
L'Ultime Survie : Mon Mari Homme-Bête, ultime Rempart
Chapitre 3
Ses yeux se sont illuminés instantanément.
Je lui ai raconté alors tout ce qu'Éden m'avait fait subir dans notre vie précédente : comment il me soutirait mon sang jour après jour, jusqu'à m'ôter la vie.
Thierry a paru profondément troublé : « Comment est-ce possible ? Notre tradition exige une loyauté absolue envers celle qui nous a sauvés. Peu importe les épreuves, nous devons endurer. Enfreindre cette loi entraîne un châtiment terrible. Comment a-t-il osé ? »
J'ai secoué la tête, un sourire amer aux lèvres : « Je l'ignore. Mais Titi, de quel châtiment parles-tu au juste ? »
« Je ne connais pas les détails, seulement qu'il est… impitoyable. »
Je l'ai entraîné vers le canapé : « Laissons cela. L'Apocalypse de la Chaleur approche. Ne devrions-nous pas nous préparer ? »
Acheter des climatiseurs ? Inutile : le réseau électrique s'effondrerait dès les premières vagues de chaleur.
Finalement, creuser une cave profonde dans le jardin de ma maison familiale nous a paru la meilleure option. Les caves restaient fraîches en été, et surtout, elles ne dépendaient d'aucune source d'énergie externe.
Thierry, aussi rapide que robuste, a achevé une excavation de plus de cent mètres de profondeur en moins d'une semaine.
Et nous avions une heureuse surprise : nous avons trouvé une nappe phréatique !
Deux problèmes résolus d'un coup : un refuge contre la chaleur, et une source d'eau inépuisable.
J'ai grimpé sur le dos de Thierry pour descendre au fond de la cave.
Dès que nous avons atteint le fond, une fraîcheur bienfaisante m'a enveloppée, contrastant violemment avec la fournaise en surface.
Voyant que je frissonnais, Thierry a activé immédiatement son pouvoir, faisant monter la température ambiante à un niveau agréable.
« Titi, maintenant que l'abri et l'eau sont assurés, qu'en est-il de la nourriture ? » ai-je demandé.
« Rien de plus simple ! Je vais creuser une cave adjacente plus grande. Nous plantons les graines en surface maintenant : avec le soleil et l'eau, elles germeront parfaitement. Quand l'Apocalypse arrivera, je les transplanterai dans la cave où la température sera idéale pour leur croissance. Nous n'aurons besoin que de provisions pour un mois, le reste viendra de nos cultures. »
Suivant ce plan, Thierry et moi ont travaillé de concert et sont parvenus à tout préparer avant l'arrivée des chaleurs extrêmes.
Le jour J était pour le lendemain.
Blottie contre Thierry dans le grand lit de la cave, j'attendais l'épreuve.
À mon réveil, j'ai senti que la température avait notablement augmenté, passant de fraîche à doucement tiède.
Thierry s'est étiré dans le lit : « Enfin ! Je n'aurai plus à utiliser mon pouvoir. Tous ces jours à le maintenir m'ont épuisé, j'avais l'impression que mon sang allait se tarir. »
« Quoi ? Utiliser ton pouvoir consomme ton sang ? »
« Oui. Comme dépenser de l'énergie dans un jeu, utiliser nos pouvoirs puise dans notre sang. »
Je l'ai regardé, le cœur serré par le remords : « Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt ? J'aurais simplement pu mettre plus de vêtements ! »
Après un mois à mes côtés, Thierry avait perdu sa timidité initiale. Il m'a pincé même la joue en souriant : « Je ne voulais pas que tu t'inquiètes. »
Je l'ai fixé, une vague d'émotions contradictoires m'envahissant.
Pourquoi une telle différence entre les Hommes-Bêtes ?
Lors de la vie précédente, je ne m'étais jamais plainte de la chaleur face à Éden. C'était lui qui, n'y tenant plus, avait activé son pouvoir. Mais il utilisait mon sang pour le faire !
À cette pensée, j'ai laissé échapper un murmure : « Je me demande comment Annick s'en sort. »
Selon le cours de la vie précédente, ce jour était celui où Éden allait faire d'elle sa proie pour la première fois.
Quel dommage de ne pas pouvoir la voir souffrir.
Comme s'il avait lu dans mes pensées, Thierry me dit : « Charlotte, j'ai quelque chose d'intéressant à te montrer. »
Il m'a tendu ensuite un miroir de bronze avec un air mystérieux.
« Qu'est-ce que c'est ? Un simple miroir ? »
Je l'ai retourné dans tous les sens sans en percevoir la particularité. Mais lorsque Thierry a soufflé une légère flamme dessus, sa surface est devenue soudainement claire et lumineuse, révélant les visages d'Annick et d'Éden.
Voyant mon incompréhension, Thierry m'a expliqué : « C'est un trésor de notre clan de Phénix. Disons que c'est l'équivalent de vos caméras de surveillance. Mais sans besoin d'électricité ni de réseau. »
J'ai acquiescé, les yeux rivés sur la scène :
Annick, trempée de sueur, était affalée sur Éden et geignait sans cesse : « Je meurs de chaud ! Éden, tu as bien ce pouvoir de refroidissement ? Alors utilise-le, vite ! »
Le Serpent a pincé les lèvres. Je connaissais ce signe : son impatience, mais aussi le prélude à son besoin de sang.
Effectivement, un sourire torve s'est dessiné sur son visage l'instant d'après et son regard s'est assombri : « C'est toi qui l'as demandé. Ne regrette rien après. »
« Dépêche-toi ! Je vais cuire ! »
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