc on doit faire des économies. Il est sérieux, lui ?

-Je vois.

-Non mais… Même au Lycée, je traînais avec plus de 10000 dans ma pochette. Je me suis pas mariée pour voir ma situation empirée.

-C’est pas un conseil que je dois te donner mais tu peux divorcer.

-J’y pense dé.

-Tu n’as pas d’enfant alors rien ne te lie à ton mari.

-Rien du tout. Mais je ne suis pas bête hein. Je vais pas divorcer sans être sûre d’avoir nouveau mari. Si Djily s’est appauvri, il me donne un toit au-dessus de ma tête.

-Et ne pense surtout pas à retourner dans la maison familiale.

-Jamais. Je préfère mourir que de partager à nouveau la même chambre que mes démi-sœurs.

-En parlant d’elles, Daba se marie.

-Daba. Avec qui ?

-Il parait que c’est un professeur.

-Daba travaille toujours dans le salon de coiffure avec sa bande de commères ?

-Oui. Tu sais déjà que tu peux pas y aller n’importe comment ?

-Alors ça maman, ne t’inquiète même pas.

-Demande à Djily de te donner assez d’argent pour ta tenue, ta coiffure, l’argent pour les cadeaux et aussi pour les griots. J’ai entendu sa mère hier et elles comptent faire une grande fête.

-Mais avec quel argent ? C’est pas papa qui va le leur donner.

-Sa mère participe à plusieurs « natteu » Je pense qu’on va la tirer et elle récupérera l’argent. Je crois qu’elle peut faire beaucoup avec ça. Yow dal, tu sais ce qui te reste à faire.

-Djily à chaque fois que je lui demande, il me dit qu’il a pas.

-Ah t’as pas le choix. Tu peux pas y aller n’importe comment. Le bruit que ton mari a tout perdu a déjà fait le tour et tu sais bien que nos ennemies en ont profité pour se moquer de nous. Tu dois te servir de cette cérémonie pour montrer à tout le monde que tu es ma fille et que tu es toujours dans le coup.

-Oui t’as raison.

-T’es une femme, chérie. A toi de voir comment faire pour convaincre ton mari. Et même le mariage est dans 3 semaines, ce qui te laisse du temps.

Avant que je ne réponde à ma mère, mon portable sonne.

-C’est Daba…Dis-je à ma mère avant de décrocher.

-Allo ma sœur… Dis-je avec un sourire plus faux que des seins siliconés.

-Allo, comment tu vas ?

-Je vais bien et toi ?

-Je vais bien. Je voulais t’appeler plus tôt mais j’étais tellement occupée. Comment va Djily ? Ay yow, quand on m’a dit ce qui s’est passé, j’étais très triste.

Triste ? Mon c*l wé… Quelle menteuse !!!!

-T’as vu hein. Mais c’est juste temporaire.

-Oui espérons. En fait, je t’appelle pour te dire que je me marie… Dit-elle comme si elle allait épouser le président de la république.

-Ah, quelle bonne nouvelle !!!

-Oui, je suis aux anges.

-Quand ça ?

-Dans trois semaines.

-Je compte venir à la maison ces temps-ci. Je compte sur toi pour tout me raconter et ça dans les détails.

-Tu es ma grande sœur chérie et je n’ai que toi. Tu vas venir rek gnou def rathie.

-Ok à bientôt.

-Bye.

Je raccroche.

-Elle m’appelait juste pour le mariage.

-Oui, sa futur belle famille était venue hier pour l’argent de la dote.

-Et combien elle a reçu ?

-300000 frs.

-Aussi peu. Son futur mari est un radin. C’est un professeur, non.

-Oui c’est un professeur mais il est aussi soutien de famille en tant que l’ainé. Donc tu peux imaginer que tout son argent se dépense dans les frais de la maison. Je sais pas pourquoi Satou a accepté ce mariage. Si c’était toi j’aurais jamais accepté.

-Moi-même je ne me mettrais jamais avec un type pareil. C’est sûr qu’elle va travailler pour leur donner.

-Tu m’as pas dit comment ta belle-famille vivait la nouvelle situation de ton mari.

-Je ne sais pas. Nos relations n’ont jamais été très bonnes. Ma belle-mère n’est qu’une vielle chouette.

-Comment elle en voulait à ton mari quand j’ai aménagé chez vous… Sourit ma mère.

Je vous promets, elle avait fait une crise.

-Elle a fini par s’y habituer.

*****

Après quelques heures à parler et à regarder la télé, ma mère est partie. Elle voulait voir Djily mais il a trop tardé à rentrer.

Ma mère partie, j’étais devant la télé mais sans vraiment m’y concentrer. Je pensais plutôt à comment faire pour que mon mari me donne de l’argent. Par argent, j’en entendais beaucoup. Se ruiner l’a rendu vraiment très radin, trop radin même.

Peu de temps après Djily est rentré et sans me faire prier, je vais lui servir son repas. Ma serviabilité et ma bonne humeur l’ont surpris même s’il n’a rien dit.

Après avoir mangé, il prend la parole.

-J’ai du mal à suivre. Ce matin, tu m’as parlé froidement comme si j’étais responsable de tous les maux du monde et là je sais pas, tu redeviens la femme que j’ai épousé.

Je me déplace pour me mettre sur ses genoux. Je lui fais un bisou et je commence lui faire des papouilles.

-J’ai tout simplement compris qu’en ce moment t’avais vraiment besoin de ta femme et que je devais faire en sorte de rendre ta vie le plus agréable possible. Où tu veux pas ?

-Bien sûr que oui.

-Maman est passée aujourd’hui.

-Comment elle va ?

-Elle est triste de ne pas être avec moi mais ça va.

-Je te promets que je suis vraiment désolé de tout ce qui se passe en ce moment.

-Tu sais comment tu vas me montrer que tu es vraiment désolé ?

-Comment ?

-En fait, Daba se marie.

-Daba, ok.

-Qui dit mariage, dit que les gens ne peuvent pas y aller n’importe comment alors…

-Je sais où tu veux en venir mais je peux pas.

-Comment ça tu ne peux pas ?

-Je n’ai pas quelque chose à te donner. En ce moment, je dois économiser.

-Tu rigoles, j’espère ?

-Bébé, tu as tellement d’habits que tu n’as jamais mis.

-Même si je ne les ai jamais mis ils sont vieux.

-Mais personne ne les a vu.

-Je m’en fiche je veux acheter une nouvelle tenue.

-C’est pas que je ne veux pas mais que je ne peux pas. Peux-tu comprendre ça ?

-Non je ne peux pas. Mais tu sais quoi ??? Dis-je en me levant… Comme que tu as décidé de faire ce que tu veux, moi aussi je ferai ce que je veux. Après, on assumera ensemble les conséquences.

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