Couverture du roman L'ultime adieu d'un monstre

L'ultime adieu d'un monstre

9.7 / 10.0
Après cinq jours de silence, Arthur ne m'appelle pas pour ma victoire en architecture, mais pour m'insulter. Sa nouvelle compagne, Manon, l'influence dans l'ombre. L'horreur bascule quand elle m'envoie une vidéo torturant mon chien, Apollon, avant de l'achever. Ivre de douleur, je l'affronte, mais Arthur prend sa défense contre moi. Face à cette trahison ultime et la perte de mon compagnon fidèle, je jure de transformer leur existence en un calvaire sans fin.

L'ultime adieu d'un monstre Chapitre 1

Mon copain, Arthur, ne m'avait pas adressé la parole depuis cinq jours. Mais quand ma victoire au concours national d'architecture a fait le buzz sur internet, il a enfin appelé. Pas pour me féliciter, non. Pour me hurler dessus que je lui avais foutu la honte en ne le prévenant pas en premier.

C'est sa nouvelle copine, Manon, qui l'a identifié sur ma publication. C'est aussi elle qui lui chuchotait à l'oreille pendant l'appel, lui disant que je le faisais passer pour un con.

C'était la goutte d'eau. La fin d'une longue guerre froide. Mais le véritable cauchemar a commencé quand Manon m'a envoyé une vidéo d'elle en train de torturer mon chien, Apollon, dans notre ancien appartement.

Puis est venue une photo de son corps sans vie.

J'ai foncé là-bas, aveuglée par la rage, et je lui ai fracassé la tête contre le mur avec un cendrier. Arthur, l'homme que j'avais tant aimé, m'a repoussée violemment, me traitant de cinglée pour avoir fait du mal à la femme qui venait de tuer mon chien.

Il l'a choisie, elle. Il l'avait toujours choisie.

En emportant le corps froid d'Apollon, je me suis fait une promesse. Je leur ferais payer. Je transformerais leur vie en un véritable enfer.

Chapitre 1

Point de vue d'Éléonore :

Je fixais l'écran lumineux, les mots des résultats du concours national d'architecture se brouillant devant mes yeux. Lauréate. Ce simple mot semblait incroyablement lourd, et en même temps si léger. Mon projet, celui dans lequel j'avais mis toute mon âme pendant des mois, avait gagné. Ça aurait dû être le plus beau jour de ma vie.

Mon premier réflexe, aiguisé par des années d'habitude, a été d'appeler Arthur. Pour entendre sa voix, pour partager cette joie explosive. J'ai attrapé mon téléphone, mon pouce planant au-dessus de son contact. Mais il s'est arrêté. La chaleur familière qui me poussait habituellement à le contacter n'était plus là. C'était… froid.

Mes yeux ont dérivé vers nos derniers échanges de SMS. Il y a une semaine, je lui avais envoyé une photo de la maquette, lui demandant son avis. « Pas mal », avait-il tapé, rien de plus. Deux jours plus tard, un mème idiot qui, je pensais, le ferait rire. Aucune réponse. Puis, un simple « bonjour » de ma part. Il l'avait lu, mais n'avait pas répondu. Il n'avait pas initié une seule conversation depuis des jours.

Il n'y avait pas que les textos. Il y avait l'espace vide à côté de moi dans le lit ces trois dernières nuits. Les appels sans réponse que j'avais fini par abandonner. Il était toujours occupé, toujours avec Manon, toujours à gérer la « crise de démence » de sa grand-mère qui semblait opportunément s'aggraver chaque fois que j'avais besoin de lui.

Un lourd soupir m'a échappé, dégonflant une partie de l'euphorie de la victoire. Nous étions en guerre froide depuis ce qui me semblait être une éternité. Chacune commençait subtilement, un appel manqué, une promesse oubliée, puis s'intensifiait en jours de silence tendu. Je ne me souvenais même plus de la cause de celle-ci. J'avais l'impression qu'elles se fondaient toutes en un long et angoissant silence.

Et l'envie de partager, ce besoin brut et urgent de tout lui dire ? Elle avait disparu. Remplacée par une douleur creuse, une profonde indifférence. Je ne voulais pas le lui dire. Je me fichais qu'il le sache. La prise de conscience m'a frappée comme un coup physique. L'amour, ou ce qu'il en restait, s'était évaporé. Il n'était tout simplement plus là.

Mon pouce a bougé, mais pas vers son contact. J'ai fait défiler son nom, le fantôme de notre passé commun, et j'ai ouvert une nouvelle application. Instagram. Je devais célébrer ça, même si je célébrais seule. C'était ma réussite.

