
L'Ultime Survie : Mon Mari Homme-Bête, ultime Rempart
Chapitre 2
J'ai tourné mon regard vers Thierry, le Phénix blotti sur lui-même. La pauvre créature tremblait depuis son éclosion, et ce n'était qu'en entendant Annick réclamer Éden qu'il s'est légèrement calmé.
Lasse de leurs vaines querelles, je suis partie avec Thierry sans un regard en arrière.
Au bout d'un moment, il a osé enfin rompre le silence, d'une voix hésitante : « Charlotte... Tu me veux vraiment, moi ? »
Tendant la main pour caresser sa tête, je l'ai vu instinctivement se recroqueviller. Il a levé vers moi un regard empreint de terreur : « Pardon ! Je ne voulais pas... Ne me frappe pas, je t'en prie. »
Tout en parlant, il luttait visiblement pour contrôler les frissons qui le parcouraient, s'inclinant pour approcher sa tête de ma main.
« Thierry... Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi te frapperais-je ? »
Avait-il lui aussi vécu une renaissance ? Et lors de sa vie précédente...
« Dis-moi. Est-ce qu'Annick t'a... » ai-je tenté de comprendre.
« Non ! Pas elle ! Parle pas d'elle ! » Il s'est replié soudain sur lui-même, secoué de sanglots, comme si mes mots ravivaient une souffrance aiguë.
Sa réaction a confirmé mes soupçons : il avait subi les sévices d'Annick !
Je l'ai attiré contre moi, caressant doucement ses ailes pour l'apaiser : « Tout va bien, maintenant. Tout va bien. »
Peu à peu, sous l'effet de mes gestes rassurants, son corps s'est détendu.
« Rentrons à la maison. Mais... c'est assez loin, et l'endroit est isolé. Je crains de devoir te faire marcher un bon moment », ai-je dit, le cœur serré pour ce jeune Phénix.
Pour être honnête, la différence économique entre Annick et moi était abyssale. Elle avait soutiré par tous les moyens l'argent de nos parents, leur extorquant maison et voiture. Moi ? Je vivais encore dans un modeste appartement locatif.
Thierry a cligné des yeux, puis a proposé timidement : « Ce n'est pas grave. Si... si tu veux bien de moi, je peux te ramener en vol. »
Il s'est penché, m'invitant à monter sur son dos.
Timide, je suis restée un moment sans bouger.
« Ça ne me dérange pas, vraiment. Monte. Je t'emmène. »
Ne pouvant décliner son offre, je me suis hissée finalement sur son dos. « Je te guiderai », ai-je dis.
« Ce n'est pas la peine. Je sais où tu habites. »
Je me préparais à lui demander comment il le savait, quand il a annoncé simplement : « Charlotte, nous sommes arrivés. »
« Déjà ? » M'étonnant de sa vitesse, j'ai ajouté, « C'est plus rapide qu'un avion ! »
« Un avion ? Je suis un Phénix ! » a rétorqué Thierry avec une fierté juvénile, relevant la tête et m'offrant ainsi ma première vraie occasion de l'observer.
Son visage respirait une innocence propre à la jeunesse, bien loin du regard sombre et calculateur d'Éden.
« Je suis doué, non ? » m'a-t-il demandé, son regard trahissant une certaine attente.
Je n'ai pas pu retenir un soupir : « Thierry, tu es si doux, comment a-t-elle pu te traiter ainsi ? »
Face à son regard qui s'assombrissait, j'ai compris ma maladresse et me suis excusée précipitamment : « Désolée, Titi, je ne voulais pas en parler. »
Il a poussé un rire empreint d'amertume. « Titi… J'aime bien ce surnom. Charlotte, est-ce que je suis un Phénix vraiment inutile ? »
Sans attendre ma réponse, il a enchaîné, les mots se bousculant : « Annick disait que j'étais bon à rien, que je ne faisais qu'empirer la chaleur, qu'Éden était bien meilleur. Elle m'a arraché les plumes une à une, m'a piqué avec des aiguilles, m'a brisé le bec avec une pince… Et à la fin, elle a brisé mes ailes et m'a jeté dehors comme un déchet. Suis-je vraiment si mauvais comparé à Éden ? Pourquoi m'as-tu choisi, toi ? Tu ne me trouves pas inutile ? »
Je m'étais doutée des mauvais traitements, mais pas de leur cruauté.
C'était Annick qui avait choisi Thierry. L'Apocalypse de la Chaleur, personne ne l'avait prévue. Pourquoi rejeter toute la faute sur un Phénix innocent ?
« Non, Titi, écoute-moi bien. Tu n'es absolument pas comme elle l'a dit. Tu es formidable, bien meilleur qu'Éden. »
« Je sais que tu veux me réconforter, mais ça va mieux maintenant », a-t-il dit en forçant un sourire, comme pour me rassurer.
« Non ! Ce ne sont pas de vaines flatteries ! Je suis sincère ! Tu vaux mille fois Éden. Je vais te confier un secret. Moi aussi… J'ai voyagé dans le temps. »
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