J'ai pris un selfie, brandissant le certificat gaufré, mon sourire large et sincère malgré le vide émotionnel. La lumière de la fenêtre accrochait mes cheveux, les faisant briller. J'étais belle. Je me sentais forte. J'ai tapé une légende, courte et douce : « Lauréate nationale ! Tant de travail, tant de passion. À de nouveaux départs ! »

Les likes et les commentaires ont commencé à affluer immédiatement. Amis, collègues, même d'anciens professeurs. « Félicitations, Éléonore ! » « Tellement fière de toi ! » « Une inspiration ! » Chaque notification était un petit baume, apaisant la piqûre de l'absence d'Arthur. Mon sourire s'est élargi. C'était ça, la validation. Une validation réelle, sans fardeau.

Puis, une notification est apparue qui m'a noué l'estomac. Manon Dubois a identifié Arthur Leroy sur ma publication. Son commentaire disait : « OMG, Arthur ! Regarde Éléonore, elle a tout gagné ! Tellement heureuse pour vous deux ! #PowerCouple #Goals. »

Mon sang s'est glacé. Vous deux ? L'implication flagrante, la fausse intimité. Je savais qu'elle l'avait fait pour semer la zizanie, pour affirmer sa présence dans notre relation en décomposition. Mais avant même que je puisse traiter la vague de colère, mon téléphone a de nouveau vibré. Un appel entrant. D'Arthur.

Mon cœur battait la chamade contre mes côtes, un rythme frénétique. J'ai pris une profonde inspiration, me préparant. Ce ne serait pas un appel de félicitations. Je le savais au plus profond de moi.

« Éléonore ? C'est quoi ce bordel ? » Sa voix a explosé à travers le téléphone, tranchante et chargée de fureur. Ce n'était pas le ton excité et aimant que j'avais autrefois désiré. C'était une pure accusation.

J'ai serré le téléphone plus fort. « Quoi donc, Arthur ? » Ma voix était plate, dénuée d'émotion. La surprise, la colère, rien de tout cela n'était assez fort pour briser le mur que j'avais construit autour de mon cœur.

« Cette publication ! Sur Instagram ! Pourquoi tu ne me l'as pas dit en premier ? » Il a craché les mots, chacun comme un poignard. « C'est Manon qui a dû m'identifier ! Tu sais à quel point c'est humiliant ? »

Humiliant ? Mon esprit vacillait. Il n'avait pas appelé, pas envoyé de SMS, pas même pris de mes nouvelles depuis des jours, voire des semaines. Mais ça, c'était humiliant ? « Ça fait cinq jours que tu ne m'as pas contactée, Arthur », ai-je dit, ma voix dangereusement calme. « Pas un seul appel, pas un seul texto. Qu'est-ce que j'étais censée faire ? Attendre indéfiniment ? »

« Ce n'est pas la question ! » a-t-il rugi, sa voix se brisant d'indignation. « La question, c'est que je suis ton mec ! Ton copain de longue date ! C'est énorme ! Tu aurais dû me le dire avant de le poster pour que tout internet le voie ! »

« Oh, alors tu l'as appris par Manon, c'est ça ? » me suis-je moquée, un goût amer dans la bouche. « Comme c'est pratique. Peut-être que si tu passais moins de temps avec elle et plus de temps avec ta vraie copine, tu n'aurais pas à compter sur elle pour avoir des nouvelles de ma vie. »

Il y a eu un son étouffé de son côté, un murmure. « ...mais Arthur, elle essaie de te faire passer pour un con... » La voix de Manon, mielleuse et basse, a flotté à travers le récepteur. Elle était là. Avec lui.

« Tu vois ? » a claqué Arthur, ignorant l'incitation manipulatrice de Manon. « Elle aussi, elle trouve ça bizarre. Tu essaies de me faire passer pour quelqu'un qui s'en fout. Comme si je ne te soutenais pas ! »

Mon rire était un son sec et cassant. « Te soutenir ? Arthur, tu t'en fous. Tu ne t'es pas soucié de quoi que ce soit que j'ai fait depuis des mois. Tu es contrarié parce que ça te donne une mauvaise image, pas parce que tu as manqué mon moment. »

« Éléonore, ne déforme pas les choses ! » a-t-il crié. « Je suis ton partenaire ! Tu es censée me faire passer en premier ! C'est un manque de respect total ! Quelle genre de copine fait ça ? Tu agis comme si j'étais un inconnu, un type au hasard ! »

Je me souvenais l'avoir entendu dire ça avant. « Tu agis comme si je n'étais pas assez important pour partager ta joie avec moi. » Ces mots, un écho déformé de son accusation actuelle, me coupaient autrefois profondément. Maintenant, ils ressemblaient à un bourdonnement lointain et sans importance. Le désir de partager était mort depuis longtemps.

« Tu sais quoi, Arthur ? » l'ai-je interrompu, les mots jaillissant enfin d'un endroit de résolution profonde et glaciale. « Tu as tout à fait raison. C'est fini entre nous. »

La ligne est devenue silencieuse, un vide soudain et discordant là où sa rage avait été. Le silence était lourd, chargé du poids de ma finalité. C'était fait. La relation, la lutte, la déception constante. Tout ça.

« Éléonore ? » La voix de Manon, petite et faussement innocente cette fois, a percé le silence. « Est-ce que tout va bien ? Tu contraries Arthur ? »

Mon regard s'est durci, mon sang bouillonnant. Je pouvais presque l'imaginer, s'accrochant à lui, ses yeux grands et humides comme un petit oiseau effrayé. Ce jeu de manipulation. Ça m'avait exaspérée pendant si longtemps. Mais plus maintenant.

« Non, Manon », ai-je dit, ma voix claire et stable. « Tout va parfaitement bien. En fait, c'est mieux que bien. C'est fini. »

Le clic du téléphone qui raccroche a résonné fort à mes oreilles, un point final définitif sur un chapitre de ma vie que je fermais enfin. Le poids de cette décision, sa vérité, s'est abattu sur moi. C'était à la fois un soulagement et un plongeon terrifiant dans l'inconnu. Mais surtout, un soulagement. Un vrai soulagement libérateur. J'étais libre. J'étais enfin, vraiment libre.

Continuer la lecture

Table des matières de L'ultime adieu d'un monstre

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
Ch. 4
Ch. 5
Ch. 6
Ch. 7
Ch. 8
Ch. 9
Ch. 10
Ch. 11
all

Vous aimerez aussi

Romans Nouvellement Sortis

Couverture du roman Choisit par le Roi Alpha
8.1
Trahie par sa meute et endeuillée par l'exécution de ses parents, Adira endure une vie de paria pour protéger son frère Lucas. Alors que son ancien amant Grayson l'abandonne, l'arrivée du redoutable Roi Alpha, Wyatt McMillan, bouleverse tout. Contre toute attente, ce souverain craint la désigne comme sa compagne. Sous sa protection, Adira déterre des secrets enfouis et affronte des ennemis politiques. Mais quel mystère cache son identité avant la révélation fatidique de la Lune bleue ?
Couverture du roman La Vierge Sauvée par le Milliardaire
9.1
Trahie en amour, Lizandra fuit son passé pour un emploi à Rio de Janeiro. Hélas, son élan de liberté tourne au cauchemar lorsqu'elle réalise qu'elle est victime d'une escroquerie. Seule et démunie dans cette métropole, un accident imprévu lui permet de croiser des âmes généreuses, lui offrant l'espoir d'un nouveau foyer. Elle doit cependant affronter Heitor Alves de Bragança. Ce milliardaire arrogant reste convaincu qu'elle manipule sa famille pour les dépouiller.
Couverture du roman L'année sombre
8.4
Un jeune homme voit son couple idéal vaciller sous les tourments et l'irruption d'un inconnu. Entre soif de conquête et désirs obscurs, les partenaires s'égarent dans un jeu de séduction fait de mensonges et de colère. Ce climat de faux-semblants fragilise le protagoniste, dont la vie s'étiole face à cette guerre de pouvoir. À travers ce triangle amoureux tragique, trois hommes s'enfoncent dans le malheur, illustrant une année de détresse absolue.
Couverture du roman LE LOUP ET LA FUGITIVE
9.7
Lyra s'enfuit dans la nuit pour échapper à une union forcée. Sa route croise celle de Kael, l'héritier d'une meute puissante, qui la protège par pure passion plutôt que par devoir. Si leur attirance est immédiate, elle menace l'équilibre du clan. L'Alpha, père de Kael, s'oppose farouchement à ce lien interdit avec une étrangère. Prêts à tout pour leur liberté, les deux amants devront défier les lois ancestrales. Leur amour survivra-t-il à la tempête qui se prépare ?
Couverture du roman Les Epouses du Manoir Vane
9.2
À Aldenmere, Mireille Ashveil privilégie sa carrière juridique aux prétendants, jusqu'à son union avec le mystérieux Dorian Vane, veuf trois fois. Installée dans le manoir familial, elle découvre des phénomènes paranormaux liés au spectre de Rowena Blackwell. Cette épouse cachée, enterrée vivante après avoir tué ses rivales, revient décimer les Vane. Pour stopper ce carnage, Mireille assiste au sacrifice de Dorian. Désormais seule héritière, elle surmonte ce deuil pour bâtir son avenir.
Couverture du roman L'IMMORTEL ET LA MORTELLE
9.5
Éclipsée par sa sœur et délaissée par ses proches, Raven est une jeune femme singulière dont la beauté brune détonne au sein de sa famille blonde. Alors qu'elle vit dans l'indifférence générale, elle captive Alec, un vampire de 143 ans en quête de son âme sœur. De passage à New York, l'immortel n'a qu'une semaine pour convaincre Raven de le suivre en Roumanie. Alec doit alors trancher : la laisser à son existence mortelle ou l'emmener régner à ses côtés sur son futur royaume.
Chapitres
Lire
Partager